folie (10)
samedi 5 mars
à l'association ETC, rue de Paris, Grenoble
10h00 - 12h00
Fin : 05/03/11 - 12:00
Lieu : Grenoble
Association loi 1901 de Grenoble pour laisser la parole aux patients !
J'ai encore peur de faire le malheur
Des gens que je côtois
Qui gravitent autour de moi.
J'ai encore peur des inconnus dans la rue
Les mots qui me parviennent
Ne sont pas les leurs
Mais ces pensées tordues
Sont les miennes.
J'ai encore peur du bonheur
De pressentir
L'avenir.
J'ai encore peur de mes gestes
De sortir de ma torpeur
Alors parfois j'y reste.
J'ai encore peur de vivre
Comme si il y avait erreur
Que je n'existe que dans un livre
Et que je sois prisonnière
De l'imagination,
Des prières,
D'un écrivaillon.
Oui, c'est une guerre, ou plutôt une guerrilla car l'ennemi se cache, reste dans l'ombre.
La maladie est à l'affût tout autour de nous, de vous.
Les personnes touchées sont blessées à jamais, portant à vie les stigmates des combats. Atteintes, projetées à terre, écrasées par la pesanteur et piétinées par la foule, la société.
Tapie aux coins de nos rues, à nos carrefours. Chaque jour nous faisons des choix, chaque choix est l'embranchement d'un chemin, chaque chemin est un cheminement, un parcours. Chaque parcours comporte des obstacles à contourner ou à franchir et des paysages, des périodes plus paisibles de repos, de pause. Tout le monde vit cela.
Banal, me direz-vous. Oui. Mais pour nous, personnes souffrant de troubles psychiques, nous sommes en guerre. Contre qui ? Contre quoi ? Toute la question est là. Il ne faut pas se tromper d'ennemi. Ce n'est ni toi, ni moi, mais la maladie.
En permanence sur le qui vive, à chaque instant nous faisons le choix de vivre quel que soit le prix à payer. Prix du sang, valeur de cette sève qui nous nourrit, nous donne goût à la vie. Peurs, sueurs, froides ou bien brûlantes de fièvre, infection de nos pensées par des parasites, affection profonde de longue durée, afflictions à foison.
N'oublions pas les combattants qui ne reviendrons pas, ceux qui ont donné leurs existences, leurs êtres. Ils ne sont pas tombés, ne sont pas des vaincus, ils restent des résistants. Nombreuses sont les familles en deuil, les amis aussi. Pas de vainqueur, pas de gagnant, ni de vaincu, ni de perdant. Que de personnes qui luttent pour une certaine liberté, une existence acceptable, supportable. Beaucoup de blessés, de prisonniers. De plus en plus de populations concernées.
Oui, c'est une guerre alors mobilisons-nous !
Elle ne me fait pas peur
Je l'ai toujours connue et cotoyée,
Alors le "Handicap", qu'il soit physique, mental,
Ou physique et mental,
C'est un pote de longue date !
On s'habitue
On VIT
Et je crois que je suis devenue celle que je suis
Grâce à tous ces gens dits "fous",
Ces mômes qui se balancent sans arrêt
Sans te regarder,
Ces jeunes et ados si touchants,
Peu importe leur pathologie,
Ils vivent, ils sont,
Et qu'ils s'expriment de telle ou telle façon,
Sans mots, par gestes, peu importe
Je les aime
Je sais pourquoi !
C'est en moi depuis toujours
Je n'ai jamais accepté toute gamine
Le regard des gens sur les personnes différentes,
Ceux qui se retournent
et parlent,
Ceux qui dévisagent
et se retournent
encore et toujours
Je l'ai vécu avec ma mère
Et j'avais envie de crier....
Envie de chialer
Quand on est môme
On ne comprend pas
Une enfant ne supporte pas
Cette méchanceté latente
ou cette bêtise,
Cette incompréhension.....
Que l'on retrouve partout !
Alors ça façonne une môme,
Cette gosse s'adapte, se construit
Tant bien que mal,
Pas sans fracas
La folie, la différence, je les revendique,
Alors oui, je peux regarder quelqu'un
Qui en ferait fuir plus d'un,
Le contempler et trouver la paix...
Et oui, mes problèmes,
Qu'est-ce-que je peux les oublier,
Même si ils sont là et reviennent en force,
Mais au contact des autres je m'élève...
Et même si la descente est inévitable,
Pour ces moments de Vie,
Je dis merci
Je suis moi avant tout!!
Alors FOLIE...
je dis, oui, j'assume !
Katelemonde
HERESIE
Sentiments acérés
Lames de couteaux sanglants
Sang de la VIE
de LA NON VIE
Sang s'écoulant des plaies béantes
Mort et Vie se chevauchant
Mort l'emportant
Dans ce dernier combat
Le fou du Roi
Sur l'échiquier de l'existence
Luttant pour ne pas sombrer
Cavalier à terre
Se traînant jusqu'au fou
Veines
Artères
Encombrées
de débris
de caillots
Poubelles du corps
Poubelles du Monde
Artères puantes
Immondes
Coagulation stoppée
à jamais
Hémorragie
de souffrances
Coeur éclaté
Coeur débordant
Coeur à vif
Coeur écorché
Coeur éclaté
Coeur écrasé
Coeur banni
STOP
La Vie déborde
La Mort fout le camp
Veines sans Amour
Veines sans vie
Veines sans éclats
Corps écartelé démembré
Corps démantibulé
Squelette ambulant
Cerveau envolé en mille
miettes d'étoiles
Oiseau blessé
Plumes blanches
Ensanglantées
Coeur
Coeur à vif à l'extrême
en pleurs incessants
Cicatrices à jamais ouvertes
Malheurs d'une vie
Maléfices à jamais bannis
HORREUR
de cette haine
Toujours et toujours
la ritournelle éternelle
HORREUR
de cette puanteur enfantine
Haïr
Aimer
Pardonner
Ne pas pouvoir
Essayer en vain
Oublier
Non au pardon de l'infâmie
De la cruauté gratuite
HAINE
HAINE
De l'Amour de l'enfant
HAINE du père
Alors comment aimer
Ces femmes
Destructrices
Katefannay
(écrit il y a quelques années!)
Deux évènements à venir :
à Reims du mardi 15 au samedi 19 mars 2011, née d'une idée pour une alternative à la "Semaine de la santé mentale", des patients, des usagers du gem la locomotive et des soignants mettent ensemble sur pieds cette exposition .
Et à Paris : Le collectif des évadés du bocal.
Festival du 4 Mars au 3 Avril 2011
au bar-restaurant le Lieu-Dit, 6 rue Sorbier, Paris XXe
Maman tue moi
Hé bien, voilà bien un cri contre nature. Comment demander à celle qui nous a enfanté de nous retirer la vie qu'elle nous a donné. Ça n'a pas de sens. Mais la vie a-t-elle un sens?
Maman tue moi
C'est la démission devant une grande lâcheté, cerné par les refus, les peurs, on se retourne vers sa génitrice et on lui demande de nous retirer une vie qu'on a jamais voulue.
Maman tue moi
Car je ne veux pas être le bourreau de personne, même pas de moi. Je ne veux pas assumer cette vie si terrible.
Maman tue moi
Mais alors comment demander à sa mère d'être notre bourreau, parce que cette vie qu'elle a donné dans la souffrance elle doit être capable de la retirer
Maman tue moi.
Quand cesseras tu cette complainte stupide, à 61 ans alors que cela fait longtemps que celle qui t'a mis au monde n'est plus.
Maman tue moi,
Excusez moi, je ne peux pas m'empêcher, c'est plus fort que moi, une sorte d'exutoire, une catharsis, une prière, un juron tellement c'est inimaginable.
Maman tue moi
Ainsi va la vie, avec ses rêves, ses désirs. Ainsi s'exprime le langage sans retenu sans soucis de réalité. Une grossièreté qui est un raccourci de ce que je suis.
Maman tue moi
Parce que je suis dans une cage et que je ne veux pas en sortir.
Clinique quand tu me tiens,
CHS je te découvre
mise à nue
Quelques jours en clinique psychiatrique !
Ma geôle "dorée" où je me suis enfermée,
Une volonté d'y entrer pour être soignée et enfin aller mieux après des mois de souffrance, de descente et de surdoses médicamenteuses avec urgences et réanimation au bout ...Arrêter ce processus de destruction ! Un Noël de plus en dehors, Noël, Jour de l'An et my birthday là-bas, 4 mois ...
Un matin comme un autre :
Réveil à 4 heures 40
Cauchemars comme tous les matins avec pleurs...angoisses...MAL...Me lever....en sursaut pour faire cesser cette douleur et descendre...ne pas rester seule, Chercher le visage réconfortant, la présence de l'autre ! Et puis non, ne rien dire, passer inaperçu, attendre !
Aujourd'hui, pas de scarifications, ni de brûlures de cigarettes sur le bras !
Me fondre, disparaître ...
Je me sens dans un état d'isolement total; je ressens de plus en plus l'incompréhension, l'intolérance des autres vis à vis d'une maladie ou d'une pathologie différente ! à part, toujours à part !
Même ici, la bêtise ! l'intolérance,
On montre du doigt, on parle de lui, on médit d'elle, elle est folle ! il est bizarre ! on ne se mélange pas, on juge et on étiquette, la souffrance au bout... reflet de cette société ?
Envie de disparaître, je ne me sens bien nulle part, mal être permanent qui s'accroît de jour en jour, alors je ne comprends plus !
POURQUOI ? Est-ce une volonté de stopper tout afin de voir où j'en suis, mais extrêmement dur à vivre, et l'envie de ne plus souffrir, ce qui peut amener à n'importe quel acte !
Je me sens encore le mouton noir, celle qui ne veut pas suivre le mouvement, Celà s'arrêtera-t-il un jour ? J'ai tellement ENVIE de VIVRE et de pouvoir apprécier la VIE ... Mais je suis à la limite de m'écrouler... pire qu'avant l'hospitalisation.
ALORS ???
Je me sens comme un oiseau en cage, une cage plombée, mais je ne peux m'en envoler, ce serait pire alors résister, lutter et espérer !!! En gros "Je me maintiens en vie ". Au fil des jours et des mois, je n'ai ressenti aucun mieux, je me perdais davantage en travaillant sur moi, énormément, non, je peux vous assurer que pour moi ce n'était pas une maison de repos...des pages et des pages d'écriture à travailler sur moi, les envies de mort toujours présentes, normalement protégée, aller voir le soignants, je sais, oui, va, cours et dis, exprime tes douleurs... je ne peux, démarche impossible, je me heurte à mon mur.
Alors droit devant, droit dans le mur...
ou peut-être pas... droit vers la vie !
(...)
4 mois déjà, réanimation pendant 2 jours, j'entendais tout, et puis j'ai vu, ils s'affaieraient pour faire revivre un homme, la mort et la souffrance étaient de l'autre côté de la vitre, j'assistais impuissanteà leur travail incroyable, j'ai ressenti la honte, la culpabilité d'être là, moi qui avait "choisi" , l'horreur, la peur, je n'étais plus rien, je n'existais plus ... et cet homme que j'accompagnais de mes maux, impuissante ! je revois toujours cette nuit d'horreur avec ces lumières vives, agressives, qui disaient, stop, ici on se bat pour la vie !
Mise en hospitalisation d'office à la demande d'un tiers, avec mon accord, celà m'a fait mal, je comprenais, hurlais en moi, ne voulais pas, impression de déchéance, de descente en enfer. La clinique ne voulait plus de moi, puisque médicaments procurés dans son enceinte, je suis coupable, coupable de les avoir pris, accepter, il ne fallait pas !
On sait, on connaît le trafic, alcool, pétards, mais médocs... alors sanctions sur celui ou celle qui a mordu ! je ne bois pas, je ne consomme pas de drogues, expériences adolescentes désasteuses... seulement ovredoses de médocs, pardonnez-moi, je sais, fallait pas !
Alors dehors, livres, affaires dans des sacs poubelles, et chambre désinfectée...
plus de traces... un mirage !
Et puis m'y voici, 10 jours en hôpital psychiatrique !!!
Alors, ma pensée profonde, réfléchie, mon ressenti
Je me suis sentie en terrain ami, dans mon élément à l'hôpital, où pourtant certains malades ont des pathologies lourdes, mais là, il n'y avait pas de jugement...et la souffrance et misère humaine était plus palpable ! Les mots n'avaient pas d'importance ou que trop, mais il y règnait un climat d'apaisement, de retour à la vie, ma vie, où mon coeur pouvait retrouver sa place...
Ce n'est qu'un petit bout de vie que je vous livre....mais surtout sachez, que ces personnes hospitalisées, aux maladies diverses, allant de la dépression, à toutes sortes de maladies "mentales" apportent quelque chose humainement, il est vrai que le milieu psy, le l'ai connu dès le début de ma vie, maman pas d'chance, papa pas d'bol, alors kate puise sa force dans son instinct de survie, et son amour de la VIE !
(à suivre)
Katefannay
Je vais peut-être vous surprendre, je l'ai dit et le maintiens, heureusement que je suis allée en hôpital psy, rien à voir avec cette clinique que je ne reconnaissais plus... 10 ans plus tard, plus rien à voir avec celle que j'avais connue dans les années 96/97, elle était devenue un lieu aseptisé, formaté, que je ne reconnaissais pas ! ???
MERCI au CHS, merci à tous les soignants, soignés...
Folie devenue ordinaire...j'suis bipo...tu sais bipolaire...
et borderline !!!
Je suis devenue funambule....la vie sur le fil...
Bipolaire et Borderline...
Cat "Borderline"
Cat bipolaire
Toujours en équilibre
Ou en déséquilibre
Je voudrais tellement
Ne plus être une ombre
Errant dans un tunnel
Me parlant à moi-même
J'aperçois la lumière
M'en enivre
Puis elle s'affaiblit
Je la sens
me réchauffer
Plus qu'un souffle
La lueur disparaît
L'opacité
Le noir
Le vide
J'ai froid
Je frissonne
Je tremble
Les pleurs me prennent
M'enserrent
Encore et toujours
Arrêtez
Je n'veux plus
Je veux rire
Je veux vivre
Laissez-moi
Je veux voir à nouveau
Me relever sans tituber
Et me ramasser
Sans arrêt
Je voudrais tellement
Toujours cette possibilité
de ne pas faire,
de me laisser engloutir par
ce mauvais génie
qui se glisse insidieusement en moi,
et m'enveloppe progressivement,
Je voudrais tant,
être comme...
j'sais pas,
quand j'étais pas,
j'sais plus...
VIVRE
et ne pas me laisser submerger,
Mon fil est toujours
à la limite,
Je m'y accroche,
La peur du vide,
et pourtant !!!
Je suis fatiguée
MAIS
j'vais continuer
Je continuerai
Cette bipolarité
ne m'aura pas !!!
La danseuse d'espoir
tient à ses étoiles
Elle veut s'en approcher
Un jour elle est devenue funambule
sans savoir pourquoi
et elle titube
joue comme une gosse
avec son diabolo
Mais c'est sa vie qui est sur le fil
elle le sait, alors elle répète
sans arrêt
Toujours
Toujours et encore
"Borderline"
un mot si beau
d'ailleurs elle veut écrire
Elle a rempli des pages et des pages
Alors mettre ses mots sur son fil
La danseuse funambule
joueuse de mots
rêveuse d'étoiles
ne lâchera pas son fil
il est sa vie
son jeu
sa source
ses larmes
et ses rires
Katefannay










