francophone (2)
Condamné par la médecine, Adam attendait sa fin. Jusqu'à ce qu'il tue.
Désormais terrifié par l'Au-delà qui ranime sa foi, il se résout à tenter de réparer ce qui peut
encore l'être, sans être stoppé. Ni par les autorités, ni par la vengeance programmée par sa
victime.
Silence absolu dans l'espace.
Un petit satellite fend l'obscurité de l'univers à grande vitesse avant que les drapeaux européen et américain collés sur sa coque n'explosent dans un déluge de flammes.
Les flammes s'estompent à l'intérieur d'un long four. Adam, la quarantaine blasée, est responsable d'un crématorium de province. Mais seul son rôle d'élu du conseil municipal, sous la coupe du maire dont il marchait dans les pas, arrive encore à l'intéresser.
Car depuis plusieurs mois, Adam est condamné par la médecine. Il a fini par l'accepter et à son grand dam, sa jeune et belle femme Anna aussi.
Luis, son père très pratiquant, est tenu à l'écart de la funeste prédiction puisqu'il a déjà enterré sa femme dans l'année. Ses échanges avec son unique fils ne sont que du bruit, estompé de temps à autres par leurs muettes rancoeurs.
A une heure où les portes d'entrées sont fermées pour la nuit, qu'Anna ne semble plus qu'attendre la fin fait souvent fuir Adam du foyer. Et comme toujours, il fume l'herbe qui lui fait oublier sa souffrance physique dans un petit parc face à « sa » mairie qu'il aime contempler.
Ce soir, le cri strident d'une fillette brise son rituel.
Au dernier étage du bâtiment, il est confronté physiquement à un grand homme masqué. Un poignard serti de pierres sombres sépare leurs deux corps au sol, jusqu'à ce qu'Adam reconnaisse l'homme derrière le masque et lui enfonce deux fois la lame dans le ventre.
Derrière une porte, une fillette en larmes tend ses bras vers Adam pendant qu'il se dégage de ce corps vide collé à lui.
Que faire maintenant ? Fuir ou se dénoncer ?
Dans les deux cas cela revient à être privé de liberté pour les courtes semaines qu'il lui reste. De plus, la perspective que l'enfer soit au bout du chemin le terrifie. Ses prières redeviennent régulières, mais un prêtre lui refuse le pardon pendant un temps.
Le temps de la réparation...
Adam se renseigne sur Hirz, sa victime, plutôt bien vue des médias. La paranoïa, compagne de route habituelle du criminel, est omniprésente dans son attitude. Surtout depuis qu'il sait que Hirz a laissé un terrible testament. Job, son unique fils de vingt ans dont il venait de retrouver la trace, doit le venger en tuant son assassin pour hériter.
Ce paragraphe écris dans le respect de la tradition familiale à la naissance de Job, crée un conflit entre lui, la veuve Hirz et Adam.
Réparer consiste donc dans un premier temps à rencontrer l'homme qui a un grand intérêt à le tuer...
Mais le jeune homme, marqué et ralenti par des souvenirs d'enfance flous et angoissants, est incapable de tuer quelqu'un. A fortiori Adam, lorsqu'il comprend, par son attitude, qu'il est celui qui a supprimé l'homme qu'il haïssait tant de l'avoir abandonné.
Alors, en échange de son silence, Job propose à Adam de directement tuer Paul, l'homme de main de son père et de le faire passer pour l'assassin. Job se rappelle quel homme mauvais il était.
C'est de toute manière lui ou Adam car il est improbable que la veuve Hirz se laisse déposséder sans rien faire.
Paul est donc en chemin...
Mais Adam refuse de tuer qui que ce soit d'autre et doit gagner du temps avec Job afin que personne ne découvre son secret ou ne l'attrape. Aussi bien les gendarmes que Paul qu'il voit à la mairie sans que celui-ci ne se doute.
Et il y a cette envoutante fillette...
Malgré le chantage, Adam et Job se rapprochent en s'observant. Certaines frustrations les rassemblent et des relents de relation père-fils parsèment leurs échanges. Et ce jusque sur la tombe de la mère d'Adam, avec l'annonce de sa maladie qui surprend Job et détruit littéralement Luis.
Job confie son envie de comprendre et de se souvenir. Mais la fouille discrète dans le manoir de son père est un échec. Lui se fait attraper volontairement alors qu'Adam, après avoir entrevu une réunion officieuse où le maire était présent et revu la fillette qui le hante tant, est traqué puis abattu par Paul.
Adam est à nouveau seul lorsqu'il quitte l'hôpital. Il s'éloigne du prêtre dont il n'a plus besoin et, suite à ce coma si étrange, révise ses croyances spirituelles et leurs significations. Il est retourné par ce nouveau coup du destin qui se répète sans cesse dans sa tête.
La maladie se retire...
Il va voir naître sa fille !
Le moment de partir ?
Mais que devient alors la fillette étrangère qui ne quitte plus son esprit ?
Adam prend conscience que c'est d'un sursis tout relatif dont il jouit. La disparition de Job n'a fait que déplacer la menace puisque Paul l'a maintenant identifié et le traque.
Alors, tout en l'évitant, il se démène pour comprendre ce qu'il se passe dans sa ville, quitte à se tromper sur les personnes qu'il soupçonne et les jeter, via la puissance aveugle des médias, à la face du public.
Et à mesure que certains de ceux qui étaient ses proches disparaissent, une étouffante sensation d'avoir pris la vie plutôt que de donner la mort le submerge.
De chassé à chasseur.
Par le biais de son maire, Adam retourne au manoir et en ressort informé des goûts malsains de sa victime pour la pédopornographie.
Et une arrestation.
A sa sortie de la gendarmerie, il rencontre Gabriel, une mystérieuse bloggeuse viscéralement indépendante qui en sait beaucoup sur cette famille, leurs traditions et leurs relations. Elle a appris à les haïr et accumule les preuves, principalement sur les relations de la veuve Hirz avec des ONG à l'étranger s'occupant d'enfants.
Mais leurs avis divergent sur la méthode à employer. Elle n'est motivée que par les faits alors que pour Adam, l'urgence de la situation exige que seule la finalité soit considérée.
Quitte à tricher...
Etant démasqué, il se réfugie non loin chez son ami Yves, où il est surpris d'y trouver sa femme traumatisée. Agressée à l'hôpital où elle est infirmière, le bébé est mort dans son ventre.
Des doutes naîtront. L'agression serait-elle tombée à pic pour dissimuler un mensonge ?
Adam doit donc en finir et mettre Paul hors d'état de lui nuire, seul.
Gabriel a avoué pour lui son crime sur son blog et la fragile confiance qu'il accordait aux gendarmes est rompue par leur faute.
Et Adam sait où cela doit se finir puisque tous se retrouvent au crématorium où il doit faire retourner à l'état de poussière l'homme qu'il a tué.
Un ami gendarme ne le lâche pas jusque sur son temps de libre, par rapport à son agression par balle, alors que Paul se présente dans la salle des fours. La tentative d'Adam de le faire arrêter a donc échoué.
Ayant rallié Job, le clan Hirz remanié veut désormais faire condamner Adam par la justice.
Lui n'a plus à sa disposition qu'un four vide et un fusil de chasse pour l'homme qui lui a tiré dessus et tué sa fille...
Pour conserver sa liberté, le départ d'Adam est désormais inéluctable. Et définitivement solitaire puisqu'il y a trop longtemps qu'Anna s'est préparée à la fin programmée de leur histoire.
Après des retrouvailles violentes en guise d'explications, Job convainc Adam qui avait fui dans le pays d'origine de ses parents, de revenir dans sa ville car il sait où se trouve Tina, la fillette. Il ne sera de toute façon plus jamais tranquille.
Sauver et détruire.
Alors, après avoir franchi la frontière remplie de policiers ne contrôlant que la sortie du territoire, Job emmène Adam jusque dans le coeur d'une profonde forêt où ils retrouvent Gabriel. La bloggeuse est désormais source cotée chez les médias traditionnels qui reprennent certaines de ses infos et les diffusent plus largement.
Face à eux, une propriété moderne dont l'intérieur cache une très vieille chapelle. Mais les éléments de cultes sont différents de ceux d'une église traditionnelle. L'Homme y est mis en valeur.
De chaque côté de l'allée centrale, une vingtaine de personnes, poignards à la main et grandes capuches sur la tête méditent en silence, les uns en face des autres.
Un coup de feu rompt le folklore alors qu'Adam et Gabriel sont au centre de la nef...
A l'extérieur, Job, effrayé par l'endroit, observe à l'écart.
Des bruits d'engins, des tirs et des cris arrivant de la forêt prédisent le jugement du peuple.
Adam trouve la veuve dans un lit, à mi-hauteur de la tour. Elle s'y pavane bizarrement avec un jeune garçon à ses côtés et feint de ne pas comprendre ses questions menaçantes.
La tour tremble violemment et des grosses pierres pleuvent lorsqu'un tractopelle de carrière l'attaque de face.
Des habitants saccagent l'intérieur de la chapelle et y mettent le feu, pendant qu'Adam cherche Gabriel dans le répugnant et de plus en plus instable sous-sol.
Derrière le vacarme de la destruction, des cris d'enfants... mais pas de Tina.
Alors qui pour faire disparaître les gens comme eux ?
Ces personnes mauvaises au sein des élites et des élus, qui se servent du peuple en permanence. De ce peuple d'Hommes, si souvent exaspérant car maintenu dans l'ignorance.
Savoir devient pour Adam un point de non retour.
Les différentes théories au sujet de l'explosion du satellite ont perturbé les populations et les médias du monde entier (Accident ? Attaque ? Mensonge ? ...). Adam aura évolué en parallèle de ce climat de méfiance et de peur exacerbé.
Et cela dans la solitude croissante de son chemin de mort.
Il se sentait condamné par Dieu lui-même et était prêt à mourir.
Tuer un homme lui a fait réaliser que certaines parties de lui ne l'étaient pas et la peur est réapparue l'obligeant à se sauver soi-même.
Guérir de façon inespérée et effrayante a réduit ses doutes au fur et à mesure, puis fait naître un devoir de sauver et de détruire. Etant donné que la grâce d'être en vie de nouveau n'aura duré que le temps d'être condamné par l'Homme...
Désormais plus en paix et bien que le résultat diffère de l'attente, Adam a courageusement évolué dans cet univers antagoniste où son esprit a changé de priorités et certaines personnes ont fait place à d'autres dans son coeur.
Destruction, reconstruction... Mais qu'advient-il des Hommes ?
Soi ou les autres, parfois les deux. Lorsque le « se sauver » se métamorphose en « sauver ».
Afin d'être libéré, même temporairement, et que le peuple soit prévenu que l'élixir est la connaissance.
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