film (11)

janv.
23

Lecture et réecriture pour adaptation ciné.

  • Par projetfilm le

Bonsoir,


Farfouillant dans les bibliothèques de la mère, je me suis mis, depuis quelques jours, à dévorer les aventures de Lupin et de Holmes.


Non pas que je sois habituellement adepte de ce genre de littérature, mais l'écriture des intrigues policières me fascine.


Il y a quelques années j'avais adoré les Vargas. Mais mis à part cela, et quelques grands noms américains dont j'ai oublié, justement le nom (mon petit frère dort, je regarderai demain) j'ai très peu d'expérience dans le monde du polar/policier. Je ne sais même pas réelement faire la différence...


Je vais donc parcourir ce site à la recherche d'information et dès mardi, direction la bibliohtèque.


Ce désir soudain de me nourrir de polar, vient d'une pulsion, plus lointaine encore : celle de faire une série de court métrage qui s'inscrirait dans cet esprit là.


C'est pour cela que je m'interesse tout particulièrement aux nouvelles de Leblanc.


Egalement, si vous écrivez des intrigues, des scénarios, des esquisses de polar, ne pourrions nous pas travailler ensemble ?


Travailler pour le plaisir.

juin
25

Millénium, Le film.

  • Par fersenette le
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Je fais partie de ceux qui ne l'ont pas lu (mais comment est-ce possible?), pourtant tentée à sa sortie puis par les premières critiques favorables du milieu "polardeux", un an plus tard vint le succès que l'on connait ce qui l'a (c'est bête) rendu suspect, les ventes massives ne sont hélas pas gage de qualité. Bref, étant donné l'épaisseur du livre et la hauteur de ma PAL, j'ai renoncé.


Enfin j'ai vu le film. Un très bon film. Cependant je ne vois rien de très original dans le déroulement de l'intrigue. C'est du bon polar, un peu exotique. Je pense que les inconditionnels de Millénium sont des amateurs de polars noirs qui s'ignorent, car j'ai le plaisir de vous annoncer qu'ils retrouveront ce bonheur de lecture dans de nombreux autres romans noirs.

Avis sous réserve de ne pas avoir lu la trilogie.

(lire sur ce site l'excellente critique d'amundain)

"La suède, l'autre pays du Thriller"

Millénium, le film

(Film à l'affiche)


mai
26

La Suède, l'autre pays du thriller

  • Par amundain le
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Nous ne sommes probablement que très peu désormais, tant la trilogie de Stieg Larson continue de caracoler en tête des meilleures ventes de romans depuis des mois, mais je fais partie de ces personnes qui n'ont pas (encore ?) ouvert un seul roman de la saga « Millenium ». Pas tant que ça n'ait pas l'air attirant, bien au contraire, mais parce qu'à force d'en entendre parler, ça frôle l'overdose. Néanmoins, pas au point de m'empêcher d'aller voir l'adaptation du premier tome de la trilogie au cinéma, très justement intitulée en français « Millénium, le film », là où partout ailleurs le film s'appelle « La fille avec le tatouage de dragon » (« The Girl with the Dragon Tattoo »), qui est le titre du premier volet de la trilogie version papier partout dans le monde. Même le sous-titre du premier volume, chez nous, porte un nom différent : « Les hommes qui n'aimaient pas les femmes ».

Je doute également que les afficionados l'ignorent, mais je le précise pour les autres : « Millénium » est une œuvre suédoise (vendue tout de même à plus de 2,5 millions d'exemplaires en France, 10 dans le monde...), et la surprise principale de l'adaptation de ce best-seller est qu'il n'a pas été ni réalisé ni tourné à Hollywood, mais bel et bien sur les terres de l'auteur, en Suède. Ce n'est d'ailleurs que le second long-métrage du réalisateur, Niels Arden Oplev (danois, pour sa part), et c'est d'autant plus surprenant que ce soit un quasi-inconnu (sauf peut-être dans son propre pays) qui ait été retenu pour adapter ce film qui était attendu un peu partout comme le messie. Pour information, d'ailleurs, seule la première partie de « Millénium » devait être adaptée au cinéma, la suite ne devait donner lieu qu'à une minisérie télévisée. Au vu du succès du film, c'est désormais une certitude : les 3 volets sortiront bel et bien sur grand écran. Pourquoi se priver d'une réussite au cinéma, après tout ?


Synopsis


« Millénium » est un journal suédois au sein duquel officie Mikael Blomkvist, jamais le dernier pour publier des articles à scandales sur les pontes du pays. Cette fois-ci, en s'attaquant à un homme d'affaires puissant, il va finir au tribunal et être condamné pour diffamation. Peu importe, Blomkvist a l'enquête dans le sang, et lorsque Henrik Vanger, autre grand ponte suédois, fait appel à lui pour une enquête à caractère privé, il accepte et se lance sur la piste de la nièce de Vanger, Harriet, disparue depuis quarante ans. Menant son enquête au plus près de la famille et de ses sales petits secrets, Blomkvist va croiser la route de Lisbeth Salander, jeune femme au passé tumultueux, qui n'a pas son pareil pour déterre les informations les plus profondément enfouies. La collaboration entre les deux personnages va les mener à la découverte de choses plus glauques et terribles qu'ils n'auraient pu s'y attendre.


Suède, ton univers impitoyable


Il y a fort à parier que ce film n'a pas été cofinancé par l'office du tourisme suédois tant la vision du pays qui est donnée par le réalisateur, Niels Arden Oplev, n'a rien de charmant ni d'idyllique. Au contraire, « Millénium » est un film d'ambiance, pour lequel le réalisateur est parvenu à créer une atmosphère véritablement envoutante dès les premières secondes. Attention, envoutante ne sous-entend pas du tout beau et lumineux, par exemple : on a affaire ici à un film noir, très noir, et à la fois la lumière et le grain de la pellicule nous mettent en condition d'entrée de jeu. Ce n'est pas par ici qu'il faudra chercher un film esthétique aux couleurs léchées, on plonge plutôt en enfer...

Je vais d'ailleurs en profiter pour parler ici de la mise en scène, qui est plutôt réussie. Oplev n'a beau pas avoir beaucoup tourné, il a visiblement regardé beaucoup de films, et beaucoup de films américains ou britanniques, semble-t-il. Ainsi, il n'est pas rare de retrouver dans cette adaptation quelques plans qui rappelleront des plans déjà vus dans bon nombre de films américains, voire britanniques (voir la scène où Blomkvist rencontre dans un salon toute la famille Vander, on a l'impression qu'Hercule Poirot va débarquer pour donner le nom du coupable !).

Dans tous las cas, Oplev semble avoir fait preuve de beaucoup d'application pour donner vie aux personnages et à l'intrigue de Stieg Larson, détaillant avec précision les méthodes de travail de chacun, les mettant de fait en opposition, construisant un film solide et bien mené au niveau fluidité et progression de l'enquête. Le réalisateur prend d'ailleurs son temps, l'opus dure environ deux heures et demie. Effrayant pour ma part, au début, car j'avais reçu quelques échos bien négatifs de mon entourage, comparant ce film à un épisode géant de « Derrick » où il ne se passait rien, ou très lentement, et où l'image était très moche.

Fort heureusement, il n'en est rien, et le rythme, bien que lent, parvient quand même à rester trépidant, les rebondissements étant finement amenés et les ficelles finalement peu grossières. Voilà d'ailleurs un film qui m'a fait faire quelque chose dont j'avais perdu l'habitude : ne pas réfléchir pendant la projection à qui a pu faire quoi ou à comment c'est filmé etc., mais simplement profiter du spectacle et me laisser mener là où le réalisateur avait décidé de m'emmener sans chercher plus loin. Ca fait d'ailleurs très plaisir, et cela ne m'a fait qu'encore plus apprécier ce long-métrage, à n'en pas douter. Le jeu de piste que vont suivre Mikael et Lisbeth est ainsi parfaitement mis en scène, d'une manière très sobre et efficace, sans les sempiternelles aberrations que l'on peut trouver dans les productions américaines, et c'est reposant de ne pas avoir se désoler d'énormités...N'ayant pas lu les romans, je ne sais pas dans quelle mesure l'écriture de Larson peut être captivante et puissante ; ce que je sais, en revanche, c'est que ce film l'est, captivant.

Dérangeant aussi, par moments, tant la violence est une composante très importante de ce thriller à quelques occasions sans concessions. L'opus est d'ailleurs interdit aux moins de douze ans, certaines scènes (dont une, à mon avis, atteint largement le niveau d' « Irréversible » au niveau dureté, même si elle est, si je me souviens bien, un peu moins longue) méritant sans conteste une interdiction plus sévère...j'ai failli aller voir ce film avec ma gamine qui a tout juste la limite d'âge pour le voir, je ne regrette pas de ne pas ya voir été avec elle, je pense qu'elle aurait été interloquée par moments !

Par moments, le côté glauque de l'histoire et la mise en scène très froide et réaliste donnent l'impression de revoir « Festen », c'est probablement la patte nordique à l'œuvre...sauf qu'ici, l'ensemble est un peu plus classique, c'est peut-être le reproche principal qui pourra être fait à Oplev, ce côté bien sage et bien propre sur lui. D'un autre côté, le matériau de base était suffisamment solide pour ne pas avoir besoin de faire d'esbroufe niveau réalisation : on a tout simplement l'impression qu'Olev s'est mis au service du livre, et a simplement cherché à le faire vivre.


Histoire solide, personnages charismatiques


Tout comme le réalisateur est peu connu, son casting n'est pas composé de têtes d'affiche reconnues, et pour le coup c'est tant mieux car cela permet de découvrir quelques acteurs franchement excellents.

Michael Niqvist, qui incarne Mikael Blomqvist, est connu dans les contrées nordiques, mais point chez nous. Ce qui ne l'empêche pas, bien au contraire, de camper un journaliste terriblement convaincant, le visage bien buriné et la détermination sans limite. Malheureusement pour lui, son charisme ne parvient pas à résister face à Noomi Rapace (qui incarne Lisbeth) qui envahit l'écran et cristallise le regard dès qu'elle est à l'image. Lorsqu'elle est seule à l'écran, le film se divisant par moments entre séquences où chacun des personnages œuvre de son côté, on est épaté par la prestance de elle qui incarne une jeune femme gothique, pirate, et surtout très peu gâtée par la vie que l'on sent forte et déterminée, même si par obligation elle se voit contrainte à subir quelques humiliations horribles. Mais on sent dans le personnage, et donc dans l'interprétation, une rage et une violence prêtes à s'exprimer en cas de trop plein...ce qui ne manque pas d'arriver au bout d'un moment, pour une autre scène très violente où les rôles ont changé. Je n'en dis pas plus, à vous de voir par vous-mêmes.

Lorsque Lisbeth et Mikael partagent l'écran, enfin, il est difficile de ne pas voir à quel point Noomi Rapace éclipse presque Michael Niqvist, et à quel point son personnage est véritablement la clé de voûte de ce film (et sans doute du roman, puisque visiblement la suite la concerne en particulier). Elle ajoute une caution sombre à un film qui n'en manquait déjà pas, et elle joue parfaitement bien la jeune femme traumatisée dont on n'apprend finalement pas grand-chose, tant elle est enfermée dans son silence, mais dont on soupçonne qu'elle en a bavé pendant des années.

Le reste du casting est bien entendu composé d'acteurs et actrices nordiques dont les noms ne vous diront sans doute rien, pas plus qu'à moi, mais tous sont également justes, la plupart d'entre eux campant les membres de la famille Vander avec brio et, pour certains, apportant une pointe d'inquiétude supplémentaire. Petit reproche au niveau de la mise en lumière des personnages : en dépit d'une famille composée d'un grand nombre de membres, Olev a tendance à ne s'attacher qu'à ceux qui jouent un rôle décisif dans l'enquête, ne permettant ainsi pas vraiment de tisser un imbroglio et à brouiller les pistes de manière suffisante pour qu'on ne finisse pas par se douter, bien vite, de qui seront les coupables, mais cela reste relativement mineur comme critique, le reste du film étant suffisamment réussi pour effacer cette maladresse.


Conclusion


Je ne saurais dire si « Millénium » est une adaptation réussie du roman de Stieg Larson, n'ayant pas lu le livre. En revanche, je peux dire que ce film est une grande réussite, et un très bon moment de cinéma. Il y a fort à parier que le choix d'une adaptation européenne et non américaine contribue à rendre cette réalisation plus fidèle et, dans une certaine mesure, sans concession par rapport à ce que cela aurait pu donner vu d'Hollywood où les scénaristes n'hésitent pas à remanier les histoires originales pour respecter un certain cahier des charges visant à plaire au plus grand nombre.

Il est certain que ce film ne fera pas l'unanimité, pour ma part j'ai été enchanté et ai trouvé le tout très réussi : l'intrigue est très riche et bien mise en scène, les personnages sont également très épais et bien croqués par le réalisateur, et cela donne au final un ensemble très bien équilibré et captivant pendant toute la durée du long-métrage, tout de même long.

Sorti en grande pompe (et projeté dans 500 salles au moment où j'écris ces lignes, excusez du peu), « Millénium » version cinéma risque de connaître un grand succès. Ce ne sera que justice.


Merci de vos lectures.

déc.
24

La Quinzaine du Thriller

  • Par solican le
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Thrillers et polars sont à l'honneur à Toul (54 à une quinzaine de kilomètres de Nancy)


-Kiosque spécial thriller 30 janvier

Les bibliothécaires présentent le thriller en littérature, genre qui prend de plus en plus de place dans la littérature policière pour le meilleur mais aussi pour le pire.


-Rencontre avec les auteurs Jérôme Camut et Nathalie Hug Jeudi 5 février à 20h00

Deux auteurs français sont en dédicace à la Médiathèque et viennent parler de leur écriture, de leurs livres et du thriller.


-Nuit du thriller au Citéa 13 février à 20h30

2 films un thriller "classique" et un thriller psychologique : Blow out de Brian De Palma thriller classique parmi les classiques, grande leçon de cinoche de la part d'un réalisateur particulièrement doué(en VOST) et L'Echange de Clint Eastwood.

(3.50 euros par film)


-Expo sur le polar jeunesse du 29 janvier au 28 février

Mener une enquête, résoudre des énigmes, se lancer dans l'aventure, c'est ce que propose cette exposition pour enfants à partir de 8 ans et la découverte de cet univers à travers quatre grandes thématiques : l'énigme, l'aventure mystérieuse, le noir, le suspense.


-Expo Adulte : La Loi des séries : le héros récurrent et sa ville dans le polar

29 janvier au 19 février

Le héros récurrent dans le polar a évolué au cours du temps, il est le reflet de sa ville et de la société (toujours en crise) dans laquelle il essaie en vain de rétablir un minimum de justice. L'exposition présente douze héros dans leur ville, avec laquelle ils entretiennent une relation ambiguë...

visuel et informations à venir sur http://mediathequedetoul.overblog.com

Début : 29/01/09 - 18:00
Fin : 13/02/09 - 23:30
déc.
14

ça fiche un peu les jetons

  • Par fersenette le
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A voir absolument.

Excellent sur toute la ligne, les acteurs sont bons, le scénario tient la route, suspens sans relâche, tout est bien vu.

Secret Défense

(Film à l'affiche)


nov.
10

Comme disait Memess ...

  • Par fersenette le
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... le polar est il un genre macho ?

;-)

oct.
16

Truculent

  • Par fersenette le
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TRUCULENT adj

(fin XVe, repris XVIIIe ; lat. truculentus

« farouche, cruel »)

Mod. (XXe). Haut en couleur, qui étonne et réjouit par ses excès. Un personnage truculent. V. Pittoresque.

« La plaisanterie truculente et poivrée », Duham

Le Crime est notre affaire

(Film à l'affiche)


oct.
9

islande en bocaux

  • Par osman.manos le
  • Dernier commentaire ajouté


L'Islande nous interpelle rarement au cinéma, et même toutes circonstances confondues. L'occasion de changer d'air au ciné, de sortir un peu des autoroutes balisées made in USA. Les cinéastes islandais font peu parler d'eux, Baltasar Kormakur pourtant nous livre un très bon polar, "Jar City". Rien de très révolutionnaire, mais pour le moins rafraîchissant d'entendre parler islandais ce qui, du moins personnellement, ne m'arrive pas tous les jours.


L'histoire commence par un meurtre, c'est une procédure classique pour un polar, celui d'un homme âgé qu'on pense sans histoire. Un indice de départ pour l'enquête sera la photo d'une tombe de petite fille, morte trente ans plus tôt. L'inspecteur Erlendur va enquêter sur le passé de la victime.


Le déroulement de l'enquête tanguera de rebondissements et nouvelles pistes pour finalement reconstituer un puzzle cohérent, c'est souvent le cas d'un policier. En celà ce film n'apporte pas d'originalité, mais satisfera les amateurs du genre.


A mon sens dans ce polar ce qui retient l'attention c'est le personnage principal du flic et là l'histoire sort un peu du lot essentiellement par les contrariétés et les doutes qui pèsent sur sa vie personnelle. Les soucis d'un père pour sa fille tombée dans la drogue donnent profondeur et crédibilité au personnage. L' interprétation d' Ingvar Eggert Siggurdson est remarquable, un acteur islandais : le connaissiez-vous ?


Mais le véritable intérêt de Jar City, c'est l'exotisme, les décors islandais magnifiques. Ne serait ce que pour cette raison ne ratez pas ce film.



Jar City

(Film à l'affiche)


sept.
19

De l'importance du visuel, des codes, et des symboles sur le Polar

  • Par lorenzo12 le
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Non pas qu'il faille condamner l'écrit (il est bien le ferment premier du polar), il convient pourtant d'admettre que le polar plus que les autres genres se nourrit, s'appuie, se vend d'abord par l'imagerie et toute sa cohorte de clichés inscrits au fil des décennies dans le conscient voire l'inconscient collectif. Certes, le Nom de la Rose d'Umberto Ecco constitue bien la preuve qu'on puisse s'affranchir de ces codes et faire du polar et du bon avec d'autres fondements (historiques, sociologiques, religieux ...), mais je reste intimement persuadé du rôle prépondérant de nos images (couvertures, jaquettes, et autres natures mortes - notez qu'elles sont bien mortes) quant à l'entrée en matière. Elle constitue à elle seule le sas de mise en condition par lequel le lecteur reconnaît, pré-sent, fait travailler son imaginaire une première fois.

Je me souviens avec plaisir des illustrations qui faisaient les couvertures si fascinantes de l'illustration, ancienne parution, que je consultais volontier chez un ami noble qui avait accumulé toutes sortes de trésors, dans une demeure elle même soumise aux affres des crues imprévisibles de la rivière voisine.

L'illustration, elle portait bien son nom, se prévalait d' illustrations artistiques (manuelles) souvent très réaliste qui décrivait avec précision la situation de tension, le point culminant d'un fait divers (historique aussi) aux conséquences atroces tant l'expression des personnages (étudiée) avait été habillement reproduite. Certes ce n'était pas la réalité mais ... belle illustration plus statut de Journal (notez bien le J) obligeaient à la véracité des faits donc à l'effroi du regardant ; pas besoin de savoir lire tout se comprenait (tout au moins dans la description du fait) avec un impact immédiat pour une véritable entrée en matière.


Mais l'imagerie véhiculée par le polar dans nos têtes à été forcément construite par le cinéma et la mode, et d'abord par le noir et blanc : On a tous en tête Bogart dans le "Faucon Maltais", avec l'appui incontesté de la cigarette, les costumes croisés et chapeau années trente des incorruptibles ou encore plus subtilement la typographie du M dans le film "M le Maudit" de Fritz Lang, (sans compter sur la déclinaison expressionniste de ces décors). Comme on imagine que par ce que l'on connaît, c'est bien ces clichés et visuels qui s'ancrent en nos esprits et qui surgissent en tête lors de nos lectures, malgré les fines et précises descriptions que s'ingénie à dresser nos habiles écrivains de genre.

Au delà de l'entendement qui peut régner sur les codes noirs du polar (histoire bien sûr sombres, nuits cauchemardesques dont ont veut sortir, mystère, néant, intensité, densité...) il subsiste la question du jaune qu'on y associe volontier (Cf "Vivement dimanche" de Truffaut).

Même si je trouve personnellement que le jaune est une couleur lumineuse, spirituelle et rassurante, il n'en est pas moins vrai qu'il est aussi la couleur de la duplicité, surtout si on ajoute une pointe de vert ou de gris qui vient pour le ternir. Je passe sous silence l'expression qui en fait la couleur du mari trompé mais qui relève bien de la même valeur. N'oublions pas non plus que c'est aussi la couleur naturelle du soufre à l'origine de bien mauvaises odeurs et de l'expression olfactive bien connue: "ça sent le soufre".

Plus près de la littérature c'est la couleur choisie par les éditions du masque et de la plume pour ses couvertures.


Ahhhhh...., le Masque et la Plume et son imagerie des Années 70/80 faites de natures mortes froides et suggestives : une goutte de sang, une fiole de poison, une plaquette de barbituriques, une mèche de cheveu, un poignard.... Ici le travail sur symbole était évident, méthodique descriptif, immédiatement reconnaissables : la peinture est dans le style hyper-réaliste, les reflets s'y expriment à plein, le relief est parfaitement rendu et surtout on est en close-up, en plan rapproché, intimiste. C'est bien sûr la nécessité de vendre qui a produit de tel chef d'oeuvre d'imagerie avec toujours cette même fonction du sas avant décodage (la lecture) que j'évoquais précédemment. C'est bien par cette imagerie qu' adolescent je me suis passionné pour ces polars à l'anglaise. Ils m'ouvraient à un autre univers avec une fonction documentaire sur les armes possible, les symboles ésotériques, les traces ou indices, et les couleurs de l'effroi.


Le poids du cinéma sur l'imagerie est quant à lui sans conteste, il nous impose une vision de l'histoire et développe ses propres codes et ses légendes. j'ai encore en tête le privé à la Mickey Rourke avec l'imper craceux, ou Alain Delon dans "le Samouraï" avec sa valise et son borsalino, ou encore Gene Hackmann dans "French Connection" avec ce chapeau étrange.

De nos jours l'image du privé à bien changé, il a même presque disparu de nos histoires, il y a encore les femmes fatales qui s'habillent en rouge, et les hommes de mains balafrés, mais les anti-héros sont devenus légions et les codes glissent. Aujourd'hui le plus évident d'entre eux est bien sûr la cigarette. On a vue dans X-File l'homme à la cigarette fourbe et peu fréquentable, chez Nicloux dans "Cette femme là" on l'utilise comme un élément de décor oppressant, rampant, obsédant, tout le monde fume autour du personnage principal.

Bien sûr, les codes sont faits pour être transgressés : je me souviens de Marlène Dietrish en prostitué dans la "Soif du Mal" d' Orson Welles teintée en brune.

Il faut nécessairement que le code est existé et se soit encré pour qu'on puisse en sortir et le transgresser.


Les images changent et on donne encore plus à voir de nos jours dans les films policier, mais le secret d'un suspens réussi réside encore dans la suggestion.

Même si les flics sont devenus de simples hommes, avec une vie de famille, que les truands s'habillent comme vous et moi, et qu'il n'ont plus de codes d'honneur, je pense qu' il subsiste encore la morale dans nos films noir d'aujourd'hui :

Quelque soit ton chemin, ton destin fini toujours par te rattraper.

Mon propos serait vain si je ne vous proposez pas de visionner un bon film à suspens comme "La sentinelle" de Desplechin - où l'on avance à petit pas dans une quête d'identité pour un simple Crâne.


A bon entendeur, Votre serviteur.

sept.
16

Et si on évoquait un peu de polar au ciné

  • Par lorenzo12 le
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Bonjour à tous, je viens de vous rejoindre sur la sollicitation de Fersenette. je lui communiquais récemment mon goût pour le polar mais avant tout cinématographique (et bien voilà qui constuera ma première intervention dans ce domaine).

En effet ce qui m'interresse avant tout c'est la constitution d'un univers visuel qui soutient une histoire.

Je ne recherche pas la fidélité à un écrit en particulier, ce qui m'importe c'est la capacité du scénariste à transposer une histoire pour qu'elle devienne visuelle vivante et la capacité d'un réalisateur, à transposer la lumière, choisir l'expression des lieux, soutenir le jeu des acteurs. Enfin un montage, une structuration du récit qui fasse progresser l'histoire en suscitant effroi et interrogation.

Citons à ce titre quelques référence du genre : Série Noire,The Barber, l'Ultime Razzia, la Clef (récemment saluée sur mon Blog), Mélodie en Sous-sol, French-Connection, Bullit, U-turn, Plein soleil, The conversation, Réservoir Dog....

Au niveau série télévisuelle, ne pas manquer "The Wire" ("sur écoute" en français) qui décrit en 4 saisons à la fois le contexte social de Baltimore mais aussi le circuit de la drogue du consommateur en passant par ses vendeurs, jusqu'au blanchiment de l'argent qui en découle - l'intérêt réside dans la description des micro-systèmes mais aussi dans les motivations diverses et variées de chaque personnage. on assiste à un véritable balai, on y décrit bien les techniques , et le langage, on rencontre le poids de l'administration et de la hiérarchie. Quelques similitude dans la description d'ensemble avec Trafic de Soderberg. Certainement de loin le meilleur des séries policières de la décénie.

A bon entendeur, votre serviteur.

févr.
19

Misère

  • Par sankourgan le
  • Dernier commentaire ajouté

Dans quoi es tu allée te fourrer pauvre Fred ?

Le film est minable. Les personnages n'ont aucun caractère loin s'en faut c'est pourtant tout l'essentiel de l'oeuvre de Vargas et surtout pour "les adamsberg" alors que d'autres comme "sans feu ni lieu" sont plus portés aux dialogues.

Par pitié lisez la et évitez le film !

Pars vite et reviens tard

(Film à l'affiche)


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