juil.
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LE NUMERO 0 des Nouveaux Cahiers pour la Folie est arrivé!!!

  • Par nouveauxcahierspourlafolie le
  • Dernier commentaire ajouté

Voilà le numéro 0 : "L'enfermement, quelle hospitalité pour la folie?" en format pdf.

Si vous souhaitez nous envoyer des textes, des photos, des dessins pour le prochain numéro: cahiers.folie@yahoo.fr


Bonne lecture!



Nom : Nouveaux Cahiers pour la Folie Numéro 0.pdf
Taille : 22 Mo


29 commentaires

Un bol d'air frais dans ce monde d'intolérance...

  • Par Philippe Raimond le

Merci beaucoup pour cette première mouture des cahiers de la folie.


Il sera un support fabuleux auprès des patients que je côtoie chaque jour : un facilitateur de communication.


Beaucoup auront à dire, parler (et écrire je le souhaite) avec ces textes que je vais m'empresser de diffuser au sein de mon service.


Et puis, cela m'incite à m'exprimer sur ce sujet me touchant particulièrement : je passe 8 heures par jour au contact de ceux que l'on veut exclure, je me sent aussi exclu de l'humanité comme eux.


Je vais vous livrer les photos que votre (notre) mouvement de résistance m'ont inspiré, ainsi qu'une nouvelle de 2000 m'apparaissant ce jour d'actualité.


Avec Tolérance


Philippe Raimond, Infirmier de secteur psychiatrique, schizophrène dangeureux


RE: Un bol d'air frais dans ce monde d'intolérance...

  • Par mmanooo le

suis contente qqfois de voir des gens faire leur métier;;


RE: Un bol d'air frais dans ce monde d'intolérance...

  • Par philfou le

Comment ne pas essayer de prendre plaisir à faire son métier?

Pour cela il y a des contraintes : dont la principale est la tolérance.

pourtant la nature pousse au contraire

La psy c'est difficile mais c'est un choix qui n'est jamais gratuit.

L'avantage est que l'on rencontre plein de gens, les autres qui vous font sentir que vous etes aussi déboussolés qu'eux dans ce monde ...de fou.

On s'en aperçoit uniquement si l'on travaille avec des personnes qui sont aussi incertaines que ce qu'on est.

Et l'important , outre le salaire de ce travail effectué permettant de situer dans la normalité, c'est que l'on a la possibilité d'apprendre avec ces autres "sois même" que l'on peut aussi changer et qu'ils ont autant de savoir que les "normopathes".

c'est important d'essayer de travailler dans le plaisir...le plaisir est contagieux.


RE: Un bol d'air frais dans ce monde d'intolérance...

  • Par mmanooo le

cela va étre dur !!!


conquète des moulins avec Cervantéz? mais pourquoi pas....il faut bien le dire , haut et fort,la psy c'est la poubelle....pour tous les faibles...ceux qui auraient besoin de tendresse...."elle coute trop chère?" ou" elle ne fait pas partie du lplaning?

et vous si vous sucombiez à un grand trou d'un coup! seriez-vous plus fort?

mis avec la folie, serait-ce.....d'un confort pour vous remettre sur pieds?


1Alons soyons sérieux....vous le savez bien.....ce n'est pas moi qui vais vous l'apprendre...n'est-ce pas?


RE: Un bol d'air frais dans ce monde d'intolérance...

  • Par philfou le

L air du temps actuel est le recyclage : faire avec les poubelles...Développement durable !!!

Don quichotte et son idéal...

je suis un déchet de la société actuelle : je rapporte pas une tune, il faut me payer.

Mais j'aime ça, au moins je rentre dans une case!!!


merci

  • Par zyplox le

Je pense que c'est par ce genre de moyen que l on va pouvoir s'exprimer encore un peu...

http://zyplox.perso.sfr.fr/psychiatrie.htlm.html


RE: merci

  • Par philfou le

Osons parler...

On en a encore le droit ;-)


exclus et dans un cadre trés carcéral qqfois!

  • Par mmanooo le

pourquoi mélange-t-on les dépréssions avec les autres maladies mentales?

j'y ai vu tellement d'horreurs et de gens sans repère.....que je suis marquée à jamais du comportement hospitalier qui est plus carcéral quesoignant....c'est vrai une dépréssion.....milieu psychatrique...ça n'aide pas beaucoup pour les rapports en suite.....

on les attache pour une semaine qqfois ...;on les puni pour rien , et l'autorité n'est pas des soins! je compreend que cela doit-etre dur à vivre pour les "soignants" encore faudrait-il savoir que c'est encore plus dur pour eux que pour vous!

en restant dans ce cadre n'importe qui plongerait dans la folie!!!!méme vous!



RE: exclus et dans un cadre trés carcéral qqfois!

  • Par philfou le

Cher mmanooo

La dépression est une maladie que les professionnels de la psychiatrie savent soigner sans recourir à la chimiothérapie (qui s'avère parfois nécessaire). Le problème est qu'actuellement, la politique de soins ne propose pas de faire de la prévention et d'aider les dépressifs (représentant une grande majorité des troubles psy actuels, en lien avec la souffrance sociale) en amont de l'hôpital psy, alors que c'est une pathologie qui peut toucher tout le monde sans distinction sociale.

Le problème est cette stigmatisation faisant que "le dépressif" ne désire pas être assimilé au fou.

Pourtant, je revendique en tant qu'infirmier de secteur psychiatrique, qu'il faut un peu de folie dans la vie afin de se démarquer des autres, afin de ne pas être un "comme tout le monde", insipide mouton...

Je suis ok avec toi pour dire que le milieu psy n'est pas toujours thérapeutique, mais je tiens à dire aussi qu'il existe des lieux de soins (à l'hôpital ou sur le secteur, et dans certaines structures privées) où de véritables soins sont prodigués au grand bénéfice des sujets souffrants.

On parle trop des trains qui arrivent en retard...jamais en psy des équipes qui travaillent bien.

Le problème du soignant actuellement, c'est que l'on tente de le mettre dans un système technocratique ou il n'a plus à penser : il doit réagir à chaque situation en fonction d'un protocole écrit et à respecter absolument sous peine de sanction.

Un protocole est fait pour un acte donné, et ne tiens absolument pas compte des personnes concernées : le soignant et le soigné.

Actuellement, le soignant est formé pour être décérébré: action/réaction. pas d'émotion et de ressenti personnalisé.

La base de mon métier est justement de faire avec ce que je ressent, d'en évacuer ce qui est préjudiciable au patient car me renvoyant en miroir mes problématiques personnelles, ceci grace à des rencontres permettant de le verbaliser. Actuellement ceci a disparu de ma pratique institutionnelle. Les gens qui s'interrogent sur ces phénomènes (en particulier les psychanalystes institutionnels) sont boutés hors de l'HP. Les théories psychanalytiques sont elles mêmes interdites dans un nombre de plus en plus grand d'universités au profit de théories dites cognitivo-comportementalistes basées sur le schéma : action/réaction dont la réponse est elle même théorisée par les laboratoires pharmaceutiques faisant des milliers d'euros avec leurs molécules passe-partout.

Résultat : le souffrant a un traitement mettant en parenthèse le problème qui va réapparaître des le moment ou il va arrêter de se shooter.

Ca revient moins cher que de payer un soignant qui va lui permettre de dépasser sa problématique en 6mois à deux ans , mais ca va rapporter plein de pognon de le gaver de médoc durant 30 ans en lui interdisant de penser.

Idem pour le soignant: il pense pas alors mon travail est facile...


Et la vie, elle est ou pendant ce temps gâché?


Solution : rétablir une réelle formation d'infirmier psy, et surtout faire en sorte que la société accepte que sa manière de traiter la folie est en miroir avec sa capacité d'humanité.


Ca fait du bien de dire tout ca.


Philfou


RE: exclus et dans un cadre trés carcéral qqfois!

Complètement d'accord avec ce que tu écris, mais ce commentaire n'engage que moi. Sincèrement


RE: exclus et dans un cadre trés carcéral qqfois!

  • Par mmanooo le

oui j'approuve votre texte! c'est ainsi les neuroleptiques se distribuent comme des bonbons et j'ai vu le comportement si vide de qq1 avec un regard qui n'en était plus.....

La psy. est le parent pauvvre des hopitaux....tout le monde le sait!

TOUT DEVRAIT CHANGER !

LES SOINS ET LES COMPORTEMENT!

A commenver par la façon de s'y prendre par les psy.

Avez-vous vu ce film tourné par une actrice Française célèbre,SANDRINE BONAIRE, sur sa soeur qui avait

une maladie mentale incurable..On l'a voit sourire quand elle est avec sa famille.......quand elle est rentrée en psy, elle a changé de corps de visage, de mentalité...l'hosto à fait d'elle une grotesque marionnette!

ce film a vraiment fait un déclic en moi! : vous avez encore un long chemin à parcourir les soignants...


RE: exclus et dans un cadre trés carcéral qqfois!

  • Par Feloux Martine le

Bravo pour ce texte lucide et courageux.

Le métier de "psy", infirmier, médecin, AS, psychologue, éducateur....est un métier difficile, complexe, qu'on doit apprendre à améliorer toute sa vie, en en acceptant les contradictions et les paradoxes. Il nécessite surtout de ne jamais cesser de penser et d'échanger.


RE: exclus et dans un cadre trés carcéral qqfois!

  • Par philfou le

Echanger, penser!!! C'est bien ce qui est actuellement interdit , car ne rentrant pas pas dans les protocoles de l'homme au service de l'économie. Penser coute de l'argent, et celà n'est pas admissible dans notre société demandant une réponse immédiate. C'est un peu comme l'écologie : voir ce qui rapporte maintenant en déniant ce qui coutera dix fois plus dans 10 ans : catastophes futures déniée au profil d'un relatif confort actuel.

En psy c'est idem : enfermer ce jour et ne pas voir la dangerosité qui va naitre de la non prise en compte de la souffrance actuelle.

Les patients schizophrènes ne sont pas dangeureux ce jour, mais avec ce qui est proposé actuellement, ils n'auront comme défense que de devenir des "terroristes" afin d'exister dans 10 ans.

Proposons leur une autre place plus pres de nous, excluant l'exclusion et la violence qu'elle génère comme phénomène naturel de survie.

Putain de monde ultralibéral...


Une date pour la rentrée

  • Par cortopsy le

RE: Une date pour la rentrée

  • Par mmanoooo le

je n'y ai vu que des personnes sans repère....avec des soignants exactement comme EUX!qui réagissent dans la punition,dans la pulsion qqfois, la grande gueule! , le chantage...aucune humanité...aucune!!!!

on vous sert les plats à table , sans couvert, directement avec la main dans le plat avec un gant de caoutchouc, en disabt que les olives noires étaient des cafards!!!ODIEUX, NON ?

je me suis longtemps demandée qu'est-ce qu'une dépression venait faire là!!!


j'ai vu des soignants prendre à la gorge une désiquilibrée....j'ai vu...tant de choses que je ne croyais pas possible!

j'ai vu des humains traités pire que des chiens!!


on dit que la psychiatrie est le "parent pauvre de l'hopital....!!"

JE CROIS QUE C'EST VRAI!

d'aileurs le diplome d'infirmier psy n'a rien à voir avec les autres...pourquoi?

il ne faut aucun diplome pour etre "garde chiourme"!!!

et quand je lis les commentaires de vos collègues.....je me doute que vous n'avez méme pas de groupe de parole pour vous décharger....?????

J'ai surout vu des GENS qui manquaient de tendresse, de gentillese,d'amour ......un peu!


RE: Une date pour la rentrée

  • Par cortopsy le

J'a aussi vu cela, avec d'autres nous avons tentés de changer cela, il semble qu'aujourd'hui des comportements comme ceux que vous décrivez sont à nouveaux quotidiens, alors ensembles dénonçons ceux-ci.

Connaisez-vous la BD HP de Lisa Mandel ?


http://www.bodoi.info/magazine/2009-10-28/lisa-mandel-ausculte-lhopital-psychiatrique/23451


RE: Une date pour la rentrée

  • Par mmanooo le

non? mais si je peux aider à changer le comportement carcéral je le ferais!!!


????

  • Par mmanooo le

comment sortir d'une déprèssion...qui n'est pas de la folie...mais un déséquilibre temporaire à certaines situations!!!

Si ela a été dure...je peux témoigner de ce que j'ai vu!!!impensable pour autri!!!!


RE: ????

  • Par Lana le

Si cela est dur à vivre pour les dépressifs, pour les psychotiques aussi! Personne n'a à vivre ça. Notre maladie ne nous enlève pas notre sensibilité, au contraire.

J'entends souvent "les dépressifs, anorexiques, autistes, alzheimer, etc... n'ont rien à faire à l"hp", comme si c'était toujours bon pour les schizophrènes. Le problème n'est pas là, il faut changer l'hp plutôt que de réserver un endroit poubelle aux schizophrènes. Avec des soins de qualités, humains, en profondeur et ne se limitant pas aux médicaments et à un univers carcéral, les schizophrènes aussi peuvent retrouver leur place dans la société.


RE: ????

  • Par philfou le

Lana

Je pense sincerement depuis 30 ans que je travaille en psy que le problème n'est pas l'homme.

J'ai vécu, jeune diplomé, les horreurs de la psychiatrie, alors que j'avais un idéal fabriqué par la littérature m'ayant interessé à ce milieu par des personnes issues du vécu de la Shoa (Betheilleim, Tosquelles) et tout ceux ayant participé au conseil nationnal de la résistance.

J'ai vu des toilettes effectuées à la chaine avec des brosses de lavage de voitures : un qui déshabille, un qui savonne, un qui frotte, un qui sèche, un qui habille.

Cela n'existe plus mais si nouis ne luttons pas risque de revenir à grands pas.


J'ai rué dans les brancards, et une fois me suis bastonné avec un infirmier maltraitant un patient schizophréne au milieu d'une demi douzaine aussi fascho(je me rappelle son nom, du patient, pas du sois disant infirmier).

30 ans apres, la difficulté de mon travail , la soi-disant dangerosité de mon boulot, n'est pas le "fou", mais bien toujours l'institution fabriquant "le fou face au fou". Le premier étant de plus en plus aliéné à ce principe de normalité qu'il semble s'approprier avec son diplome d'infirmier.

Pourtant, je préfère me référer à tout ces soigants respectueux de chaque personne (et donc de ses collègues) plutot qu'à cette minorité de non-pensants que fabrique notre société.

On est tous à un moment ou à un autre "maltraitant", la différence est que certaines institutions osent le dire, et donc permettent au quidam (dont je fait partie) d'interroger le pourquoi de la chose.

Mais actuellement, tout est fait pour que personne ne se pose cette question fondamentale....il convient d'essayer de se réguler soi-meme!!!

Il faut avoir une force de caractère trempée, ou une expérience comme la mienne pour résister à cette dégradation de la psy publique.

Le probleme de la psy n'est que le mirroir de la maltraitance du social par la politique et l'économie: l'homme est un objet , il n'est plus sujet.

Le combat des soignants psy (dont je ne suis qu'un humble sujet) est uniquement de tenter de préserver une part d'humanité de notre travail (étant aussi et surtout ce qui fonde notre volonté de rester humain)


Putain, y'a du boulot encore!!!

Philfou


bonjour à tous

  • Par sylviepoitou le

je viens d'arriver sur ce forum et pouvoir parler de nos "problèmes psychiatriques" qui ne sont entre autre pour moi que le miroir de notre société va me donner un peu d'oxygène dont j'ai besoin en ce moment...


après 1 ou 2 TS en août 2008 (je me rappelle plus) j'ai été hospitalisé pendant 4 bon mois.

donc depuis je suis suivie et sous traitement.

voila mon histoire en gros depuis 2 ans mais mes problèmes ne sont pas résolus dans le fond et ce n'est pas dans le monde dans lequel on vit que je vais trouver facilement des solutions.

Il faut toujours que je me batte pour me protéger de ce monde de brutes et ça me fatigue .

j'ai pourtant une vie à peu près "normal" :

une famille,un toit,une voiture,un jardin

sylvie


Il n y a pas de fatalité

  • Par philfou le

Sylvie,


La problématique est pour chacun le temps : celui du souffrant estimant à juste raison que sa souffrance dure trop longtemps.

Mais comment remédier en 2 minutes à une problématique qui se cicatrise depuis le début de notre vie.

Comment pour un soignant, apporter une réponse en 2 minutes en prenant en compte cette histoire se déroulant depuis des décennies ?


Le soin psychiatrique n'a qu'un allié : le temps. Comment faire alors que la politique actuelle nous demande d'avoir une réponse instantanée, tout en nous retirant l'unique outil de notre pratique : le temps relationnel ?


Le temps, c'est de l'argent...ARGHHHH


Comment faire connaissance d'une personne et de toute son histoire alors que nous sommes pliés sous contraintes de justifier à chaque instant de ce que nous faisons sous peine de ne pas être reconnu comme professionnel (efficace ?)

Le médicament est plus efficace : il efface le symptôme de manière instantané!! La problématique profonde est niée et donc re-apparaitra en l'absence de cette drogue socialement distribuée.


On me somme d'écrire et de justifier ce que je fait, ceci au détriment du temps de relation de contact que j'ai avec les personnes souffrant.

Si je comptabilise ce que je fait, je suis un bon soignant. Si jamais je n'en dit rien en passant mon temps à être dans la relation : il n'y a pas de preuve que je suis soignant.

En bref , la politique actuelle vise à glorifier les personnes disant ce qu'elles font au détriment de celles faisant et n'en disant rien !!!


J'ai la chance d'avoir put échapper à ce cursus : on me considère comme non-soignant, j'en suis heureux, et surtout les personnes que je côtoie chaque jour: ils me trouvent parfois chiants mais revendiquent de venir dans l'espace de vie que j'anime avec mes collègues!


J espère que vous rencontrerez plein de soignants faisant de même avec vous. Cela veux dire aussi que ces soignants (véritables) vous donneront quelques claques indigestes que vous ne désiriez pas entendre, mais aussi et surtout qu'ils vous insuffleront sans haine le désire de changer parce que ce qu'ils vous apprendront sera fait avec un désir profond et altruiste de vous amener vers ce mieux être dont vous revez.


Être soignant n'est pas être gentil. être soignant, c'est pouvoir renvoyer à l'autre l'intolérable de sa vie afin qu'il l'accepte.

Être soignant psy, c'est en quelque sorte tenter de se mettre à la place de l'autre dans sa souffrance , sans succomber aux symptômes que cela entraîne.


Faut être un fou salarié pour y arriver, mais c'est un travail : c'est ma vie, et au final je ne regrette rien de cette dernière : je travaille souvent dans le plaisir.


Sans la maladie mentale je ne suis rien en fait.


merci


RE: Il n y a pas de fatalité

  • Par sylviepoitou le

bonjour

merci de cette réponse


oui j'ai une psychiatre et un infirmier psychiatrique qui assure...

mais en fait mon milieu familial ne me convient et il me faut reprendre des forces pour avoir ma place...


Sylvie


RE: Il n y a pas de fatalité

  • Par philfou le

Il y a quelque chose qui m'embête dans cette discussion, dans cet outil merveilleux de ces "Nouveaux cahiers de la folie" : il n'y a en fait personne comme interlocuteur.

J'y suis venu au hasard, par le biais d'une lutte menée principalement par des soignants révoltés par le discours de notre cher président prônant une ligne sécuritaire.

Il y a en particulier des psychiatres/psychologues/psychanalystes et rares infirmiers menant une politique réelle visant à re-intégrer le sujet souffrant de troubles psy dans le domaine de la société... j'ai rebondi sur ce forum qui donne à chacun l'opportunité de dire et d écrire avec l'anonymat, ce qu'il pense de tout cela.

Je suis ce jour dans l'insatisfaction de constater que peu de ceux qui sont inscrits dans ce mouvement, osent s'exprimer aux yeux de tous (oeil numérique virtuel pourtant).


Aussi, je me dois d'exprimer le pourquoi de ma parole en ce lieu.


C'est principalement que j'ai la possibilité de dire ce que je ressent, que cette parole m'est absolument nécessaire afin de continuer à faire mon métier le mieux possible. Que sans les divers moyens de communication et de témoignage de ce que je tente de faire, je serais obligé d'adopter une ligne de pensée et de conduite dictée par la bureaucratie envahissant mon domaine professionnel...et donc de devenir un "soignant" institutionnalisé sans état d'ame, sans pensée reproduisant des mécanismes pavloviens de type action/réactions.

Mon métier n'est en fait qu'une résistance face à la bonne-pensée.

Je pense que la personne souffrant de troubles psy est contrainte à ce même mécanisme de la répétition, mais elle n'a pas la possibilité d'accéder à ce que nous nommons "la raison".

(je suis tout sauf raisonnable)

Le soignant, actuellement est formaté de la même manière : il devient victime d'un dogmatisme l'empêchant de voir au delà des apparences : c'est scandaleux car il est payé et (sois-disant formé) afin d'avoir un regard distancié de cela.


Alors, lorsque je constate que le soignant est aussi malade que celui qu'il est sensé aider, ceci selon les mêmes dérives pathologiques, je suis inquiet.

Le soignant est surtout épuisé par tout ce qui est mis en place afin de lui interdire d'effectuer son travail, celui qu'il a choisi afin d être en communication avec son semblable : on lui assène que ce semblable est autre : un fou, un Rom, un étranger; alors qu'il estime avoir à faire à un semblable avec ses qualités et ses imperfections...


Je peux apparaître ici comme porteur d'une certaine philosophie!!!

Je tiens à dire que cette dernière est plus le fruit de l'enseignement des personnes souffrantes, bien plus que des personnes soignantes. C'est mon imperfection qui me donne certaines qualité de soignant : la notion de semblable et de folie.


Ici, je me ressource, trouve une certaine énergie à verbaliser ce que je n'ai pas la possibilité de dire dans mon milieu professionnel. Je trouve en écrivant ces mots, l'énergie nécessaire pour me confronter à ce qui m'apparais souvent intolérable dans ma pratique (dans la vie ?)


Ici, comme dans d'autres lieux, je trouve l'énergie indispensable afin de ne pas devenir un con de facho, et surtout si je me laisse aller parfois à ce penchant facile, à ne pas le reproduire et à modifier ma perception de l'autre qui est parfois intolérable, afin de voir en lui ce qui me rapproche de lui : l'humanité.


Les psy ont aussi besoin de se rassurer : ils sont avant tout des hommes (femmes) avec plein de défauts : leur métier les engage à devenir meilleurs: les seules personnes leur permettant cela sont les patients dont ils ont la charge (avec l'aide de plus en plus réduite actuellement que proposent les institutions psychiatriques).


En bref : soignants, soignés, exprimez vous un peu plus sur ce forum : y'a aucun risque sinon celui de se sentir mieux.


RE: Il n y a pas de fatalité

  • Par sylviepoitou le

voila un courrier que j'ai fait à ma psychiatre après une rechute dépressive suivant une hospitalisation d'août 2008 à décembre 2008 du à 2 tentatives de suicides au mois d'août.

la semaine dont je parle dans ce courrier était dans le mois de mars 2010 et là j'ai du subir 4 sismothérapie ,mais il est certain que c'est "grâce" au sismo que je suis revenue au monde réel en cette fin d'année 2008 (j'ai du en faire une vingtaine....au moins)


je suis toujours en traitement et j'avance petit à petit mais dans ce monde de "dingues" c'est pas facile .

qui sont les fous dans notre société ?


lettre à ma psychiatre (que j'apprécie beaucoup ainsi que toutes son équipe)du 09/04/2010:


Je me permets de vous écrire de façon à peut être gagner du temps sur nos entretiens.


Le temps que j'ai passé à Pinel a été pour moi une semaine de réflexion.

Je me suis dit qu'il fallait que je change encore ma façon de voir les choses tout en

restant moi-même.


J'ai commencé à prendre du recul par rapport aux événements médiatiques.

J'ai noté chaque jour quelles étaient mes difficultés ou quels étaient les moments où je pouvais me sentir bien.


Mes difficultés : la difficulté à me sortir du lit le matin .....

L'adduction à la cigarette....au café...

Difficulté à me retrouver là où il y a foule...(magasin ,rassemblement

familial ou amical...

Difficulté à supporter le mécontentement de mes proches....

Je ne peux rester longtemps à faire la même chose ( même si cela me plait)

Je me sens toujours fatigué.

Faim sans faim ; soif sans soif

Concentration difficile (ça aurait tendance à aller mieux)

Difficulté à prendre des initiatives (dentiste, courses ...


Moments agréables : Film à la maison tels que le petit Nicolas

Passer la tondeuse avec parcimonie

M'occuper du jardin

Jeter les papiers qui ne me servent à rien

Faire une activité avec mon mari (ciné ballade, scrabble...

Fabriquer des choses avec rien (boites papier mâché et collage récup

papier...)

Mots croises (avant je ne voulais pas en faire)

Faire un plat réussi, sain , qui va plaire, en écoutant de la musique et en

prenant mon temps .



D'autre part j'ai décidé un premier temps

de sortir un peu tous les jours là où il y a du monde

de faire 30mn de marche par jour

de remplacer le café par un jus de fruit


Je voulais aussi vous faire savoir que depuis hier je stresse déjà à l'idée de faire la sismothérapie et que je ne suis pas complètement convaincue de l'utilité de continuer même si cela m'a sortie de la souffrance dans laquelle j'étais.






RE: Il n y a pas de fatalité

  • Par Mathbel le

Bonjour,


Il y a un forum sur le site des 39 qui est plus actif que celui là (on ne peut pas être partout...)

Je vous donne le lien pour celles et ceux qui seraient intéressés.


http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=388


Mathbel


RE: Il n y a pas de fatalité

  • Par sylviepoitou le

merci


RE: Il n y a pas de fatalité

  • Par lanaa le

Je suis d'accord avec ce que vous dites sur le temps. On est dans une civilisation de l'immédiateté, et le pire c'est qu'elle est contre-productive, même quand on se place uniquement du point de vue du rendement. C'est comme ça partout. Je suis libraire, et ce que mes patrons veulent que je fasse, c'est vendre un livre aujourd'hui et refiler une carte de fidelité. Moi je préfère fidéliser les gens en étant honnête, en prenant le temps de les conseiller, et tant pis si aujourd'hui ils repartent sans rien, parce que je sais qu'après ils me feront confiance. Tandis que si je leur refourgue n'importe quoi, ils ne reviendront plus et les chiffres baisseront. Mais visiblement, c'est un raisonnement trop subtil pour les financiers qui dirigent le monde. C'est juste un exemple de la façon dont tourne le monde, et l'hôpital comme les autres.

Mais c'est tout aussi contre-productif, et en plus on joue avec des vies.

Je suis schizophrène, et à partir du moment où j'ai été correctement soignée, j'ai pu commencer à m'en sortir, si on peut dire qu'on s'en sort vraiment, mais disons à aller beaucoup mieux et argument de poids pour les financiers, à coûter moins cher. Donc, certainement ça coûtait plus cher de voir ma psychiatre une heure chaque semaine que dix minutes par mois pour rédiger une ordonnance. Mais au final, les gens qui sont "soignés" comme ça, à la va-vite, enchaîne les hospitalisations, n'arrivent pas à travailler alors que peut-être ils l'auraient pu, ne diminuent pas leur dose de médicaments puisqu'il n'y a pas de mieux-être.

Donc même en se mettant dans une logique purement financière, ce raisonnement de rentabilité immédiate est idiot, et je n'arrive pas à comprendre comment ceux qui en décident ne le comprennent pas, quand en plus leurs employés, ceux qui connaissent leur métier, que ce soit à l'hôpital ou en entreprise, le leur disent tous les jours.

Donc oui, donnez-nous du temps, le temps de travailler correctement, parce que ce système est en train de tout détruire, la santé, l'éducation, la culture, etc...


Statistiques, vous avez dit statistiques ?

  • Par moiissito le

Lorsque vous jouez à pile ou face, plus vous jouez, plus vous arrivez à obtenir autant de face que de pile. Eh bien c'est la même chose que lorsque vous pesez le pour et le contre et qu'un nombre grandissant de personnes agissent. de même en interactions. L'on arrive avec le temps à un point d'équilibre qui ne fait qu'augmenter entre les participants. De même pour le bon et le mauvais, la yin et le yang,...etc...


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