suspens (20)
Petit récit qui m'avait été offert par l'ami Claude Mesplède qui a dirigé cette collection.
Un auteur dont on ne parle pas ou peu Emmanuel ERRER, René Charles Rey de son véritable nom, il a également utilisé comme pseudonyme Jean Mazarin ou Nécronian, est né en mars 1934 à Tunis. Il a écrit des romans de série noire et des scénarios de séries policières télévisées comme Navarro.
Très vite lu bien sûr car c'est une nouvelle, agrémentée de photos noir & blanc, qui traite le sujet de l'embrigadement terroriste. L'histoire commence en 1960 en Algérie où le lieutenant Santenac est l'instrument d'une manipulation sanglante qui l'obsède encore à la fin de sa vie lorsqu'à Paris il rencontre Jean-Marc. C'est un jeune homme qui rentre d'un camp d'entraînement pour réaliser son destin de martyr. La tension monte pour le lecteur qui suit les derniers jours de ce soldat de dieu, se demandant s'il y a une chance pour qu'il renonce ou échoue ...
Les photos du quartier parisien de la rue de seine sont de Stéphanie LEONARD.
Odéon, dernière station
Emmanuel Errer (Livre)Dan Brown considère Steve Berry comme un maître du genre et Katherine Neville voit L'Enigme Alexandrie comme un roman explosif. Dans le genre thriller politico-religieux, c'est une somme !
On y retrouve Cotton Malone, retraité de l'Unité Magellan, chargé de résoudre des enquêtes internationales délicates. Il a acheté une librairie de livres rares à Copenhague et compte y couler une vie heureuse et studieuse mais son fils est kidnappé. Un dénommé Dominik Sabre lui propose un deal : il retrouve un homme sensé lui apporter des réponses à une énigme et il lui rend son fils. A partir de là, on est pris dans une aventure passionnante, dans laquelle sont mêlés les Américains, les Arabes et les Israéliens, mais aussi une obscure organisation économique (L'Ordre de la Toison d'Or). Ils ont tous le même objectif : mettre la main sur la mythique Bibliothèque d'Alexandrie.
Cette bibliothèque renferme une traduction de la Bible qui pourrait changer l'ordre du Monde. Les américains pourraient faire chanter Israël dans le conflit du Moyen-Orient. Les Arabes veulent cacher cette découverte car elle démontre que le peuple juif aurait vécu au sud de la Mecque. Et l'Ordre de la Toison d'Or pourrait faire chanter les Arabes, mettant la main sur leurs richesses pétrolières. Le livre repose sur le débat concernant la véritable version de l'Ancien Testament (La Septante).
L'auteur ne reprend pas les noms réels des hommes politiques américains mais des passages grandioses égratignent l'administration Bush : trahisons, financements occultes des sénateurs, flics pourris, justice déloyale... A un moment, on peut se demander aussi si Steve Berry n'est pas pro-palestinien. Mais le dénouement de l'auteur montre que le conflit au Moyen-Orient est d'abord un conflit religieux.
Je reviendrai en plusieurs fois sur cette oeuvre car beaucoup de thèmes sont abordés et méritent que l'on s'y attardent. J'ai adoré aussi l'équilibre entre les longs passages d'explications et d'érudition, et les moments de suspens et d'action pure. Un très bon équilibre, rarement appliqué dans le genre politico-religieux. Indispensable dans la bibliothèque d'un thrilleux !
Un titre dont j'avais lu plusieurs critiques élogieuses au fil des blogs, je l'avais donc noté dans un coin de ma LAL, fictive puisque j'évite pour l'instant de créer une LAL pour palier aux affres de la PAL. Et puis me voilà prise dans les filets d'une offre alléchante sur BABELIO - masse critique : un livre au choix en échange d'une critique. Pas dur et très tentant, ce livre y figurait et je n'ai pas hésité longtemps.
L'héroïne s'appelle Sophie, elle est complètement folle et c'est elle qui nous en parle dès le début. Elle oublie tout, perd tout, ne se rappelle plus de ce qu'elle a fait. Sa vie est un mystère, et elle même se demande pourquoi comment elle a tué ce petit garçon dont elle avait la garde. Malgré un état second, elle réagit par instinct et organise sa fuite. On la découvre désordonnée mais intelligente. Course haletante pendant une centaine de pages pour une cavale réussie. Puis le roman bascule, on change de narrateur avec stupeur ... et c'est là que nous découvrons un chef-d'oeuvre de perversité.
Grâce au rythme haletant on ne s'arrête pas aux quelques déjà-vu-si-souvent, c'est lassant à la longue les caves aux murs recouverts de photos volées à la victime. Mais ce roman est un excellent thriller qui ravira les amateurs de suspens, le rythme est soutenu jusqu'à la fin : c'est le plaisir recherché par le lecteur de thrillers.
Robe de marié
Pierre Lemaitre (Livre)Mon avis est tranché : j'ai adoré cette histoire ! D'aucun disent que le rythme est lent et le style convenu. Mais c'est justement ce qui fait le charme de ce roman : il y a un côté Conan Doyle qui n'est pas pour me déplaire. J'ai commencé mes lectures policières par Sherlock Holmès et, ici, je n'ai pas été dépaysé. A la lecture de la quatrième de couverture, on se demande si Louis la Brocante n'a pas ajouté une nouvelle carte à son statut de VRP de la France profonde. Mais non, notre héros est un vrai antiquaire, officiant dans une ville ancienne et chargée d'histoire, Bruges, flanqué d'une assistante, délicieusement encaustiquée, qui doit être, à mon avis, amoureuse de son patron pour accepter de travailler quasi gratuitement.
Un jour froid et brumeux, comme il n'en existe qu'en Belgique, Margaret Van Ostade, au charme évanescent, pousse la porte de L'Arcamonde, la boutique de Frans Bogaert, notre antiquaire. Elle lui soumet l'étude d'un objet bizarre, cubique et froid : le dé de son grand-père Atanas. Envoûté à la fois par cette beauté nordique et par cette antiquité unique, notre Sherlock Holmès du bibelot mystérieux se lance dans une enquête qui nous mènera de Bruges aux confins de la Lituanie. Ah, la Lituanie... J'en rêve. Hervé Picart nous plonge dans l'histoire de ce pays qui est le dernier, en Europe, à s'être vu imposer le christianisme par les chevaliers teutoniques, au XIVème siècle. Le pays des chênes-chapelles et des tumulus coiffés de croix.
L'auteur nous propose d'emboîter le pas de ce drôle de grand-père, gardien d'une divinité païenne, défenseur jusqu'à la folie de la tradition de son pays. De suivre cet enquêteur atypique, antiquaire bardé de technologie, qui rassemble son esprit dans un confessionnal (car rien de mieux qu'un peu d'obscurité pour y voir plus clair !) et dont l'une des devises est : "Que serait le passé sans le Carbone 14". Un excentrique comme... (voir plus haut).
Ce roman est annoncé comme le premier tome d'un grand roman feuilleton moderne. Je veux bien le croire. On peut même imaginer une série télé !
L'auteur tient un blog. Ce roman est un livre voyageur ; les conditions sont décrites ici.
L'Arcamonde, Tome 1 : Le dé d'Atanas
Hervé Picart (Livre)Alors,je ne sais toujours pas qui est ma ou mon swappeur anonyme (mais j'ai au moins pu le/la remercier à partir de son adresse postale ;-))
Mais j'ai découvert avec beaucoup de plaisir le roman Piège nuptial de Douglas Kennedy, un auteur qui me tentait depuis un moment mais que je n'avais jamais pris le temps de lire. (ce roman s'appelait cul de sac dans une édition antèrieure, piège nuptial en est une nouvelle traduction)
Ne vous laissez pas décourager par le battage médiatique qu'on fait autour de cet auteur (en ce moment il y a sans arêt de la pub pour son dernier livre sur les ondes radiophoniques), il en vaut la peine.
Alors sur l'histoire, et je m'adresse là aux lecteurs de sexe masculin : Peut-être avez-vous le fantasme secret de vous faire enlever par une jolie jeune femme, très entreprenante, qui serait tombée sous votre charme ?
Et bien alors ce livre va vous mettre du plomb dans la tête !
Le héros de l'histoire, Nick, un journaliste américain un peu paumé, qui venait découvrir l'Australie, ne pensait pas en rencontrant Angie qu'il allait se retrouver séquestré au fin fond du bush dans une colonie oubliée où la consanguinité avait des effets pour le moins redoutables.
Finalement, et contrairement à ce qu'on avait pu lui dire, quand on roule la nuit dans le bush, le risque le plus grand n'est pas d'écraser un kangourou.
J'ai adoré et dévoré ce bouquin en quelques soirées (ce qui m'a, au passage, rassurée sur ma vitesse de lecture qui s'était prodigieusement ralentie, pour ne pas dire arrêtée, depuis que j'ai attaqué la série des milléniums)
Ca se lit très bien, il y a du suspens et de l'humour, du cynisme et de l'autodérision de la part du héros pour le moins malmené.
Un vrai polar, bien noir , que j'ai trouvé trop court.
Bref un très bon moment de lecture.
Si vous ne connaissez pas, foncez ;-)
Dans le genre mystère antique et religieux, une recette qui prend le lecteur pour le mener avec sa curiosité jusqu'au bout du récit.
L'atmosphère est calculée, l'enquêteur a le charme poussièreux des brocantes et des buveurs de lait chaud (aromatisé à l'anis!) mixé à l'attrait des "experts" grâce à son arrière-boutique high tech. Il a aussi une assistante futée, un peu décalée dans son apparence "Lauren Bacall" mais très discrète ; de la déco en somme.
L'énigme arrive par le biais d'une belle inconnue, elle a le teint extrêmement pâle ce qui à croire l'auteur est un atout-charme, moi je dirais plutôt de c'est de mauvaise augure. Bref, tout est affaire de point de vue, le mien est extrêmement mitigé.
Certes, je me suis laissée portée sans mal au long de cette énigme historique, très originale, je n'avais jamais rien lu qui mette en scène des pratiques païennes médievales Lituaniennes. Ce récit est extrêmement bien écrit, mais souvent trop bien, c'est à dire que la belle écriture n'est pas toujours à propos. Dans les dialogues notamment, Hervé Picart ne varie pas son registre, on ne peut identifier un personnage par son langage qui est celui du narrateur. J'ai lu que l'auteur est un professeur de langues anciennes autant qu'un critique de Rockn'Roll. Le contraste des deux genres est exactement ce qui manque aux personnages de ce roman. J'aurais aimé un peu de rock dans les dialogues en alternance à la leçon d'histoire lituanienne. C'est donc l'uniformité du style qui m'a déçue sans pour autant m'empêcher d'être captivée par la résolution de l'énigme.
La 4ème de couverture :
Au coeur de la vieille ville de Bruges, une boutique au charme désuet et au nom troublant: L'Arcamonde. C'est le domaine de Frans Bogaert, gentleman distingué et cultivé qui se livre avec autant de flegme que de passion à ses activités d'antiquaire. Avec son assistante, étonnante réplique de Lauren Bacall, et à l'aide des instruments sophistiqués que recèle son atelier, Bogaert se livre à des expertises d'objets hors du commun.
Quand une mystérieuse dame d'Utrecht au charme slave ouvre la porte de L'Arcamonde un soir de neige, Bogaert ignore que le dé ancien qu'elle tient en main va le plonger dans une enquête qui le mènera sur la piste des dieux de la Lituanie médiévale et de leurs rites les plus ténébreux...
Edité par le Castor Astral :
Numéroté un d'une série de 12, déjà écrits déjà programmés pour leur publication, cette organisation me laisse sans voix ...
Un compromis entre le livre de poche et le broché, au tarif raisonnable de 12 euros.
Pour en savoir plus, tout est prévu, http://arcamonde.hautetfort.com, l'organisation marketing autour de cette publication est sans faille, ce qui me laisse très perplexe.
J'ai passé un bon moment de lecture, mais je ne suis pas totalement séduite, je ne l'étais pas non plus par mon premier Vargas ceci dit (l'homme aux cercles bleus) ... alors je lirai probablement le numéro 2 "l'orgue de quinte".
L'Arcamonde, Tome 1 : Le dé d'Atanas
Hervé Picart (Livre)Je suis amateur de Stephen King depuis maintenant de nombreuses années : autant dire que chaque nouveau roman ou recueil de nouvelles de l'auteur me laisse espérer qu'il reviendra vers le style qui a fait de lui, je cite, « le maître de l'horreur » dans les années 70 et 80. Car il faut bien dire que depuis quelques années, plus particulièrement depuis l'accident dont il a été victime (fauché par une voiture) qui a bien failli mettre fin à sa carrière et plus largement à son existence, le niveau a baissé, et ses écrits des années 90 et 2000 ont quelque peu perdu de leur force. Si ce n'est « Cellulaire », que j'avais eu le plaisir de chroniquer sur ce site, et la fin de la sage « La Tour Sombre », qui a atteint des sommets, je n'ai pas foncièrement trouvé mon bonheur dans ses dernières œuvres. Et certainement pas dans son dernier roman paru avant celui-ci, « Histoire de Lisey », où pour la première fois, je n'ai pas pu aller au bout du roman tant c'était bavard et, à mes yeux, franchement peu intéressant et tout à fait à l'encontre du style habituel de l'auteur. Sur ce coup, King a voulu faire de la littérature plus classique, tentative pour laquelle il a été plutôt bien reçu par la profession, mais pour laquelle je suis resté de marbre, appréciant avant tout ce qui fait la singularité de cet auteur : son univers, ses histoires macabres ou fantastiques...bref, le King qui fait peur, en un mot.
Autant dire que mon attente était combinée à une appréhension certaine devant ce nouveau pavé (près de 650 pages) qui, je l'espérais, me ferait vibrer comme ont pu le faire tant d'autres romans de Stephen King. Je ne vais d'ailleurs pas revenir en détail sur la carrière brillante de cet écrivain américain que tout le monde doit maintenant connaître, que ce soit pour ses romans à succès (je peux citer « Simetierre », mon préféré, « Ca », « Shining » pour ne me limiter qu'à certains...) ou les adaptations cinématographiques dont ont pu bénéficier certains de ses écrits (« Shining » par Kubrick, « La ligne verte », « Les évadés » (tiré d'une nouvelle du recueil « Différentes saisons »), ou de piètres téléfilms diffusés sur M6, comme « Les Tommyknockers », « Les langoliers », et j'en passe).
Le King cru 2009 est donc enfin arrivé, mystérieusement intitulé « Duma Key », en référence à une île de Floride sur laquelle va se dérouler l'action. C'est le soixante-huitième roman (publié) de l'écrivain, qui en a encore un bon paquet dans les tiroirs d'après ses dires, certains datant des années 70 même, qu'il n'a jamais terminés pour le moment. Et c'est également le premier à se dérouler loin de son territoire fétiche du Maine, cap au Sud cette fois-ci.
Synopsis
Edgar Freemantle était un entrepreneur à succès, à la tête d'un joli petit empire, jusqu'à ce qu'un accident sur un chantier lui coûte un bras, son mariage, et la fin de tous ses espoirs et illusions. Plus, même : l'accident lui a fait subir un choc sévère au cerveau, qui l'a rendu temporairement amnésique et cyclothymique, menaçant jusqu'à la vie de sa propre femme, ce qui n'a pas manqué de précipiter la fin de son mariage.
Sur les conseils de son psy, Edgar décide d'aller s'installer en Floride et de se consacrer à une de ses anciennes passions qu'il avait laissé tomber, la peinture.
C'est donc sur l'île de Duma Key qu'il finit par poser ses valises, une île presque déserte sur laquelle vit une vieille femme, Elizabeth Eastlake, et l'homme qui s'occuped 'elle, ancien avocat, Jerôme Wireman.
Edgar retrouve goût à la vie sur l'île, faisant de longues balades sur la plage comme rééducation, se livrant à la peinture avec fougue et passion...jusqu'à ce qu'il découvre que ses coups de pinceau ont une influence sur le cours de la vie réelle, et que la maison dans laquelle il vit, qu'il a rebaptisée Big Pink, semble être plus qu'un lieu de convalescence : il semblerait que la bâtisse sur pilotis soit aussi un point de connexion avec un univers plus étrange et paranormal, où les fantômes du passé reviennent hanter les lieux et tourmenter les survivants.
Quand la fiction et la réalité se rencontrent
Les premières pages de ce nouveau roman sonnent étrangement comme un exutoire pour King, qui n'a jamais fait secret de son accident en 1999, mais qui n'avait jusque là pas été jusqu'à l'intégrer à ses romans.
C'est choses désormais faîte, puisqu'on ne peut pas un instant penser en entrant dans le livre que l'accident dont est victime le héros, Edgar Freemantle, n'a aucun rapport avec la dramatique situation qu'a pu connaître King...
C'est d'ailleurs l'un des points qu'ont retenu les critiques, qui ont jugé le livre véritablement excitant et d'un niveau que King n'avait plus atteint depuis un certain temps.
Bon, de toute manière, comme à chaque fois, le livre a eu son lot de louanges, mais cette fois-ci bien peu de voix discordantes se sont fait l'écho d'une sur évaluation de l'ouvrage. Bonne nouvelle, à priori.
Reste que la critique négative la plus récurrente concerne le manque d'originalité de l'histoire, ce qui ne vous aura sans doute pas échappé à la lecture de celle-ci pour peu que vous ayez déjà lu plusieurs romans de Stephen King. Les thèmes sont globalement les mêmes, le récit est très dense, ce qui permet certains développements un peu plus originaux, fort heureusement, mais le côté proche du réel qui rend ses bouquins encore plus flippants lorsqu'on a le sentiment que ce qu'ils racontent pourrait véritablement se produire se perd un peu en route pour lorgner vers du fantastique beaucoup trop fantastique, justement, pour être honnête. Personnellement, ça ne m'a jamais dérangé outre mesure, combien d'histoires peuvent être tout aussi passionnantes même si elle n'ont vraiment aucune prise réelle avec le monde...Ce serait un comble que pour être captivante une histoire doive être réaliste...Bref, tout ça pour dire que King semble avoir intégré une bonne part de lui-même dans cette histoire, combinant les thèmes qui lui sont chers à sa propre expérience, pour livrer du coup un livre terriblement intime où l'on sent dans les mots le poids d'une situation vécue. Autant de force ajoutée au récit et de crédit à accorder à l'auteur.
Bienvenue à Duma Key
Pour peu que l'on soit adepte de King, récemment ou depuis bien plus longtemps, ce « Duma Key » fait cet effet que j'ai déjà dû rappeler lors d'un précédent avis sur du King : celui d'enfiler une bonne vieille paire de pantoufles, de se sentir super confortable et à l'aise, et de retrouver quelque chose de familier que l'on apprécie.
Il n'y a pas à tortiller : dès les premières lignes, on sent la patte de l'auteur, cette façon bien à lui de mettre en mots ce qui lui passe par la tête, et on est en terrain familier, prêt à frissonner à chaque coin de page, espérant secrètement que quelque chose va nous sauter au visage lorsqu'on va les tourner, ces pages (au sens figuré, vous l'aurez compris). Et autant on a pu lui reprocher le manque d'originalité, autant on pourrait se dire, sur ce point, que c'est encore une fois pareil que d'habitude et que ça va être ennuyeux car déjà (trop) vu...
Et bien pas du tout, justement, et c'est dans doute ce qui fait la force des grands auteurs, cette capacité à, sans se réinventer de manière drastique à chaque roman, savoir captiver ses lecteurs par un style, un phrasé (bon, ici on le doit à la traduction bien entendu, mais les tournures de phrase, la mise en abîme des mots etc. sont des choses que l'on doit à l'auteur, pas qu'à la langue) et tant d'autres petits tics d'écriture inimitables qui donnent une vraie patte à une œuvre.
Le style reste donc aussi bon qu'à l'accoutumée, et l'histoire elle-même recèle une foule de personnages et de situations qui se mêlent et créent un univers captivant. King aime bien ses personnages, on le sent à sa manière de les décrire, et une fois encore ce roman fait la part belle à ses acteurs plus qu'à sa seule histoire. Ainsi, une dizaine de personnages se côtoient dans cette histoire, bon nombre d'entre eux faisant partie de « l'autre vie » d'Edgar Freemantle, celle d'avant l'accident, quand au contraire, sur l'île même, ils ne sont que quatre ou cinq à être mis en avant de manière permanente. Mais quel que soit le niveau d'importance du personnage dans l'histoire, aucun n'est bâclé ou simplement intégré pour boucher un vide scénaristique : tout est pensé, imaginé, construit au cordeau, et c'est un bonheur que de lire une histoire aussi bien structurée que celle-ci.
L'un des autres aspects passionnants de ce bouquin est la manière dont King n'a pas son pareil pour faire monter la tension au fil des chapitres, jusqu'à un zénith lui aussi captivant qui bouleverse pour toujours la vie des personnages impliqués. Loin d'un « Cellulaire » ou d'un « Simetierre », « Duma Key » n'est pas un livre horrifique, au sens où l'on ne fait pas face à des éléments physiquement aptes à créer la peur...C'est bien plus insidieux que ça, c'est un sentiment de malaise qui s'installe page après page, jusqu'à ce qu'enfin quelques phénomènes paranormaux se matérialisent de manière plus tangible, sans que King ait toutefois besoin de recourir à l'hémoglobine ou aux créatures monstrueuses pour construire la peur qu'il veut insuffler à son lectorat. Le surnaturel prend le pas au bout d'un moment, nous conduisant à nous demander jusqu'où peut aller le pouvoir de création, dans la mesure où c'est celui-ci qui conduit Edgar Freemantle à découvrir le passé de Duma Key et à voir venir un sombre futur pour l'île, ses habitants, mais aussi tous ceux qui auront pu croiser la route maudite de Freemantle et son ami Wireman. Les créations d'Edgar le conduiront-elles à sa propre destruction, à celle de l'île, de ses proches ? Autant de questions que l'on se pose lorsqu'on lit le livre, et qui trouvent bien entendu des réponses en fin d'ouvrage.
Pour tempérer un peu cet avis, je dois d'ailleurs dire que j'ai été un peu déçu par la conclusion du livre, et le rythme que prennent les choses dans le dernier tiers du roman. Les deux premiers tiers, donc, de ce livre sont une pure montée en puissance, pour laquelle on ne peut réfréner son envie de lire le chapitre suivant pour en savoir plus, la fin est un peu plus molle, même si elle contient toute la « résolution » des choses et qu'elle est sans doute la plus émouvante au niveau de la trame. Reste que le style semble avoir un peu perdu de cette énergie du début, et que la conclusion est un peu en deçà du niveau global du livre, dommage.
La fin est d'ailleurs le moment où le surnaturel prend le pas sur l'humain, sujet sur lequel s'attarde avec brio King, livrant une peinture ultra détaillée de ses personnages et de leurs pensées. C'est la chose qui m'avait déplu avec « Histoire de Lisey », cette introspection psychologique que je trouvais interminable et si peu captivante. Ici, au contraire, l'exploration psychologique des personnages est, à mes yeux, effectuée de manière beaucoup plus légère et immersive, je ne trouve pas de meilleur mot. C'est une espèce de peinture de l'esprit humain, de l'amitié, des peurs secrètes ou non de chacun, de son rapport à la vie, à la mort, de ses espoirs et des déceptions...bref, c'est une écriture passionnante qui ne laisse que très peu d'espace à l'envie de décrocher et de s'arrêter en chemin.
Conclusion
A tous ceux qui ont tendance, un peu vite, à croire que King est bon à enterrer et qu'il n'est plus capable de livrer de roman digne de ce nom : ruez-vous sur « Duma Key », et régalez-vous. L'écrivain est en effet de retour, et dans une sacrée forme, livrant un roman terriblement bien écrit, pour commencer, mais également captivant, plein d'émotion, dans lequel il n'a pas hésité à mettre une partie de lui.
En dépit d'une histoire qui n'est certes pas de plus originales, King parvient toutefois à tisser une trame extrêmement touffue et attrayante, au sein de laquelle se croisent bon nombre de personnages sympathiques, habités, et complexes. Le talent de conteur de Stephen King pouvait sembler an avoir pris un coup ces derniers temps, il prouve ici avec brio qu'il ne l'a aucunement perdu et qu'il est toujours autant capable de faire vibrer ses lecteurs de bout en bout, même si je déplore une baisse de rythme en fin de livre.
Dans tous les cas, voilà bien un roman que je vous recommande, que vous soyez fan du bonhomme ou pas plus que ça. Ce n'est pas un King horrifique, même s'il sait faire trembler par moments, mais c'est un King rondement mené.
Cela fait maintenant quelques années qu'il est question que King prenne sa retraite, les rumeurs ayant gonflé après la parution de la fin de sa sage "La Tour Sombre". A lire ce livre, on dirait bien que la retraite, ce n'est pas pour tout de suite. Après tant d'années, King a su conserver un potentiel créatif aussi développé que celui de son héros qui peint, Edgar Freemantle. Pourvu que ça dure !
Disponible dans toutes les bonnes librairies, 22 euros et des brouettes, chez Albin Michel.
Je participe à 2 défis littéraires cette année 2009, dont le blog-o-trésors, proposé par grominou sur son blog : j'ai lu. Pour réaliser ce défi, chaque participant a proposé 10 livres parmi ceux qui lui ont laissé le meilleur souvenir. L'organisatrice a compilé ces titres parmi lesquels les participants doivent choisir chacun 4 titres à lire dont ils feront une critique.
Pour ma part je n'ai pas nécessairement sélectionné les 4 romans que j'avais le plus envie de lire, mais les 4 qui soulageraient ma PAL, parmi lesquels ce thriller : « le sang du temps » de Maxime CHATTAM.
J'ai déjà lu la trilogie du mal et "les arcanes du chaos" du même auteur, j'en garde le souvenir de romans haletants et très modernes. Imités depuis avec beaucoup moins de bonheur par Franck Thilliez. J'avais donc très envie de lire celui-ci dont l'action se situe au Mont St Michel et au Caire à des époques différentes. Maxime CHATTAM tisse deux toiles contrastées dans des univers où les fantasmes et les mystères regorgent.
Pour vous placer un peu l'intrigue, car finalement il n'y en aura qu'une, sachez qu'une jeune femme est cachée par le DST sur le Mont St Michel dont la communauté religieuse va lui confier les clefs. Le Mont St Michel quasi désert (ça c'est vraiment du fantasme) est à elle pour l'hiver. Ce sera le lieu d'une magnifique ode à la lecture. J'imaginais l'abbaye, les remparts, les ruelles, les escaliers comme le terrain idéal pour le mystère et les courses poursuites, mais le suspens sera au Caire. Le Mont St Michel lui sera le sanctuaire d'une lectrice passionnée par le journal intime de Jérémy Matheson, anglais, policier au Caire en 1928. Je ne vous cache pas que si vous êtes fervent lecteur vous vous exposez à jalouser Marion ; l'héroïne qui peut choisir librement n'importe quel recoin du Mont normalement fermé au public pour y lire à l'aise les jours de grande tempête. Orgasmique.
L'intrigue réelle se déroule au Caire où des cadavres d'enfants atrocement démembrés font renaître la légende de « La Goule » , chez Maxime Chattam les mystères sont toujours effroyables, les amateurs du genre ne seront pas déçus cette fois encore. L'auteur manipule le lecteur pour mieux dénouer les fils magiques en toute fin du roman. Mon expérience du genre m'a permise de déjouer l'auteur un peu plus tôt mais c'est assez bien fait malgré tout et surtout très crédible car la psychopathologie du tueur est déliée tout au long du roman. Je ne peux guère plus vous l'exprimer sans trahir le mystère.
Un épisode très intéressant du roman raconte l'expérience horrible du détective dans les tranchées de la première guerre mondiale où nombre d'anglais ont beaucoup souffert. C'est un passage important de l'histoire que j'ai rapproché du roman « un fleuve de ténèbres » de Rennie Airth. Un roman policier que je conseille en particulier à ceux qui s'intéressent au contexte de la guerre dans le polar.
Comme tous les romans de Maxime Chattam celui-ci encore est très bien documenté, vous en saurez plus sur l'architecture du Mont St Michel et sur la vie quotidienne du Caire dans les années 20, c'est certain. J'ai par exemple était ravie de découvrir l'origine du mot qahwa, l'importance et l'atmosphère de ces lieux, sensiblement éloignés de nos caméra-café.
Encore une fois j'ai passé d'agréables moments de lecture avec Maxime CHATTAM dont les détracteurs sont je crois des jaloux qui ne l'ont jamais lu, ou souvent, des pseudo-intellectuels qui considèrent que vendre beaucoup est un gage de crétinisme. C'est une règle un peu simple à laquelle Maxime Chattam fait exception. Son écriture est rapide et souple, le suspens est permanent, l'environnement de l'intrigue est très crédible, très riche. Dans ce roman on flirte un peu avec le surnaturel mais on n'y sombre pas, les scènes qui pourraient être gores restent relativement sobres. Tout le récit respecte un équilibre, une sorte d'alternance entre la violence et l'apaisement, les lieux s'opposent pour mieux se compléter vers la plénitude et le pardon qui sont la finalité d'un des personnages, mais aussi du récit.
J'ai eu la chance de visiter le Mont St Michel la veille d'ouvrir ce roman, une journée d'hiver peu fréquentée. J'imagine que beaucoup de lecteurs ont eu envie d'y retourner ou de le découvrir suite à cette lecture ... Cependant je m'étonne que ce titre ait été cité comme l'un des dix romans les plus incontournables d'une vie de lecteur, ce n'est certainement pas un « chef d'œuvre « de littérature, un très bon roman à suspens oui.
Le sang du temps
Maxime Chattam (Livre)A voir absolument.
Excellent sur toute la ligne, les acteurs sont bons, le scénario tient la route, suspens sans relâche, tout est bien vu.
Secret Défense
(Film à l'affiche)L'Islande nous interpelle rarement au cinéma, et même toutes circonstances confondues. L'occasion de changer d'air au ciné, de sortir un peu des autoroutes balisées made in USA. Les cinéastes islandais font peu parler d'eux, Baltasar Kormakur pourtant nous livre un très bon polar, "Jar City". Rien de très révolutionnaire, mais pour le moins rafraîchissant d'entendre parler islandais ce qui, du moins personnellement, ne m'arrive pas tous les jours.
L'histoire commence par un meurtre, c'est une procédure classique pour un polar, celui d'un homme âgé qu'on pense sans histoire. Un indice de départ pour l'enquête sera la photo d'une tombe de petite fille, morte trente ans plus tôt. L'inspecteur Erlendur va enquêter sur le passé de la victime.
Le déroulement de l'enquête tanguera de rebondissements et nouvelles pistes pour finalement reconstituer un puzzle cohérent, c'est souvent le cas d'un policier. En celà ce film n'apporte pas d'originalité, mais satisfera les amateurs du genre.
A mon sens dans ce polar ce qui retient l'attention c'est le personnage principal du flic et là l'histoire sort un peu du lot essentiellement par les contrariétés et les doutes qui pèsent sur sa vie personnelle. Les soucis d'un père pour sa fille tombée dans la drogue donnent profondeur et crédibilité au personnage. L' interprétation d' Ingvar Eggert Siggurdson est remarquable, un acteur islandais : le connaissiez-vous ?
Mais le véritable intérêt de Jar City, c'est l'exotisme, les décors islandais magnifiques. Ne serait ce que pour cette raison ne ratez pas ce film.
Jar City
(Film à l'affiche)Pour ceux qui hésitent comme moi à lâcher une 20aine d'euros pour un dernier sorti de la rentrée. Et aussi pour ceux qui hésitent à se balader avec un botin d'un kilo sous le bras, gare aux crampes de poignets. (on parle bien du syndrome des lecteurs).... à vous je conseille de lire la critique du dernier GRANGE à l'adresse suivante :
http://www.biblioblog.fr/index.php/post/2008/09/17/Miserere-Jean-Christophe-Grange
C'est par ailleurs un excellent site de critiques littéraires.
Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.
Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.
Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.
Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.
Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.
Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.
Visite conseillée : Pour la visite du cimetière de Highate, et pour un bon article sur ce roman. http://blog.vampirisme.com/vampire/?gallery/visites/cimetiere-de-highgate/1#gallery
Un lieu incertain
Fred Vargas (Livre)Me voila de retour de vacances, j'étais en ardèche et il n'a pas toujours fait beau, mais quand on aime lire on s'en ficherait presque, tout juste si on ne se frotte pas les mains !! Je vais tout de suite vous parler du livre que j'ai préféré cet été ... Au lieu d'exécution, thriller de Val McDermid. Je crois qu'il n'y a encore jamais eu d'avis sur cet auteur ici, c'est plutôt étonnant.
L'histoire se déroule en plein hiver. C'est l'affolement dans le petit village de SCARDALE lorsqu' une petite fille, Alison Carter, disparaît un soir de décembre 1963. Le jeune inspecteur George Bennett se voit confier l'enquête, ce sera sa première enquête criminelle de ce genre. On comprend vite que Scardale n'est pas un village comme les autres, il semble qu'il soit dirigé par un châtelain. On se croirait de retour au moyen-âge. Cet homme, Philip Hawkin, possède tout : le village , le terrain, les maisons... et pourquoi pas les habitants !
Hawkin est le seul « étranger » au village : les autres habitants sont tous membres de la même famille ! Hawkin s'avère être également le beau-père de la petite Alison. C'est une situation qui pose beaucoup de questions sur la morale, la consanguinité ... etc ...
Lors de son enquête, Bennett va se heurter à la solidarité d'un village-famille dans lequel personne ne veut croire qu'un des siens est coupable. Et pourtant cela ne fait aucun doute.
En se serrant les coudes, les habitants de Scardale ne rendent pas la tâche facile au jeune inspecteur qui va devoir trouver les indices lui-même, c'est un peu la corse quoi !
Seul ami : son coéquipier, Clough, qui va s'investir autant que lui dans cette sombre affaire . A eux deux, ils vont fouiller dans le passé du village et faire remonter à la surface la boue enfouie dans les mémoires des âmes de Scardale.
Double défi pour Bennett : affirmer son autorité et ses compétences et retrouver la petite Alison.
Les jours passent et il faut se rendre à l'évidence : la petite n'a pas fugué et il est fort peu probable, vu le froid extérieur, qu'Alison soit en vie...Mais pour l'instant, toujours pas de cadavre...
Le coupable est forcément du village. Mais qui ? Tous les regards se tournent vers Philip Hawkin puisque c'est le seul étranger à Scardale. Mais les accusations sont-elles fondées ou reflètent-elles le mépris des habitants pour un homme avide de pouvoir ?
Le suspense est fort bien mené, l'intrigue nous tient en haleine. Au bout de quelques pages, nous voilà pris de compassion pour le jeune inspecteur qui doit affronter les journalistes avides de scoop et non d'informations réelles. lesquels vont diffuser nombre de mensonges sur l'affaire, entravant les mouvements de Bennett. Il doit également lutter contre son supérieur hiérarchique, peu convaincu de son aptitude à mener l'enquête à terme.
Dans ce livre très prenant, il n'y a aucune violence, aucune scène sanglante...Juste quelques suggestions.
En 600 pages, McDermid nous fait voyager dans le temps puisque le roman commence en 1998, revient sur l'affaire en 1963, et se clôture en 1998. Pas de flash-back pénibles impossibles à suivre. Quand on est en 1963, c'est jusqu'au bout, pas d'interférence !
Jusqu'à la dernière page j'ai émis des hypothèses, multiples et variées, et je me suis plantée en beauté ! lol
La fin se révèle être un superbe renversement de situation qui laisse le lecteur pantois.
Au lieu d'exécution
Val McDermid (Livre)- RAPT DE NUIT - Patricia Mac Donald
ALBIN MICHEL, 383 pages ! 21, 50 euros
Je me suis fait raptée, par un nouveau roman tout frais imprimé mis en avant à la médiathèque. Je n'ai pas trop hésité toute à ma joie d'être celle qui l'avait vu en premier. La convoitise est un vilain défaut ! car je croyais avoir de la chance alors que j'allais tout simplement perdre quelques semaines de lecture fastidieuse quand des romans passionnants m'attendent ...
L'auteur :
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Née à New York le 1er août 1949,Patricia MacDonald est un auteur de romans policiers américain . Elle a suivi des études de journalisme à Boston puis a collaboré à la rédaction de nombreux magazines, de tous styles. Après son mariage avec l'écrivain Art Bourgeau, elle s'intéresse à l'écriture et se destine à la rédaction de romans à suspense. Elle n'a pas vraiment de personnages fétiches.
Ses romans :
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Expiation (The Unforgiven), 1981
Un étranger dans la maison (Stranger in the House), 1985
Petite sœur (Little Sister), 1987
Sans retour (No Way Home), 1989
La double mort de Linda (Mother's Day), 1994
Une femme sous surveillance (Secret Admirer), 1995
Personnes disparues (Missing Persons), 1997
Une histoire de bébé volé
Dernier refuge, 2001
Un coupable trop parfait, 2002
Origine suspecte (Suspicious Origin), 2003
La fille sans visage, 2005
J'ai épousé un inconnu, 2006
L'histoire :
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Une nuit, dans un camping, une petite fille de 9 ans assiste, impuissante à l'enlèvement de sa soeur ainée qui sera retrouvée violée et étranglée. Suite à son témoignage, le coupable est rapidement arrêté et executé.
Néanmoins, vingt ans plus tard, l'affaire est réouverte et une analyse ADN démontre que l'homme exécuté n'était pas le vrai coupable...
Tess, le temoin, n'hésite pas à s'investir dans l'affaire pour faire la lumière sur toute cette histoire et en finir avec la culpabilité qui ne la quitte pas....
Mon avis :
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L'ADN tue le polar !
La science épargne désormais les méninges, on émet une hypothèse ou on ratisse large et on compare les échantillons d'ADN, c'est çà l'enquête criminelle d'aujourd'hui, quel intérêt ? pour le lecteur du moins. Dans la vie vraie évidemment c'est une autre histoire, et ici l'auteur pose l'intéressant problème de la peine de mort, et ses personnages donnent une réponse.
Pour le reste ce roman est romantique, et applique le concept des romans de Mary Higgins Clark. Une belle jeune femme malheureuse est en danger, un bel homme de bonne situation est briévement suspecté par le lecteur avant de s'avérer un sauveur. Nous sommes dans la bourgeoisie américaine de bon ton, et tout se terminera par une belle famille recomposée au bonheur douillet.
Je ne crache pas plus sur ce type de roman, ils ont le mérite de faire lire et d'amener des lectrices au polar, c'est mon cas, il y a + de 15 ans j'ai lu des Mary Higgins Clark, puis des Patricia Mac Donald, puis des Patricia Cornwell ... et me voici parmi vous inconditionnellement fan de Fred Vargas.
Ne jamais désespérer.
Rapt de nuit
Patricia MacDonald (Livre)"La mort des bois" - Brigitte Aubert
Voilà un roman qui ne manque pas d'originalité, sa force et sa faiblesse, car c'est une originalité qui porte à l'incrédibilité. Ce sera mon plus grand reproche, pour le reste c'est assez prenant, et surtout la narratrice distille un humour assez piquant dans l'autodérision qui m'a beaucoup séduite.
La narratrice donc, c'est Elise, victime d'un attentat terroriste en irlande avec son fiancé. Elle y survivra mais reste tétraplégique, muette et aveugle. Un seul de ses sens fonctionne normalement : l'ouïe. Elle vit près d'une femme dévouée, Yvette, qui lui fait profiter comme elle peut d'un environnement avec lequel elle ne peut plus du tout communiquer.
Un jour, lors d'une promenade en fauteuil une petite fille s'approche, Virginie, et lui fait des confidences qu'Elise rapproche de faits divers en cours. Elise vit désormais l'angoisse des éléments qui lui sont rapportés par divers interlocuteurs sans pouvoir interférer dans les évènements. ... La peur s'installe ...
La situation physique de la narratrice est terriblement angoissante, oppressante, et peut mettre le lecteur très mal à l'aise, c'est à ce titre que le roman a un certain cachet et vaut d'avoir été lu, au-delà de quelques délicieuses notes d'humour noir. Cependant rien de très bluffant, un dénouement presque rocambolesque et là encore peu crédible.
Paradoxalement, je suis assez tentée de vous conseiller de lire ce roman pourtant moyen.
La Mort des bois - Grand Prix de la Littérature Policière 1997
Brigitte Aubert (Livre)Je me suis enfin décidée à lire ce roman à succès, vous l'aurez probablement lu bien avant moi !
* L'auteur
Romain Sardou est bien le fils de Michel et le petit fils de Jacky. Il est né le 6 janvier 1974 et après avoir voulu faire du thêatre, il se passionne pour l'écriture. Il part un temps écrire des scénarii pour enfants chez Disney et revient en France pour écrire des romans.
"Pardonnez nos offenses" est son premier roman, publié en 2002 chez XO.
* La couverture
Il s'agit d'une partie du tableau "Le Voyage de Tondal" de Jérome Bosch.
Monsieur Bosch est un peintre hollandais du XVIème siècle spécialisé dans les oeuvres à caractère hérétique ! Il représente des scènes religieuses mais fait tout pour faire dresser le poil de toutes les grenouilles de bénitier. Ca tombe plutôt bien, l'hérétisme est un des fils conducteurs du roman (rien à voir avec l'érotisme ! je précise pour les incultes !). Une couverture dérangeante donc, mais qui interpelle le lecteur et le pousse à tout observer en détails.
*La sombre histoire
Romain Sardou nous entraîne en plein hiver 1284 dans un petit diocèse près de Toulouse. Un diocèse aux allures bien tranquilles. Et pourtant, une année auparavant, deux petites filles ont retrouvé dans un cours d'eau des "morceaux" d'êtres humains. Une fois le puzzle reconstitué il s'est avéré qu'il s'agissait d'un chevalier et de deux jeunes enfants (des jumeaux). Bizarre mais pas étonnant puisque en amont du cours d'eau se trouve le village d'Heurteloup, village qui aurait été pris par le diable il y a plusieurs décennies.
Oui mais pour un village oublié, Heurteloup semble intéresser beaucoup trop de monde... et notamment Rome.
* Les protagonistes
J'ai trouvé qu'il y avait un peu trop de personnages. Surtout au début, avant de rentrer vraiment dans l'histoire. Et puis en plus comme ce sont des prénoms moyennageux, ils ne sont pas évidents à retenir !
Du coup, comme l'histoire tourne autour de trois personnages centraux qui ne se croiseront pas ou peu, je ne vous présenterai que ceux-ci.
Trois hommes. Trois hommes d'une trentaine d'années. Trois hommes d'une trentaine d'années et ayant offert leurs vies à l'Eglise. Trois hommes en marge de cette même Eglise et de ses traditions.
Et pourtant, ces trois personnages sont diamétralement opposés.
* Henno Gui
C'est un jeune prêtre qui a été convoqué par l'évêque Haquin pour remettre les villageois de Heurteloup (qui n'ont pas vu l'ombre du moindre homme d'Eglise depuis une trentaine d'années) dans le droit chemin de la foi.
La tâche est lourde et périlleuse, mais Henno Gui est un jeune homme courageux. Il est également très bon orateur et arrive par le seul don de la parole à faire dire aux gens le contraire de ce qu'ils pensaient avant de le rencontrer. Il connaît également bien la médecine, mais plus dans le style rebouteux spécialiste des plantes médicinales.
C'est un personnage très agréable qui nous guide en douceur à travers cette histoire.
* Le moine Chuquet
Chuquet est le vicaire du diocèse de Draguan. Il était un peu le secrétaire particulier de l'évêque Haquin avant que celui-ci ne soit mystérieusement assassiné. Il va avoir alors la difficile mission d'emmener la cadavre de son évêque à travers le rude hiver jusqu'à la capitale. Il suppose que la famille de Chuquet se trouve à Paris et compte leur rendre le corps du défunt. Lui qui rêvait d'aventures sans pouvoir espérer en vivre un jour au fin fond de son diocèse perdu, il va se retrouver entraîner de mystères en mystères.
C'est un personnage que j'ai beaucoup aimé. En effet, il a un caractère relativement effacé et au début on remarque à peine son personnage. Puis au fil de ses périgrinations vers Paris, on commence à s'intéresser à lui et à admirer son courage. Puis c'est un personnage qui va prendre toute son ampleur au fil des pages... mais chuuuttt.... ;o)
* Aymard du Grand-Cellier
Fils d'Enguerran du Grand-Cellier, appelé le Chevalier Azur pour sa loyauté lors des Croisades.
Après avoir été un soldat turbulent et bien moins glorieux que son père, Aymard est entré dans les ordres et est devenu abbé. Oui mais... l'ordre qu'il fonde est purement hérétique avec sacrifices de vierges etc... Son père ne peut laisser son honorable nom être sali ainsi et va donc livrer son fils à Rome pour la peine qui sera décidée par le Pape. Oui mais... Alors qu'Aymard aurait dû être pendu haut et court, Rome et ses dirigeants vont lui trouver une toute autre utilité.
C'est un personnage sombre et imprévisible. Au départ il n'est pas très intéressant, mais ce qui va lui arriver est tellement hors du commun qu'on s'attache à ce personnage détestable.
* Ce que je n'ai pas aimé
•• Au début de la lecture, je me suis dit "mon dieu où je suis tombée, je vais jamais arriver à le lire". Au début, on nous balance un tas de personnages (qui ne font même pas partie de l'intrigue) et d'informations. C'est assez destabilisant. Heureusement ça ne dure qu'une vingtaine de pages.
•• Par contre c'est vrai que tout au long du livre on nous présente une foultitude de personnages qui se ressemblent un peu et qui ont des noms à coucher dehors. Du coup si on ne suit pas, on est largué. Vraiment pas le type de roman que tu peux lire en pointillés.
•• Le thème de la religion catholique peut en refroidir certains. Tous les personnages ou presque sont des religieux, toute l'intrigue tourne autour de la religion... et pourtant elle ne semble pas omniprésente. On se passionne pour l'intrigue, mais on se rend compte que la religion n'est qu'un prétexte au suspens.
•• La période à laquelle se déroule l'action. Mais il s'agit d'un inconvénient personnel puisque étrangement je n'ai jamais été attirée par cette période. Je crois même que c'est le premier roman que je lis qui s'y déroule...
•• Si vous cherchez une histoire d'amour passez votre chemin c'est pas dans un milieu d'hommes et religieux en plus que vous allez dénicher beaucoup de jupons !!!
* Ce que j'ai aimé
•• Le suspens. J'ai été prise dans cette histoire comme on pourrait l'être dans un tourbillon. A un tel point que ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Lutter le soir pour en lire un maximum alors que je tombais de sommeil. L'emmener avec moi pendant la journée pour le lire dés que j'avais une minute.
En plus, jusqu'à la fin, on n'a aucune idée d'où veut nous mener l'auteur et c'est ça qui est passionnant.
•• Les personnages. Pas facile de rendre attachants une tribu de personnages tous aussi différents et qui ne rentrent pas dans les critères habituels des héros de belles histoires.
•• La découpage des chapitres. Chaque chapitre est consacré à l'un des trois personnages centraux et à l'évolution de sa situation. En général, un chapitre se termine à un passage crucial pour le personnage et lorsqu'on attaque le suivant, on n'a pas la réponse à notre question puisqu'on change de personnage. C'est assez déroutant, mais c'est ce qui fait qu'on dévore autant ce roman.
•• Le style. Il est à la fois simple et recherché. En effet j'avais voulu lire "Le Nom de la Rose" d'Umberto Ecco (ah ben tiens voilà un roman où l'action se déroule au Moyen Age !) mais après les premières pages de prières interminables en latin j'ai laissé tomber. Ici on est dans le même environnement, mais la lecture est ouverte à tous, quel que soit notre âge ou notre religion. Romain Sardou utilise des mots et des expressions d'époque mais n'en surcharge pas son récit de manière à ce que le lecteur ne soit pas perdu en route.
En plus, ce style si simple avec ces chapitres bien découpés peut paraître simpliste, mais c'est une véritable recherche. En effet, dans les cinquante dernières pages, alors que le rythme s'accélère et que l'on est tout près de toucher au but, les chapitres deviennent de plus en plus courts et l'on jongle entre les personnages pour les voir arriver vers le même but. On ne s'en rend par forcément compte à la lecture, mais en analysant avec un peu de recul ça saute aux yeux !
Pardonnez nos offenses
Romain Sardou (Livre)Shan Tao Yun inspecteur chinois a été envoyé dans un camp de travaux forcé au Tibet où il s'est lié d'amitié avec les moines tibétains prisonniers. Un cadavre sans tête est découvert sur un chantier. Les moines refusent de reprendre le travail. Shan est contraint afin de sauver ses amis de mener l'enquête.
Vous en avez assez de l'Angleterre et des ses charmantes petites dames qui épinglent les assassins entre deux tasses de thé ? Les tueurs en série commencent à vous ennuyer? Venez donc au Tibet sur les traces de Shan vous ne serez pas déçus.
Voilà un roman qui dépasse son genre pour offrir aux lecteurs bien plus qu'une simple intrigue criminelle. L'auteur sait construire des personnages réellement intéressants(même les méchants) et retranscrire également la pensée tibétaine. Il nous rappelle hélas à certaines effroyables et tristes réalités de notre monde tout en mettant son lecteur sur des charbons ardents tant l'enquête devient vite passionnante et impossible à abandonner en cours de route.
Dans la gorge du dragon
Eliot Pattison (Livre)Je sors d'une immersion dans le dernier livre de Jean-Christophe Grangé : « Le serment des Limbes ».
Même si son nom ne vous dis rien, vous avez dû entendre parler de son œuvre.
Ses succès de librairie ont été adapté à l'écran.
« le Serment des Limbes » 650 pages éditées chez Albin Michel. Vous vous en doutez, j'avais des crampes dans les poignets à tenir sans arrêt cet énorme pavé bleu. Tant que l'on en est à la description physique de l'ouvrage, autant signaler qu'il s'agit de pages brochées (elles ne se séparent pas du reste du bouquin lorsque vous le tenez trop ouvert, à une seule main.).
Je vous avouerai que la description du contenu qui figure habituellement au dos est plutôt sibylline et ne fourni pas une indication très précise sur la nature de l'ouvrage : « Quand on traque le diable en personne, jusqu'où faut-il aller ? ». Il n'est pas fait référence aux nombreux déplacements du héros à travers l'Europe mais plutôt à la descente aux enfers que constitue la visite des méandres psychologiques des coupables comme des innocents. D'ailleurs, nous avons bien du mal à situer dans quel camp se trouvent les personnages. Sont-ils bons, très bons ou méchants, trop méchants ? Il va vous falloir attendre les dernières pages pour le découvrir , le suspens est excellent, seul, le héros, Matthieu, doit se débrouiller pour reconstituer l'écheveau de la vie des autres personnages ; en commençant par son plus proche ami, Luc, un autre flic comme lui mais spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue dont la tentative de suicide se solde par un coma prolongé. L'ouvrage débute donc par cette interrogation : Quelle cause peut avoir poussé un détenteur d'une foi chrétienne aussi entière au suicide ? Trouver la solution à cette énigme va nous faire croiser une foule de personnages atypiques qui s'interrogent sur le sens du mal et son origine, sens religieux comme scientifique. Tous les ingrédients d'un bon thriller sont là : Une lecture aisée, une intrigue bien documentée et ficelée, des personnages touchants dans leurs faiblesses comme dans leurs certitudes, quelques morts et bien sûr une belle poursuite en voiture dans les montagnes enneigées.
Comme je vous le conseille, je ne vous en dirai pas plus de peur de briser cette atmosphère de suspicion noire qui s'en échappe.
Le Serment des Limbes
Jean-Christophe Grangé (Livre)Impeccable, palpitant et nécessaire.
Enquête après crime qui vous conduit tout droit dans la forêt amazonienne, un peu d'ésotérisme au passage.
Mort sur la forêt
Patric Nottret (Livre)Pour le moins l'auteur a l'art de nous perdre, ça c'est sûr jusqu'à la fin on y comprend rien. Même avec la bousculade d'explications des dernières pages ça reste peu clair. Et je me dis: tout çà pour çà ? une histoire abracadabrante sans grand intérêt.
Pourtant le noeud du départ était haléchant : une famille heureuse et conforme, un jour l'improbable. Une vieille photo est trouvée au milieu d'un paquet fraîchement développé. Le mari en scène sur la photo nie qu'il s'agit de lui et bizarrement il disparait ...
Bref, je ne vois toujours pas trop ce qu'on lui trouve à cet Harlan Coben. Il y a du rythme et il balade le lecteur tout du long... mais là vraiment l'intrigue ne vaut pas un coup de cidre !
Je vous le déconseille.












