roman policier (31)

avr.
7

La femme en vert - Arnaldur INDRIDASON

  • Par fersenette le


Sélectionné sur la liste des propositions au Mini-défi "coup de coeur polar'09" . Je suis en retard !


Pour répondre à mes challenges, j'ai lu deux enquêtes du Commissaire Erlendur Sveinsson à la suite, mais à l'envers, ce qui est dommage car il y a une réelle continuité dans la découverte de ce personnage, ses déductions instinctives et émotionnelles étant la conséquence d'un vécu particulier.


L'ambiance des enquêtes d'Erlendur et les inspecteurs Elinborg et Sigurdur Oli est fortement induite par le décor islandais, la dureté du quotidien et le tempérament des personnages, même secondaires.


Le récit prend son départ par une scène a faire froid dans le dos ! un bébé qui machouille un os humain. On retrouvera le reste du squelette, vieux de 60 ans, mais tout doucement. Le véritable suspens de cette histoire tient à l'identité de la victime jusqu'aux toutes dernières pages.


La réussite de ce roman réside en partie sur sa construction, 3 narrations qui s'entremelent savamment et permettent souvent à l'auteur de jouer avec le suspens et le rythme, donc de jouer avec les nerfs du lecteur.


Il y a l'enquête bien sûr, qui ravira les amateurs de la série Cold case. Erlendur déterre un cadavre et part à la recherche d'indices et de témoignages qui se voulaient oubliés. Pas facile, mais Erlendur est intuitif et très obstiné.


Un personnage désabusé et coupable ce commissaire Erlendur que le lecteur va suivre dans les coins les plus sordides de Reykjavik à la recherche de sa fille droguée Eva-lind. L'histoire familiale du commissaire est livrée en pointillée, il faudra sans doute lire plusieurs titres pour la reconstituer.


Il y a surtout l'histoire d'une famille meurtrie par la violence quotidienne pendant la seconde guerre mondiale. On apprend beaucoup de choses sur la présence des alliés en Islande à cette période. Pourtant le véritable sujet est une femme battue. Cet aspect du roman est époustouflant de pertinence et de maîtrise, c'est impeccable et c'est terrifiant. Indridason n'évite rien, mais ne va pas se perdre dans le pathétisme.


" ... avec le temps, il ne montrait plus la moindre trace de mauvaise conscience, comme si ce qu'il lui faisait subir n'avait rien d'anormal ni d'horrible dans leur vie de couple mais, au contraire, était une chose tout à fait nécessaire et juste. Elle se faisait parfois la réflexion, et peut-être le savait-il lui aussi en son for intérieur, que la violence qu'il lui imposait était le signe de sa faiblesse bien plus que quoi que ce soit d'autre. Car, plus il s'acharnait sur elle, plus il s'affaiblissait lui-même. Il l'accusait. Lui hurlait aux oreilles que c'était sa faute à elle s'il se comportait ainsi à son égard. Que c'était elle qui le poussait à le faire puisqu'elle se montrait incapable de faire les choses comme il l'exigeait."



Ce roman policier est très complet, original, dépaysant, surprenant, instructif, passionnant, mesuré et humain.

La Femme en Vert

Arnaldur Indridason (Livre)


mars
28

La femme en vert par Arnaldur INDRIDASON - Mini-défi "Coup de coeur Polar 2009"

  • Par restling le
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4ème de couverture : Dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange... Un os humain ! Enterré sur cette colline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d'indices au commissaire Erlendur. L'enquête remonte jusqu'à la famille qui vivait là pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant au jour les traces effacées par la neige, les cris étouffés sous la glace d'une Islande sombre et fantomatique...


Il était temps que je m'attaque à la suite des aventures du commissaire Erlendur !


Même si j'ai été de temps à autre été gênée par de légers problèmes de traduction (comme lorsque l'on fait dire au commissaire « Et qui c'est qui a vendu la mèche ? » au lieu de « Et qui a vendu la mèche ? »), j'ai passé un excellent moment avec ce second tome.


D'ailleurs, et il me semble que ça avait été le cas de beaucoup de monde sur la blogosphère, je l'ai préféré à La cité des jarres.


INDRIDASON fait alterner dans son livre une enquête policière suite à la découverte d'ossements sur une colline et l'histoire d'une famille. Au départ, cette famille est anonyme et intemporelle puis petit à petit, on la découvre plus et on fait le lien avec l'enquête en cours. Mais on ne devinera qu'à la toute fin du roman quel est le lien réel. Le romancier sait à la perfection tenir son lecteur en haleine.


J'ai également beaucoup apprécié ce que l'on apprend de l'histoire personnelle du commissaire. En parallèle de son enquête, Erlendur va devoir affronter un évènement grave dans la vie de sa fille. Tout en réfléchissant sur ses erreurs passées, il va tacher de lui redonner les racines qui manquent à son équilibre.


J'ai aussi été très sensible au cadre dans lequel se déroule l'enquête : la ville de Reykjavk, qui est mise en avant, une ville mystérieuse et impersonnelle au coeur de laquelle le climat et les tempêtes de neige peuvent occulter de nombreuses choses.

La Femme en Vert

Arnaldur Indridason (Livre)


déc.
5

Bollywood culinaire

  • Par fersenette le
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4ème de couverture ...


Un écrivain à succès, un médecin très médiatisé, miss Lalli et sa nièce, et des jetsetteurs très en vue se retrouvent dans une vieille bâtisse à la campagne pour un week-end gastronomique, qui s'annonce des plus plaisants. L'ambiance se délite quand on découvre le cadavre de l'un des convives. Commence alors un Cluedo grandeur nature ... Miss Lalli n'a pas dit son dernier mot.


Le côté Britannique ...


Ecrit en anglais ce roman policier porte le sceau des romans d'Agatha Christie. Bien que je n'en ai pas lu depuis mes jeunes années il me souvient bien des ingrédients. On rassemble sous quelque prétexte, un week-end sera parfait ; des personnages presque caricaturaux comme une jeune actrice ou un général en retraite qui tous auraient un mobile pour tuer ; dans un cadre qui a son cachet par exemple un vieux manoir ; sans oublier un enquêteur discret mais très observateur, on préférera une Miss, pour réunir au final les protagonistes afin de leur révéler la terrible vérité. Ce petit air de Cluedo avec un plan de la villa en introduction m'a vraiment rappelé des lectures de débutante, et pourtant il y avait un je ne sais quoi de moderne dans ce roman policier.


Ce que j'ai aimé ...


Une atmosphère Bollywoodienne parfois grotesque mais savoureusement indienne, naïve, souriante et exaltée dans les sentiments. Quelquechose de tout à fait indien. Les couleurs, les épices, les festins, la danse sont là pour accentuer l'effet. Par volonté de la traduction le récit est truffé de vocabulaire Indi, Ourdou, Tamoul ... ce qui oblige le lecteur à se référer au lexique en fin de roman, à moins que comme moi vous ne vous contentiez du mystère de ces langues inconnues.


Ce que je n'ai pas aimé ...


L'histoire avance sans rythme, au gré d'un style irrégulier. Il y a d'excellents passages qui ponctuent un ensemble assez poussif :

« - Je ne connais rien au monde de la gastronomie, dis-je franchement.

Mr Bajaj sourit. Un sourire glacial qui m'évoqua les nuits froides et l'impossible distance des étoiles.

- Je vais devoir me rendre compte par moi-même, conclut-il aimablement. »


L'humour de Kalpana SWAMINATHAN m'a dérangée, assez drôle pourtant mais grossièrement féminin. Une variante trop acide de ce qui aurait pu être piquant :


« Sane, qui est piégée tel un poisson un peu gras dans des choses arachnéennes en mousseline de soie et un corsage qui a l'air d'un Wonderbra porté devant-derrière. Elle doit être la seule femme au monde à exhiber un décolleté dans le dos. »


Globalement ...


C'est un who-done-it sans remous, le premier cadavre que tout lecteur aura prévu arrive après deux tiers du roman. Pour un polar à dominante gastronomique disons que l'intrigue manque de saveurs.


Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents"









Saveurs assassines : Les enquêtes de Miss Lalli

Kalpana Swaminathan (Livre)


oct.
4

Lune sanglante de James Ellroy.

  • Par lectiole le

Merci à Valunivers et à l'initiative de fersenette, le catalogue des livres voyageurs, pour m'avoir fait découvrir ce livre. J'avais depuis longtemps envie de découvrir l'univers de James Ellroy, pour avoir vu le Dahlia noir au cinéma, mais je n'avais encore jamais lu aucun de ses romans.


Celui-ci, Lune sanglante, est le premier de la trilogie de Lloyd Hopkins, flic génial, père de trois filles, qui trompe sa femme Janice avec les femmes de Los Angeles, bien qu'il l'aime, parce qu'il les aime. Ce flic n'est donc pas un ange, mais c'est tant mieux : pas de manichéisme dans ce roman noir. Le flic et le psychopathe qu'il traque se ressemblent, l'un étant le jumeau maléfique de l'autre, et l'enquête se double de cette réflexion sur leurs différences et leurs ressemblances. Les deux hommes semblent unis par un lien que l'on comprend progressivement, le meurtrier, d'une part, et celui qui le traque, d'autre part, un homme qui n'est pas exemplaire, pas plus que les flics ripoux ou corrompus qui l'entourent.


Les meurtres sont sanglants ; le livre s'ouvre d'ailleurs sur un viol. Mais ce n'est sans doute pas pour rien si James Ellroy a choisi un poète pour serial killer et une poétesse pour lui servir de Muse. Le sang remplace l'encre sur la page blanche : les meurtres s'écrivent progressivement, comme la métaphore de l'écriture policière dans son ensemble. Quant aux circonstances atténuantes, elles sont tout aussi sanglantes que le reste. LA, ville de l'enfer, assurément.


De fait, j'ai un peu pensé à "Psychopolis" de Ian McEwan lors de ma lecture, nouvelle qui s'ouvre sur "Mary travaillait dans une librairie féministe de Venise dont elle détenait aussi des parts." Los Angeles, où se déroulent "Psychopolis" comme Lune sanglante, paraît décidément une ville malade, où les féministes côtoient séducteurs et assassins.


J'ai aimé Lune sanglante, même si l'univers dépeint est très sombre, pour la poésie noire qui s'en dégage :

"[...] Il essuya ses larmes, sentant ses souvenirs se bousculer les uns les autres, ouvrant la porte à l'attente. C'était l'heure, à nouveau.

Il pénétra dans Westwood Village, paya son stationnement et partit à pied, décidant de ne pas se hâter mais de ne pas être non plus prudent à l'excès. Le crépuscule tardif tombait, et avec lui la température, et les rues du Village regorgeaient de vitalité féminine : des femmes partout ; se glissant dans la chaleur des chandails, léchant les vitrines avant d'entrer dans les cinémas, flânant dans les librairies, marchant tout autour de lui, à côté de lui, jusqu'au travers de lui, semblait-il."


On suit tantôt les pensées du meurtrier, prédateur qui traque et tue les jeunes femmes depuis vingt ans, celles de Loyd Hopkins, celles de Kathleen aussi, poétesse et libraire, personnage-clef et figure emblématique haute en couleur, à laquelle on s'attache, forcément, femme fatale malgré elle à l'intérieur du roman.


Une oeuvre qui m'a donné envie de lire d'autres romans de James Ellroy. ;o)

Lune sanglante

James Ellroy (Livre)


août
30

chaud

  • Par fersenette le

Présentation de l'éditeur :

D'abord une invasion de cafards, puis de souris, et enfin de rats : la villa que le commissaire Montalbano a trouvée à Vigàta pour des amis de sa fiancée Livia semble vraiment maudite. La série de catastrophes atteint son paroxysme lorsque le petit garçon du couple disparaît... pour être finalement retrouvé sain et sauf dans un sous-sol dont les locataires mêmes ignoraient l'existence. Mais une autre découverte y attend le commissaire : le cadavre d'une jeune fille du village disparue plusieurs années auparavant. Dans la chaleur étouffante du mois d'août en Sicile, Montalbano se lance dans une nouvelle enquête dont la progression est perturbée par la sœur jumelle de la défunte, la ravissante Adriana. Un été ardent pour le commissaire préféré des Italiens qui, entre angoisses de l'âge et tourments de la chair, devra, avant tout, garder la tête froide...



ISBN : 978-2265086050

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De la couverture et du titre on dirait "un livre pour les filles", du genre outrageusement romantique et estival.


Très méditérranéen pour le moins, il m'a été vraiment difficile de m'adapter à la traduction de cette enquête sicilienne, d'autant que les premiers chapitres sont lourds en dialogues. J'ai finalement pris l'option de laisser chanter la langue mentalement pour me donner un rythme, et ainsi parvenir à ce qu'aurait pu être ma lecture si je lisais le pâtois sicilien d'origine. C'est un grand renoncement pour qui aime la belle langue française et les effets de style.


Une fois qu'on s'y est fait, reste que l'histoire n'est pas prenante et les personnages sont quelconques. Néanmoins, on parvient si bien à ressentir l'atmosphère de la Sicile, que la chaleur est vite insupportable. J'ai perçu la fraîcheur du frigo ouvert par le commissaire et l'irrépréssible envie de bains de mer. Agacée par la redondance des effets, qu'il s'agisse du frigo ou des vêtements trempés de sueur, je crois pourtant que ces répétitions participent à l'accablement caniculaire qui se propage ainsi jusqu'au lecteur comme une traîne savate.


La carte postale sicilienne est complète avec les comportements et réflexes mafieux que Camilleri peint avec fatalisme. C'est presque trop moche pour être vrai.


Comme l'auteur dilue son histoire avec humour et pittoresque le lecteur peut se laisser bercer jusqu'au bout, mais il aura beaucoup plus de facilités à sortir de ce roman qu'à y entrer.


Ce roman m'a été gentillement offert à l'occasion du rallye Books & the city ... Merci !

Un été ardent

Andrea Camilleri (Livre)


août
13

ROSEANNA

  • Par fersenette le
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« Roseanna », par Maj Sjöwall et Per Wahlöö, traduit de l'anglais par Michel Deutsch, Rivages/Noir (2 avril 2008), 312 pages. Poche. 9 €. ISBN : 2-7436-1804-3


Maj Sjöwall est née à Malmö en 1935, elle écrit toujours. Per Wahlöö né en 1926 à Göteborg, est décédé en 1975. Ils s'étaient mariés en 1962. «Roseanna» (1965) est le premier volume à quatre mains.


Bien entendu j'avais déjà lu de bonnes et nombreuses critiques sur l'œuvre de ce couple d'auteurs, mais c'est la très belle couverture, Zen et inquiétante à la fois, de la réédition Rivages qui m'a décidée à tendre ce titre pour une dédicace à Maj Sjöwall lors du Salon du polar à Montigny les Cormeilles. C'était la première fois que je faisais ce geste et je m'en suis tout de suite trouvée extrêmement gênée car Maj Sjöwall est âgée, écrire mon nom puis signer fut pour elle un long effort que j'avais envie d'interrompre. Elle m'a rendue le livre avec politesse et froideur, mais cette dédicace restera la plus précieuse quand bien même j'en obtiendrais une de Fred Vargas un jour ...


Dans le décor de la Suède des années 1960, Sjöwall & Wahlöö extraient une certaine noirceur. Roseanna est un roman policier entièrement lent et glacé, l'intrigue progresse au rythme d'une croisière sur un fleuve, les personnages suédois ont le tempérament de l'hiver. L'obstination est le trait de caractère le plus marqué de l'enquêteur Martin Beck ce qui en dit long sur le rythme et le relief du roman en général.


J'ai la sensation d'avoir lu un roman policier de qualité, hélas cela ne m'a pas évité l'ennui. La victime qui tient le titre est le personnage le plus attachant par son exotisme, sitôt identifiée on découvre une femme libre, indépendante et atypique comme on en fait peu encore de nos jours, finalement. Une proie facile. Le tueur se révèlera un psychopathe insoupçonnable comme on en croise dans tant de romans d'aujourd'hui. Je crois que ce roman était effectivement très novateur pour son époque, encore aujourd'hui la plupart des romans policiers suivent sa trace, mais pour un habitué des romans policiers ce roman ne paraîtra pas extraordinaire sans son historique.


Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents"

Roseanna

Maj Sjöwall (Livre)


juil.
12

Déjanté par Hugo HAMILTON

  • Par restling le
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4ème de couverture : Dure vie que celle de flic dans le Dublin d'aujourd'hui : la crasse, la violence, la drogue... le progrès, quoi. Et voilà qu'on vous crucifie un gus - doux Jésus !- sur la porte d'un hangar à bateaux, la tronche couronnée jusqu'au col par un méchant sac en plastique. Saloperie d'époque! Allons, tout n'est quand même pas perdu: la Guinness continue de couler au robinet, et l'ami Pat Coyne, chevalier exemplaire, est là qui vous protège, prêt à nettoyer votre bonne ville de toute la racaille qui voudrait la pourrir jusqu'à l'os... Seul problème: à vouloir jouer les chevaliers aujourd'hui, on ne s'expose pas seulement à recevoir des coups, voire à finir dans une bagnole-cercueil au fond des eaux du port... on risque de péter les plombs, tout simplement.


Inhabituel, ce roman policier mais pas du tout inintéressant. J'ai fait connaissance avec Pat Coyne, un guarda (policier irlandais) assez atypique.

Pat Coyne, marié, père de 2 enfants, s'est donné une mission : "Il était là pour veiller à ce que les ennemis du bonheur soient bannis."

A ses yeux, la vermine est principalement représentée par Berti "Drummer" Cunningham, caïd tout-puissant à Dublin et Coyne se met en tête de le faire tomber par tous les moyens possibles.

Le roman insiste particulièrement sur la personnalité borderline de Coyne, qui va jusqu'à bruler la voiture d'un suspect, pénétrer par effraction chez le même suspect afin de détruire tout ce qu'il peut -alors même qu'il est sous le coup d'une suspension de son poste de guarda-, qui met inconsciemment en danger ses amis et sa famille.

Il n'y a pas réellement d'enquête à proprement parler. Cunningham est coupable de multiples méfaits, tout le monde le sait, le problème est plutôt d'arriver à le coincer.

Entre problèmes relationnes et débordements de violence, Coyne livre un vrai combat contre la société telle qu'elle ne devrait pas exister selon lui.

Un roman à l'image de son personnage principal : déjanté, mais qui donne également une vision très noire du monde.

Déjanté

Hugo Hamilton (Livre)


juin
14

Flic à Hollywood - Joseph WAMBAUGH

  • Par restling le
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Présentation de l'éditeur : Un bijoutier ligoté avec une grenade placée entre les genoux ; une femme accusée d'avoir frappé son mari à la tête avec un marteau ; un " Darth Vader " se baladant à vélo le sexe à l'air ; un couple de paumés qui fricote avec la mafia russe... Les nuits du flic Wesley Drubb, fils à papa en mal de sensations fortes, sont bien agitées. Est-ce vraiment un hasard si au commissariat d'Hollywood, la réalité ressemble souvent à un scénario de film ?


"Putain, mais comment ai-je fait mon compte pour atterrir ici ?"

Voilà, j'ai enfin lu le livre offert lors du Black Swap par Xanadu. J'ai découvert Joseph WAMBAUGH et je ne le regrette pas.

Pourtant, j'ai bien cru que nous n'allions pas bien nous entendre tous les deux à la lecture des 1ères pages, un dialogue "parlé flic" entre deux policiers, qui a le mérite de nous faire entrer directement dans l'ambiance, mais un peu difficile à suivre d'entrée de jeu pour moi.

Mais tout celà s'est arrangé dès la page 12. Et là, j'ai plongé dans le quotidien du commissariat d'Hollywood, j'ai eu droit à une véritable immersion en milieu policier.

Sans s'attacher à un officier de police en particulier, l'auteur brosse une galerie de personnages criants de vérité avec en toile de fond l'enquête sur un cambriolage et un braquage à main armée.

On ressent très fortement ce sentiment d'appartenance à une famille, dans laquelle le policier surnommé l'Oracle fait figure de patriarche, propre aux flics de ce roman, la solidarité qui règne entre eux. Nous assistons à des scènes désopilantes qui ne peuvent avoir lieu qu'à Hollywood : "A [...] toutes les unités : voir femme dans Hollywood Boulevard, à l'ouest d'Highland. Agression en cours. Batman contre Spiderman. Batman vu pour la dernière fois en train d'entrer dans le Kodak Center. Personne qui a lancé l'appel est Marylin Monroe.", ainsi qu'à des scènes plus poignantes (des enfants victimes de maltraitance).

On sent que Joseph WAMBAUGH est un familier du milieu policier (c'est un ancien inspecteur de police) et qu'il s'est beaucoup "documenté" afin que la fiction soit au plus proche de la réalité. J'ai particulièrement apprécié les remerciements finaux : "Et l'écrivain James Ellroy, qui me pressa de revenir aux racines du Los Angeles Police Department.".

En résumé, ce roman policier est un instantané humain et réaliste de la police d'Hollywood et Joseph WAMBAUGH est un auteur que je relirai avec plaisir.


Je propose maintenant de faire voyager ce livre si certain(e)s d'entre vous sont intéressé(e)s...

Flic à Hollywood

Wambaugh Joseph (Livre)


juin
13

Le verdict du plomb - Michael CONNELLY

  • Par restling le
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Première publication sur l'espace Polars, je suis un peu stressée...


Présentation de l'éditeur : La situation commence à s'arranger pour l'avocat Mickey Haller blessé à la fin de La Défense Lincoln. Après deux ans de soins, il hésite encore à reprendre du service lorsqu'il se retrouve à la tête du cabinet de son ami l'avocat Jerry Vincent, assassiné. Haller hérite d'une énorme affaire, la défense de Walter Elliot, un magnat du cinéma accusé d'avoir tué son épouse et l'amant de cette dernière. Mais alors qu'il se prépare pour ce procès qui pourrait faire de lui une célébrité, il découvre que lui aussi est en danger. Entre alors en scène un Harry Bosch qui, comme à son habitude, est prêt à tout, y compris à se servir d'Haller pour arrêter le meurtrier de Jerry Vincent. Mais, les enchères montant, tous deux comprennent que malgré ce qui les sépare ils n'ont pas d'autre choix que de travailler ensemble.


"Tout le monde ment. Les flics. Les avocats. Les victimes."

Comme j'étais impatiente de lire le dernier CONNELLY !!! Et cet opus est un bon cru malgré quelques déceptions tout à fait personnelles sur lesquelles je reviendrai un peu plus tard.

Après avoir exploré la police avec Harry Bosch, le journalisme avec Jack Mc Evoy, Michael CONNELLY s'attaque ici à la justice avec la seconde aventure de Mickey Haller, avocat, qui était déjà le héros de La Défense Lincoln.

Petit aparté : il est à noter que dans Le verdict du plomb, ces 3 personnages apparaissent.

A la place d'une enquête policière en bonne et due forme, nous assistons au déroulement entier d'un procès du point de vue de la défense : constitution d'un jury, plaidoiries, interrogatoires, interrogatoires en contre, travail de l'enquêteur de la défense (celui de l'accusation étant bien évidemment la police...), manoeuvres et stratégies diverses et variées.

J'ai été embarquée dans une véritable partie d'échecs et de poker mêlés où la réflexion, l'anticipation, le bluff sont autant de qualités essentielles et durant laquelle l'auteur arrive à tenir le lecteur en haleine jusqu'à la toute fin.

Passons maintenant à mes petits bémols personnels. La 4ème de couverture nous promet de voir Bosch (mon héros policier favori entre tous) en action. Or, à aucun moment, il n'occupe le devant de la scène. Frustration intense pour moi !!! Cela dit, même en tant que pesonnage "secondaire", quel charisme ce Bosch !!!

D'autre part, j'étais allée fureter un peu sur le Net avant la sortie de ce livre et j'avais lu une "révélation" sur ce livre, révélation que j'ai attendue pendant tout le roman et qui n'arrive qu'à l'avant-dernière page ! (je déteste Wikipédia)

Les points négatifs soulevés dans ce billet m'étant purement personnels, je dois quand même rendre justice à ce roman et dire que c'est encore un très bon polar que nous offre là Michael CONNELLY !

Le verdict du plomb

Connelly Michael (Livre)


juin
7

Cadavre d'Etat - Claude Marker

  • Par pierre71 le
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Ce roman policier, qui s'appuie sur une affaire qui a défrayé la chronique, se présente comme une intrigue palpitante et truffée d'énigmes, qui déniaise à jamais une certaine politique. Complètement d'accord avec le côté palpitant, car le lecteur est rapidement entraîné dans une course poursuite qui ne lui fera pas lâcher le bouquin facilement. Par contre, rien d'original dans le fait de déniaiser qui que ce soit. Personne n'est dupe de la façon dont sont financés les partis politiques dans un pays qui compte pléthore de niveaux administratifs élus. Quand on voit comment ça se passe au niveau local, on n'a pas de mal à imaginer les coups tordus que nos hommes d'Etat se font la Haut.


L'affaire en question est l'affaire Clearstream, qui elle-même découle de l'affaire des frégates de Taïwan, qui elle-même est la digne héritière de l'affaire Elf. On reconnaît facilement le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy (alias Ribière) : inaccessible, poncifs, et bons mots desquels il faut impérativement rire. Il n'a pas touché de pots de vins, bien entendu... Le Premier ministre Dominique de Villepin (alias Neyrac) qui fait faire, ou laisse faire ? Les seconds couteaux comme Michèle Aliot-Marie (alias Michèle Billetot), Philippe Marland (alias Ledauchy), etc. Intervient aussi un journaliste qui pourrait bien être Stéphane Denis, du Figaro. J'ai hésité avec Denis Robert, qui a risqué sa carrière sur cette affaire, mais il est dit dans le scénario que le journaliste s'applatirait comme tout le monde, alors...


Le romancier prend le relais lorsqu'il met en scène la mort d'un encombrant (oui, moi aussi je connais les termes de la Sécurité intérieure !) en la personne de Vaslin, chargé de mission auprès du Premier ministre, architecte de la pompe à finance. Mais surtout esthète, amoureux des femmes et philosophe à ses heures. Je me suis beaucoup plus attaché à cet idéaliste qu'à l'héroïne, Coralie Le Gall, le flic qui mène l'enquête et que je trouve proprement insupportable. Elle est un vrai moulin à parole : moi ceci, moi cela. On frise la chick-lit par moment, ou le monologue Ikéa : je mange dans tel établissement (hupé bien entendu), je m'habille de telle façon (chic évidemment) et je dirige ma vie comme une grande. On dirait un homme qui découvre son nombril. Si j'étais son patron, j'aurai le plaisir sadique de lui mettre la fessée devant tout le monde. L'auteur relie l'affaire Clearstream à l'affaire Elf quand on apprend que Le Gall est la fille du dirigeant d'une filiale pétrolière. A partir de ce moment, je devine qui est le commanditaire du meurtre. Ca sent la manipulation, mais j'irai jusqu'à la fin !


Jusqu'au bout car les dialogues sont truculents et je veux savoir qui peut bien se cacher derrière le pseudonyme de Claude Marker. L'auteur est présenté au masculin par l'éditeur, et la dernière question de son interview par Carnets Nord laisse planer peu de doutes ! Alors, j'ai pensé à une vengeance de Denis Robert mais, après réflexion, je penche plutôt pour Bernard Tapie. Tout y est : il connaît à la fois le milieu politique, celui des affaires, a eu maille à partir avec la justice. La Banque rhodanienne citée dans le roman ressemble au Crédit Lyonnais à s'y méprendre. Et par dessus tout, il est un charmeur de femmes et un bretteur de première.


Et vous, à qui pensez-vous ?


Un petit passage sympa : Le système est fou ; il les rend tous fous. Ils commencent par de petites combines, de petits vols... ça ne tire pas à conséquence. Et c'est pour le parti, le chef, les élections... Et tout le monde ne ment-il pas en permanence ? Mensonges qui n'en sont plus quand ils deviennent, après passage par le conseiller en communication, langue de bois. [...] On se persuade qu'on est un guerrier, qu'on fait la guerre, pour une belle cause. Et à la guerre, on tue. La première fois, contraint, avec répugnance. Et au bout de quelques temps, certains y prennent du plaisir.


Nota Bene : Je remercie du fond du coeur les Filles et Carnets Nord de m'avoir donné à lire ce roman passionnant et je le mets dans les livres voyageurs de la communauté Affinitiz Polars !

Cadavre d'Etat

Marcker C (Livre)


mai
8

Cher Camarade - Olen Steinhauer

  • Par pierre71 le
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J'ai fini ce roman de Olen Steinhauer depuis quelques semaines mais j'ai souhaité, comme je le fais souvent lorsqu'une histoire me parle, laisser reposer quelques temps. C'est toujours meilleurs réchauffé !


Car en dehors de l'affaire sur laquelle enquête le jeune Emil Brod, derrière la vie quotidienne de ce jeune bizut de la police d'un enigmatique pays de l'Est, il y a des messages dans ce roman. Rappel de la quatrième de couverture : Emil Brod, vingt-deux ans, a passé ses années de guerre dans l'Arctique à dépecer des phoques au milieu de brutes alcooliques et féroces. C'est pourtant avec une certaine naïveté qu'il rejoint en 1948 la Capitale et entre à la Première Section de la Brigade criminelle. L'hostilité qu'il rencontre de la part de ses collègues plus âgés, tous des durs à cuire issus du régime, est un mur. On le frappe. On l'humilie. Il ne comprend pas. Comment, dans ces conditions, résoudre sa première affaire ? Le plus grand compositeur patriotique du pays a été salement tué. La marge de manœuvre d'Emil, entre la vérité des faits et les intérêts du pouvoir, est infime. Il lui faut pourtant survivre. Il apprend vite. Il a l'âme d'un Slave. Son entêtement n'aura d'égal que son besoin d'aller jusqu'au bout.


Après la Deuxième Guerre mondiale, Emil Brod apprend donc son métier d'inspecteur dans un jeune pays socialiste du Bloc de l'Est. Il doit faire preuve de courage et d'abnégation face à des collègues peu sympathiques et méfiants, et déjouer les plans d'un supérieur entièrement dévoué à la cause du socialisme d'Etat.


On apprend beaucoup de choses sur l'ambiance qui règnait après-guerre à l'Est, quand les Alliés et le Bloc de l'Est se disputaient Berlin et que les opportunistes de tout poil s'arrogeaient les meilleurs places, au besoin en employant la terreur. La tâche d'Emil consiste d'ailleurs à confondre un futur grand ponte du bureau politique du Comité central.


C'est aussi l'histoire de ces hommes qui devaient faire des choix pour sauver leur peau. Prendre des directions qui pouvaient être jugées par l'Histoire. On se pose toujours la même question : si j'avais été Allemand en 36, aurais-je été Nazi ? Et si j'avais vécu en 42, aurais-je risqué ma vie dans le Maquis ? Il faut être prétentieux et culotté pour se faire passer pour un héros posthume. Je reprends cet extrait :

D'autres font les règles. Nous essayons seulement de nous en accommoder.


Et dans cette affaire, le truand est deux fois héros de guerre : d'abord pour les Nazis, puis pour les Russes. Pour sauver sa peau de misérable, il a sacrifié sa femme juive, morte à Mauthausen. Un exemple parmi d'autres du vil esprit de l'homme.


Dans ce livre, il y a aussi ceux qui passent complètement à côté de l'Histoire :

Pour Avram Brod [le grand père d'Emil], il y avait deux événements dans l'Histoire : la révolution russe et la guerre patriotique [...]. Les deux fois il était arrivé trop tard pour en mourir.


Et je terminerai par ce passage :

C'est ça le problème avec l'Histoire. [...] Quand tu es en plein dedans, tu ne t'en rends même pas compte. Tu t'inquiète de l'argent, de la nourriture et du loyer. Mais regarde autour de toi, mon garçon. On est en train de la vivre là, maintenant.


Ce roman choisi par Noircestnoir dans le cadre du blackswap est un roman à conseiller. Je remercie mon swappeur du fond du coeur !

Cher camarade

Olen Steinhauer (Livre)


avr.
26

Le Magicien

  • Par akasha580 le
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Le titre : Le magicien

L'auteur : Jean-Marc Souvira

Date de parution : 14 février 2008

Nombre de pages : 400 (Broché)

Editeur : Fleuve Noir


Quatrième de couverture :

Emprisonné depuis onze ans suite à la violente agression d'une vieille dame, Arnaud Lécuyer est un détenu modèle. Personne ne sait qu'il a tué trois de ses codétenus.

Personne ne sait qu'il est le Magicien, ce tueur d'enfants qui, des années plus tôt, avait semé la terreur dans Paris en attirant ses proies par des tours de magie. Libéré pour bonne conduite, le petit homme reste discret. Jusqu'à ce que ses démons reviennent lui parler, jusqu'à ce que sa «collection» revienne le hanter. Jusqu'à ce que des enfants croisent sa route...

L'agression d'un jeune garçon relance la piste du Magicien. Le commissaire Ludovic Mistral, de retour des États-Unis où il a rencontré des profilers du FBI, est chargé de l'affaire. Avec des techniques psychologiques bien différentes de celles utilisées lors de la première enquête, il n'hésitera pas à s'exposer personnellement pour faire sortir le monstre de sa tanière, sans se douter un seul instant qu'il met en danger ce qu'il a de plus cher...


Une immersion dans l'univers de la police criminelle en compagnie du meilleur des guides, Jean-Marc Sourira, lui-même commissaire divisionnaire. Avec justesse et authenticité, il nous fait vivre les deux versions de l'histoire - une plongée dans la tête du policier mais aussi dans celle du prédateur. Tout simplement terrifiant.


Jean-Marc Souvira exerce au sein de la police judiciaire depuis 25 ans. Il dirige actuellement le service de la répression de la traite clés êtres humains. Il est le coscénariste du film GO FAST qui sortira en août 2008, coproduit par Luc Besson. Il vit à Paris avec sa femme et ses deux enfants. Le Magicien est son premier roman.


Mes impressions :

Une histoire très intéressante, une enquête très bien menée (normal me direz-vous vu le métier qu'exerce l'auteur)... seulement l'écriture est trop froide, on ressent la maîtrise d'un rapport de police, pas d'émotions, pas de fioriture, on va au direct, ce qui est très dommage.

Mais il faut tout de même dire que ce livre est très captivant, en s'y accrochant, du fait de l'alternance du point de vue du commissaire Mistral et de Lécuyer alias le Magicien (on le sait dès le début, pas de panique), le manque d'émotion dans l'écriture fait que l'on ne s'attache ni à l'un ni à l'autre mais on apprend un tueur sériel agit, quel est son "comportement" (même s'il n'y a pas de comportement sûr)


J'ai bien aime ce livre surtout l'histoire mais pas l'écriture.


Note : 3.5/5

Le Magicien

Jean-Marc Souvira (Livre)


avr.
5

Lecture

  • Par geraldine273 le

"La marée sanglante" de Rennie Airth, Editions de Fallois, 2005


Encore sous le charme d'"Un fleuve de ténèbres", son premier titre ayant obtenu

le Grand prix de littérature policière en 2000, je me suis donc jetée sur le 2e

opus.

Nous voici 10 ans plus tard, en 1932, John Madden a abandonné son poste à

Scotland Yard, mais la découverte du corps d'une fillette, mutilée et violée va

le replonger dans la tourmente. Bientôt d'autres corps vont être retrouvés en

Angleterre et des affaires similaires semblent s'être déroulées à l'étranger.

Aux prémices du profilage et des analyses médico-légales, une enquête qui semble

difficile à résoudre...car le meurtrier semble être protégé dans les hautes

sphères de l'état.


Moins intéressant que le premier volume, mais un moment agréable proposé par cet

auteur sud-africain, correspondant de l'agence de presse internationale, Reuter.

déc.
21

La Baba Yaga, 1er Roman

  • Par fersenette le


Le meurtre d'une fille de l'Est mal mariée nous plonge au cœur d'une intrigue médicale très contemporaine, qui traite du désir d'enfant avec beaucoup de vérité. La paternité autant que la maternité sont le fil rouge de ce roman policier très intelligent et lucide.


Je suis certaine que le style et l'humour d'Elisa Vix vont s'intensifier au long de ses prochains romans, et c'est sans doute pour cela que le deuxième a obtenu le prix 2007 du salon du polar de Montigny-les-Cormeillesavec "Mad Dog".



Qui est Elisa Vix ?


Pas de recopiage, vous découvrirez Elisa Vix par les deux liens ci-dessous, si vous n'avez pas eu comme moi la chance de faire sa connaissance avant de la lire.

http://elisa.vix.club.fr/index.html

http://www.odin-editions.com/vix.htm



Ce que je n'ai pas aimé :


- Le style un peu guindé qui s'assouplit pourtant au fur et à mesure du roman, et laisse présager d'une belle personnalité d'écriture dans les romans futurs.


- Retrouver, autant physiquement que psychologiquement, le personnage monolithique de Violette Retancourt (Inspecteur aux côtés d'Adamsberg chez F. Vargas), même si elle s'appelle ici Joana qu'elle a un quelque chose de plus sexy et un historique traumatique qui assoit son personnage.


- Les tacles nominatifs amenés sans humour, peu nombreux fort heureusement, mais quand même Grangé et Boisset se prennent un coup de boule sans justification qui paraît gratuit. C'est gênant en ce sens qu'il ramène le lecteur à des réalités qu'il tentait de fuir par la lecture.



Ce que j'ai aimé :


- Une des pistes de ce roman policier m'a particulièrement interpellée puisqu'il fait référence à une hormone de synthèse dispensée sans discernement aux femmes enceintes, un grand scandale médical chroniquement étouffé que je connais hélas très bien, je fais partie des très nombreuses victimes. Quand vous lirez Utérel vous pourrez penser Distilbène, n'est-ce pas Madame Vix ?


Les victimes sont d'autant plus nombreuses que beaucoup s'ignorent encore ! le scandale du Distilbène est traité de manière confidentielle par le corps médical : il y a déni, donc peu ou pas d'information, de nombreuses femmes entre 30 et 45 ans se lancent dans des grossesses à risques ignorant totalement qu'elles sont « fille DES ». Une nouvelle problèmatique se profile : quelles sont les conséquences sur la troisième génération ? quelles seront les séquelles des bébés nés miraculeusement viables ? Je profite donc de diffuser ici deux adresses qui expliquent le phénomène :


http://forums.france5.fr/lesmaternelles/Risques/Distilbene/distilbene-troisieme-generation-sujet_197_1.htm


http://fr.wikipedia.org/wiki/Di%C3%A9thylstilbestrol



Ce que j'ai beaucoup aimé :



- Les tranches de vie bien croquées comme « le virus footbalistique », « le pédophile-qui-rôde », l'épisode des poux, et la vision très éclairée de ce que deviennent nos charmants poupins lorsqu'ils se transforment en adolescents (!). Je me suis souvent retrouvée dans l'acuité sans complexe d'Elisa Vix. On peut être une mère de famille paranoïaque mais épanouie sans cultiver la complaisance, convenir que nos progénitures sont aussi une source d'emmerdements sans limite, une porte ouverte sur toutes les culpabilités, et l'expression la plus pure de ce que peut être l'injustice, même si parfois ils sont aussi l'expression de l'amour le plus pur. Thierry Sauvage, l'enquêteur, se posent les bonnes questions face à la parentalité.


Elisa Vix parvient assez facilement à mener son roman policier tout en disséquant sans ennui des questions humaines. Ces questions ne servent pas de décorum à l'histoire, elles sont approfondies et la scelle. Ce roman est profondément féminin.




La Baba-Yaga

Elisa Vix (Livre)


nov.
13

SALON du POLAR de MONTIGNY-LES-CORMEILLES - 11ème Edition

  • Par fersenette le
  • Dernier commentaire ajouté

http://www.salondupolar.com/


SALON DU POLAR DE MONTIGNY-LES-CORMEILLES

Espace Léonard de Vinci - Rue Auguste Renoir - Tél : 01 30 26 30 50 - E-mail : culture@ville-montigny95.fr

Vendredi de 18H à 22H, Samedi de 9H à 20H, Dimanche de 10H à 19H

ENTRÉE LIBRE


Vendredi de 18H à 22H

Samedi de 9H à 20H

Dimanche de 10H à 19H

Début : 05/12/08 - 18:00
Fin : 07/12/08 - 19:00
oct.
16

Truculent

  • Par fersenette le
  • Dernier commentaire ajouté

TRUCULENT adj

(fin XVe, repris XVIIIe ; lat. truculentus

« farouche, cruel »)

Mod. (XXe). Haut en couleur, qui étonne et réjouit par ses excès. Un personnage truculent. V. Pittoresque.

« La plaisanterie truculente et poivrée », Duham

Le Crime est notre affaire

(Film à l'affiche)


oct.
2

Anne PERRY - L'incendiaire de Highgate

  • Par intrigue le

Comme dans tous (mais peut-être pas tous ?) les romans d'Anne Perry, on retrouve l'enquêteur Thomas Pitt et, surtout, sa femme Charlotte ! car c'est elle la finaude. Cette nouvelle enquête nous plonge encore une fois dans les bas-fonds londoniens où la plus grande misère côtoie la richesse de l' aristocratie anglaise ....


La maison d'un médecin respecté prend feu une nuit dans un quartier résidentiel: malgré tous les efforts du voisinage, l'incendie est mal maîtrisé et la femme du médecin, Clémence, meurt. Mais cet incendie n'est pas un accident, et d'autres s'ensuivent tandis que l'ensemble de la communauté ne semble vivre qu'à travers le souvenir d'un homme d'Eglise, patriarche tyrannique, dont l'origine de la richesse semble trouble....

Lors de cette nouvelle enquête, Charlotte Pitt aidera son mari à pénétrer un milieu bourgeois, comme dans toutes les aventures de Charlotte et Thomas Pitt, car la non promiscuité des classes sociales est de rigueur, aussi c'est Charlotte, issue d'un milieu aisé, qui pourra en apprendre davantage que Thomas, lui est inspecteur de police autant dire qu'il est tout juste considéré comme un domestique.

Et c'est bien ce qui m'ennuie à la longue chez Anne Perry, cette quête perpétuelle du scabreux et du misérabilisme font que tous ses romans se ressemblent.... Ici il s'agit d'aristocrates louant des taudis, dans un autre les aristocrates seront prêteurs sur gage ou actionnaires de maison close.... L'ambiance est certes formidablement restituée et donne le goût du témoignage historique mêlé à une intrigue, mais il me semble que Mme Perry se complait dans une sorte de voyeurisme. A force de vouloir montrer une réalité sociale, elle caricature à l'outrance et lui ôte toute sa force.

En conclusion, ce livre se laisse lire agréablement, si l'on n'est pas encore lassé de l'oeuvre d'Anne Perry.

L'Incendiaire de Highgate

Anne Perry (Livre)


sept.
11

Plog !

  • Par fersenette le

Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.


Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.


Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.


Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.


Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.

Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.



Visite conseillée : Pour la visite du cimetière de Highate, et pour un bon article sur ce roman. http://blog.vampirisme.com/vampire/?gallery/visites/cimetiere-de-highgate/1#gallery

Un lieu incertain

Fred Vargas (Livre)


août
28

Au lieu d'exécution - Val McDermid

  • Par sankourgan le
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Me voila de retour de vacances, j'étais en ardèche et il n'a pas toujours fait beau, mais quand on aime lire on s'en ficherait presque, tout juste si on ne se frotte pas les mains !! Je vais tout de suite vous parler du livre que j'ai préféré cet été ... Au lieu d'exécution, thriller de Val McDermid. Je crois qu'il n'y a encore jamais eu d'avis sur cet auteur ici, c'est plutôt étonnant.


L'histoire se déroule en plein hiver. C'est l'affolement dans le petit village de SCARDALE lorsqu' une petite fille, Alison Carter, disparaît un soir de décembre 1963. Le jeune inspecteur George Bennett se voit confier l'enquête, ce sera sa première enquête criminelle de ce genre. On comprend vite que Scardale n'est pas un village comme les autres, il semble qu'il soit dirigé par un châtelain. On se croirait de retour au moyen-âge. Cet homme, Philip Hawkin, possède tout : le village , le terrain, les maisons... et pourquoi pas les habitants !


Hawkin est le seul « étranger » au village : les autres habitants sont tous membres de la même famille ! Hawkin s'avère être également le beau-père de la petite Alison. C'est une situation qui pose beaucoup de questions sur la morale, la consanguinité ... etc ...

Lors de son enquête, Bennett va se heurter à la solidarité d'un village-famille dans lequel personne ne veut croire qu'un des siens est coupable. Et pourtant cela ne fait aucun doute.

En se serrant les coudes, les habitants de Scardale ne rendent pas la tâche facile au jeune inspecteur qui va devoir trouver les indices lui-même, c'est un peu la corse quoi !

Seul ami : son coéquipier, Clough, qui va s'investir autant que lui dans cette sombre affaire . A eux deux, ils vont fouiller dans le passé du village et faire remonter à la surface la boue enfouie dans les mémoires des âmes de Scardale.


Double défi pour Bennett : affirmer son autorité et ses compétences et retrouver la petite Alison.

Les jours passent et il faut se rendre à l'évidence : la petite n'a pas fugué et il est fort peu probable, vu le froid extérieur, qu'Alison soit en vie...Mais pour l'instant, toujours pas de cadavre...

Le coupable est forcément du village. Mais qui ? Tous les regards se tournent vers Philip Hawkin puisque c'est le seul étranger à Scardale. Mais les accusations sont-elles fondées ou reflètent-elles le mépris des habitants pour un homme avide de pouvoir ?


Le suspense est fort bien mené, l'intrigue nous tient en haleine. Au bout de quelques pages, nous voilà pris de compassion pour le jeune inspecteur qui doit affronter les journalistes avides de scoop et non d'informations réelles. lesquels vont diffuser nombre de mensonges sur l'affaire, entravant les mouvements de Bennett. Il doit également lutter contre son supérieur hiérarchique, peu convaincu de son aptitude à mener l'enquête à terme.

Dans ce livre très prenant, il n'y a aucune violence, aucune scène sanglante...Juste quelques suggestions.


En 600 pages, McDermid nous fait voyager dans le temps puisque le roman commence en 1998, revient sur l'affaire en 1963, et se clôture en 1998. Pas de flash-back pénibles impossibles à suivre. Quand on est en 1963, c'est jusqu'au bout, pas d'interférence !


Jusqu'à la dernière page j'ai émis des hypothèses, multiples et variées, et je me suis plantée en beauté ! lol

La fin se révèle être un superbe renversement de situation qui laisse le lecteur pantois.





Au lieu d'exécution

Val McDermid (Livre)


août
18

De cendre et d'os - John HARVEY

  • Par terramater le
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À Londres, le sergent Maddy Birch se remet difficilement d'une arrestation violente au cours de laquelle l'un de ses jeunes collègues a été tué. Qui plus est, depuis ce tragique épisode, Maddy a la nette impression d'être épiée. Son corps sera retrouvé quelques semaines plus tard près d'une voie de chemin de fer désaffectée. Frank Elder déjà croisé dans De chair et de sang n'a pas oublié Maddy Birch. Ils avaient connu un bref moment de passion amoureuse sans suite, il y a seize ans. Il accepte de participer à l'enquête sur sa mort, ce qui le renverra à une vieille affaire. Traduit de l'anglais. Du même auteur : De chair et de sang et la série Charlie Resnick, en Rivages/Noir.


Nous retrouvons l'ancien inspecteur Elder pour une deuxième aventure. Cette fois, il va reprendre du service pour résoudre le meurtre d'une ancienne connaissance. Et gérer tant bien que mal les difficultés rencontrées par sa fille Kate qui a beaucoup de mal à refaire surface après ce qu'il y lui est arrivé dans "De chair et de sang".

L'ambiance est toujours la même, C'est plus noir que le précédent livre, les personnages sont toujours aussi bien décrits, le rythme est lent, peu ou pas d'action. Plusieurs histoires se croisent avec une grande fluidité.

Mais là où j'ai du mal, c'est avec Elder, le personnage est relativement apathique, pas de révolte, de mot plus haut que l'autre. Il manque cruellement de charisme, de caractère.

La structure du roman reste très classique avec une résolution de toutes les histoires dans les cinquantes dernières pages sans anicroche, sans surprise, et c'est bien dommage.

De cendre et d'os

John Harvey (Livre)


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