on parle des morts pendant la période de canicule, et les chiffres (déjà monstrueux) semblent s'arrêter là... pourtant, dans l'hôpital gériatrique où je travaille, les vieux meurent MAINTENANT de la canicule ! ils se sont beaucoup affaiblis pendant le mois d'août, mais ont tenu le coup. c'est au mois de septembre qu'ils sont morts de ne pas avoir pu remonter le cap. tous ces morts de septembre seront-ils comptés aussi, afin qu'on puisse dresser un bilan le plus précis possible, sans oublier personne ?
La présentation des professeurs Denis Hémon et Eric Jougla, lors du colloque de Bicêtre (3 oct), où ils ont repris plusieurs points du rapport remis il y a quelques jours, a eu le mérite de la clarté.
Il y a en général 41 000 décès en France au mois d'août (moyenne des cinquante dernières années). L'excédent de décès se concentre en 2003 sur la période du 4 au 18 août (14 802 cas supplémentaires sur cette période) avec un maxima au 13 août (2200 décès supplémentaires ce jour là). La courbe suit les températures maxima, mais surtout la hauteur des températures minima. Dès le 19 août, la situation de la mortalité correspond à la moyenne.
Qui a été touché ? On constate une légère augmentation de la mortalité (toujours par rapport aux moyennes habituelles) dès 45 ans. Mais surtout la mortalité est doublée pour les plus de 75 ans (multiplié par 1,6 à 2,4 selon l'âge et le sexe).
Les régions les plus touchées : l'Ile de France et la région centre, avec une mortalité plus que doublée pour les plus de 75 ans à Paris ( X 2,4).
Les lieux des décès changent considrablement : 42% dans les hôpitaux (alors que c'est habituellement 70%), 35% à domicile, 19% en maison de retraite. Pour les plus de 75 ans, l'augmentation des décès par rapport aux chiffres habituels est X 2 pour les maisons de retraite, X 1,9 pour le domicile, X 1,5 pour les hôpitaux.
Cette catastrophe est jugée par ces spécialistes comme "la plus grande catastrophe sanitaire en France métropolitaine depuis la grippe espagnole de 1918".
Autre point totalement nouveau et consternant, ils révèlent et démontrent que la surmortalité dûe à la chaleur n'est pas la première. Lors de la grande sécheresse de 1976, il y a eu une période chaude de 3 semaines en août. Dans ces trois semaines, il y a eu 6 000 décès supplémentaires. Il n'y a jamais eu d'étude ni de publication sur cette première catastrophe, qui présentait déjà les mêmes caractéristiques que cette année (liens avec la chaleur et mortalité supplémentaire dès 45 ans, et surtout touchant surtout les plus de 75 ans).
Aucune leçon n'avait été tirée ! ! ! Et même le fait n'avait pas été remarqué ! !
Quelle est la place des vieux ?
le GAG



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