policier (41)

janv.
4

HOMICIDE SPECIAL, de Miles CORWIN

  • Par conoye le
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Voila en fait un livre qui est un vrai coup de coeur 2009, je n'en ai pas parlé dans les commentaires car ce n'est pas un roman mais une enquête journalistique.

Miles CORVIN, journaliste au Los Angeles Times a passé une année avec les inspecteurs d'une division d'élite du LAPD, la "Homicide Special" chargée des enquêtes criminelles les plus complexes de Los Angeles, ou mettant en cause des personnalités de la cité des anges.

D'entrée nous plongeons au coeur de plusieurs affaires de meurtres, Miles CORWIN nous décrivant avec force anecdotes et détails tous les rouages d'une enquête criminelle, les doutes des inspecteurs dans l'attente d'infos, d'indices; les interrogatoires des suspects ou témoins, la pression des médias, de la hiérarchie du Parker Center, jusqu'à la résolution éventuelle de l'affaire, parce que bien évidemment la réalité n'est pas toujours accommodante. Tout y est décrit d'une manière terriblement humaine et bouleversante.

La réalité dépasse effectivement toute les fictions du genre et même les meilleures. A lire pour passer de l'autre coté du miroir du polar.


Titre : HOMICIDE SPECIAL

Auteur : Miles CORWIN

Editions : SONATINE

ISBN : 9783355840029

591 pages


Homicide spécial : Un an avec l'unité d'élite d'investigation de la police de Los Angeles

Miles Corwin (Livre)


déc.
14

Séquelles - Peter TEMPLE (Australie)

  • Par fersenette le

Broché: 497 pages

Editeur : Editions Gallimard (24 janvier 2008)

Collection : Série noire

Langue : Français

ISBN-10: 207078181X


Présentation de l'éditeur :


Depuis le fiasco de sa dernière affaire, Joe Cashin n'est plus le même homme. Avant, il se déplaçait avec aisance, ses gestes étaient plus sûrs, moins réfléchis. Mais on ne frôle pas la mort sans séquelles, surtout quand le coéquipier avec lequel on travaillait est resté sur le carreau. Muté loin de la brigade criminelle de Melbourne, Cashin retrouve sa petite ville natale, un coin tranquille du bord de mer où il joue au flic de campagne. Il ne lui reste plus qu'à retaper la maison familiale, à promener ses chiens et à repenser à l'homme qu'il a été... Jusqu'au jour où l'on retrouve le notable local, le célèbre entrepreneur Charles Bourgoyne, tabassé et laissé pour mort dans sa luxueuse villa de la côte. Très vite, tous les indices recueillis désignent trois garçons de la communauté aborigène voisine. Mais Cashin est loin d'être convaincu car les coupables paraissent trop beaux. En Australie comme ailleurs, les meilleurs boucs émissaires ont souvent la peau foncée... Séquelles a remporté cinq prix, dont le Ned Kelly Award 2006 pour le meilleur roman policier et, en 2007, le Duncan Lawrie Dagger, considéré comme la plus prestigieuse et la plus richement dotée des récompenses littéraires du monde anglo-saxon.


Biographie de l'auteur :


Peter Temple est né en 1946 en Afrique du Sud. En 1980, il part s'installer en Australie. À la fois journaliste, éditeur et écrivain, il vit désormais à Ballarat, dans l'État de Victoria. Séquelles est son premier roman à paraître dans la Série Noire.


Mon avis :


Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents" , et le termine. C'est sans aucun doute ma plus belle découverte lors de ce défi.


Peter TEMPLE nous mène d'une écriture agréable le long d'une enquête tranquille, bordée d'humour. Si vous aimez l'irlande, vous aimerez la campagne australienne du côté de Port Monro où le policier Joe Cashin fait régulièrement de belles ballades avec ses deux grands caniches couleur réglisse, pas coiffés. Il y a fort à parier que l'auteur en a au moins un pour décrire comme il le fait les mimiques et attitudes des deux chiens pas du tout à sa mèmère, pointillant avec fraîcheur l'avancée de l'histoire.


L'enquête par elle-même n'est à mon avis pas passionnante, et même décevante par son manque d'originalité. Des notables pédophiles démasqués après l'injuste accusation de la délinquance du quartier pauvre, franchement c'est du déjà lu, et re-relu. Donc BOF côté intrigue. Heureusement le personnage du policier meurtri, au tempérament à la fois résigné et volontaire, exprime la force tranquille d'une vie à vivre quand même. Son cheminement est pénible, mais serein. Le héros vit la douleur et l'anxiété, pourtant c'est un type rassurant qui donne et fait confiance. Ce paradoxe a des vertues apaisantes pour le lecteur.


Il est essentiel de souligner que ce polar brille par la parcimonie des scènes de violence, c'est assez rare dans la littérature policière contemporaine. De même on notera une ou deux brèves scènes d'un érotisme distingué, encore plus rare.


2 petits extraits :


" Joe, notre équipe est tellement réduite qu'elle pourrait se réunir dans une cabine téléphonique"


"Le feu passa au vert. Sans les regarder, une vieille femme, petite et voutée, tête baissée, vêtue d'un imperméable de plastique transparent, traversa devant eux. Elle poussait un caddy de fabrication artisanale qui ressemblait à un landau.


- Comme Christophe Colomb, dit Dove. Pas la moindre idée d'où elle va."


Séquelles

Peter Temple (Livre)


déc.
5

Bollywood culinaire

  • Par fersenette le
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4ème de couverture ...


Un écrivain à succès, un médecin très médiatisé, miss Lalli et sa nièce, et des jetsetteurs très en vue se retrouvent dans une vieille bâtisse à la campagne pour un week-end gastronomique, qui s'annonce des plus plaisants. L'ambiance se délite quand on découvre le cadavre de l'un des convives. Commence alors un Cluedo grandeur nature ... Miss Lalli n'a pas dit son dernier mot.


Le côté Britannique ...


Ecrit en anglais ce roman policier porte le sceau des romans d'Agatha Christie. Bien que je n'en ai pas lu depuis mes jeunes années il me souvient bien des ingrédients. On rassemble sous quelque prétexte, un week-end sera parfait ; des personnages presque caricaturaux comme une jeune actrice ou un général en retraite qui tous auraient un mobile pour tuer ; dans un cadre qui a son cachet par exemple un vieux manoir ; sans oublier un enquêteur discret mais très observateur, on préférera une Miss, pour réunir au final les protagonistes afin de leur révéler la terrible vérité. Ce petit air de Cluedo avec un plan de la villa en introduction m'a vraiment rappelé des lectures de débutante, et pourtant il y avait un je ne sais quoi de moderne dans ce roman policier.


Ce que j'ai aimé ...


Une atmosphère Bollywoodienne parfois grotesque mais savoureusement indienne, naïve, souriante et exaltée dans les sentiments. Quelquechose de tout à fait indien. Les couleurs, les épices, les festins, la danse sont là pour accentuer l'effet. Par volonté de la traduction le récit est truffé de vocabulaire Indi, Ourdou, Tamoul ... ce qui oblige le lecteur à se référer au lexique en fin de roman, à moins que comme moi vous ne vous contentiez du mystère de ces langues inconnues.


Ce que je n'ai pas aimé ...


L'histoire avance sans rythme, au gré d'un style irrégulier. Il y a d'excellents passages qui ponctuent un ensemble assez poussif :

« - Je ne connais rien au monde de la gastronomie, dis-je franchement.

Mr Bajaj sourit. Un sourire glacial qui m'évoqua les nuits froides et l'impossible distance des étoiles.

- Je vais devoir me rendre compte par moi-même, conclut-il aimablement. »


L'humour de Kalpana SWAMINATHAN m'a dérangée, assez drôle pourtant mais grossièrement féminin. Une variante trop acide de ce qui aurait pu être piquant :


« Sane, qui est piégée tel un poisson un peu gras dans des choses arachnéennes en mousseline de soie et un corsage qui a l'air d'un Wonderbra porté devant-derrière. Elle doit être la seule femme au monde à exhiber un décolleté dans le dos. »


Globalement ...


C'est un who-done-it sans remous, le premier cadavre que tout lecteur aura prévu arrive après deux tiers du roman. Pour un polar à dominante gastronomique disons que l'intrigue manque de saveurs.


Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents"









Saveurs assassines : Les enquêtes de Miss Lalli

Kalpana Swaminathan (Livre)


mai
24

James Ellroy : Lune sanglante

  • Par valunivers le
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Grâce à mon swappeur (je ne sais toujours pas si c'est Solican !), j'ai pu lire Lune sanglante premier volet de la trilogie avec le héros Lloyd Hopkins.

Lloyd Hopkins est, comme bien souvent dans les romans noirs, un flic torturé, solitaire refusant tout ce qui ressemble de près ou de loin à un semblant de hiérarchie. Ce flic là est également très très amoureux des femmes. Il n'est pas un époux fidèle encore moins un père modèle racontant le soir de jolis contes de fées.

Lui, ce sont plutôt les enquêtes criminelles qu'il aime réinventer pour ses filles. "Pour les armer contre les pourris qui hantent la ville".


Le meurtrier, poète à ses heures, n'en est pas à son coup d'essai. D'ailleurs, il vient de repérer sa nouvelle "fiancé", Linda Deverson. Plusieurs jours avant d'opérer, il étudie sa proie, la photographie sous tous les angles, analyse son emploi du temps, phantasme sur sa vie et le moment venu, délivre "sa bien-aimée"du mal. Une fois libéré, il peut enfin se concentrer sur son boulot de photographe...jusqu'à la prochaine fois.

Hopkins fait très vite - un peu trop à mon goût - le rapprochement entre le meurtre de Linda et d'autres affaires similaires. Ce sera le seul, d'ailleurs, à voir tous les indices concordants. Envers et contre tous, il va mener son enquête.


C'est une des meilleurs romans lu depuis un moment. Ellroy donne sa vision d'un monde noir au sein duquel aucune frontière ne sépare le bien du mal. Son écriture, exempte de toute fioriture, est sombre et violente. Il contrôle chaque mot, images et symboles. A l'instar du tueur, Hopkins, partage de nombreux secrets et cache à son entourage une enfance destructrice. Qui du flic ou du tueur sera la proie ou le chasseur ? Lequel des deux sauvera l'autre ? C'est une terrible et funeste chasse que je vous invite à découvrir.


Ce n'est d'ailleurs pas une invitation en l'air. Un livre, ce n'est pas fait pour prendre la poussière dans un placard. Si vous avez envie de partir à la rencontre d'Ellroy et Hopkins, ce sera un plaisir pour moi de vous faire parvenir mon exemplaire.

avr.
26

Le Magicien

  • Par akasha580 le
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Le titre : Le magicien

L'auteur : Jean-Marc Souvira

Date de parution : 14 février 2008

Nombre de pages : 400 (Broché)

Editeur : Fleuve Noir


Quatrième de couverture :

Emprisonné depuis onze ans suite à la violente agression d'une vieille dame, Arnaud Lécuyer est un détenu modèle. Personne ne sait qu'il a tué trois de ses codétenus.

Personne ne sait qu'il est le Magicien, ce tueur d'enfants qui, des années plus tôt, avait semé la terreur dans Paris en attirant ses proies par des tours de magie. Libéré pour bonne conduite, le petit homme reste discret. Jusqu'à ce que ses démons reviennent lui parler, jusqu'à ce que sa «collection» revienne le hanter. Jusqu'à ce que des enfants croisent sa route...

L'agression d'un jeune garçon relance la piste du Magicien. Le commissaire Ludovic Mistral, de retour des États-Unis où il a rencontré des profilers du FBI, est chargé de l'affaire. Avec des techniques psychologiques bien différentes de celles utilisées lors de la première enquête, il n'hésitera pas à s'exposer personnellement pour faire sortir le monstre de sa tanière, sans se douter un seul instant qu'il met en danger ce qu'il a de plus cher...


Une immersion dans l'univers de la police criminelle en compagnie du meilleur des guides, Jean-Marc Sourira, lui-même commissaire divisionnaire. Avec justesse et authenticité, il nous fait vivre les deux versions de l'histoire - une plongée dans la tête du policier mais aussi dans celle du prédateur. Tout simplement terrifiant.


Jean-Marc Souvira exerce au sein de la police judiciaire depuis 25 ans. Il dirige actuellement le service de la répression de la traite clés êtres humains. Il est le coscénariste du film GO FAST qui sortira en août 2008, coproduit par Luc Besson. Il vit à Paris avec sa femme et ses deux enfants. Le Magicien est son premier roman.


Mes impressions :

Une histoire très intéressante, une enquête très bien menée (normal me direz-vous vu le métier qu'exerce l'auteur)... seulement l'écriture est trop froide, on ressent la maîtrise d'un rapport de police, pas d'émotions, pas de fioriture, on va au direct, ce qui est très dommage.

Mais il faut tout de même dire que ce livre est très captivant, en s'y accrochant, du fait de l'alternance du point de vue du commissaire Mistral et de Lécuyer alias le Magicien (on le sait dès le début, pas de panique), le manque d'émotion dans l'écriture fait que l'on ne s'attache ni à l'un ni à l'autre mais on apprend un tueur sériel agit, quel est son "comportement" (même s'il n'y a pas de comportement sûr)


J'ai bien aime ce livre surtout l'histoire mais pas l'écriture.


Note : 3.5/5

Le Magicien

Jean-Marc Souvira (Livre)


déc.
27

Défi littéraire : Littérature policière sur les 5 continents

  • Par valunivers le
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Hello,


Relayé un peu partout sur le Net, j'ai trouvé l'idée fort sympathique : il s'agit, pour ceux qui le souhaitent, de lire en 2009 et de faire découvrir aux autres bloggers, 5 auteurs de policiers venant des 5 continents.

C'est Catherine qui est à l'initiative de ce petit défi. Vous pouvez visiter son blog et si vous le souhaitez, participer à son aventure.

Pour ma part, j'ai choisi d'en profiter pour découvrir des auteurs m'étant complètement inconnus. J'espère avoir eu le nez fin sur ce coup là.

Voici ma liste :

Europe : Le carré de la vengeance (Pieter Aspe)

Afrique : African Psycho (Alain Mabanckou)

Asie : Nuit sur la ville (Ryô Hara)

Amérique : Tombe la pluie (Andrew Klavan)

Océanie : Ca Fait Moche Dans Le Tableau (Shane Maloney)


Bons frissons à tous et bonnes fêtes de fin d'années

Valérie

FRANCE
nov.
13

SALON du POLAR de MONTIGNY-LES-CORMEILLES - 11ème Edition

  • Par fersenette le
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http://www.salondupolar.com/


SALON DU POLAR DE MONTIGNY-LES-CORMEILLES

Espace Léonard de Vinci - Rue Auguste Renoir - Tél : 01 30 26 30 50 - E-mail : culture@ville-montigny95.fr

Vendredi de 18H à 22H, Samedi de 9H à 20H, Dimanche de 10H à 19H

ENTRÉE LIBRE


Vendredi de 18H à 22H

Samedi de 9H à 20H

Dimanche de 10H à 19H

Début : 05/12/08 - 18:00
Fin : 07/12/08 - 19:00
oct.
16

Truculent

  • Par fersenette le
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TRUCULENT adj

(fin XVe, repris XVIIIe ; lat. truculentus

« farouche, cruel »)

Mod. (XXe). Haut en couleur, qui étonne et réjouit par ses excès. Un personnage truculent. V. Pittoresque.

« La plaisanterie truculente et poivrée », Duham

Le Crime est notre affaire

(Film à l'affiche)


oct.
10

Enquête lancée sur le polar anglais,grand breton et irlandais

  • Par solican le

Bernard Strainchamps, libraire et créateur du site bibliosurf lance une enquête très intéressante auprès des lecteurs de polars sur le polar anglais. Si les différents lecteurs du forum veulent s'y coller... je vous donne le lien :

http://www.bibliosurf.com/spip.php?page=anglais.


oct.
9

islande en bocaux

  • Par osman.manos le
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L'Islande nous interpelle rarement au cinéma, et même toutes circonstances confondues. L'occasion de changer d'air au ciné, de sortir un peu des autoroutes balisées made in USA. Les cinéastes islandais font peu parler d'eux, Baltasar Kormakur pourtant nous livre un très bon polar, "Jar City". Rien de très révolutionnaire, mais pour le moins rafraîchissant d'entendre parler islandais ce qui, du moins personnellement, ne m'arrive pas tous les jours.


L'histoire commence par un meurtre, c'est une procédure classique pour un polar, celui d'un homme âgé qu'on pense sans histoire. Un indice de départ pour l'enquête sera la photo d'une tombe de petite fille, morte trente ans plus tôt. L'inspecteur Erlendur va enquêter sur le passé de la victime.


Le déroulement de l'enquête tanguera de rebondissements et nouvelles pistes pour finalement reconstituer un puzzle cohérent, c'est souvent le cas d'un policier. En celà ce film n'apporte pas d'originalité, mais satisfera les amateurs du genre.


A mon sens dans ce polar ce qui retient l'attention c'est le personnage principal du flic et là l'histoire sort un peu du lot essentiellement par les contrariétés et les doutes qui pèsent sur sa vie personnelle. Les soucis d'un père pour sa fille tombée dans la drogue donnent profondeur et crédibilité au personnage. L' interprétation d' Ingvar Eggert Siggurdson est remarquable, un acteur islandais : le connaissiez-vous ?


Mais le véritable intérêt de Jar City, c'est l'exotisme, les décors islandais magnifiques. Ne serait ce que pour cette raison ne ratez pas ce film.



Jar City

(Film à l'affiche)


oct.
2

Anne PERRY - L'incendiaire de Highgate

  • Par intrigue le

Comme dans tous (mais peut-être pas tous ?) les romans d'Anne Perry, on retrouve l'enquêteur Thomas Pitt et, surtout, sa femme Charlotte ! car c'est elle la finaude. Cette nouvelle enquête nous plonge encore une fois dans les bas-fonds londoniens où la plus grande misère côtoie la richesse de l' aristocratie anglaise ....


La maison d'un médecin respecté prend feu une nuit dans un quartier résidentiel: malgré tous les efforts du voisinage, l'incendie est mal maîtrisé et la femme du médecin, Clémence, meurt. Mais cet incendie n'est pas un accident, et d'autres s'ensuivent tandis que l'ensemble de la communauté ne semble vivre qu'à travers le souvenir d'un homme d'Eglise, patriarche tyrannique, dont l'origine de la richesse semble trouble....

Lors de cette nouvelle enquête, Charlotte Pitt aidera son mari à pénétrer un milieu bourgeois, comme dans toutes les aventures de Charlotte et Thomas Pitt, car la non promiscuité des classes sociales est de rigueur, aussi c'est Charlotte, issue d'un milieu aisé, qui pourra en apprendre davantage que Thomas, lui est inspecteur de police autant dire qu'il est tout juste considéré comme un domestique.

Et c'est bien ce qui m'ennuie à la longue chez Anne Perry, cette quête perpétuelle du scabreux et du misérabilisme font que tous ses romans se ressemblent.... Ici il s'agit d'aristocrates louant des taudis, dans un autre les aristocrates seront prêteurs sur gage ou actionnaires de maison close.... L'ambiance est certes formidablement restituée et donne le goût du témoignage historique mêlé à une intrigue, mais il me semble que Mme Perry se complait dans une sorte de voyeurisme. A force de vouloir montrer une réalité sociale, elle caricature à l'outrance et lui ôte toute sa force.

En conclusion, ce livre se laisse lire agréablement, si l'on n'est pas encore lassé de l'oeuvre d'Anne Perry.

L'Incendiaire de Highgate

Anne Perry (Livre)


sept.
19

De l'importance du visuel, des codes, et des symboles sur le Polar

  • Par lorenzo12 le
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Non pas qu'il faille condamner l'écrit (il est bien le ferment premier du polar), il convient pourtant d'admettre que le polar plus que les autres genres se nourrit, s'appuie, se vend d'abord par l'imagerie et toute sa cohorte de clichés inscrits au fil des décennies dans le conscient voire l'inconscient collectif. Certes, le Nom de la Rose d'Umberto Ecco constitue bien la preuve qu'on puisse s'affranchir de ces codes et faire du polar et du bon avec d'autres fondements (historiques, sociologiques, religieux ...), mais je reste intimement persuadé du rôle prépondérant de nos images (couvertures, jaquettes, et autres natures mortes - notez qu'elles sont bien mortes) quant à l'entrée en matière. Elle constitue à elle seule le sas de mise en condition par lequel le lecteur reconnaît, pré-sent, fait travailler son imaginaire une première fois.

Je me souviens avec plaisir des illustrations qui faisaient les couvertures si fascinantes de l'illustration, ancienne parution, que je consultais volontier chez un ami noble qui avait accumulé toutes sortes de trésors, dans une demeure elle même soumise aux affres des crues imprévisibles de la rivière voisine.

L'illustration, elle portait bien son nom, se prévalait d' illustrations artistiques (manuelles) souvent très réaliste qui décrivait avec précision la situation de tension, le point culminant d'un fait divers (historique aussi) aux conséquences atroces tant l'expression des personnages (étudiée) avait été habillement reproduite. Certes ce n'était pas la réalité mais ... belle illustration plus statut de Journal (notez bien le J) obligeaient à la véracité des faits donc à l'effroi du regardant ; pas besoin de savoir lire tout se comprenait (tout au moins dans la description du fait) avec un impact immédiat pour une véritable entrée en matière.


Mais l'imagerie véhiculée par le polar dans nos têtes à été forcément construite par le cinéma et la mode, et d'abord par le noir et blanc : On a tous en tête Bogart dans le "Faucon Maltais", avec l'appui incontesté de la cigarette, les costumes croisés et chapeau années trente des incorruptibles ou encore plus subtilement la typographie du M dans le film "M le Maudit" de Fritz Lang, (sans compter sur la déclinaison expressionniste de ces décors). Comme on imagine que par ce que l'on connaît, c'est bien ces clichés et visuels qui s'ancrent en nos esprits et qui surgissent en tête lors de nos lectures, malgré les fines et précises descriptions que s'ingénie à dresser nos habiles écrivains de genre.

Au delà de l'entendement qui peut régner sur les codes noirs du polar (histoire bien sûr sombres, nuits cauchemardesques dont ont veut sortir, mystère, néant, intensité, densité...) il subsiste la question du jaune qu'on y associe volontier (Cf "Vivement dimanche" de Truffaut).

Même si je trouve personnellement que le jaune est une couleur lumineuse, spirituelle et rassurante, il n'en est pas moins vrai qu'il est aussi la couleur de la duplicité, surtout si on ajoute une pointe de vert ou de gris qui vient pour le ternir. Je passe sous silence l'expression qui en fait la couleur du mari trompé mais qui relève bien de la même valeur. N'oublions pas non plus que c'est aussi la couleur naturelle du soufre à l'origine de bien mauvaises odeurs et de l'expression olfactive bien connue: "ça sent le soufre".

Plus près de la littérature c'est la couleur choisie par les éditions du masque et de la plume pour ses couvertures.


Ahhhhh...., le Masque et la Plume et son imagerie des Années 70/80 faites de natures mortes froides et suggestives : une goutte de sang, une fiole de poison, une plaquette de barbituriques, une mèche de cheveu, un poignard.... Ici le travail sur symbole était évident, méthodique descriptif, immédiatement reconnaissables : la peinture est dans le style hyper-réaliste, les reflets s'y expriment à plein, le relief est parfaitement rendu et surtout on est en close-up, en plan rapproché, intimiste. C'est bien sûr la nécessité de vendre qui a produit de tel chef d'oeuvre d'imagerie avec toujours cette même fonction du sas avant décodage (la lecture) que j'évoquais précédemment. C'est bien par cette imagerie qu' adolescent je me suis passionné pour ces polars à l'anglaise. Ils m'ouvraient à un autre univers avec une fonction documentaire sur les armes possible, les symboles ésotériques, les traces ou indices, et les couleurs de l'effroi.


Le poids du cinéma sur l'imagerie est quant à lui sans conteste, il nous impose une vision de l'histoire et développe ses propres codes et ses légendes. j'ai encore en tête le privé à la Mickey Rourke avec l'imper craceux, ou Alain Delon dans "le Samouraï" avec sa valise et son borsalino, ou encore Gene Hackmann dans "French Connection" avec ce chapeau étrange.

De nos jours l'image du privé à bien changé, il a même presque disparu de nos histoires, il y a encore les femmes fatales qui s'habillent en rouge, et les hommes de mains balafrés, mais les anti-héros sont devenus légions et les codes glissent. Aujourd'hui le plus évident d'entre eux est bien sûr la cigarette. On a vue dans X-File l'homme à la cigarette fourbe et peu fréquentable, chez Nicloux dans "Cette femme là" on l'utilise comme un élément de décor oppressant, rampant, obsédant, tout le monde fume autour du personnage principal.

Bien sûr, les codes sont faits pour être transgressés : je me souviens de Marlène Dietrish en prostitué dans la "Soif du Mal" d' Orson Welles teintée en brune.

Il faut nécessairement que le code est existé et se soit encré pour qu'on puisse en sortir et le transgresser.


Les images changent et on donne encore plus à voir de nos jours dans les films policier, mais le secret d'un suspens réussi réside encore dans la suggestion.

Même si les flics sont devenus de simples hommes, avec une vie de famille, que les truands s'habillent comme vous et moi, et qu'il n'ont plus de codes d'honneur, je pense qu' il subsiste encore la morale dans nos films noir d'aujourd'hui :

Quelque soit ton chemin, ton destin fini toujours par te rattraper.

Mon propos serait vain si je ne vous proposez pas de visionner un bon film à suspens comme "La sentinelle" de Desplechin - où l'on avance à petit pas dans une quête d'identité pour un simple Crâne.


A bon entendeur, Votre serviteur.

sept.
16

Et si on évoquait un peu de polar au ciné

  • Par lorenzo12 le
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Bonjour à tous, je viens de vous rejoindre sur la sollicitation de Fersenette. je lui communiquais récemment mon goût pour le polar mais avant tout cinématographique (et bien voilà qui constuera ma première intervention dans ce domaine).

En effet ce qui m'interresse avant tout c'est la constitution d'un univers visuel qui soutient une histoire.

Je ne recherche pas la fidélité à un écrit en particulier, ce qui m'importe c'est la capacité du scénariste à transposer une histoire pour qu'elle devienne visuelle vivante et la capacité d'un réalisateur, à transposer la lumière, choisir l'expression des lieux, soutenir le jeu des acteurs. Enfin un montage, une structuration du récit qui fasse progresser l'histoire en suscitant effroi et interrogation.

Citons à ce titre quelques référence du genre : Série Noire,The Barber, l'Ultime Razzia, la Clef (récemment saluée sur mon Blog), Mélodie en Sous-sol, French-Connection, Bullit, U-turn, Plein soleil, The conversation, Réservoir Dog....

Au niveau série télévisuelle, ne pas manquer "The Wire" ("sur écoute" en français) qui décrit en 4 saisons à la fois le contexte social de Baltimore mais aussi le circuit de la drogue du consommateur en passant par ses vendeurs, jusqu'au blanchiment de l'argent qui en découle - l'intérêt réside dans la description des micro-systèmes mais aussi dans les motivations diverses et variées de chaque personnage. on assiste à un véritable balai, on y décrit bien les techniques , et le langage, on rencontre le poids de l'administration et de la hiérarchie. Quelques similitude dans la description d'ensemble avec Trafic de Soderberg. Certainement de loin le meilleur des séries policières de la décénie.

A bon entendeur, votre serviteur.

sept.
11

Plog !

  • Par fersenette le

Déroutée par l'univers de Fred VARGAS lors de ma première lecture (cf mon avis : l'homme aux cercles bleus), je suis depuis, comme tout le monde, devenue une très grande fan. Admiratrice inconditionnelle, comme je peux l'être de Thomas FERSEN et BARBARA qui n'ont pas écrit un seul polar, mais manient la langue française et les métaphores pour une magie des mots qui porte à l'émotion. Le talent des grands poètes.


Les intrigues de FV sont de plus en plus atypiques, alambiquées, borderlines, instinctives et floues. Autant dire qu'on n'y croit pas une seule seconde, et pourtant on s'y vautre en entier comme dans une paire de draps propres, c'est bon.


Son dernier roman "un lieu incertain" m'a fait peur, car j'ai cru que cette fois j'allais être décue. Il y avait bien pourtant dès le début Adamsberg qui se déplace dans sa cuisine comme un lézard qui tourne sur son rocher pour suivre le soleil, et puis plus rien. Que t'est il arrivé Fred ? C'est quoi cette intrigue préssée qui pioche à tors et à travers de l'Europe des bouts d'invraisemblances incongrues ? Adamsberg devient presque volubile et prompt, tout s'accélère ... jusqu'à ce que notre commissaire "pelleteur de nuages" prennent le train (ouf, pas d'avion) pour l'Europe de l'est, en compagnie d'un énergumène velu à bon caractère. Nous sommes aux deux tiers du rom'pol, l'intrigue si ardue et dispersée va pouvoir se dénouer, ... et FV jusque là si tendue, si concentrée, va pouvoir se lâcher, revenir à son humanisme tranquille, son humour tendre et excentrique, nous faire aimer l'homme.


Le dernier tiers du roman est délectable, hautement jubilatoire. Retour aux évidences utopiques, à la bonté implicite, on sourit sans cesser de l'amusement au plaisir. Peu importe comment les noeuds se dénouent c'est l'apaisement qui compte. Plog.


Fred Vargas est un enchanteur. la vie est belle, les gens sont formidables. Plog.

Pourtant certains défaillent et il arrive qu'il manque un pied coupé sur 9 paires déposées devant un cimetière anglais, mais un massacre à Garches mène au coeur du mystère dans un caveau des Carpathes ... Comment ça vous n'y comprenez rien ?! Souriez, je ne vous ai rien raconté, et vous découvrirez ce que veut dire PLOG en lisant le dernier miracle de Fred VARGAS.



Visite conseillée : Pour la visite du cimetière de Highate, et pour un bon article sur ce roman. http://blog.vampirisme.com/vampire/?gallery/visites/cimetiere-de-highgate/1#gallery

Un lieu incertain

Fred Vargas (Livre)


août
28

Au lieu d'exécution - Val McDermid

  • Par sankourgan le
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Me voila de retour de vacances, j'étais en ardèche et il n'a pas toujours fait beau, mais quand on aime lire on s'en ficherait presque, tout juste si on ne se frotte pas les mains !! Je vais tout de suite vous parler du livre que j'ai préféré cet été ... Au lieu d'exécution, thriller de Val McDermid. Je crois qu'il n'y a encore jamais eu d'avis sur cet auteur ici, c'est plutôt étonnant.


L'histoire se déroule en plein hiver. C'est l'affolement dans le petit village de SCARDALE lorsqu' une petite fille, Alison Carter, disparaît un soir de décembre 1963. Le jeune inspecteur George Bennett se voit confier l'enquête, ce sera sa première enquête criminelle de ce genre. On comprend vite que Scardale n'est pas un village comme les autres, il semble qu'il soit dirigé par un châtelain. On se croirait de retour au moyen-âge. Cet homme, Philip Hawkin, possède tout : le village , le terrain, les maisons... et pourquoi pas les habitants !


Hawkin est le seul « étranger » au village : les autres habitants sont tous membres de la même famille ! Hawkin s'avère être également le beau-père de la petite Alison. C'est une situation qui pose beaucoup de questions sur la morale, la consanguinité ... etc ...

Lors de son enquête, Bennett va se heurter à la solidarité d'un village-famille dans lequel personne ne veut croire qu'un des siens est coupable. Et pourtant cela ne fait aucun doute.

En se serrant les coudes, les habitants de Scardale ne rendent pas la tâche facile au jeune inspecteur qui va devoir trouver les indices lui-même, c'est un peu la corse quoi !

Seul ami : son coéquipier, Clough, qui va s'investir autant que lui dans cette sombre affaire . A eux deux, ils vont fouiller dans le passé du village et faire remonter à la surface la boue enfouie dans les mémoires des âmes de Scardale.


Double défi pour Bennett : affirmer son autorité et ses compétences et retrouver la petite Alison.

Les jours passent et il faut se rendre à l'évidence : la petite n'a pas fugué et il est fort peu probable, vu le froid extérieur, qu'Alison soit en vie...Mais pour l'instant, toujours pas de cadavre...

Le coupable est forcément du village. Mais qui ? Tous les regards se tournent vers Philip Hawkin puisque c'est le seul étranger à Scardale. Mais les accusations sont-elles fondées ou reflètent-elles le mépris des habitants pour un homme avide de pouvoir ?


Le suspense est fort bien mené, l'intrigue nous tient en haleine. Au bout de quelques pages, nous voilà pris de compassion pour le jeune inspecteur qui doit affronter les journalistes avides de scoop et non d'informations réelles. lesquels vont diffuser nombre de mensonges sur l'affaire, entravant les mouvements de Bennett. Il doit également lutter contre son supérieur hiérarchique, peu convaincu de son aptitude à mener l'enquête à terme.

Dans ce livre très prenant, il n'y a aucune violence, aucune scène sanglante...Juste quelques suggestions.


En 600 pages, McDermid nous fait voyager dans le temps puisque le roman commence en 1998, revient sur l'affaire en 1963, et se clôture en 1998. Pas de flash-back pénibles impossibles à suivre. Quand on est en 1963, c'est jusqu'au bout, pas d'interférence !


Jusqu'à la dernière page j'ai émis des hypothèses, multiples et variées, et je me suis plantée en beauté ! lol

La fin se révèle être un superbe renversement de situation qui laisse le lecteur pantois.





Au lieu d'exécution

Val McDermid (Livre)


août
26

Comme un cadeau ...

  • Par fersenette le
  • Dernier commentaire ajouté

Yvonne BESSON est venue me surprendre dans ma lassitude de lectures décevantes.


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L'auteur


D'origine bretonne YB enseigne le français et vit à Dieppe, petite ville portuaire de haute-normandie. Prédestinée à la littérature par le contexte familial d'un père libraire et d'une mère enseignante.YB traite de ce qu'elle connait puisqu'elle situe ses romans policiers dans la petite ville de Marville, un clone de la ville de Dieppe, dans le milieu enseignant et culturel.

"un coin tranquille pour mourir" est son dernier roman paru en 2004, précédé de :

"meurtres à l'antique", 1998.

"la nuit des autres", 1999.

"Double dames contre la mort", 2002.


Quelques sites et interviews que j'ai trouvé intéressants sur le web :


http://www.seinemaritime.net/tourisme/Portraits-de-Seinomarins/continue-la/Yvonne-Besson

http://lycees.ac-rouen.fr/hurlevent/travaux/Besson/besson.htm

http://yvonnebesson.rayonpolar.com/


(sur le dernier site ci-dessus, site officiel d'Yvonne BESSON, vous retrouverez en bonne place quelques photos de notre ami Claude Mesplède)!

On peut aussi s'apercevoir que l'ambiance enfumée au goût de rhum de ce roman est assez autobiographique ...


L'histoire


Un tueur en série fait le récit de sa démarche meurtrière sur un journal intime destiné à sa postérité au fur et à mesure que ses crimes se déroulent autour d'un cercle d'enseignants de la ville de Marville.

Carole Riou nouvellement nommée commandant de police judiciaire à Rouen, et en pleine remise en question de sa vocation, va pourtant prendre en charge cette enquête au coeur d'une ville et d'un milieu qu'elle fréquente au quotidien.


Mon opinion


Ce roman m'a enchantée parce qu'il est délicatement venu se nicher dans ma boite aux lettres à un moment où j'avais besoin de lui. J'ai plongé toute entière dans ce portrait sans pitié d'une communauté intellectuelle provinciale qui tente de maintenir l'activité culturelle d'une ville échouée. L'historique économique de Marville, son contexte social, et l'actualité politique des réformes de l'enseignement permettent à l'auteur de développer des personnages réalistes en crise morale.


J'ai trouvé cependant que l'auteur a un peu trop politisé son roman en plaçant ouvertement le clivage gauche intellectuelle/droite cupide d'une manière très réductrice. J' ai aussi regretté de ne pas trouver chez YB l'humour qui me plait tant chez Fred Vargas ou Brigitte Aubert.


Très intéressant également dans ce roman un petit plaidoyer pour la littérature policière, et pour ses auteurs qui ne déméritent pas d'écrire du polar plutôt que de la poésie ou du théâtre, tandis que le thriller sanglant et complaisant est fustigé. Je vous livre, une fois n'est pas coutume, un petit extrait :


" - Vous semblez mettre tous les livres dans le même sac à chimères. Il n'y a pas que ceux que lit Marc ! Je concède qu'ils s'apparentent à un jeu, genre Cluedo. Mais beaucoup de romans noirs décrivent bien la réalité, dénoncent une société pourrie engendrant des tueurs froids, ne se complaisent pas dans l'enquête pour l'enquête. On en a besoin, non, de cet oeil critique de l'écrivain sur le monde qui l'entoure ?"


"un coin tranquille pour mourir" est l'illustration exacte de la description ci-dessus, d'ailleurs l'enquête pour l'enquête et le dénouement ne vous apporteront pas tant de plaisir que la peinture de ce microcosme littéraire sous la pluie d'une petite ville de province qui se meurt.


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Un coin tranquille pour mourir

Yvonne Besson (Livre)


août
22

D'ombre et de lumière - John HARVEY

  • Par terramater le

L'Inspecteur Frank Elder accepte une nouvelle fois de quitter la Cornouailles, où il vit retiré. C'est à la demande de son ex-épouse qu'il retourne à Nottingham pour tenter de retrouver une femme qui a disparu depuis plusieurs jours. Peut-être aussi pour renouer avec sa fille Katherine, dont la vie a été bouleversée par sa faute. La disparue, Claire Meecham, menait une vie secrète dont même sa soeur Jennie ne soupçonnait pas l'existence. Or à peine Elder a-t-il commencé à enquêter que Claire est découverte, paisiblement allongée sur son lit, mais tout ce qu'il y a de plus morte. Cette mise en scène du cadavre rappelle aussitôt à l'inspecteur une vieille affaire, jamais élucidée, sur laquelle il avait travaillé huit ans plus tôt. C'est ainsi qu'il ,reprend du service en tant que consultant officiel de la police. Il va faire un terrifiant voyage dans les recoins obscurs d'un cerveau malade


Troisième et dernière enquête de l'ex inspecteur Elder. Il revient à Nottingham, pour essayer de résoudre la disparition de la soeur d'une amie de sa femme. Cette enquête fera ressortir une vieille enquête non résolu datant de 8 ans. Cela lui permet aussi de revoir sa fille et son ex femme.


Nous restons toujours dans la même ambiance que les deux précédents tomes des enquêtes de Franck Elder. C'est toujours posé, centré sur ces personnages , encore un peu plus sombre, avec différentes histoires qui se croisent, avec un Elder toujours plus ou moins perdu face à sa fille, ne sachant pas trop comment montrer son attachement .

On en apprend un peu plus sur le personnage de Maureen Prior.


Personnellement, le meilleur des trois tomes, avec cette part de mystère concernant les chapitres mettant en scène un enfant et sa psy. Des évènements datant de 1965, et un Elder un peu chahuté par Maureen.

D'ombre et de lumière

John Harvey (Livre)


août
18

ADN foireux

  • Par fersenette le
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- RAPT DE NUIT - Patricia Mac Donald

ALBIN MICHEL, 383 pages ! 21, 50 euros


Je me suis fait raptée, par un nouveau roman tout frais imprimé mis en avant à la médiathèque. Je n'ai pas trop hésité toute à ma joie d'être celle qui l'avait vu en premier. La convoitise est un vilain défaut ! car je croyais avoir de la chance alors que j'allais tout simplement perdre quelques semaines de lecture fastidieuse quand des romans passionnants m'attendent ...


L'auteur :

*********

Née à New York le 1er août 1949,Patricia MacDonald est un auteur de romans policiers américain . Elle a suivi des études de journalisme à Boston puis a collaboré à la rédaction de nombreux magazines, de tous styles. Après son mariage avec l'écrivain Art Bourgeau, elle s'intéresse à l'écriture et se destine à la rédaction de romans à suspense. Elle n'a pas vraiment de personnages fétiches.


Ses romans :

*************

Expiation (The Unforgiven), 1981

Un étranger dans la maison (Stranger in the House), 1985

Petite sœur (Little Sister), 1987

Sans retour (No Way Home), 1989

La double mort de Linda (Mother's Day), 1994

Une femme sous surveillance (Secret Admirer), 1995

Personnes disparues (Missing Persons), 1997

Une histoire de bébé volé

Dernier refuge, 2001

Un coupable trop parfait, 2002

Origine suspecte (Suspicious Origin), 2003

La fille sans visage, 2005

J'ai épousé un inconnu, 2006


L'histoire :

*************

Une nuit, dans un camping, une petite fille de 9 ans assiste, impuissante à l'enlèvement de sa soeur ainée qui sera retrouvée violée et étranglée. Suite à son témoignage, le coupable est rapidement arrêté et executé.


Néanmoins, vingt ans plus tard, l'affaire est réouverte et une analyse ADN démontre que l'homme exécuté n'était pas le vrai coupable...

Tess, le temoin, n'hésite pas à s'investir dans l'affaire pour faire la lumière sur toute cette histoire et en finir avec la culpabilité qui ne la quitte pas....


Mon avis :

*********

L'ADN tue le polar !

La science épargne désormais les méninges, on émet une hypothèse ou on ratisse large et on compare les échantillons d'ADN, c'est çà l'enquête criminelle d'aujourd'hui, quel intérêt ? pour le lecteur du moins. Dans la vie vraie évidemment c'est une autre histoire, et ici l'auteur pose l'intéressant problème de la peine de mort, et ses personnages donnent une réponse.


Pour le reste ce roman est romantique, et applique le concept des romans de Mary Higgins Clark. Une belle jeune femme malheureuse est en danger, un bel homme de bonne situation est briévement suspecté par le lecteur avant de s'avérer un sauveur. Nous sommes dans la bourgeoisie américaine de bon ton, et tout se terminera par une belle famille recomposée au bonheur douillet.


Je ne crache pas plus sur ce type de roman, ils ont le mérite de faire lire et d'amener des lectrices au polar, c'est mon cas, il y a + de 15 ans j'ai lu des Mary Higgins Clark, puis des Patricia Mac Donald, puis des Patricia Cornwell ... et me voici parmi vous inconditionnellement fan de Fred Vargas.


Ne jamais désespérer.


Rapt de nuit

Patricia MacDonald (Livre)


août
12

De chair et de sang - John HARVEY

  • Par terramater le
  • Dernier commentaire ajouté

Après trente ans de bons et loyaux services dans la police de Nottingham, l'inspecteur principal Frank Elder a donné sa démission. Il s'est réfugié dans un cottage en Cornouailles, mais le passé continue de le hanter. Il ne s'est jamais remis d'une affaire non élucidée : la disparition, en 1998, d'une adolescente nommée Susan Blacklock. Deux psychopathes condamnés à l'époque pour le viol et le meurtre d'une autre jeune fille.

Restent pour l'inspecteur des suspects idéaux. Apprenant que l'un d'eux va bénéficier d'une libération, Frank Elder s'intéresse de nouveau à l'affaire Blacklock.

Ce premier roman de la série consacrée à Frank Elder confirme toute l'étendue du talent de John Harvey, récompensé en Grande-Bretagne par un Diamond Dagger pour l'ensemble de son œuvre.


J'ai lu beaucoup de bien de cet auteur sur différents sites. J'ai été très déçu par ce roman qui est le premier d'une trilogie avec l'ancien inspecteur Elder, qui c'est mis de lui-même en retrait de la police anglaise. Mais il décide de reprendre une enquête qu'il n'avait pas réussi à résoudre, il y a de cela 13 ans. En effet une jeune fille avait disparu, tout portait à croire qu'elle avait été assassiné par deux hommes qui sévissaient dans la région, et qui ont été arrêtés par Elder.

L'un d'eux est relaché après avoir purgé sa peine de prison. Elder décide de reprendre l'enquête à zéro, à titre personnel...

Le livre jongle entre les nouvelles recherches d'Elder, sa relation avec sa fille, et le retour à la vie civile de l'ancien prisonnier. Le rhytme est lent, peu d'action sauf vers la fin du roman qui est le point noir du roman. Très décevante et très convenue.

Roman noir en apparence mais avec une fin très rose.


Un conseil, ne lisez pas le résumé au dos du livre. Il raconte l'histoire jusqu'à la page 420 sur 475 !!!.


Laurent.

De chair et de sang

John Harvey (Livre)


août
8

Un mauvais cheval à découvrir

  • Par noircestnoir le
  • Dernier commentaire ajouté

Il y a deux ou trois mois de cela, j'ai retrouvé une vieille connaissance sous la forme d'un recueil de nouvelles intitulé Le Mauvais cheval. L'auteur s'appelle Damon Runyon. J'ai commencé à lire des textes de ce nouvelliste il y a belle lurette sur les conseils de Robert Soulat qui dirigeait à cette époque la collection "série noire". Il m'avait conseillé la lecture de damon Runyon qu'il considérait comme un précurseur du genre. C'est ainsi que je découvris la biographie d'un individu hors norme qui avait réussi à intégrer l'armée américaine à l'âge de quatorze ans lorsqu'un conflit éclata entre son pays et l'Espagne à propos des Philippines. Plus tard journaliste, il devient expert sportif et fait merveille pour relater l'ambiance d'un combat de boxe ou d'une course de chevaux. Au début des années 30, Runyon commence à écrire des contes qui se déroulent généralement à Broadway. Il se retrouve tous les soirs dans ce quartier new-yorkais, au restaurant Lindy. Côtoie toute la nuit la faune qui hante ces lieux et au petit matin, rentre chez lui écrire un conte que les réseaux de journaux s'arrachent car Runyon possède l'art de la narration. Non seulement il écrit tout au présent mais il sait rendre vivantes les scènes les plus quotidiennes en usant d'un argot empreint de poésie, sans jamais une once de vulgarité ; il met en scène le monde populaire, les paumés, les prostituées et les gros durs pour lesquels il invente des surnoms pittoresques : Poudre d'escampette, Cal Orifère, Kid la pastille, Hymie œil de banjo, et raconte de truculentes histoires pleines d'humour et de sagesse. Ce nouveau recueil présente neuf textes inédits qui devraient vous séduire. Dernier détail : 29 films ont été tirés de ses contes notamment Blanches colombes et vilains messieurs avec Frank Sinatra et Marlon Brando.

On peut aussi trouver en folio "Broadway mon village", "Nocturnes dans Broadway" et "Le Complexe de Broadway". Humour garanti !


Damon Runyon : Le Mauvais cheval , Rivages poche, 265 pages, 8,50 euros.




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