mon opinion (71)
Salut, je suis nouvelle, je ne suis pas branchée ordi, donc pour l'instant pas de photo ou de trucs très sophistiqués. Par contre quand je lis, c'est beaucoup et je n'ai personne avec qui le partager. J'espère pouvoir partager avec vous tous les bons livres.
Je viens de finir ce bouquin. En dehors de quelques passages violents et vraiment salaces, j'ai adoré et je voudrai avoir l'avis d'autres personnes...
Maintenant je commence Duma Key de Stephen King....
A très bientôt.
Pascal Garnier nous a quittés il y a peu, le 5 mars 2010.
C'est un auteur coup de coeur depuis son roman "la théorie du panda" pour lequel il a reçu le prix du "salon polar de Montigny les cormeilles", en Décembre 2008. "Comment va la douleur ?" patientait dans ma PAL depuis cette période, mais le challenge ABC2010 lui a fait remonter la pente ...
Ce petit roman raconte la fin de vie d'un tueur à gages qui croise la route d'un homme simplet mais sincère, dans la vie duquel il ne se passait rien. Une fausse-vraie famille va naître autour de l'homme simple et tranquille, grâce à l'homme froid et solitaire, ... la fin des douleurs.
Je n'ai pas retrouvé dans ce titre l'humour décapant et cynique qui m'avait tant séduite à la lecture de "la théorie du panda". Cependant, le style est percutant, juste, sarcastique quand même. Pascal GARNIER c'est un regard sur les gens comme ils sont, il leur fait vivre une histoire radicale.
Un roman que je vais oublier sans doute, mais qui ne va pas me retenir de lire d'autres Pascal GARNIER, loin s'en faut.
Stéphie collecte les critiques sur Pascal GARNIER, suite à sa disparition.
Comment va la douleur ?
Pascal Garnier (Livre)Je souhaite à tous que cette année s'achève chaleureusement, dans la joie et la douceur de vivre.
C'est parfois un peu compliqué la vie, mais qui aime lire part avec un avantage !
Sans doute avez-vous lu quelques bons romans cette année au rayon polars ... en ferez-vous profitez le club des fans de polars que nous sommes ? tous en quête de bonnes lectures !
Réfléchissez bien à votre coup de coeur de l'année, présentez le en quelques lignes, précisez sa catégorie (roman policier, thriller, roman noir, polar historique ... ?).
J'établirai la liste de vos coups de coeur, si nécessaire vous pouvez en présenter jusqu'à 3. Chaque participant lira au moins un titre parmi les coups de coeur de la liste, un que vous n'aviez pas encore lu bien sûr. Vous direz ensuite à votre tour ce que vous en avez pensé ...
Calendrier :
Fin des propositions pour la liste : 1er février
Publication de votre avis sur un titre de la liste : avant fin avril
à très bientôt !
Fersenette
- guy.capelle
- pfck
- bivelin
- patricklebars
- zazzon
- sheytann
- geodom
- herlocksholmes
- memess
- xa19
- jiiib
- shushu7
- franceau
- lectiole
- petite_fleur
- zazzo
- fersenette
- pandorasep
- valunivers
- akasha580
- geraldine273
- terramater
- adrenalinetequila
- michel92
- susancalvin
- cervantes27
- hypnosiris
- solican
- durruti77
- keisha_41
- patoutla
- losha
- fuflo
- amundain
- cador
- edbr
- lilitu
- m.mondange
- noircestnoir
- kanya
- restling
- gregblb
- lorenzo12
- xanadu
- brunetti
- henrxy
- naturelle47
- lunenoire
- elisavix
- lioneldelyon
- jrmw
- pierre71
Broché: 497 pages
Editeur : Editions Gallimard (24 janvier 2008)
Collection : Série noire
Langue : Français
ISBN-10: 207078181X
Présentation de l'éditeur :
Depuis le fiasco de sa dernière affaire, Joe Cashin n'est plus le même homme. Avant, il se déplaçait avec aisance, ses gestes étaient plus sûrs, moins réfléchis. Mais on ne frôle pas la mort sans séquelles, surtout quand le coéquipier avec lequel on travaillait est resté sur le carreau. Muté loin de la brigade criminelle de Melbourne, Cashin retrouve sa petite ville natale, un coin tranquille du bord de mer où il joue au flic de campagne. Il ne lui reste plus qu'à retaper la maison familiale, à promener ses chiens et à repenser à l'homme qu'il a été... Jusqu'au jour où l'on retrouve le notable local, le célèbre entrepreneur Charles Bourgoyne, tabassé et laissé pour mort dans sa luxueuse villa de la côte. Très vite, tous les indices recueillis désignent trois garçons de la communauté aborigène voisine. Mais Cashin est loin d'être convaincu car les coupables paraissent trop beaux. En Australie comme ailleurs, les meilleurs boucs émissaires ont souvent la peau foncée... Séquelles a remporté cinq prix, dont le Ned Kelly Award 2006 pour le meilleur roman policier et, en 2007, le Duncan Lawrie Dagger, considéré comme la plus prestigieuse et la plus richement dotée des récompenses littéraires du monde anglo-saxon.
Biographie de l'auteur :
Peter Temple est né en 1946 en Afrique du Sud. En 1980, il part s'installer en Australie. À la fois journaliste, éditeur et écrivain, il vit désormais à Ballarat, dans l'État de Victoria. Séquelles est son premier roman à paraître dans la Série Noire.
Mon avis :
Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents" , et le termine. C'est sans aucun doute ma plus belle découverte lors de ce défi.
Peter TEMPLE nous mène d'une écriture agréable le long d'une enquête tranquille, bordée d'humour. Si vous aimez l'irlande, vous aimerez la campagne australienne du côté de Port Monro où le policier Joe Cashin fait régulièrement de belles ballades avec ses deux grands caniches couleur réglisse, pas coiffés. Il y a fort à parier que l'auteur en a au moins un pour décrire comme il le fait les mimiques et attitudes des deux chiens pas du tout à sa mèmère, pointillant avec fraîcheur l'avancée de l'histoire.
L'enquête par elle-même n'est à mon avis pas passionnante, et même décevante par son manque d'originalité. Des notables pédophiles démasqués après l'injuste accusation de la délinquance du quartier pauvre, franchement c'est du déjà lu, et re-relu. Donc BOF côté intrigue. Heureusement le personnage du policier meurtri, au tempérament à la fois résigné et volontaire, exprime la force tranquille d'une vie à vivre quand même. Son cheminement est pénible, mais serein. Le héros vit la douleur et l'anxiété, pourtant c'est un type rassurant qui donne et fait confiance. Ce paradoxe a des vertues apaisantes pour le lecteur.
Il est essentiel de souligner que ce polar brille par la parcimonie des scènes de violence, c'est assez rare dans la littérature policière contemporaine. De même on notera une ou deux brèves scènes d'un érotisme distingué, encore plus rare.
2 petits extraits :
" Joe, notre équipe est tellement réduite qu'elle pourrait se réunir dans une cabine téléphonique"
"Le feu passa au vert. Sans les regarder, une vieille femme, petite et voutée, tête baissée, vêtue d'un imperméable de plastique transparent, traversa devant eux. Elle poussait un caddy de fabrication artisanale qui ressemblait à un landau.
- Comme Christophe Colomb, dit Dove. Pas la moindre idée d'où elle va."
Séquelles
Peter Temple (Livre)4ème de couverture ...
Un écrivain à succès, un médecin très médiatisé, miss Lalli et sa nièce, et des jetsetteurs très en vue se retrouvent dans une vieille bâtisse à la campagne pour un week-end gastronomique, qui s'annonce des plus plaisants. L'ambiance se délite quand on découvre le cadavre de l'un des convives. Commence alors un Cluedo grandeur nature ... Miss Lalli n'a pas dit son dernier mot.
Le côté Britannique ...
Ecrit en anglais ce roman policier porte le sceau des romans d'Agatha Christie. Bien que je n'en ai pas lu depuis mes jeunes années il me souvient bien des ingrédients. On rassemble sous quelque prétexte, un week-end sera parfait ; des personnages presque caricaturaux comme une jeune actrice ou un général en retraite qui tous auraient un mobile pour tuer ; dans un cadre qui a son cachet par exemple un vieux manoir ; sans oublier un enquêteur discret mais très observateur, on préférera une Miss, pour réunir au final les protagonistes afin de leur révéler la terrible vérité. Ce petit air de Cluedo avec un plan de la villa en introduction m'a vraiment rappelé des lectures de débutante, et pourtant il y avait un je ne sais quoi de moderne dans ce roman policier.
Ce que j'ai aimé ...
Une atmosphère Bollywoodienne parfois grotesque mais savoureusement indienne, naïve, souriante et exaltée dans les sentiments. Quelquechose de tout à fait indien. Les couleurs, les épices, les festins, la danse sont là pour accentuer l'effet. Par volonté de la traduction le récit est truffé de vocabulaire Indi, Ourdou, Tamoul ... ce qui oblige le lecteur à se référer au lexique en fin de roman, à moins que comme moi vous ne vous contentiez du mystère de ces langues inconnues.
Ce que je n'ai pas aimé ...
L'histoire avance sans rythme, au gré d'un style irrégulier. Il y a d'excellents passages qui ponctuent un ensemble assez poussif :
« - Je ne connais rien au monde de la gastronomie, dis-je franchement.
Mr Bajaj sourit. Un sourire glacial qui m'évoqua les nuits froides et l'impossible distance des étoiles.
- Je vais devoir me rendre compte par moi-même, conclut-il aimablement. »
L'humour de Kalpana SWAMINATHAN m'a dérangée, assez drôle pourtant mais grossièrement féminin. Une variante trop acide de ce qui aurait pu être piquant :
« Sane, qui est piégée tel un poisson un peu gras dans des choses arachnéennes en mousseline de soie et un corsage qui a l'air d'un Wonderbra porté devant-derrière. Elle doit être la seule femme au monde à exhiber un décolleté dans le dos. »
Globalement ...
C'est un who-done-it sans remous, le premier cadavre que tout lecteur aura prévu arrive après deux tiers du roman. Pour un polar à dominante gastronomique disons que l'intrigue manque de saveurs.
Cette chronique est en liste pour mon "défi Littérature policière des cinq continents"
Saveurs assassines : Les enquêtes de Miss Lalli
Kalpana Swaminathan (Livre)Je ne peux que conseiller à ceux qui ont aimé "MALAVITA" de se précipiter sur la suite "MALAVITA ENCORE" récemment sortie en poche. Je ne comprends pas la tièdeur de certaines critiques lors de sa parution. Certes il n'y a plus l'effet de surprise propre à la première fois, on connait déjà la famille... et ce dont elle est capable. Mais on retrouve l'enchantement d'une situation hors norme, décalée, souvent hilarante. J'espère la sortie prochaine d'un "MALAVITA ENCORE PLUS ?" la fin de cette deuxième partie appelle une suite pour chaque personnage.
Malavita encore
Tonino Benacquista (Livre)Il y avait dimanche dernier un reportage sur arte "Best seller" à tout prix (que je n'ai pas vu) avec rediffusion lundi 20 à 5 heures du matin. Mais surtout on trouve sur le site des interviews d'écrivains que j'ai trouvé très intéressants, que l'on soit lecteur ou écrivaillon (et nous sommes nombreux à l'être en France ;-))
L'adresse du lien est :
Vous y trouverez aussi en version audio ou pdf les interviews de
Si quelqu'un a vu le reportage, qu'il n'hésite pas à réagir (je n'ai pas de télé)
Merci à Valunivers d'avoir fait circuler cet amusant petit roman !
J'ai globalement bien aimé l'histoire de cette famille, un peu Adams, qui distribue consciencieusement la mort dans un monde futur pas vraiment daté. Il y pleut des pluies acides, on peut donc situer un futur proche ... !
Le ton est à la fois acide comme la pluie et gai comme un cartoon, j'ai juste trouvé le Happy End un peu longuet, on en fini plus de se découvrir heureux.
Un petit roman bon pour le moral à lire entre deux gros pavés trop noirs.
Ce livre se trouve proposé dans le catalogue des livres voyageurs, je vous l'envoie quand vous voulez!
Le Magasin des Suicides
Jean Teulé (Livre)Présentation :
Comme le sous-titre l'indique on a là un autoportrait d'un voyou de l'amérique des années 1880 à 1930 (environ).
Cet homme qui se fait appeler Jack Black (surement une fausse identité on ne sait pas) relate son expérience en tant que hobo (sorte de vagabond) puis de voleur, de yegg (casseur de coffre fort et par extension cambrioleur) de bandit des grands chemins et finalement d'homme honnête.
Avis :
Ce roman est une merveille, un must read, une oeuvre essentielle qui permet de découvrir toute une époque, toute une philosophie, tout un mode de vie, une façon de penser, d'être, d'exister.
Ce qui fait la force du livre, en plus de l'expérience de l'auteur, est la façon dont le tout est raconté. Jack Black assume tout, se dévoile complétement et nous indique clairement ce qu'il pensait à l'époque des faits et ce qu'il en pense maintenant. Ici pas de tricherie, pas de longues justifications qui ne mènent à rien, pas de complaisance non plus à raconter des faits terribles contre lui (notamment les tortures pénitencières).
Jack Black nous livre un matériau brut mais bien écrit et qui donne longuement à réflechir sur la société et le traitement que la société fait aux criminels.
Indispensable.
Un grand merci à celui ou celle qui me l'a offert dans mon Black swap.
Références :
Editions : les fondeurs de briques
Pages : environ 400
Prix : 21 euros
Disponible sur Fnac.com, amazon.fr etc...
Voilà un roman qui sait être alléchant, par sa joyeuse couverture qui vous fait la fête, ainsi que par son titre très provocateur évidemment. Un roman noir avec beaucoup de gens qui meurent, un serial killer "hors série" ... sera-t-il démasqué ?
Sans trop hésiter je dirais que c'est un roman qui vaut d'être lu, le sujet est excellent, l'humour noir est omniprésent, les questions se présentent fatalement au lecteur. Le seul risque est de se reconnaître "con" au détour d'une page. J'ai pris le risque, sans regret.
Festival de cons à dégommer, vous en reconnaîtrez beaucoup hélas certains vous manqueront. Moi j'ai regretté de ne pas trouver le con du cinéma qui se déchausse derrière à hauteur de vos narines, celui qui vous colle dans une file d'attente figée, et les innombrables cons des transports en commun. Pourtant l'auteur tente d'être exhaustif, du moins il creuse son sujet pour en arriver à quelques définitions expérimentales mais bien pensées, comme par exemple :
« La connerie, c'est très exactement une absence d'humanité. » Ou : « Le con ne doute jamais. »
Les deux premiers tiers du roman avancent avec sympathie avant que le roman ne prenne un tournant. Ensuite on s'emmêle dans une confusion porno-philo-médias ... Bref, le roman aurait pu être plus court, mais c'est une très belle tentative, un premier roman encourageant.
Voilà, une bonne idée, une écriture drôle et efficace, un auteur à suivre !
Mort aux cons
Carl Aderhold (Livre)Nous ne sommes probablement que très peu désormais, tant la trilogie de Stieg Larson continue de caracoler en tête des meilleures ventes de romans depuis des mois, mais je fais partie de ces personnes qui n'ont pas (encore ?) ouvert un seul roman de la saga « Millenium ». Pas tant que ça n'ait pas l'air attirant, bien au contraire, mais parce qu'à force d'en entendre parler, ça frôle l'overdose. Néanmoins, pas au point de m'empêcher d'aller voir l'adaptation du premier tome de la trilogie au cinéma, très justement intitulée en français « Millénium, le film », là où partout ailleurs le film s'appelle « La fille avec le tatouage de dragon » (« The Girl with the Dragon Tattoo »), qui est le titre du premier volet de la trilogie version papier partout dans le monde. Même le sous-titre du premier volume, chez nous, porte un nom différent : « Les hommes qui n'aimaient pas les femmes ».
Je doute également que les afficionados l'ignorent, mais je le précise pour les autres : « Millénium » est une œuvre suédoise (vendue tout de même à plus de 2,5 millions d'exemplaires en France, 10 dans le monde...), et la surprise principale de l'adaptation de ce best-seller est qu'il n'a pas été ni réalisé ni tourné à Hollywood, mais bel et bien sur les terres de l'auteur, en Suède. Ce n'est d'ailleurs que le second long-métrage du réalisateur, Niels Arden Oplev (danois, pour sa part), et c'est d'autant plus surprenant que ce soit un quasi-inconnu (sauf peut-être dans son propre pays) qui ait été retenu pour adapter ce film qui était attendu un peu partout comme le messie. Pour information, d'ailleurs, seule la première partie de « Millénium » devait être adaptée au cinéma, la suite ne devait donner lieu qu'à une minisérie télévisée. Au vu du succès du film, c'est désormais une certitude : les 3 volets sortiront bel et bien sur grand écran. Pourquoi se priver d'une réussite au cinéma, après tout ?
Synopsis
« Millénium » est un journal suédois au sein duquel officie Mikael Blomkvist, jamais le dernier pour publier des articles à scandales sur les pontes du pays. Cette fois-ci, en s'attaquant à un homme d'affaires puissant, il va finir au tribunal et être condamné pour diffamation. Peu importe, Blomkvist a l'enquête dans le sang, et lorsque Henrik Vanger, autre grand ponte suédois, fait appel à lui pour une enquête à caractère privé, il accepte et se lance sur la piste de la nièce de Vanger, Harriet, disparue depuis quarante ans. Menant son enquête au plus près de la famille et de ses sales petits secrets, Blomkvist va croiser la route de Lisbeth Salander, jeune femme au passé tumultueux, qui n'a pas son pareil pour déterre les informations les plus profondément enfouies. La collaboration entre les deux personnages va les mener à la découverte de choses plus glauques et terribles qu'ils n'auraient pu s'y attendre.
Suède, ton univers impitoyable
Il y a fort à parier que ce film n'a pas été cofinancé par l'office du tourisme suédois tant la vision du pays qui est donnée par le réalisateur, Niels Arden Oplev, n'a rien de charmant ni d'idyllique. Au contraire, « Millénium » est un film d'ambiance, pour lequel le réalisateur est parvenu à créer une atmosphère véritablement envoutante dès les premières secondes. Attention, envoutante ne sous-entend pas du tout beau et lumineux, par exemple : on a affaire ici à un film noir, très noir, et à la fois la lumière et le grain de la pellicule nous mettent en condition d'entrée de jeu. Ce n'est pas par ici qu'il faudra chercher un film esthétique aux couleurs léchées, on plonge plutôt en enfer...
Je vais d'ailleurs en profiter pour parler ici de la mise en scène, qui est plutôt réussie. Oplev n'a beau pas avoir beaucoup tourné, il a visiblement regardé beaucoup de films, et beaucoup de films américains ou britanniques, semble-t-il. Ainsi, il n'est pas rare de retrouver dans cette adaptation quelques plans qui rappelleront des plans déjà vus dans bon nombre de films américains, voire britanniques (voir la scène où Blomkvist rencontre dans un salon toute la famille Vander, on a l'impression qu'Hercule Poirot va débarquer pour donner le nom du coupable !).
Dans tous las cas, Oplev semble avoir fait preuve de beaucoup d'application pour donner vie aux personnages et à l'intrigue de Stieg Larson, détaillant avec précision les méthodes de travail de chacun, les mettant de fait en opposition, construisant un film solide et bien mené au niveau fluidité et progression de l'enquête. Le réalisateur prend d'ailleurs son temps, l'opus dure environ deux heures et demie. Effrayant pour ma part, au début, car j'avais reçu quelques échos bien négatifs de mon entourage, comparant ce film à un épisode géant de « Derrick » où il ne se passait rien, ou très lentement, et où l'image était très moche.
Fort heureusement, il n'en est rien, et le rythme, bien que lent, parvient quand même à rester trépidant, les rebondissements étant finement amenés et les ficelles finalement peu grossières. Voilà d'ailleurs un film qui m'a fait faire quelque chose dont j'avais perdu l'habitude : ne pas réfléchir pendant la projection à qui a pu faire quoi ou à comment c'est filmé etc., mais simplement profiter du spectacle et me laisser mener là où le réalisateur avait décidé de m'emmener sans chercher plus loin. Ca fait d'ailleurs très plaisir, et cela ne m'a fait qu'encore plus apprécier ce long-métrage, à n'en pas douter. Le jeu de piste que vont suivre Mikael et Lisbeth est ainsi parfaitement mis en scène, d'une manière très sobre et efficace, sans les sempiternelles aberrations que l'on peut trouver dans les productions américaines, et c'est reposant de ne pas avoir se désoler d'énormités...N'ayant pas lu les romans, je ne sais pas dans quelle mesure l'écriture de Larson peut être captivante et puissante ; ce que je sais, en revanche, c'est que ce film l'est, captivant.
Dérangeant aussi, par moments, tant la violence est une composante très importante de ce thriller à quelques occasions sans concessions. L'opus est d'ailleurs interdit aux moins de douze ans, certaines scènes (dont une, à mon avis, atteint largement le niveau d' « Irréversible » au niveau dureté, même si elle est, si je me souviens bien, un peu moins longue) méritant sans conteste une interdiction plus sévère...j'ai failli aller voir ce film avec ma gamine qui a tout juste la limite d'âge pour le voir, je ne regrette pas de ne pas ya voir été avec elle, je pense qu'elle aurait été interloquée par moments !
Par moments, le côté glauque de l'histoire et la mise en scène très froide et réaliste donnent l'impression de revoir « Festen », c'est probablement la patte nordique à l'œuvre...sauf qu'ici, l'ensemble est un peu plus classique, c'est peut-être le reproche principal qui pourra être fait à Oplev, ce côté bien sage et bien propre sur lui. D'un autre côté, le matériau de base était suffisamment solide pour ne pas avoir besoin de faire d'esbroufe niveau réalisation : on a tout simplement l'impression qu'Olev s'est mis au service du livre, et a simplement cherché à le faire vivre.
Histoire solide, personnages charismatiques
Tout comme le réalisateur est peu connu, son casting n'est pas composé de têtes d'affiche reconnues, et pour le coup c'est tant mieux car cela permet de découvrir quelques acteurs franchement excellents.
Michael Niqvist, qui incarne Mikael Blomqvist, est connu dans les contrées nordiques, mais point chez nous. Ce qui ne l'empêche pas, bien au contraire, de camper un journaliste terriblement convaincant, le visage bien buriné et la détermination sans limite. Malheureusement pour lui, son charisme ne parvient pas à résister face à Noomi Rapace (qui incarne Lisbeth) qui envahit l'écran et cristallise le regard dès qu'elle est à l'image. Lorsqu'elle est seule à l'écran, le film se divisant par moments entre séquences où chacun des personnages œuvre de son côté, on est épaté par la prestance de elle qui incarne une jeune femme gothique, pirate, et surtout très peu gâtée par la vie que l'on sent forte et déterminée, même si par obligation elle se voit contrainte à subir quelques humiliations horribles. Mais on sent dans le personnage, et donc dans l'interprétation, une rage et une violence prêtes à s'exprimer en cas de trop plein...ce qui ne manque pas d'arriver au bout d'un moment, pour une autre scène très violente où les rôles ont changé. Je n'en dis pas plus, à vous de voir par vous-mêmes.
Lorsque Lisbeth et Mikael partagent l'écran, enfin, il est difficile de ne pas voir à quel point Noomi Rapace éclipse presque Michael Niqvist, et à quel point son personnage est véritablement la clé de voûte de ce film (et sans doute du roman, puisque visiblement la suite la concerne en particulier). Elle ajoute une caution sombre à un film qui n'en manquait déjà pas, et elle joue parfaitement bien la jeune femme traumatisée dont on n'apprend finalement pas grand-chose, tant elle est enfermée dans son silence, mais dont on soupçonne qu'elle en a bavé pendant des années.
Le reste du casting est bien entendu composé d'acteurs et actrices nordiques dont les noms ne vous diront sans doute rien, pas plus qu'à moi, mais tous sont également justes, la plupart d'entre eux campant les membres de la famille Vander avec brio et, pour certains, apportant une pointe d'inquiétude supplémentaire. Petit reproche au niveau de la mise en lumière des personnages : en dépit d'une famille composée d'un grand nombre de membres, Olev a tendance à ne s'attacher qu'à ceux qui jouent un rôle décisif dans l'enquête, ne permettant ainsi pas vraiment de tisser un imbroglio et à brouiller les pistes de manière suffisante pour qu'on ne finisse pas par se douter, bien vite, de qui seront les coupables, mais cela reste relativement mineur comme critique, le reste du film étant suffisamment réussi pour effacer cette maladresse.
Conclusion
Je ne saurais dire si « Millénium » est une adaptation réussie du roman de Stieg Larson, n'ayant pas lu le livre. En revanche, je peux dire que ce film est une grande réussite, et un très bon moment de cinéma. Il y a fort à parier que le choix d'une adaptation européenne et non américaine contribue à rendre cette réalisation plus fidèle et, dans une certaine mesure, sans concession par rapport à ce que cela aurait pu donner vu d'Hollywood où les scénaristes n'hésitent pas à remanier les histoires originales pour respecter un certain cahier des charges visant à plaire au plus grand nombre.
Il est certain que ce film ne fera pas l'unanimité, pour ma part j'ai été enchanté et ai trouvé le tout très réussi : l'intrigue est très riche et bien mise en scène, les personnages sont également très épais et bien croqués par le réalisateur, et cela donne au final un ensemble très bien équilibré et captivant pendant toute la durée du long-métrage, tout de même long.
Sorti en grande pompe (et projeté dans 500 salles au moment où j'écris ces lignes, excusez du peu), « Millénium » version cinéma risque de connaître un grand succès. Ce ne sera que justice.
Merci de vos lectures.
Alors,je ne sais toujours pas qui est ma ou mon swappeur anonyme (mais j'ai au moins pu le/la remercier à partir de son adresse postale ;-))
Mais j'ai découvert avec beaucoup de plaisir le roman Piège nuptial de Douglas Kennedy, un auteur qui me tentait depuis un moment mais que je n'avais jamais pris le temps de lire. (ce roman s'appelait cul de sac dans une édition antèrieure, piège nuptial en est une nouvelle traduction)
Ne vous laissez pas décourager par le battage médiatique qu'on fait autour de cet auteur (en ce moment il y a sans arêt de la pub pour son dernier livre sur les ondes radiophoniques), il en vaut la peine.
Alors sur l'histoire, et je m'adresse là aux lecteurs de sexe masculin : Peut-être avez-vous le fantasme secret de vous faire enlever par une jolie jeune femme, très entreprenante, qui serait tombée sous votre charme ?
Et bien alors ce livre va vous mettre du plomb dans la tête !
Le héros de l'histoire, Nick, un journaliste américain un peu paumé, qui venait découvrir l'Australie, ne pensait pas en rencontrant Angie qu'il allait se retrouver séquestré au fin fond du bush dans une colonie oubliée où la consanguinité avait des effets pour le moins redoutables.
Finalement, et contrairement à ce qu'on avait pu lui dire, quand on roule la nuit dans le bush, le risque le plus grand n'est pas d'écraser un kangourou.
J'ai adoré et dévoré ce bouquin en quelques soirées (ce qui m'a, au passage, rassurée sur ma vitesse de lecture qui s'était prodigieusement ralentie, pour ne pas dire arrêtée, depuis que j'ai attaqué la série des milléniums)
Ca se lit très bien, il y a du suspens et de l'humour, du cynisme et de l'autodérision de la part du héros pour le moins malmené.
Un vrai polar, bien noir , que j'ai trouvé trop court.
Bref un très bon moment de lecture.
Si vous ne connaissez pas, foncez ;-)
Dans le genre mystère antique et religieux, une recette qui prend le lecteur pour le mener avec sa curiosité jusqu'au bout du récit.
L'atmosphère est calculée, l'enquêteur a le charme poussièreux des brocantes et des buveurs de lait chaud (aromatisé à l'anis!) mixé à l'attrait des "experts" grâce à son arrière-boutique high tech. Il a aussi une assistante futée, un peu décalée dans son apparence "Lauren Bacall" mais très discrète ; de la déco en somme.
L'énigme arrive par le biais d'une belle inconnue, elle a le teint extrêmement pâle ce qui à croire l'auteur est un atout-charme, moi je dirais plutôt de c'est de mauvaise augure. Bref, tout est affaire de point de vue, le mien est extrêmement mitigé.
Certes, je me suis laissée portée sans mal au long de cette énigme historique, très originale, je n'avais jamais rien lu qui mette en scène des pratiques païennes médievales Lituaniennes. Ce récit est extrêmement bien écrit, mais souvent trop bien, c'est à dire que la belle écriture n'est pas toujours à propos. Dans les dialogues notamment, Hervé Picart ne varie pas son registre, on ne peut identifier un personnage par son langage qui est celui du narrateur. J'ai lu que l'auteur est un professeur de langues anciennes autant qu'un critique de Rockn'Roll. Le contraste des deux genres est exactement ce qui manque aux personnages de ce roman. J'aurais aimé un peu de rock dans les dialogues en alternance à la leçon d'histoire lituanienne. C'est donc l'uniformité du style qui m'a déçue sans pour autant m'empêcher d'être captivée par la résolution de l'énigme.
La 4ème de couverture :
Au coeur de la vieille ville de Bruges, une boutique au charme désuet et au nom troublant: L'Arcamonde. C'est le domaine de Frans Bogaert, gentleman distingué et cultivé qui se livre avec autant de flegme que de passion à ses activités d'antiquaire. Avec son assistante, étonnante réplique de Lauren Bacall, et à l'aide des instruments sophistiqués que recèle son atelier, Bogaert se livre à des expertises d'objets hors du commun.
Quand une mystérieuse dame d'Utrecht au charme slave ouvre la porte de L'Arcamonde un soir de neige, Bogaert ignore que le dé ancien qu'elle tient en main va le plonger dans une enquête qui le mènera sur la piste des dieux de la Lituanie médiévale et de leurs rites les plus ténébreux...
Edité par le Castor Astral :
Numéroté un d'une série de 12, déjà écrits déjà programmés pour leur publication, cette organisation me laisse sans voix ...
Un compromis entre le livre de poche et le broché, au tarif raisonnable de 12 euros.
Pour en savoir plus, tout est prévu, http://arcamonde.hautetfort.com, l'organisation marketing autour de cette publication est sans faille, ce qui me laisse très perplexe.
J'ai passé un bon moment de lecture, mais je ne suis pas totalement séduite, je ne l'étais pas non plus par mon premier Vargas ceci dit (l'homme aux cercles bleus) ... alors je lirai probablement le numéro 2 "l'orgue de quinte".
L'Arcamonde, Tome 1 : Le dé d'Atanas
Hervé Picart (Livre)J'ai fini ce roman de Olen Steinhauer depuis quelques semaines mais j'ai souhaité, comme je le fais souvent lorsqu'une histoire me parle, laisser reposer quelques temps. C'est toujours meilleurs réchauffé !
Car en dehors de l'affaire sur laquelle enquête le jeune Emil Brod, derrière la vie quotidienne de ce jeune bizut de la police d'un enigmatique pays de l'Est, il y a des messages dans ce roman. Rappel de la quatrième de couverture : Emil Brod, vingt-deux ans, a passé ses années de guerre dans l'Arctique à dépecer des phoques au milieu de brutes alcooliques et féroces. C'est pourtant avec une certaine naïveté qu'il rejoint en 1948 la Capitale et entre à la Première Section de la Brigade criminelle. L'hostilité qu'il rencontre de la part de ses collègues plus âgés, tous des durs à cuire issus du régime, est un mur. On le frappe. On l'humilie. Il ne comprend pas. Comment, dans ces conditions, résoudre sa première affaire ? Le plus grand compositeur patriotique du pays a été salement tué. La marge de manœuvre d'Emil, entre la vérité des faits et les intérêts du pouvoir, est infime. Il lui faut pourtant survivre. Il apprend vite. Il a l'âme d'un Slave. Son entêtement n'aura d'égal que son besoin d'aller jusqu'au bout.
Après la Deuxième Guerre mondiale, Emil Brod apprend donc son métier d'inspecteur dans un jeune pays socialiste du Bloc de l'Est. Il doit faire preuve de courage et d'abnégation face à des collègues peu sympathiques et méfiants, et déjouer les plans d'un supérieur entièrement dévoué à la cause du socialisme d'Etat.
On apprend beaucoup de choses sur l'ambiance qui règnait après-guerre à l'Est, quand les Alliés et le Bloc de l'Est se disputaient Berlin et que les opportunistes de tout poil s'arrogeaient les meilleurs places, au besoin en employant la terreur. La tâche d'Emil consiste d'ailleurs à confondre un futur grand ponte du bureau politique du Comité central.
C'est aussi l'histoire de ces hommes qui devaient faire des choix pour sauver leur peau. Prendre des directions qui pouvaient être jugées par l'Histoire. On se pose toujours la même question : si j'avais été Allemand en 36, aurais-je été Nazi ? Et si j'avais vécu en 42, aurais-je risqué ma vie dans le Maquis ? Il faut être prétentieux et culotté pour se faire passer pour un héros posthume. Je reprends cet extrait :
D'autres font les règles. Nous essayons seulement de nous en accommoder.
Et dans cette affaire, le truand est deux fois héros de guerre : d'abord pour les Nazis, puis pour les Russes. Pour sauver sa peau de misérable, il a sacrifié sa femme juive, morte à Mauthausen. Un exemple parmi d'autres du vil esprit de l'homme.
Dans ce livre, il y a aussi ceux qui passent complètement à côté de l'Histoire :
Pour Avram Brod [le grand père d'Emil], il y avait deux événements dans l'Histoire : la révolution russe et la guerre patriotique [...]. Les deux fois il était arrivé trop tard pour en mourir.
Et je terminerai par ce passage :
C'est ça le problème avec l'Histoire. [...] Quand tu es en plein dedans, tu ne t'en rends même pas compte. Tu t'inquiète de l'argent, de la nourriture et du loyer. Mais regarde autour de toi, mon garçon. On est en train de la vivre là, maintenant.
Ce roman choisi par Noircestnoir dans le cadre du blackswap est un roman à conseiller. Je remercie mon swappeur du fond du coeur !
Cher camarade
Olen Steinhauer (Livre)Je suis amateur de Stephen King depuis maintenant de nombreuses années : autant dire que chaque nouveau roman ou recueil de nouvelles de l'auteur me laisse espérer qu'il reviendra vers le style qui a fait de lui, je cite, « le maître de l'horreur » dans les années 70 et 80. Car il faut bien dire que depuis quelques années, plus particulièrement depuis l'accident dont il a été victime (fauché par une voiture) qui a bien failli mettre fin à sa carrière et plus largement à son existence, le niveau a baissé, et ses écrits des années 90 et 2000 ont quelque peu perdu de leur force. Si ce n'est « Cellulaire », que j'avais eu le plaisir de chroniquer sur ce site, et la fin de la sage « La Tour Sombre », qui a atteint des sommets, je n'ai pas foncièrement trouvé mon bonheur dans ses dernières œuvres. Et certainement pas dans son dernier roman paru avant celui-ci, « Histoire de Lisey », où pour la première fois, je n'ai pas pu aller au bout du roman tant c'était bavard et, à mes yeux, franchement peu intéressant et tout à fait à l'encontre du style habituel de l'auteur. Sur ce coup, King a voulu faire de la littérature plus classique, tentative pour laquelle il a été plutôt bien reçu par la profession, mais pour laquelle je suis resté de marbre, appréciant avant tout ce qui fait la singularité de cet auteur : son univers, ses histoires macabres ou fantastiques...bref, le King qui fait peur, en un mot.
Autant dire que mon attente était combinée à une appréhension certaine devant ce nouveau pavé (près de 650 pages) qui, je l'espérais, me ferait vibrer comme ont pu le faire tant d'autres romans de Stephen King. Je ne vais d'ailleurs pas revenir en détail sur la carrière brillante de cet écrivain américain que tout le monde doit maintenant connaître, que ce soit pour ses romans à succès (je peux citer « Simetierre », mon préféré, « Ca », « Shining » pour ne me limiter qu'à certains...) ou les adaptations cinématographiques dont ont pu bénéficier certains de ses écrits (« Shining » par Kubrick, « La ligne verte », « Les évadés » (tiré d'une nouvelle du recueil « Différentes saisons »), ou de piètres téléfilms diffusés sur M6, comme « Les Tommyknockers », « Les langoliers », et j'en passe).
Le King cru 2009 est donc enfin arrivé, mystérieusement intitulé « Duma Key », en référence à une île de Floride sur laquelle va se dérouler l'action. C'est le soixante-huitième roman (publié) de l'écrivain, qui en a encore un bon paquet dans les tiroirs d'après ses dires, certains datant des années 70 même, qu'il n'a jamais terminés pour le moment. Et c'est également le premier à se dérouler loin de son territoire fétiche du Maine, cap au Sud cette fois-ci.
Synopsis
Edgar Freemantle était un entrepreneur à succès, à la tête d'un joli petit empire, jusqu'à ce qu'un accident sur un chantier lui coûte un bras, son mariage, et la fin de tous ses espoirs et illusions. Plus, même : l'accident lui a fait subir un choc sévère au cerveau, qui l'a rendu temporairement amnésique et cyclothymique, menaçant jusqu'à la vie de sa propre femme, ce qui n'a pas manqué de précipiter la fin de son mariage.
Sur les conseils de son psy, Edgar décide d'aller s'installer en Floride et de se consacrer à une de ses anciennes passions qu'il avait laissé tomber, la peinture.
C'est donc sur l'île de Duma Key qu'il finit par poser ses valises, une île presque déserte sur laquelle vit une vieille femme, Elizabeth Eastlake, et l'homme qui s'occuped 'elle, ancien avocat, Jerôme Wireman.
Edgar retrouve goût à la vie sur l'île, faisant de longues balades sur la plage comme rééducation, se livrant à la peinture avec fougue et passion...jusqu'à ce qu'il découvre que ses coups de pinceau ont une influence sur le cours de la vie réelle, et que la maison dans laquelle il vit, qu'il a rebaptisée Big Pink, semble être plus qu'un lieu de convalescence : il semblerait que la bâtisse sur pilotis soit aussi un point de connexion avec un univers plus étrange et paranormal, où les fantômes du passé reviennent hanter les lieux et tourmenter les survivants.
Quand la fiction et la réalité se rencontrent
Les premières pages de ce nouveau roman sonnent étrangement comme un exutoire pour King, qui n'a jamais fait secret de son accident en 1999, mais qui n'avait jusque là pas été jusqu'à l'intégrer à ses romans.
C'est choses désormais faîte, puisqu'on ne peut pas un instant penser en entrant dans le livre que l'accident dont est victime le héros, Edgar Freemantle, n'a aucun rapport avec la dramatique situation qu'a pu connaître King...
C'est d'ailleurs l'un des points qu'ont retenu les critiques, qui ont jugé le livre véritablement excitant et d'un niveau que King n'avait plus atteint depuis un certain temps.
Bon, de toute manière, comme à chaque fois, le livre a eu son lot de louanges, mais cette fois-ci bien peu de voix discordantes se sont fait l'écho d'une sur évaluation de l'ouvrage. Bonne nouvelle, à priori.
Reste que la critique négative la plus récurrente concerne le manque d'originalité de l'histoire, ce qui ne vous aura sans doute pas échappé à la lecture de celle-ci pour peu que vous ayez déjà lu plusieurs romans de Stephen King. Les thèmes sont globalement les mêmes, le récit est très dense, ce qui permet certains développements un peu plus originaux, fort heureusement, mais le côté proche du réel qui rend ses bouquins encore plus flippants lorsqu'on a le sentiment que ce qu'ils racontent pourrait véritablement se produire se perd un peu en route pour lorgner vers du fantastique beaucoup trop fantastique, justement, pour être honnête. Personnellement, ça ne m'a jamais dérangé outre mesure, combien d'histoires peuvent être tout aussi passionnantes même si elle n'ont vraiment aucune prise réelle avec le monde...Ce serait un comble que pour être captivante une histoire doive être réaliste...Bref, tout ça pour dire que King semble avoir intégré une bonne part de lui-même dans cette histoire, combinant les thèmes qui lui sont chers à sa propre expérience, pour livrer du coup un livre terriblement intime où l'on sent dans les mots le poids d'une situation vécue. Autant de force ajoutée au récit et de crédit à accorder à l'auteur.
Bienvenue à Duma Key
Pour peu que l'on soit adepte de King, récemment ou depuis bien plus longtemps, ce « Duma Key » fait cet effet que j'ai déjà dû rappeler lors d'un précédent avis sur du King : celui d'enfiler une bonne vieille paire de pantoufles, de se sentir super confortable et à l'aise, et de retrouver quelque chose de familier que l'on apprécie.
Il n'y a pas à tortiller : dès les premières lignes, on sent la patte de l'auteur, cette façon bien à lui de mettre en mots ce qui lui passe par la tête, et on est en terrain familier, prêt à frissonner à chaque coin de page, espérant secrètement que quelque chose va nous sauter au visage lorsqu'on va les tourner, ces pages (au sens figuré, vous l'aurez compris). Et autant on a pu lui reprocher le manque d'originalité, autant on pourrait se dire, sur ce point, que c'est encore une fois pareil que d'habitude et que ça va être ennuyeux car déjà (trop) vu...
Et bien pas du tout, justement, et c'est dans doute ce qui fait la force des grands auteurs, cette capacité à, sans se réinventer de manière drastique à chaque roman, savoir captiver ses lecteurs par un style, un phrasé (bon, ici on le doit à la traduction bien entendu, mais les tournures de phrase, la mise en abîme des mots etc. sont des choses que l'on doit à l'auteur, pas qu'à la langue) et tant d'autres petits tics d'écriture inimitables qui donnent une vraie patte à une œuvre.
Le style reste donc aussi bon qu'à l'accoutumée, et l'histoire elle-même recèle une foule de personnages et de situations qui se mêlent et créent un univers captivant. King aime bien ses personnages, on le sent à sa manière de les décrire, et une fois encore ce roman fait la part belle à ses acteurs plus qu'à sa seule histoire. Ainsi, une dizaine de personnages se côtoient dans cette histoire, bon nombre d'entre eux faisant partie de « l'autre vie » d'Edgar Freemantle, celle d'avant l'accident, quand au contraire, sur l'île même, ils ne sont que quatre ou cinq à être mis en avant de manière permanente. Mais quel que soit le niveau d'importance du personnage dans l'histoire, aucun n'est bâclé ou simplement intégré pour boucher un vide scénaristique : tout est pensé, imaginé, construit au cordeau, et c'est un bonheur que de lire une histoire aussi bien structurée que celle-ci.
L'un des autres aspects passionnants de ce bouquin est la manière dont King n'a pas son pareil pour faire monter la tension au fil des chapitres, jusqu'à un zénith lui aussi captivant qui bouleverse pour toujours la vie des personnages impliqués. Loin d'un « Cellulaire » ou d'un « Simetierre », « Duma Key » n'est pas un livre horrifique, au sens où l'on ne fait pas face à des éléments physiquement aptes à créer la peur...C'est bien plus insidieux que ça, c'est un sentiment de malaise qui s'installe page après page, jusqu'à ce qu'enfin quelques phénomènes paranormaux se matérialisent de manière plus tangible, sans que King ait toutefois besoin de recourir à l'hémoglobine ou aux créatures monstrueuses pour construire la peur qu'il veut insuffler à son lectorat. Le surnaturel prend le pas au bout d'un moment, nous conduisant à nous demander jusqu'où peut aller le pouvoir de création, dans la mesure où c'est celui-ci qui conduit Edgar Freemantle à découvrir le passé de Duma Key et à voir venir un sombre futur pour l'île, ses habitants, mais aussi tous ceux qui auront pu croiser la route maudite de Freemantle et son ami Wireman. Les créations d'Edgar le conduiront-elles à sa propre destruction, à celle de l'île, de ses proches ? Autant de questions que l'on se pose lorsqu'on lit le livre, et qui trouvent bien entendu des réponses en fin d'ouvrage.
Pour tempérer un peu cet avis, je dois d'ailleurs dire que j'ai été un peu déçu par la conclusion du livre, et le rythme que prennent les choses dans le dernier tiers du roman. Les deux premiers tiers, donc, de ce livre sont une pure montée en puissance, pour laquelle on ne peut réfréner son envie de lire le chapitre suivant pour en savoir plus, la fin est un peu plus molle, même si elle contient toute la « résolution » des choses et qu'elle est sans doute la plus émouvante au niveau de la trame. Reste que le style semble avoir un peu perdu de cette énergie du début, et que la conclusion est un peu en deçà du niveau global du livre, dommage.
La fin est d'ailleurs le moment où le surnaturel prend le pas sur l'humain, sujet sur lequel s'attarde avec brio King, livrant une peinture ultra détaillée de ses personnages et de leurs pensées. C'est la chose qui m'avait déplu avec « Histoire de Lisey », cette introspection psychologique que je trouvais interminable et si peu captivante. Ici, au contraire, l'exploration psychologique des personnages est, à mes yeux, effectuée de manière beaucoup plus légère et immersive, je ne trouve pas de meilleur mot. C'est une espèce de peinture de l'esprit humain, de l'amitié, des peurs secrètes ou non de chacun, de son rapport à la vie, à la mort, de ses espoirs et des déceptions...bref, c'est une écriture passionnante qui ne laisse que très peu d'espace à l'envie de décrocher et de s'arrêter en chemin.
Conclusion
A tous ceux qui ont tendance, un peu vite, à croire que King est bon à enterrer et qu'il n'est plus capable de livrer de roman digne de ce nom : ruez-vous sur « Duma Key », et régalez-vous. L'écrivain est en effet de retour, et dans une sacrée forme, livrant un roman terriblement bien écrit, pour commencer, mais également captivant, plein d'émotion, dans lequel il n'a pas hésité à mettre une partie de lui.
En dépit d'une histoire qui n'est certes pas de plus originales, King parvient toutefois à tisser une trame extrêmement touffue et attrayante, au sein de laquelle se croisent bon nombre de personnages sympathiques, habités, et complexes. Le talent de conteur de Stephen King pouvait sembler an avoir pris un coup ces derniers temps, il prouve ici avec brio qu'il ne l'a aucunement perdu et qu'il est toujours autant capable de faire vibrer ses lecteurs de bout en bout, même si je déplore une baisse de rythme en fin de livre.
Dans tous les cas, voilà bien un roman que je vous recommande, que vous soyez fan du bonhomme ou pas plus que ça. Ce n'est pas un King horrifique, même s'il sait faire trembler par moments, mais c'est un King rondement mené.
Cela fait maintenant quelques années qu'il est question que King prenne sa retraite, les rumeurs ayant gonflé après la parution de la fin de sa sage "La Tour Sombre". A lire ce livre, on dirait bien que la retraite, ce n'est pas pour tout de suite. Après tant d'années, King a su conserver un potentiel créatif aussi développé que celui de son héros qui peint, Edgar Freemantle. Pourvu que ça dure !
Disponible dans toutes les bonnes librairies, 22 euros et des brouettes, chez Albin Michel.
Le titre : Le magicien
L'auteur : Jean-Marc Souvira
Date de parution : 14 février 2008
Nombre de pages : 400 (Broché)
Editeur : Fleuve Noir
Quatrième de couverture :
Emprisonné depuis onze ans suite à la violente agression d'une vieille dame, Arnaud Lécuyer est un détenu modèle. Personne ne sait qu'il a tué trois de ses codétenus.
Personne ne sait qu'il est le Magicien, ce tueur d'enfants qui, des années plus tôt, avait semé la terreur dans Paris en attirant ses proies par des tours de magie. Libéré pour bonne conduite, le petit homme reste discret. Jusqu'à ce que ses démons reviennent lui parler, jusqu'à ce que sa «collection» revienne le hanter. Jusqu'à ce que des enfants croisent sa route...
L'agression d'un jeune garçon relance la piste du Magicien. Le commissaire Ludovic Mistral, de retour des États-Unis où il a rencontré des profilers du FBI, est chargé de l'affaire. Avec des techniques psychologiques bien différentes de celles utilisées lors de la première enquête, il n'hésitera pas à s'exposer personnellement pour faire sortir le monstre de sa tanière, sans se douter un seul instant qu'il met en danger ce qu'il a de plus cher...
Une immersion dans l'univers de la police criminelle en compagnie du meilleur des guides, Jean-Marc Sourira, lui-même commissaire divisionnaire. Avec justesse et authenticité, il nous fait vivre les deux versions de l'histoire - une plongée dans la tête du policier mais aussi dans celle du prédateur. Tout simplement terrifiant.
Jean-Marc Souvira exerce au sein de la police judiciaire depuis 25 ans. Il dirige actuellement le service de la répression de la traite clés êtres humains. Il est le coscénariste du film GO FAST qui sortira en août 2008, coproduit par Luc Besson. Il vit à Paris avec sa femme et ses deux enfants. Le Magicien est son premier roman.
Mes impressions :
Une histoire très intéressante, une enquête très bien menée (normal me direz-vous vu le métier qu'exerce l'auteur)... seulement l'écriture est trop froide, on ressent la maîtrise d'un rapport de police, pas d'émotions, pas de fioriture, on va au direct, ce qui est très dommage.
Mais il faut tout de même dire que ce livre est très captivant, en s'y accrochant, du fait de l'alternance du point de vue du commissaire Mistral et de Lécuyer alias le Magicien (on le sait dès le début, pas de panique), le manque d'émotion dans l'écriture fait que l'on ne s'attache ni à l'un ni à l'autre mais on apprend un tueur sériel agit, quel est son "comportement" (même s'il n'y a pas de comportement sûr)
J'ai bien aime ce livre surtout l'histoire mais pas l'écriture.
Note : 3.5/5
Le Magicien
Jean-Marc Souvira (Livre)Titre : Myrtille apprend à nager
Auteur : Olivier MAU
Nombre de pages : 258 (Poche)
Editeur : Pocket (12 juin 2003)
Collection : Noirs
Quatrième de couverture :
Nom: Xiao-Mei Prénom : Myrtille
Profession : lieutenant de police
Signe particulier : aucun goût pour la procédure pénal.
Un corps défenestré gisait dans une cour d'immeuble. Seul point positif, j'allais enfin pouvoir montrer à mes supérieurs de quoi j'étais capable. Marre de me tourner les pouces au commissariat ! Alors j'ai "descendu" les étages un par un, de l'appartement de la victime jusqu'au rez-dechaussée. Et je suis tombée sur une galerie de grands malades, plus tordus les uns que les autres. D'accord, c'était dans mes cordes. Mais c'était compter sans le commandant Rembrandt qui cherchait au même endroit un dangereux chef de secte internationale. Juste là. En plein sur mes plates-bandes. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que j'apprenne correctement mon métier ?
Il s'agit du second volet d'une série ancrée dans le roman noir et j'avoue que jamais je n'aurais pensé à l'acheter.... Je suis donc très heureuse de l'avoir reçu durant le Black Swap ! Je n'ai que deux mots à dire : louffoque et original... Ce huit-clos est très bien mené, l'écriture est très fluide, les personnages complètement "tordus". Je l'ai quasi dévorée et j'ai hâte de commencé le troisième volet (et de me procurer le premier) !
Une histoire pleine de rebondissements et d'action, de l'humour (où l'on rit réellement, ce n'est pas juste un sourire), une intrigue policière en huis clos intéressante, secouez et vous m'en direz des nouvelles !
Je le recommande vivement !
Ma Note : 4.5/5
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Titre : Myrtille boit la tasse
Auteur : Olivier Mau
Nombre de pages : 215 (Poche)
Editeur : Pocket (Juillet 2003)
Collection : Noirs
Quatrième de couverture :
Nom : Xiao-Mei.
Prénom : Myrtille.
Profession : lieutenant de police.
Signe particulier : aucun goût pour la procédure pénale.
Parce que j'avais dépassé les limites dans l'enquête précédente, la Direction m'a gentiment prié de lever le pied. Alors je suis partie le plus loin possible pour me faire oublier. À 2 300 mètres d'altitude, sous la neige. C'est dire si j'avais fait des efforts. Et voilà que deux types se sont amusés à enterrer une fille au milieu des pistes. Tout ça pour qu'elle la boucle. Il paraît que c'était juste un début. Pas de chance, j'avais emporté mon flingue.
Toujours aussi déluré !!!! L'auteur nous plonge à nouveau avec humour dans un umbroglio complètement loufoque, où se cotoit les personnages les plus déjantés... On y retrouve notre lieutenante de police adorée, toujours aussi malchanceuse (ou trop curieuse, au choix) qui nous prouve une fois encore sa force de caractère (et de frappe). Une histoire qui se déroule en moins de 24 heures, une intrigue bien menée, de l'action, des rires, tout pour faire un bon polar. Vous comprendrez que j'ai adoré ce troisième volet !
Seul petit bémol... : l'enquête est mené de front avec la gendarmerie, il faut savoir que Caporal n'est pas un grade "gendarmique" et que brigadier est donné pour les gendarmes adjoints... Un peu dommage mais on ne lui en veut pas !
Ma note : 4.5/5.
Reçu pour le Black Swap !
Merci Fersenette
Bougie à la Myrtille dans sa boîte en fer blanc: 5,5 x 2,5 cm
(Cuisine)"La marée sanglante" de Rennie Airth, Editions de Fallois, 2005
Encore sous le charme d'"Un fleuve de ténèbres", son premier titre ayant obtenu
le Grand prix de littérature policière en 2000, je me suis donc jetée sur le 2e
opus.
Nous voici 10 ans plus tard, en 1932, John Madden a abandonné son poste à
Scotland Yard, mais la découverte du corps d'une fillette, mutilée et violée va
le replonger dans la tourmente. Bientôt d'autres corps vont être retrouvés en
Angleterre et des affaires similaires semblent s'être déroulées à l'étranger.
Aux prémices du profilage et des analyses médico-légales, une enquête qui semble
difficile à résoudre...car le meurtrier semble être protégé dans les hautes
sphères de l'état.
Moins intéressant que le premier volume, mais un moment agréable proposé par cet
auteur sud-africain, correspondant de l'agence de presse internationale, Reuter.
C'était une blague ... ??
Deux chats siamois policiers, leurs aventures narrées au travers leur maître reporter. On s'est moqué de moi, c'était un piége. Couverture attrayante, idée originale à première vue, 4ème de couverture alléchante comme il se doit, le tout dans une collection 10/18 Grands Détectives.
L'ennui c'est qu'il n'y a pas d'enquête, pas d'intrigue, même pas une histoire.
Quelques anecdotes félines d'un inintérêt pitoyable, surtout pour qui comme moi possède un chat qui ne fait rien, tellement plus passionnant que ces deux siamois qui savent miauler et voler si j'ai bien compris. Mon chat à moi ne saute pas plus haut que sur une chaise si la motivation est conséquente, grogne sous la porte comme un chien si un étranger stagne devant, ne quitte jamais le périmètre du jardin même si la barrière est grande ouverte, reste sur le dos si on l'y met, mange ses boulettes une par une avec ses pattes, ne sait pas cracher, ni griffer d'ailleurs, se lave très peu et ne recouvre pas ses besoins. Mon chat est donc extraordinairement peu chat.
Je reste encore éberluée qu'on puisse écrire des séries de romans sans rien dedans, avec des histoires de chats qui sont chats, il suffit à un éditeur de prétendre que ses chats sont détectives. Je reconnais, quand même, qu'un jour pas fait comme un autre l'un d'eux à mené son maître vers une porte dérobée grâce à son flair, impressionnant.
Même si vous aimez les chats... évitez, mieux vaut lire le magazine 30 millions d'amis.
La vie secrète du chat qui... : contes de Koko et Yom Yom d'après le journal de james mackintosh Qwilleran
Lilian Jackson Braun (Livre)Tim COCKEY (USA)
L'auteur :
Etabli à New York depuis une dizaine d'années, Tim Cockey est né et a grandi à Baltimore, une ville à laquelle il est resté très attaché. Il est scénariste pour la télévision (ABC, Hallmark Entertainment). Après Le croque-mort a la vie dure, premier titre de la série, ont paru Le croque-mort préfère la bière, et en 2005 aux éditions Alvik, Le croque-mort à tombeau ouvert. La biographie de Tim COCKEY la plus complète trouvée sur le net : http://www.livres-online.com/-Cockey-Tim-.html
LE CROQUE MORT EST BON VIVANT
L'histoire :
Hitchcock et Libby, c'est de l'histoire ancienne. Mais la belle Libby est de retour... Ses deux enfants sous le bras, elle demande à son ancien amant de l'aider à retrouver sa nurse, disparue depuis une semaine. Hitch, croque-mort de profession et détective malgré lui, se lance dans l'enquête... Il devra garder tout son sang-froid pour ne pas perdre le fil d'une histoire fort encombrante.
Ma lecture :
D'emblée ravie par ce cadeau, une histoire à remonter le moral, touchante attention.
Je m'y suis jetée confiante après l'avoir inclus dans ma liste des "littératures policières 5 continents", petit défi lancé par catherine. La perspective d'un roman déjanté à l'humour ravageur me séduisait par avance, et effectivement le ton sarcastique et vaguement loufoque des premières pages m'a fait découvrir les dents "c'est un enterrement, lui rappelai-je. Tu devrais peut-être planquer tes dents" ; je ne résiste pas à une description du style "à peu près la tête du chien qui crève d'envie qu'on lui lance un bâton" c'est la phrase juste avant l'histoire des dents, autant dire que le plaisir de lecture démarrait sur les chapeaux de roues !
je souriais "comme un requin sourit à un pied pendouillant d'un bateau". Mais je me suis embourbée plusieurs semaines dans cette histoire sans âme, où les personnages décrits pourtant avec autant d'imagerie restent sans épaisseur. Des personnages peints comme des caricatures à la Tex Avery, les descriptions sont incontournables, mais il ne se passe pas grand chose dans ce roman ! L'histoire déambule sans qu'on s'y attache, on oublie l'intrigue, on perd les rôles principaux, on néglige les figurants. Bref, d'un chapitre à l'autre je m'égarais pour sauter de description en description.
Je n'ai pas perdu mon temps pour avoir lu "à mon idée, elle était sur la fin de la trentaine et entendait bien y rester. yeux verts crocodile. Sourire chaleureux, mais doigts glacés" ou encore "Les déhanchements exagérés qui lui furent nécessaires pour se frayer un chemin jusqu'à notre table sont probablement illégaux dans certains pays".
Je ne peux pas regretter d'avoir lu ce livre, je n'ai jamais pris autant de plaisir à lire des descriptions, elles sont toutes savoureuses qu'il s'agisse de personnages ou de situations, elles flattent l'imagination du lecteur. Mais cet attrait n'a pas suffit à m'éviter l'ennui d'une intrigue délayée qui se termine sans surprise et finalement sans aucun intérêt.
Je suis certaine que de ce roman on ne fera jamais un film.
A découvrir quand même, pour l'humour.
Traduit de l'anglais (étatsUnis) par Claire Breton. Paris : Points, DL 2006. 1 vol. (382 p.) ; couv. ill., 18 cm. (Points ; P1496). ISBN : 9782020845496.









