roman noir (36)
Salut, je suis nouvelle, je ne suis pas branchée ordi, donc pour l'instant pas de photo ou de trucs très sophistiqués. Par contre quand je lis, c'est beaucoup et je n'ai personne avec qui le partager. J'espère pouvoir partager avec vous tous les bons livres.
Je viens de finir ce bouquin. En dehors de quelques passages violents et vraiment salaces, j'ai adoré et je voudrai avoir l'avis d'autres personnes...
Maintenant je commence Duma Key de Stephen King....
A très bientôt.
"Attention à tous ! Petites frappes, violeurs en série, pyromanes psychotiques, Roberts et Brant sont de retour sur le pavé londonien. Et ça va saigner ! Flics furieux et bruyants, R&B sont en effet bien plus proches des brutes qu'ils poursuivent que du citoyen lambda. La moralité, le respect des libertés individuelles, les droits de l'homme, ce sont bien les cadets de leurs soucis. Ne croisez surtout pas leur chemin si vous avez quelque chose à vous reprocher...
Avec la suite du Gros Coup, Ken Bruen s'affirme une fois de plus comme le maître du roman noir anglo-saxon. Prenez un mixer, mettez le meilleur de McBain et de Jim Thompson, un fond de bière éventée et quelques gouttes de Worcestershire Sauce, vous avez Le Mutant apprivoisé !"
Où on retrouve pour la deuxième fois les inspecteurs Roberts et Brant, toujours aussi ripoux.
Au début, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire, ceci étant du au fait que Le mutant apprivoisé arrive très peu de temps après la fin de Le gros coup et que l'on retrouve des personnages secondaires rencontrés dans le premier tome. Bref, il faut le temps de se remettre dans le bain de whiskey.
Nous avions laissé les inspecteurs sauvés de justesse après l'attaque du duo Sparadrap que l'on retrouve aussi dans ce tome. Cette fois-ci, le couple est à New York occupé à détrousser et tabasser la population new-yorkaise, mais il ne faut pas oublier qu'aux USA, détenir une arme à feu est bien plus facile qu'en Grande Bretagne ...
De l'autre côté de l'Atlantique, il y a Roberts qui apprend qu'il a un cancer de la peau et Brant qui se fait avoir comme un bleu sur un truc de torture psychologique. Seulement, on NE menace PAS Brant à moins de le laisser pour mort.Celui-ci part alors à la poursuite du Mutant apprivoisé : Fenton. Une espèce de doux dingue tueur à gage sur les bords.
Et il y a aussi Falls, l'inspectrice noire et célibataire qui se découvre enceinte mais heureuse d'avoir la possibilité d'avoir de "grosses loloches".
Il n'y a aucune enquête policière dans ce livre et les amateurs de policiers bien classiques risquent de ne pas trouver leur compte. Mais à coup de citations musicales ou littéraire et d'humour bien noir et cynique, Ken Bruen nous transporte jusqu'à San Francisco où Fenton compte retrouver son ex pour la dégommer à coup de batte de base-ball, à Galway où Brant fait la connaissance d'un cousin éloigné sous un flot de bière et à Londres où les exhibitionnistes se font dégommer par les vieilles dames.
"- Il s'exhibait ? Je veux dire, est ce qu'il ... montrait ses parties ?
- Son John Thomas, vous voulez dire ? Je lui ai répondu :"Vous savez, il faudrait que vous vous rapprochiez, mon garçon, parce que j'ai la vue qui baisse".
Falls se mordit les lèvres. "Et qu'est ce qui s'est passé ?"
- Il s'est approché de moi et je lui ai planté mon Bic dans son engin. Et là, il s'est mis à hurler et la police est arrivée ..."
[...]
"Je ne voudrais pas abuser de votre gentilesse, mais est ce que je pourrais récupérer mon Bic ?" "
R&B - Le Mutant apprivoisé : Une enquête des inspecteurs Roberts & Brant
Ken Bruen (Livre)Sélectionné sur la liste des propositions au Mini-défi "coup de coeur polar'09" . Je suis en retard !
Pour répondre à mes challenges, j'ai lu deux enquêtes du Commissaire Erlendur Sveinsson à la suite, mais à l'envers, ce qui est dommage car il y a une réelle continuité dans la découverte de ce personnage, ses déductions instinctives et émotionnelles étant la conséquence d'un vécu particulier.
L'ambiance des enquêtes d'Erlendur et les inspecteurs Elinborg et Sigurdur Oli est fortement induite par le décor islandais, la dureté du quotidien et le tempérament des personnages, même secondaires.
Le récit prend son départ par une scène a faire froid dans le dos ! un bébé qui machouille un os humain. On retrouvera le reste du squelette, vieux de 60 ans, mais tout doucement. Le véritable suspens de cette histoire tient à l'identité de la victime jusqu'aux toutes dernières pages.
La réussite de ce roman réside en partie sur sa construction, 3 narrations qui s'entremelent savamment et permettent souvent à l'auteur de jouer avec le suspens et le rythme, donc de jouer avec les nerfs du lecteur.
Il y a l'enquête bien sûr, qui ravira les amateurs de la série Cold case. Erlendur déterre un cadavre et part à la recherche d'indices et de témoignages qui se voulaient oubliés. Pas facile, mais Erlendur est intuitif et très obstiné.
Un personnage désabusé et coupable ce commissaire Erlendur que le lecteur va suivre dans les coins les plus sordides de Reykjavik à la recherche de sa fille droguée Eva-lind. L'histoire familiale du commissaire est livrée en pointillée, il faudra sans doute lire plusieurs titres pour la reconstituer.
Il y a surtout l'histoire d'une famille meurtrie par la violence quotidienne pendant la seconde guerre mondiale. On apprend beaucoup de choses sur la présence des alliés en Islande à cette période. Pourtant le véritable sujet est une femme battue. Cet aspect du roman est époustouflant de pertinence et de maîtrise, c'est impeccable et c'est terrifiant. Indridason n'évite rien, mais ne va pas se perdre dans le pathétisme.
" ... avec le temps, il ne montrait plus la moindre trace de mauvaise conscience, comme si ce qu'il lui faisait subir n'avait rien d'anormal ni d'horrible dans leur vie de couple mais, au contraire, était une chose tout à fait nécessaire et juste. Elle se faisait parfois la réflexion, et peut-être le savait-il lui aussi en son for intérieur, que la violence qu'il lui imposait était le signe de sa faiblesse bien plus que quoi que ce soit d'autre. Car, plus il s'acharnait sur elle, plus il s'affaiblissait lui-même. Il l'accusait. Lui hurlait aux oreilles que c'était sa faute à elle s'il se comportait ainsi à son égard. Que c'était elle qui le poussait à le faire puisqu'elle se montrait incapable de faire les choses comme il l'exigeait."
Ce roman policier est très complet, original, dépaysant, surprenant, instructif, passionnant, mesuré et humain.
La Femme en Vert
Arnaldur Indridason (Livre)Pascal Garnier nous a quittés il y a peu, le 5 mars 2010.
C'est un auteur coup de coeur depuis son roman "la théorie du panda" pour lequel il a reçu le prix du "salon polar de Montigny les cormeilles", en Décembre 2008. "Comment va la douleur ?" patientait dans ma PAL depuis cette période, mais le challenge ABC2010 lui a fait remonter la pente ...
Ce petit roman raconte la fin de vie d'un tueur à gages qui croise la route d'un homme simplet mais sincère, dans la vie duquel il ne se passait rien. Une fausse-vraie famille va naître autour de l'homme simple et tranquille, grâce à l'homme froid et solitaire, ... la fin des douleurs.
Je n'ai pas retrouvé dans ce titre l'humour décapant et cynique qui m'avait tant séduite à la lecture de "la théorie du panda". Cependant, le style est percutant, juste, sarcastique quand même. Pascal GARNIER c'est un regard sur les gens comme ils sont, il leur fait vivre une histoire radicale.
Un roman que je vais oublier sans doute, mais qui ne va pas me retenir de lire d'autres Pascal GARNIER, loin s'en faut.
Stéphie collecte les critiques sur Pascal GARNIER, suite à sa disparition.
Comment va la douleur ?
Pascal Garnier (Livre) Merci à Valunivers et à l'initiative de fersenette, le catalogue des livres voyageurs, pour m'avoir fait découvrir ce livre. J'avais depuis longtemps envie de découvrir l'univers de James Ellroy, pour avoir vu le Dahlia noir au cinéma, mais je n'avais encore jamais lu aucun de ses romans.
Celui-ci, Lune sanglante, est le premier de la trilogie de Lloyd Hopkins, flic génial, père de trois filles, qui trompe sa femme Janice avec les femmes de Los Angeles, bien qu'il l'aime, parce qu'il les aime. Ce flic n'est donc pas un ange, mais c'est tant mieux : pas de manichéisme dans ce roman noir. Le flic et le psychopathe qu'il traque se ressemblent, l'un étant le jumeau maléfique de l'autre, et l'enquête se double de cette réflexion sur leurs différences et leurs ressemblances. Les deux hommes semblent unis par un lien que l'on comprend progressivement, le meurtrier, d'une part, et celui qui le traque, d'autre part, un homme qui n'est pas exemplaire, pas plus que les flics ripoux ou corrompus qui l'entourent.
Les meurtres sont sanglants ; le livre s'ouvre d'ailleurs sur un viol. Mais ce n'est sans doute pas pour rien si James Ellroy a choisi un poète pour serial killer et une poétesse pour lui servir de Muse. Le sang remplace l'encre sur la page blanche : les meurtres s'écrivent progressivement, comme la métaphore de l'écriture policière dans son ensemble. Quant aux circonstances atténuantes, elles sont tout aussi sanglantes que le reste. LA, ville de l'enfer, assurément.
De fait, j'ai un peu pensé à "Psychopolis" de Ian McEwan lors de ma lecture, nouvelle qui s'ouvre sur "Mary travaillait dans une librairie féministe de Venise dont elle détenait aussi des parts." Los Angeles, où se déroulent "Psychopolis" comme Lune sanglante, paraît décidément une ville malade, où les féministes côtoient séducteurs et assassins.
J'ai aimé Lune sanglante, même si l'univers dépeint est très sombre, pour la poésie noire qui s'en dégage :
"[...] Il essuya ses larmes, sentant ses souvenirs se bousculer les uns les autres, ouvrant la porte à l'attente. C'était l'heure, à nouveau.
Il pénétra dans Westwood Village, paya son stationnement et partit à pied, décidant de ne pas se hâter mais de ne pas être non plus prudent à l'excès. Le crépuscule tardif tombait, et avec lui la température, et les rues du Village regorgeaient de vitalité féminine : des femmes partout ; se glissant dans la chaleur des chandails, léchant les vitrines avant d'entrer dans les cinémas, flânant dans les librairies, marchant tout autour de lui, à côté de lui, jusqu'au travers de lui, semblait-il."
On suit tantôt les pensées du meurtrier, prédateur qui traque et tue les jeunes femmes depuis vingt ans, celles de Loyd Hopkins, celles de Kathleen aussi, poétesse et libraire, personnage-clef et figure emblématique haute en couleur, à laquelle on s'attache, forcément, femme fatale malgré elle à l'intérieur du roman.
Une oeuvre qui m'a donné envie de lire d'autres romans de James Ellroy. ;o)
Lune sanglante
James Ellroy (Livre)Je fais partie de ceux qui ne l'ont pas lu (mais comment est-ce possible?), pourtant tentée à sa sortie puis par les premières critiques favorables du milieu "polardeux", un an plus tard vint le succès que l'on connait ce qui l'a (c'est bête) rendu suspect, les ventes massives ne sont hélas pas gage de qualité. Bref, étant donné l'épaisseur du livre et la hauteur de ma PAL, j'ai renoncé.
Enfin j'ai vu le film. Un très bon film. Cependant je ne vois rien de très original dans le déroulement de l'intrigue. C'est du bon polar, un peu exotique. Je pense que les inconditionnels de Millénium sont des amateurs de polars noirs qui s'ignorent, car j'ai le plaisir de vous annoncer qu'ils retrouveront ce bonheur de lecture dans de nombreux autres romans noirs.
Avis sous réserve de ne pas avoir lu la trilogie.
(lire sur ce site l'excellente critique d'amundain)
Millénium, le film
(Film à l'affiche)Réservé aux amateurs de sordide. Meurtres d'enfants sans motif et douleurs exacerbées sont le thème de ce polar.
Le récit est extrêmement dispersé, à tel point qu'un des sujets pourtant très développé (le syndrome de Münchhausen) ne trouvera pas de finalité dans le dénouement du roman, en rapport avec le sujet certes mais sans rapport avec l'histoire du départ : 4 enfants brûlés vifs. Le lecteur, autant que les personnages, se fait balader sans qu'il y ait véritablement d'enquête.
Pour le style, rien à signaler.
Je me suis pourtant laissée piquer par la curiosité, l'histoire n'est pas banale, le personnage très attachant d'un SDF prend tout de suite le lead, malheureusement il disparait noyé dans la confusion des histoires entremêlées. J'ai le sentiment que l'auteur avait beaucoup de sujets convergents à traiter mais qu'il a manqué de brio pour les nouer.
Certainement pas un mauvais auteur, mais un roman qui reste à côté du suspens et s'approche de l'essai thématique.
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(Cuisine)Du bonheur d'être soi ...
Vers Tonino Benacquista j'avance, pas à pas. Ceux qui suivent savent que je n'ai encore lu que « le serrurier volant » (courte histoire) et « la boîte noire » (recueil de nouvelles). J'ai donc encore de nombreux Benacquista à lire ;-) Ce qui me désole avec Fred Vargas c'est d'avoir tout lu, heureusement il est des auteurs qui se relisent même lorsque la PAL est vertigineuse comme le bord d'une falaise.
« Quelqu'un d'autre » est passé du statut de roman dans ma PAL à celui de défi blog-o-trésors. Briévement le concept, sur une généreuse idée de grominou : chaque participant donne la liste des 10 livres qui ont marqué sa vie de lecteur, toutes les listes sont compilées, d'où chaque participant choisira 4 titres qu'il s'engage à lire et commenter. « Quelqu'un d'autre » est l'un de mes choix. Je l'avais déjà acquis lors d'une foire aux livres et retrouvé avec confiance dans la compilation des romans qui ont marqués la vie d'un lecteur. Où il mérite sa place.
L'idée du roman est d'emblée originale. Deux hommes se rencontrent, s'ensuit une cuite et un pari simple. Ils se séparent avec le défi mutuel de changer leur vie en 3 ans et de se retrouver dans ce bar. Les deux personnages vont se succéder au fil des chapitres, le lecteur suit la métamorphose de l'un qui va radicalement changer de nom, de métier, et même de visage ; tandis que l'autre va se révéler meilleur au fur et à mesure qu'il se laisse aller à l'alcoolisme.
Benacquista propose deux procédés contre les faux-semblants, deux alternatives aux apparences prédéfinies. J'ai adoré le thème. Merveilleuses métaphores que l'encadreur qui explose discrètement pour sortir sa vie d'un cadre, et le cadre qui devient supérieur le jour où il cesse de se plier aux bienséances et à la langue de bois dès lors qu'il boit ...
L'écriture de Tonino Benacquista semble simple, elle est accessible, elle parle vrai, pourtant elle réserve des effets sublimes. L'auteur assène par-ci par-là quelques coups de poignard aux absurdités sociales que nous subissons par défaut, auxquelles hélas nous nous plions tous, même les meilleurs.
Quand je pense que j'étais à moins une de passer le chapitre le plus jouissif ! Faut dire qu'il commence et s'étend largement sur la logorrhée d'un personnage suffisant, étalant ses exploits de restaurateur de plafond devant une assemblée de bouches bées. Je n'avais rien vu venir, je sous-estimais Benacquista qui ne m'aurait jamais fait perdre ainsi mon temps mes yeux pour rien. Je ne peux pas vous dire comment car je m'en voudrais de vous gâcher ce bonheur, mais la gifle fut magistrale.
Un bémol, le point noir que je voudrais presser de deux doigts déterminés : une ode à l'alcool, la mélopée de l'ivresse, gare aux chants des sirènes ! Dieu vous préserve de l'alcoolisme.
Je vous livre un court extrait :
« l'acharnement de Didier à s'imposer dans les conversations était devenu insupportable. Il faisait partie de ceux qui accaparent le ballon à grand renfort de croche-pieds, pour ne jamais marquer. »
Quelqu'un d'autre
Tonino Bénacquista (Livre)Merci à Valunivers d'avoir fait circuler cet amusant petit roman !
J'ai globalement bien aimé l'histoire de cette famille, un peu Adams, qui distribue consciencieusement la mort dans un monde futur pas vraiment daté. Il y pleut des pluies acides, on peut donc situer un futur proche ... !
Le ton est à la fois acide comme la pluie et gai comme un cartoon, j'ai juste trouvé le Happy End un peu longuet, on en fini plus de se découvrir heureux.
Un petit roman bon pour le moral à lire entre deux gros pavés trop noirs.
Ce livre se trouve proposé dans le catalogue des livres voyageurs, je vous l'envoie quand vous voulez!
Le Magasin des Suicides
Jean Teulé (Livre)Présentation :
Comme le sous-titre l'indique on a là un autoportrait d'un voyou de l'amérique des années 1880 à 1930 (environ).
Cet homme qui se fait appeler Jack Black (surement une fausse identité on ne sait pas) relate son expérience en tant que hobo (sorte de vagabond) puis de voleur, de yegg (casseur de coffre fort et par extension cambrioleur) de bandit des grands chemins et finalement d'homme honnête.
Avis :
Ce roman est une merveille, un must read, une oeuvre essentielle qui permet de découvrir toute une époque, toute une philosophie, tout un mode de vie, une façon de penser, d'être, d'exister.
Ce qui fait la force du livre, en plus de l'expérience de l'auteur, est la façon dont le tout est raconté. Jack Black assume tout, se dévoile complétement et nous indique clairement ce qu'il pensait à l'époque des faits et ce qu'il en pense maintenant. Ici pas de tricherie, pas de longues justifications qui ne mènent à rien, pas de complaisance non plus à raconter des faits terribles contre lui (notamment les tortures pénitencières).
Jack Black nous livre un matériau brut mais bien écrit et qui donne longuement à réflechir sur la société et le traitement que la société fait aux criminels.
Indispensable.
Un grand merci à celui ou celle qui me l'a offert dans mon Black swap.
Références :
Editions : les fondeurs de briques
Pages : environ 400
Prix : 21 euros
Disponible sur Fnac.com, amazon.fr etc...
Voilà un roman qui sait être alléchant, par sa joyeuse couverture qui vous fait la fête, ainsi que par son titre très provocateur évidemment. Un roman noir avec beaucoup de gens qui meurent, un serial killer "hors série" ... sera-t-il démasqué ?
Sans trop hésiter je dirais que c'est un roman qui vaut d'être lu, le sujet est excellent, l'humour noir est omniprésent, les questions se présentent fatalement au lecteur. Le seul risque est de se reconnaître "con" au détour d'une page. J'ai pris le risque, sans regret.
Festival de cons à dégommer, vous en reconnaîtrez beaucoup hélas certains vous manqueront. Moi j'ai regretté de ne pas trouver le con du cinéma qui se déchausse derrière à hauteur de vos narines, celui qui vous colle dans une file d'attente figée, et les innombrables cons des transports en commun. Pourtant l'auteur tente d'être exhaustif, du moins il creuse son sujet pour en arriver à quelques définitions expérimentales mais bien pensées, comme par exemple :
« La connerie, c'est très exactement une absence d'humanité. » Ou : « Le con ne doute jamais. »
Les deux premiers tiers du roman avancent avec sympathie avant que le roman ne prenne un tournant. Ensuite on s'emmêle dans une confusion porno-philo-médias ... Bref, le roman aurait pu être plus court, mais c'est une très belle tentative, un premier roman encourageant.
Voilà, une bonne idée, une écriture drôle et efficace, un auteur à suivre !
Mort aux cons
Carl Aderhold (Livre)Je cerne de mieux en mieux ce qu'on nomme roman noir, grâce à Pascal Garnier, puis Pascal Dessaint, et maintenant Tonino Benacquista ... et j'adore ! particulièrement par les récits courts et les petites nouvelles ...
Je viens de lire "la boîte noire" titre de la première et plus longue des nouvelles de ce recueil. A priori, celle qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique avec José Garcia (2005), mais je n'ai pas encore fait de recherches à ce sujet. C'est à mon avis l'histoire la moins intéressante du recueil, pourtant menée avec originalité mais vers un aboutissement un peu fade. Bref, il y avait un scenario à faire semble-t-il.
En revanche, je me suis délectée des historiettes suivantes qui ne raconte rien du tout mais avec subtilité, et celles surtout, et c'est je pense la définition partielle du roman noir, où des gens ordinaires vivent un jour comme les autres des destins extraordinaires. Le tout sur un fond pas trés gai tranché d'humour. En tous cas, si ce n'est pas la définition du roman noir c'est devenu la mienne, celle des romans qui me plaisent en ce moment ... et Tonino Benacquista est une tête d'affiche.
Je vous recommande "la volière", très tendre, et surtout "le transfert" qui rend à la perfection la tension du personnage jusqu'au dénouement : qui ne manque pas de piquant !
Un régal, vite lu, entre deux pavés c'est l'idéal. Comme un bonbon à la menthe au milieu d'une journée d'été.
La Boîte noire et autres nouvelles
Tonino Benacquista (Livre)Qu'est-ce qu'un swap ?
C'est un échange entre plusieurs internautes partageant une même passion.
Chaque participant s'inscrit au préalable et répond à un petit questionnaire sur ses goûts, puis se voit tirer au sort l'internaute à qui il doit offrir quelque chose en fonction des réponses que ce dernier aura pu communiquer. De même il se verra envoyer un colis par un autre swappeur en fonction des réponses qu'il aura données .
Je vous propose de participer au 1er SWAP de "Fans de Polars et Thrillers".
Le thème du SWAP c'est le noir comme roman noir, mais aussi comme café noir, chocolat noir, chat noir ... !
Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire ci-dessous.
Surprises et amusement sont au programme !
AGENDA
PROLOGUE :
- Inscriptions : clôturées le 14 février 2009
- Envoi du petit questionnaire le 15 février 2009, dans votre messagerie sur ce site
- Retour de votre questionnaire complété avant le 28 février 2009
MYSTERES ET SUSPENS :
- Attribution d'un swappé (destinataire) à chaque swappeur (expéditeur) le 1er mars 2009
- Envoi du swap entre le 1er mars et le 1er avril, au plus tard, pas de blagues !
EPILOGUE :
- Publication par le swappé de ses photos, commentaires, et déductions sur l'identité de son swappeur
- Publication d'un petit avis ou d'une grande opinion sur le livre reçu une fois lu
REGLEMENT
- Etre membre de cette communauté avant 2009
Ou être nouveau membre identifiable, c'est-à-dire : parrainé par un administrateur, ou être auteur d'un blog littéraire, ou être membre chroniqueur d'un autre forum ou encore « ciaonaute-addict », donc reconnu.
- S'inscrire au BLACK SWAP avant le 14 février 2009
- Remplir un questionnaire rapide sur vos goûts,
- S'engager à poster, entre le 1er mars et le 1er avril 2009, au moins :
o 1 livre de poche neuf, genre policier, thriller ou roman noir, selon les goûts du swappé désigné, (ou d'occasion en très bon état, si le swappé l'accepte dans son questionnaire)
o 1 friandise ou 1 boisson
o 1 carte ou 1 marque-page
o 1 surprise
o 1 idée noire
Donc, 5 contenus obligatoires dans votre colis, en adéquation avec les goûts connus de votre swappé et le thème de ce swap, selon votre imagination et votre interprétation du thème : Roman noir, thriller et policier ...
- Précision : l'interprétation du thème « noir » trouve sa limite avant le gothique et bien à l'écart du mauvais goût.
- Merci par avance de conclure ce swap en publiant vos impressions, photos, commentaires sur votre surprise, dont 1 avis même court du livre reçu et lu
- Mystère, vous ignorerez qui est votre swappeur et devrez tenter de le découvrir, à vous de mener l'enquête !
- Bien sûr, lorsque le swappeur recevra le questionnaire de son swappé, il s'engage à conserver le mystère et la confidentialité des infos qui lui seront transmises.
Fin : 01/04/09 - 00:00
Il m'avait prévenue, Pascal DESSAINT, c'est très noir. Moue dubitative, paupières froncées, il a corrigé le titre : « les hommes sont courageux » ... et si fragiles, vive la vie !
Vive la vie bien sûr, Pascal aime la nature, les animaux ... et donc les hommes, le vin et ses amis. Des amitiés si fortes qu'on pourrait se cogner sans se tenir rigueur, donner un coup de mains pour un meurtre qui n'en sera pas un, partager des solitudes, des dérives et de belles morts, toujours une paillette au coin de l'oeil. Aimer est une douleur, autant qu'une plénitude.
C'est un recueil de nouvelles noires, et facétieuses, j'ai aimé.
Les hommes sont courageux
Pascal Dessaint (Livre)SALON DU POLAR DE MONTIGNY-LES-CORMEILLES
Espace Léonard de Vinci - Rue Auguste Renoir - Tél : 01 30 26 30 50 - E-mail : culture@ville-montigny95.fr
Vendredi de 18H à 22H, Samedi de 9H à 20H, Dimanche de 10H à 19H
ENTRÉE LIBRE
Vendredi de 18H à 22H
Samedi de 9H à 20H
Dimanche de 10H à 19H
Fin : 07/12/08 - 19:00
Bernard Strainchamps, libraire et créateur du site bibliosurf lance une enquête très intéressante auprès des lecteurs de polars sur le polar anglais. Si les différents lecteurs du forum veulent s'y coller... je vous donne le lien :
http://www.bibliosurf.com/spip.php?page=anglais.
... se promène le roman noir, NOIR URBAIN, éditions Autrement.
Collection conçue par Henry DOUGIER et dirigée par Claude MESPLEDE (noirc'estnoir)
"Noir urbain" veut saisir au travers de fictions courtes, incisives, focalisées sur un fragment précis d'une ville, l'esprit du temps, les gens et les moeurs d'aujourd'hui. Comme le grand roman noir, ethnographique, des milieux urbains contemporains.
A cette collection je ne vois que des avantages :
Allier le plaisir des images à celui des mots par de superbes photographies noir et blanc,
Tester un auteur en investissant seulement une centaine de pages, parfois bien moins, c'est le livre d'une soirée ou deux ... ,
Petit format léger et sans prétention qui se glisse dans la poche du blouson pour parer à toute circonstance,
La découverte d'un lieu urbain particulier, essentiellement parisien je crois, c'est presque un aspect touristique,
Une présélection d'auteurs par l'expert du genre ;-) soit comment ne pas perdre de temps, dégustez des échantillons choisis !
La vie payenne, Jean-Bernard POUY
64 pages, dont 17 pages de photographies par Stéphanie LEONARD. ISBN 9 782746 705111.
Petit récit donc, une nouvelle, qui prend place au square Georges CAIN, rue Payenne. C'est l'histoire de cinq jeunes gens qui s'étaient dit rendez-vous dans 10 ans ...
Je ne peux rien vous dire d'autre sans déflorer l'histoire, si ce n'est qu'en quelques pages JB Pouy parvient à traiter d'un débat de société brûlant et poignant, donne une véritable identité à ses personnages, tout en diséquant un jardin public confidentiel.
C'est suffisant pour cerner un style, et surtout une humeur. Le ton humoristique est indéniable mais il est bien noir. J'y ai vu du sarcasme et de la raillerie, un ton tellement caustique qu'il n'y a aucune drôlerie, plutôt de l'aigritude. C'est noir certes, mais c'est pour mon goût à la limite du pesant.
A lire un jour où tout va bien.
La Vie payenne
Jean-Bernard Pouy (Livre)La santé de la planète est aujourd'hui une exigence majeure. Le sujet est également devenu actuel dans le roman noir. Petite promenade à travers quelques-uns de ces livres mais la liste est loin d'être complète. Vous pouvez aider à l'étoffer en ajoutant des titres manquants.
Les années 70 portent la trace des premiers textes traitant de l'écologie. L'Étasunien Michael Collins, créateur du détective privé Dan Fortune, personnage toujours du côté des laissés pour compte, aborde ce thème en 1971 dans Le Vent mauvais (1) où la fille du maire de Dresden, fervente écolo, est assassinée. L'enquête révélera qu'elle était opposée à son père sur des questions de pollution. Un autre Collins, Max Allan de son prénom, pose déjà en 1986 dans La Polka des polluants(1) la question du stockage des déchets dangereux Que deviennent-ils par exemple dans cette usine productrice de dioxine utilisée par l'armée américaine pour défolier la nature vietnamienne ? Nul ne le sait ou ceux qui savent n'ont guère l'occasion d'en parler car cette usine dénombre un taux élevé de suicides parmi son personnel. Fable sociale, La Grenouille aux pattes d'or (1) de Jonathan Fast dresse le portrait d'un sénateur qui soutient un groupe écologiste défenseur d'un marais à grenouilles contre la construction spéculative. En réalité, l'élu a prévu de faire voter un projet de loi pour exploiter le sous-sol riche en pétrole. En 1983, dans La Danse de l'ours (2) Milo, le détective créé par James Crumley, démasque une société qui sous couvert de traitement des ordures ménagères est une multinationale pratiquant la vente d'armes et de drogues. Habitué à décrire des policiers marqués par les horreurs qu'ils côtoient, Joseph Wambaugh, aborde aussi l'écologie dans le truculent Une semaine d'enfer (3). Il dénonce les dérives suscitées par l'appât du gain qui conduisent des industriels à déverser les déchets chez le voisin, dans un ravin mexicain plutôt qu'à les traiter. Le plus ancien militant sur ce thème, le progressiste John Ross MacDonald, introduira dans deux de ses derniers romans la notion de « crime écologique ». Il en est ainsi de l'incendie de la forêt de Santa Teresa déclenché pour dissimuler un meurtre (L'Homme clandestin (4), 1971) et de l'explosion d'une plate-forme de forage qui provoque une marée noire sur les côtes de Californie (La Belle endormie(4), 1973). Avec la même volonté d'alerter ses lecteurs, Georges J. Arnaud dénonce les méfaits des multinationales de la chimie (Plein la vue (5), 1976) et les menaces de l'industrie nucléaire (La Dalle aux maudits (5), 1974 et Brûlez-les tous ! (5), 1978), un thème également présent dans Meurtre au premier tour(6) qui marque en 1982 les débuts dans le roman noir de Didier Daeninckx où son inspecteur Cadin enquête sur la mort d'un militant écologiste.
Signe des temps et des urgences, ces thèmes exceptionnels dans le polar des années 70/80, ont tendance à se multiplier aujourd'hui avec en 2002, Royal cambouis (1) de Colin Thibert qui traite de déchets militaires et de gaz toxiques. Dans En direct (1994) de Norman Spinrad, le groupuscule des Brigades vertes, investit une station de télévision de Los Angeles pour faire entendre ses revendications écologiques. Gangraine(1) d'Elizabeth Stromme, dénonce en 1994, « l'agrobusiness », c'est à dire la tentative de main mise des multinationales sur le marché agricole. Le journaliste Carl Hiaasen ridiculise avec humour en 1991 les pollueurs dans Miami Park (2) où pour défendre la nature, deux mamies octogénaires affrontent la Mafia qui vient d'inaugurer un parc d'attraction dénaturant les côtes de Floride. Fervent écologiste, C. J. Box, qui habite l'état du Wyoming, consacre tous ses romans à Joe Pickett, un personnage de garde-chasse confronté aux exactions des pollueurs mais aussi des écologistes terroristes.
(1) Série noire, Gallimard, (2) Albin Michel ; (3) Presses de la Cité ; (4) 10/18, Grands détectives ; (5) Fleuve noir ; (6) Masque.
Yvonne BESSON est venue me surprendre dans ma lassitude de lectures décevantes.
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L'auteur
D'origine bretonne YB enseigne le français et vit à Dieppe, petite ville portuaire de haute-normandie. Prédestinée à la littérature par le contexte familial d'un père libraire et d'une mère enseignante.YB traite de ce qu'elle connait puisqu'elle situe ses romans policiers dans la petite ville de Marville, un clone de la ville de Dieppe, dans le milieu enseignant et culturel.
"un coin tranquille pour mourir" est son dernier roman paru en 2004, précédé de :
"meurtres à l'antique", 1998.
"la nuit des autres", 1999.
"Double dames contre la mort", 2002.
Quelques sites et interviews que j'ai trouvé intéressants sur le web :
http://www.seinemaritime.net/tourisme/Portraits-de-Seinomarins/continue-la/Yvonne-Besson
http://lycees.ac-rouen.fr/hurlevent/travaux/Besson/besson.htm
http://yvonnebesson.rayonpolar.com/
(sur le dernier site ci-dessus, site officiel d'Yvonne BESSON, vous retrouverez en bonne place quelques photos de notre ami Claude Mesplède)!
On peut aussi s'apercevoir que l'ambiance enfumée au goût de rhum de ce roman est assez autobiographique ...
L'histoire
Un tueur en série fait le récit de sa démarche meurtrière sur un journal intime destiné à sa postérité au fur et à mesure que ses crimes se déroulent autour d'un cercle d'enseignants de la ville de Marville.
Carole Riou nouvellement nommée commandant de police judiciaire à Rouen, et en pleine remise en question de sa vocation, va pourtant prendre en charge cette enquête au coeur d'une ville et d'un milieu qu'elle fréquente au quotidien.
Mon opinion
Ce roman m'a enchantée parce qu'il est délicatement venu se nicher dans ma boite aux lettres à un moment où j'avais besoin de lui. J'ai plongé toute entière dans ce portrait sans pitié d'une communauté intellectuelle provinciale qui tente de maintenir l'activité culturelle d'une ville échouée. L'historique économique de Marville, son contexte social, et l'actualité politique des réformes de l'enseignement permettent à l'auteur de développer des personnages réalistes en crise morale.
J'ai trouvé cependant que l'auteur a un peu trop politisé son roman en plaçant ouvertement le clivage gauche intellectuelle/droite cupide d'une manière très réductrice. J' ai aussi regretté de ne pas trouver chez YB l'humour qui me plait tant chez Fred Vargas ou Brigitte Aubert.
Très intéressant également dans ce roman un petit plaidoyer pour la littérature policière, et pour ses auteurs qui ne déméritent pas d'écrire du polar plutôt que de la poésie ou du théâtre, tandis que le thriller sanglant et complaisant est fustigé. Je vous livre, une fois n'est pas coutume, un petit extrait :
" - Vous semblez mettre tous les livres dans le même sac à chimères. Il n'y a pas que ceux que lit Marc ! Je concède qu'ils s'apparentent à un jeu, genre Cluedo. Mais beaucoup de romans noirs décrivent bien la réalité, dénoncent une société pourrie engendrant des tueurs froids, ne se complaisent pas dans l'enquête pour l'enquête. On en a besoin, non, de cet oeil critique de l'écrivain sur le monde qui l'entoure ?"
"un coin tranquille pour mourir" est l'illustration exacte de la description ci-dessus, d'ailleurs l'enquête pour l'enquête et le dénouement ne vous apporteront pas tant de plaisir que la peinture de ce microcosme littéraire sous la pluie d'une petite ville de province qui se meurt.
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