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Un an plus tard...

  • Par sd13 le
    (mis à jour le )
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Aujourd'hui il fait beau, le printemps s'annonce et je ne sortirai pas de la maison, bloqué par les douleurs. Alors je reviens vers le Spondyloblog.


Quand j'ai découvert ce site, j'ai été partagé. J'ai d'abord lu des témoignages de malades qui comme moi avaient à faire face à la douleur. Une douleur brute, sans indulgence, que je commençais à peine à « fréquenter », c'était il y a plus de deux ans. Je n'étais plus seul à partager ce poids de tous les instants...

J'y ai aussi découvert des conseils, toujours avisés, ils m'ont permis de mieux comprendre une maladie qui sortait du néant. Quand je donnais son nom à mes collègues hommes de travail, au début, j'avais droit aux plaisanteries de circonstance : « le sponquoi ? Parle plus lentement ! Tu peux épeler... Reste poli ! Parle français... » Ensuite, compatissants, ils ne se sont plus moqués, il voyaient que « j'en chiais », comme on dit chez les durs. Mes collègues femmes qui savent ce qu'est la douleur étaient plus compréhensives. Aujourd'hui le dictionnaire automatique de mon traitement de texte ignore toujours ce mot. Qui en parle dans nos chères télévisions ? A-t-on un jour eu vent d'une opération médiatique pour attirer sur elle l'attention d'un public toujours prêt à partager, mais à distance seulement, le malheur des autres ? Maladie sans importance donc.

J'y ai aussi découvert une solidarité que je n'imaginais pas. Se sentir d'un coup proche d'inconnus qui partagent, souvent loin de vous, les mêmes souffrances, les mêmes problèmes quotidiens, les mêmes craintes, les mêmes espoirs... Une forme d'amitié que je ne soupçonnais pas, qui d'ailleurs ne se limitait pas aux personnes atteintes d'un spondylolisthésis, mais à toutes les victimes d'une colonne vertébrale en souffrance.


Pour tout cela, pour ces moments de partage, d'optimisme et d'espoirs, je remercie celle qui a crée ce site.


Sur ce site, j'ai aussi, je dois le dire, découvert un sentiment d'incertitude et d'angoisse face à l'ampleur d'une pathologie avec laquelle le verbe soigner ne veut pas toujours se conjuguer. Sentiment que j'ai souvent perçu chez certains médecins qui semblaient soit ne pas connaître la réalité physique, clinique comme ils disent, du spondylolisthésis, soit cacher quelque chose, surtout lorsqu'il était question d'opération. Mais j'y suis allé : marre de la douleur. Deux chirurgiens parmi les plus réputés de Marseille m'avaient dit : si vous voulez espérer une amélioration, il faudra y aller.


J'ai été « arthrodésé » il y a douze mois par l'un d'entre eux. L'affaire avait l'air simple. J'y suis tout de même allé méfiant. Aujourd'hui les douleurs lombaires, les irradiations sont toujours présentes, incompatibles avec une existence normale : pas de reprise du travail, une vie sociale réduite, vingt heures par jour couché avec collée au dos une bouillotte brûlante qui est devenue, avec la morphine, ma meilleure amie. Je n'ose pas dire « c'est pire qu'avant » de peur de démoraliser les candidats à l'intervention. Qu'ils se rassurent, les réussites sont là pour conserver leur espoir intact.


Je tire toutefois plusieurs leçons de cette expérience :


- avant de se décider pour l'intervention, prendre le temps bien sûr d'avoir plusieurs avis, de comparer les techniques proposées. Sur ce site tout est dit, faites-en le tour. C'est long, mais vous y trouverez une réponse à la plupart des questions que l'on se pose sur cette maladie et sur les arthrodèses en général. Vous ne trouverez nulle part la possibilité d'en discuter aussi librement.


- Le choix définitif du praticien qui accepte de vous opérer sans réticences (c'est lui qui doit vous amener à accepter l'idée de l'intervention, pas le contraire), reste toutefois une décision solitaire et irrationnelle : nul ne sait comment le corps va réagir à cette intrusion


- contrairement à ce qu'on peut parfois entendre, la greffe peut mettre beaucoup de temps à « prendre », on parle de trois, quatre mois au maximum. Dans mon cas, il aura fallu attendre neuf mois pour qu'elle soit enfin visible sur scanner, images à l'appui


- la kiné ne sert pas à grand chose tant que les douleurs sont trop fortes, donc ne pas se presser


- lrévoir du repos et une prise en charge après l'intervention


- surtout pouvoir s'appuyer sur un conjoint qui vous soutient. Sinon, c'est l'enfer.


J'ai désormais le sentiment de ne plus avoir cette marge d'espoir qu'apporte la chirurgie. Ce qui me fait déserter le site pendant des semaines entières, puis y revenir pour découvrir les « nouveaux » qui prennent le relais à leur tour, et qui s'effaceront, car leurs douleurs elles aussi vont s'estomper. Je vais encore essayer une nouvelle intervention. Je remercie Marilyne, Sophie et Julie pour leur soutien et leur expérience. Je pense devoir encore lutter contre cette maladie qui a complétement détruit ma vie sociale, affective et professionnelle. Il me prend également des envies de lutter pour la faire mieux reconnaître. Quand je lis les difficultés sociales et économiques dans lesquelles elle plonge certains malades, il est injuste qu'elle ne soit pas considérée comme affection de longue durée. Combien de médecins la regardent comme une simple variante des hernies discales ? Je pense que le surcoût pour la sécurité sociale pourrait largement être compensé par une gestion plus économe de certaines dépenses ou un rappel des règles fondamentales de la solidarité à tous nos rentiers qui ne doivent pas trop souffrir de la crise actuelle, voire qui en profitent. Courage à tout le monde et à bientôt. Stéphane



4 commentaires

Bonjour Stéphane

  • Par lepoissonentrop le

Tu as trouvé les mots pour décrire nos maux, parce que c'est effectivement ça, nous n'avons pas qu'un spondylolesthesis, nous souffrons de tout ce que celui-ci nous empêche de faire, de vivre...


Effectivement, la vie après l'opération n'est pas toujours rose, pour beaucoup, elle apporte un réel soulagement, ils en témoignent et, repris par leur vie "normale" se font rares sur le site. Pour d'autres, comme toi, moi et d'autres elle n'est pas la clé pour une vie "normale" et il nous faut apprivoiser cette chose, cette douleur, qui sera notre "compagne de route" jusqu'à nos derniers jours...


Tu dis que personne, dans les médis, n'en parle, je me permets de te corriger, une fois j'ai pu voir un reportage sur ce fichu spondylo, c'était sur France 5, dans le Magasine de la Santé.

Mais c'est vrai, ce n'est pas très connu en tant que tel, mais plutôt ça fait parti des innombrables pathologie du dos, dont pas grand monde ne parle, le commun des mortels ne connaissant que les hernies...bref...


Pas toujours facile d'accepter que la douleur fasse partie de notre quotidien, je vadrouille, de médecin en médecin, de centre anti-douleurs en centre anti-douleur, en gardant encore (mais pour combien de temps) le minime espoir qu'il y a bien quelqu'un qui me trouvera une solution durable un jour. Et puis certains jours, j'ai juste envie de virer patchs, comprimés, gélules et compagnie, et de rester dans mon coin, à attendre la fin...la fin de quoi ? je n'ose l'avouer parfois... même à moi... C'est tellement injuste ! MERDE ! j'aurai 29 ans en septembre, et tout ce que je vois devant moi, c'est des douleurs et que des problèmes pour m'organiser une vie de famille... la plupart de mes copines font des bébés... et moi, il y a des jours où je me demande si j'en veux vraiment... à quoi bon, notre monde est pourri, et tout ce que ça m'apportera ne sera que douleur et problèmes d'organisation pour le gérer... dans ces conditions, quelle place peut-il rester au bonheur ??


Je me reconnais tellement dans ton post, Stéphane, comme quoi, pour ceux chez qui l'opération n'aura pas été la solution, le destin est le même : souffrance et lutte avec la douleur, et pour avoir un semblant de vie normale, on verra plus tard...


Je vous embrasse,

Julie


Bonsoir Stéphane, Julie et tous les autres

  • Par casperdaou le

Quel témoignage Stéphane, je suis émue et tu as tout dit.


Emue, oui, car tes mots décrivent tellement bien tes maux qu'il n'y a pas grand chose à ajouter !!! En tout cas, je reçois tous les jours les parutions des spondylo et je les lis tous. J'avoue m'attarder un peu moins avec "les nouveaux" car ils sauront constituer un noyaux affectif nécessaire à leur évolution, et ils trouveront, avec patience, car comme tu le dis si bien, c'est long, les réponses à leurs questions à travers nos propres échanges, plus anciens.


En septembre 2010, lorsque je suis arrivée sur le site, j'étais tout fraîchement opérée, allongée, car pas le droit à beaucoup plus et je me suis baladée de nombreuses heures sur les commentaires cherchant des réponses que j'ai trouvé. Tout comme toi je ne m'attendais pas à trouver en plus des amis !

Merci aussi à toi Stéphane et tous les autres, vous avez été mes béquilles et je n'ai pas du tout l'intention de fuir le site (en tout cas pour l'instant). J'ai moins de temps, les jours où je travaille je suis tellement épuisée le soir que je ne suis plus capable de grand chose ! Pardonnez-moi mes "absences"!


J'ai de la chance d'avoir un mari qui m'a également soutenu de façon extraordinaire, mais même ainsi ma vie sociale a basculé. 27 mois d'arrêt en tout (10 mois avant l'intervention) et une reprise en mi-temps thérapeutique depuis presque 2 mois. J'ai repris, par obligation, arrivant en fin de droits puisque ce fameux dos pourri n'est a priori pas un argument pour une vrai reconnaissance par notre système social. Par obligation, car je sentais bien que cela serait dur et pénible. Remarquez, je me dis que dans d'autres pays, cela doit être encore pire et je frémis quand je pense qu'à cause de ce dos pourri on pourrait très bien se retrouver rapidement dans la vraie misère sociale.


Ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas se faire entendre ! Il y a une loi (dont on parle beaucoup dans les médias) qui dit que l'on a le droit de clamer notre douleur et de faire en sorte qu'elle soit traitée. Malheureusement, pour certains d'entre nous, il a douleurs avant l'intervention mais aussi douleurs après... Mon chirurgien ne m'avait rien promis, heureusement ! Moi aussi je me demande parfois si l'intervention a été utile : à la reprise de mon activité, je suis exactement dans les mêmes conditions physiques qu'au moment de mon arrêt et je ne travaille que 5 jours par quinzaine ! J'imagine quand j'aurai utilisé tout mon quota de mi-temps ! Mon médecin dit qu'il faut que ça se remette en route, qu'il faut que je me donne du temps... la "société" ne m'en donnera pas et j'appréhende beaucoup ce temps qui passe et qui passe très vite!


Stéphane, tu dis que tu vas subir une nouvelle intervention : tu as pris un autre avis alors ? à l'IMM ? tu nous tiendra au courant j'espère. Il ne faut pas perdre espoir. L'intervention a quand même le mérite de stabiliser la pathologie sur les vertèbres concernées. Après les douleurs séquellaires déstabilisent même nos médecins... je pense que le fait d'attendre justement avant l'intervention fait qu'il y a des dégâts irréparables. Difficile de savoir ce qu'il faut faire !!! En tout cas, il faut garder l'espoir que cela ira mieux un jour.


Courage Julie, justement, tu es encore jeune et c'est un atout, j'en suis certaine. Pour ce qui est des "bébés", je te comprends, mais il faut surtout déjà penser à toi avant de donner la vie.


Je vous envoie un peu d'ondes positives, enfin ce qui me reste ce soir...lol... 7 h 30 de boulot, 1 h 45 de transport dont 20 minutes debout sous la pluie à l'arrêt du bus ! J'ai les lombaires en feu !


A bientôt.

Maryline







RE: Bonsoir Stéphane, Julie et tous les autres

  • Par Mjoly7 le

Bonsoir à tous,


Je me sens mal à l' aise lorsque je lis vos propos, car je vais bien. Chez moi l' opération a réussi, plus de douleurs.

Je me pose des questions: j'ai été mise en extension 7 jours et 24h/24h avant l' opération. La mise en extension, c' est un bandeau métallique vissé sur le crane par 4 vis, vous êtes ainsi relié à une poulie. Au bout de la poulie des poids, au début 4kg puis 1kg de plus par jour qui passe. Est cela qui a permis la réussite de mon opération, ou est ce le fait d' être restée plus longtemps que prévu à l'hôpital sous antibiotique.

A cause de 3 bactéries qui se sont attaquées, à ma plaie, je suis restée 5 semaines de plus à allongée avec des perf de Tazocilline, Tavanic, Vancomycine

(que de nom barbare pour moi).

Sans oublier Lyrica pour ces fâcheuses douleurs dans le pied.


Est ce cela qui fait qu'aujourd'hui pour moi cela va. Je ne suis plus aussi agile qu'avant, mais je vie sans mal.


La semaine passée, j'ai fait un bilan professionnelle avec une personne de UNIRH organisme plus connu à Paris qu'ici à Mulhouse. Je travaille pour une société basée à Chambourcy,mon employeur adhérant à la MISSION Handicap, avait mandaté ce monsieur pour faire un état des difficultés liées à mon emploi.

Il n' a rien trouvé, si ce n' est m' équiper d'un escabeau à 2 marches.

J'applique dans mon travail les gestes indiqués par mon kiné.

Je continu à me muscler le dos, et chaque fois que j' éternue ou fait un geste particulier, je rentre le ventre et sers les fesses.


Je suis vraiment désolée, pour vous toutes et tous qui avaient encore des douleurs. Je sais combien cela peut gâcher la vie. Si j' avais une baguette magique, je vous soulagerais, malheureusement, je suis qu'une petite femme qui pense bien à vous.


Mauricette


...On continue

  • Par sd13 le

Merci pour vos réponses à un message très pessimiste. On va quand même avancer, vous allez voir... Jo09, dans un autre message, a raison : l'opération n'est pas une fatalité, mais il ne faut pas laisser traîner. J'ai trop pinaillé, attendant un an de douleurs épisodiques et enfin changer de médecin généraliste (merci aux députés qui ont voté l'obligation d'un médecin référent) pour enfin avoir un diagnostic sur ma maladie. Celui-ci refusait de m'envoyer chez un rhumatologue : j'ai continué à faire du sport, à porter des sacs de ciment, alors qu'un de mes disques intervertébraux s'écrasait... Après le diagnostic de spondylolisthésis, j'ai encore attendu un an et demi, en travaillant malgré les douleurs devenues permanentes. Et j'ai consulté : le célèbre DR Machin me trouvait en pleine forme, me raccompagnait à la porte de son cabinet, me tapait dans le dos affectueusement et 90 euros au passage, le fameux Dr Untel me demandait d'attendre et d'essayer un corset (dans cet hôpital privé marseillais, le représentant d'un gros fabriquant de fournitures orthopédiques vous attend directement à la sortie des consultations du Dr Untel, prend vos mesures, vous dit ne pas vous inquiéter, que tout est entièrement pris en charge. C'était vrai : 700 euros de moins pour la sécu !), un autre me conseillait encore de la kiné... et puis j'ai trouvé ceux qui voulaient opérer. Je pense qu'il était déjà trop tard : les nerfs avaient trop souffert. Depuis un an mon généraliste me suit avec beaucoup de compétence, et je lis de plus en plus de compassion dans son regard. Il n'a plus d'espoir lui aussi...

Je vais voir le Dr Balabaud lundi 2 avril à l'IMM. Je pense que je verrai Sophie à cette occasion qui consulte le même jour (Maryline, es-tu loin ?). Je suis prêt à une nouvelle intervention pour enlever le matériel comme me l'a prédit le chirurgien qui m'a opéré il y a un an. Je suis en fait prêt à tout. Julie, tu écris des mots très durs, désespérés, sur le découragement. Décourage-toi, tu as le droit. Mais tu dois apprécier les bons moments de la vie, même si ce n'est pas facile. Cultive, malgré toute la douleur, l'espoir. Prépare-toi à l ‘avenir et pourquoi pas aux enfants. Un jour tu auras les mêmes mots que Mauricette (Merci Mauricette !) pour ceux qui souffrent. Servons-nous d'une médecine qui n'existe pas partout, Maryline l'a bien souligné. Il y a rien de pire que de rester sur un échec chirurgical. Je vous tiendrai au courant de ma visite à Paris. Courage. Je vous embrasse. Stéphane


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