fiche lecture (81)
Ce livre m'a touché, et ce n'est pas peu dire. J'ai eu besoin de le lire et de le relire. Sa lecture n'est pas une lecture directe, au premier degré. Il est provocant, souvent déconcertant. Chaque chapitre de quelques pages invite à un réflexion, une revue, une recherche du sens sous le sens. Vous l'avez compris : J'aime
Les extraits suivants sont autant de clés, peut-être d'énigmes. Si le coeur vous en dit : bonne aventure
P 11 Abandon : le grand projet de ma vie. Apprendre à ne plus refuser le réel, à accueillir ce qui est, sans résister, sans lutter sans cesse, cette fâcheuse tendance qui mène à l'épuisement.
P 12 Spinoza : « Bien faire et se tenir en joie »
P 13 L'abandon, on le verra, n'est pas du tout la résignation. C'est même le contraire. Plus on s'abandonne à l'instant présent, plus on est dans l'action...
P 18 Soutra du diamant : « Ma femme n'est pas ma femme, c'est pourquoi je l'appelle ma femme ».
Si je dis : »Ma femme c'est ça », je la fige ... et je la tue. Les étiquettes enferment les gens
P 23 la vie m'a donné le plus magnifique ami dans le bien que j'ai eu la chance de rencontrer. Il s'agit de ma femme.
P28 J'ai soudain compris que mon corps était comme un enfant à protéger, à chérir.
P29 J'aime tellement mon être que je suis invité à tout mettre en oeuvre pour qu'il progresse, pour qu'il se délivre de tout ce qui l'empêche d'être joyeux et libre.
P33 La phrase du Soûtra du Diamant nous invite à ne jamais nous fixe dans le bien. Je peux dans la même heure être un mari minable ; déplorable, autant qu'un mari modèle.
P 42 « Juger la réalité, c'est vouloir occuper le trône de Dieu et la place est déjà prise ».
P 44 Nous avons une image de nous et, du matin au soir, nous voulons nous y conformer.
P 45 Gandhi : « Il faut vivre simplement pour que d'autres puisse simplement vivre ».
P 53 « ... la détente, plus on la cherche, moins on l'atteint »
P 58 ... « l'abandon, ce n'est pas du tout la résignation, mais plutôt l'action d'action en action.
P 69 Est-ce que j'ai la foi ? La réponse est donc oui et non. Certains jours je me lève croyant pour me coucher athée.
P 64 ... Il m'a donné une croix et m'a invité à l'envoyer contre le mur et à faire tout ce que j'avais envie de faire avec elle. Je lui ai répondu : c'est un blasphème... Il m'a dit : Ce que tu prends pour de la religion, c'est une idole... p 65 « Tant que j'aime une image de Dieu, je ne l'aime pas pour lui-même ».
P 76 je me demandais chaque soir : « Qu'est-ce que je retiens de la jurnée ? » La question que je me pose à présent est plutôt : « Qu'est-ce que la journée m'a donnée ici et maintenant ? »
P 80 Je doit faire chaque chose, réciter chaque prière, observer chaque règle comme si je n'avais rien d'autre à faire.
P 99 Rencontrer l'autre, c'est aller vers un autre monde. Sortir de soi, de ses repères, de ses carapaces et de ses armures. Sortir des rôles que nous jouons. Suis-je totalement à son écoute ?
4e de couverture :
ALEXANDRE JOLLIEN - Petit traité de l'abandon
«Être vrai, me dépouiller des masques, oser l'abandon plutôt que la lutte, voilà qui me guide dans le périple de l'existence, où jamais nous ne pouvons nous installer. Pour demeurer fidèle à soi, pour vivre une authentique simplicité du coeur, tout un art est requis. C'est celui-ci que j'ai librement esquissé ici. Comment s'abandonner à la vie sans baisser les bras? Comment goûter la joie sans nier le tragique de l'existence? Comment traverser le découragement sans devenir amer? Ce Petit Traité de l'abandon tente de dégager un chemin vers la liberté intérieure et de dessiner un art de vivre qui permette d'assumer les hauts et les bas du quotidien. Ni mode d'emploi ni recette, juste des explorations pour découvrir quelques outils, et des exercices spirituels pour avancer. Ainsi, j'ai puisé dans la tradition philosophique et celle du zen une invitation à une vie plus simple, car le bonheur ne procède pas de l'accumulation mais du dépouillement. C'est la joie qui mène au détachement et non le contraire. D'où cet itinéraire vers l'abandon, né de mes joies et de mes blessures. »
A. J.
Né en 1975, ALEXANDRE JOLLIEN a vécu dix-sept ans dans une institution spécialisée pour personnes handicapées physiques. Philosophe et écrivain, il est l'auteur d'une oeuvre qui connaît un succès constant, avec Éloge de la fa/blesse (Cerf, 1999, prix de l'Académie française) et, au Seuil: Le Métier d'homme (2002), La Construction de soi (2006), Le Phi¬losophe nu (2010).
Le CD joint exploite des fichiers au format mp3. Seuls les supports de lecture compatibles avec ce format pourront être utilisés. _e producteur et l'éditeur déclinent toute responsabilité en cas d'usage non conforme du CD.
ISBN 978.2.02.107941 SEUIL
Des dizaines d'expressions dont chacune est un chapitre et que nous avons entendues et même dites sans même y penser. Delerme nous révèle que ce qui est important ce n'est pas l'expression devenue banale dans des situations devenues banales et répétitives, mais tous ce que l'on ne dit pas, les sous-entendus, les entendus, le sens sous-jacent avouable ou non avouable.
4e de couverture
Je vais passer pour un vieux con.. et autres petites phrases qui en disent long
« Dans la liste des précautions oratoires, celle-ci occupe une place à part. Elle souhaite jouer la surprise par sa forme, une vulgarité appuyée qui aurait pour mission de gommer à l'avance le pire des soupçons : une pensée réactionnaire. L'interlocuteur ne doit pas se récrier avant la remarque promise. Mais une petite réticence aux commissures des lèvres signifiant "Toi, passer pour un vieux con l?" semble bienvenue. Elle était espérée. »
Traquant les apparentes banalités de nos discours, nos petites phrases toutes faites, Philippe Delerm révèle pour chacune un monde de nuances, de petits travers, de rires en coin. La vérité de nos vies, en somme. Tour à tour attendri, moqueur ou mélancolique, il s'attache aux détails qui nous dévoilent un monde. Des mots qui nous échappent, des instants vécus par tous.
Philippe Delerm est notamment l'auteur de La Première Gorgée de bière, La Sieste assassinée et Ma grand-mère avait les mêmes.
ISBN 978-2-02-105649-5 9 782021 056495 Imp. en France 09.12 14,50 €
Extrais pp 123-4 « Je ne m'en servirai plus, maintenant »
«Tu peux le prendre. Je ne m'en servirai plus,maintenant ! »
Des mots qui peuvent s'attacher à tant de situations possibles. Un homme âgé qui parle de son vélo. Les deux phrases sont jetées avec une désinvolture un peu expéditive, comme pour cacher pudiquement un message plus solennel et plus secret.
..................
Oui, le vélo, on va le prendre. Ou pas. Il y aura peut-être une raison de refus rédhibitoire. «Je n'ai pas de place pour le mettre dans l'appart, et pas de cave. » Mais on entend surtout : « Je ne m'en servirai plus, maintenant. » Le maintenant est poignant. Voilà. J'ai aimé le vélo, je suis encore vivant. Mais maintenant. Je suis encore moi-même et je ne le suis plus. Je n'ai pas à me plaindre, j'ai eu des bons moments si longtemps.
.................. Je le dis sur un ton que je crois détaché. Mais tu l'entends comme je le pense au fond de moi. Ne me console pas. C'est déjà beau tout ce qui reste quand la vie n'est plus la vie.
Réalité historique - mythes ancestraux - Intrigue sur fond de croyance et de complot : voilà la recette magique de Frédéric Lenoir, maître du suspense. Bonne lecture...
4e de Couverture
Rocher battu par les tempêtes, lieu de cultes primitifs sanctifié par les premiers chrétiens, le Mont-Saint-Michel est loin d'avoir révélé tous ses secrets. Au début du xie siècle, les bâtisseurs de cathédrales y érigèrent une abbaye romane.
Mille ans plus tard, une jeune archéologue passionnée par le Moyen Âge se retrouve prisonnière d'une énigme où passé et présent se rejoignent étrangement.
Un roman aux dimensions de cathédrale, puissant comme l'art roman et la foi médiévale On est envoûté.
Le Figaro.
Un polar savant, conçu comme un jeu de piste archéologique. Rien de tel qu'un bouquet de sentiments impies pour exhaler tous les effluves d'un lieu sacré.
L'Express.
Prix des Maisons de la Presse 2004, succès international, La Promesse de l'ange est traduit en dix langues.
9-782253-116561
Des deux livres écrits sur le Cardinal « emblématique ? » s'il y avait une chose à retenir, c'est la réplique d'Olivier Legendre au bas de la page 196 :
« Je conclus alors que le rôle des chrétiens était d'incarner la tendresse de Dieu éprouve à l'égard de ses enfants de la terre ».
Quatrième de couverture :
Il y a cinq ans, le cardinal et Olivier Le Gendre commençaient un dialogue d'une étonnante franchise sur l'Église, son fonctionnement et ses principales prises de position jusqu'à la disparition de Jean Paul II et l'élection, dans un climat de panique, de son successeur. Ces rencontres ont donné lieu à un ouvrage, Confession d'un cardinal, qui a suscité d'intenses débats dans la communauté catholique.
Ces entretiens ont repris début 2010, mais le climat a changé : Olivier Le Gendre a connu l'épreuve d'une grave maladie et le cardinal s'est plongé encore davantage dans le monde des plus défavorisés. Le ton de leurs nouveaux échanges est plus profond, plus spirituel, calme et passionné.
Peut-on encore avoir confiance dans le fonctionnement de l'Église ? Ses défaillances n'empêchent-elles pas que le message du Christ soit entendu : attention aux plus démunis, humilité, charité...
L'organisation de l'Église n'est-elle pas inefficace à cause d'une hiérarchie qui n'a plus de prise sur la réalité de la vie des chrétiens ? Benoît XVI est-il bien entouré ? Faut-il donner plus d'autonomie aux Églises locales ? L'Église est-elle encore un lieu qui répond à l'espérance des hommes ?
Olivier Le Gendre doute, le cardinal est lucide : « Nous sommes dans une Église étrange, capable souvent du meilleur et nous laissant parfois surprendre par le pire. »
Olivier Le Gendre est un grand connaisseur des milieux chrétiens où il exerce de nombreuses responsabilités. Il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'Église dont Confession d'un cardinal, un grand succès en France et à l'étranger.
Ce que l'on peut retenir de ce livre ouvert qui évoque entre autre les diverses controverses qui ont agité le monde médiatique est qu'il n'esquive pas les questions. Les réponses apportées par le pape sont révélatrices des mauvais procès qui lui sont fait mais également de cette trop grande hauteur (tour d'ivoire ?) à laquelle il se trouve. Non, Benoit XVI même s'il reconnaît les erreurs, n'est pas un communicant, soit de son fait, soit du fait de ceux qui l'entourent et sont censés le relayer..
Parmi les points d'intérêt, il y a cette référence à l'Apocalypse (p236) « livre mystérieux » qui « reflète de manière mystérieuse la poursuite des tourments, sans nous dire en même temps quand viendra la réponse » « ... par laquelle Il (le Seigneur) refait régulièrement son entrée dans l'histoire »
Intéressant également la citation de Ratisbonne (l'auteur cité par Benoit XVI est nommé « l'empereur » sans autre précisions. (p246) Il s'agit de fait du docte empereur byzantin Manuel II Paléologue (1391) qui est cité dans un dialogue avec un persan cultivé comme suit :
« l'empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s'adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme. « Dieu n'apprécie pas le sang -- dit-il --, ne pas agir selon la raison, sun logô, est contraire à la nature de Dieu. »
4e de couverture
Benoit XVI
Lumière du monde
Le pape, l'Eglise et les signes des temps
« Le Pape veut aujourd'hui que son Eglise se soumette à une sorte de purification fondamentale... Il s'agit selon lui de montrer Dieu aux hommes, de leur dire la vérité. La vérité sur les mystères de la Création. La vérité sur l'existence humaine. Et la vérité sur notre espérance, au-delà même de notre seule vie sur terre. »
Jamais un pape n'avait pris une telle décision : ouvrir son coeur à tous, ne laisser aucune question de côté. Comment Benoît XVI juge-t-il les cinq premières années de son pontificat ? Comment se voit-il en pape ? Que nous dit-il à propos du scandale des abus sexuels dans l'Eglise, du cas Williamson, de la réforme de l'Eglise ? Quel dialogue et quelles relations avec le judaïsme, avec l'islam ? Que dit le chef de plus de un milliard de catholiques sur les évolutions de la société occidentale, sur les défis éthiques, écologiques de notre monde, sur l'athéisme contemporain ?
Peter Seewald est journaliste et écrivain allemand. Le pape Benoît XVI l'a exceptionnellement reçu en juillet 2010 dans sa résidence de Castel Gandolfo, plus de treize ans après leur premier livre (Le sel de la terre, 1997) quand le Pape n'était encore que le cardinal Joseph Ratzinger.
Traduit de l'allemand par Nicole
Casanova et Olivier Mannoni.
9 782227 482463
Il n'est pas besoin de présenter Sénèque né en l'an 1 avant J-C. Philosophe, stoïcien, inspirateur de nombreux écrivains et philosophes.
J'avais lu et commenté il y a quelques années une édition similaire mais l'ayant perdue, j'ai donc acheté ce présent livre. Cela m'a permis de constater que les éditons proposées ne reprennent qu'une partie de ces lettres (différentes à chaque fois) et je ne suis pas sûr que la présente édition ait vraiment fait le meilleur choix.
Son intérêt cependant réside dans le fait que l'auteur situe Sénèque dans son contexte et attire l'attention du lecteur sur de possibles contradictions entre l'homme « détaché » des biens matériels et l'homme ayant amassé une immense fortune sous le règne d'un tyran dont il était chargé d'assurer l'élévation ! (le doute peu néanmoins subsister)
Un autre intérêt de ce livre est le dossier des textes de commentateurs. J'ai ainsi appris que Montaigne et d'autres écrivains célèbres s'en était inspirés.
J'imagine que Saint Ignace devait être familier de Sénèque tant ses principes s'en rapprochent quand ils ne sont pas rigoureusement identiques. (« Ne pas préférer la richesse à la pauvreté, la santé à la maladie, etc.»)
L'auteur de ce livre évoque égalemement une autre recontre hypothétique mais possible : celle du philosophe avec Saint Paul. Il la pense peu vraissembleble pour sa part.
Autre surprise est la critique du voyage par Sénèque. Mes souvenir de classe de seconde me font revenir en mémoire un passage de Chateaubriand où celui-ci écrit à peu près ceci :
« Il ne sert à rien de voyager puisque l'on s'emmène avec soi ! »
Si l'un de mes augustes lecteurs pouvait me retrouver la source, j'en serai des plus heureux (J'hésite à évoquer le livre narrant un voyage dans le nouveau monde..)
L'autre grand thème repris à maintes reprises par Sénèque est celui de l'indifférence à la mort en particulier lorsque l'on a atteint un âge avancé, c'est-à-dire que l'essentiel de notre temps de vie est déjà presque complètement consommé... et que l'on a donc presque plus rien à perdre.
J'ai découvert à cette occasion que l'intégralité des Lettres à Lucilius sont disponibles sur Wikipedia. Pour y accéder, cliquez ici.
4e de couverture
AGORA (Pocket)
Les idées, les arts, les sociétés,
Ces lettres sont comme le journal intime et philosophique de Sénèque. Il y évoque ses doutes et ses drames de conscience, affronte les grands problèmes philosophiques et moraux que chacun se pose, en son temps comme aujourd'hui, et leur apporte des réponses empreintes d'une sagesse prudente et mesurée. Ainsi, ce texte est aussi bien le roman d'une âme exceptionnelle qu'une brillante initiation à l'un des courants majeurs de la philosophie antique, le stoïcisme.
Cette édition présente :
* une introduction ;
* un choix des lettres les plus importantes, dans une nouvelle traduction qui rend justice à la vivacité de plume de Sénèque ;
* un dossier de textes de commentateurs, qui permet de prendre la mesure de l'influence qu'eut ce maître de la philosophie ancienne : Quintilien, Montaigne, Saint-Évremond, Diderot...
Préface, traduction et commentaires de Pierre Miscevic, professeur en khâgne au lycée Condorcet.
Texte intégral
ISBN 978-2-266-03399-2
Portrait d'un couple, peinture murale pompéienne.
Museo Nazionale Archeologico, Naples.
© Nimatallah / AKG Paris.
033992
J'ignorai que je puisse lire un manga avec autant d'intérêt ! Il est vrai que le sujet - La montagne d'altitude - reste une passion et je remercie mon épouse de me l'avoir fait découvrir. A sa façon, elle me prépare mentalement au trek qui va me mener au camp de base de l'Anapurna en octobre 2011. Katmandou est croqué par le dessinateur de manière très évocatrice. Le fait d'être écrit (dessiné) de droite à gauche contribue au dépaysement et l'on s'adapte finalement assez vite à la lecture à la Japonaise !
J'apprécie particulièrement l'introduction de la page de couverture qui suit :
"Quand les hommes font face à la nature, c'est d'abord eux qu'ils affrontent" !
A travers le regard et les souvenirs du héros-photographe Fukamachi Makoto, le lecteur pénètre dans un monde à part où cohabite la dure loi de la montagne et la folle passion des hommes. Entre poésie, action et suspense, ce manga nous emmène très loin au coeur de l'Himalaya.
Voilà un livre magnifique sur la paternité vue du point de vue de l'enfant. Il s'agit de l'histoire d'une adoption, mais chaque père ne doit-il pas « adopter » ses enfants pour être légitimement leur père ? En tous cas je le crois. La fin tragique de ce père là, qui est le ressort du livre est un sujet tout autre qui n'est pas traité, juste évoqué par des petites touches de la part d'un enfant (l'auteur du livre) meurtri par cet adieu silencieux de celui qui l'aime et qu'il aime.
Bonne lecture !
4e de Couverture :
ERIC FOTTORINO L'homme qui m'aimait tout bas
Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait « à l'ancienne», ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. « Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil », écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.
Eric Fottorino est né en 1960 à Nice. Il est notamment l'auteur de trois romans publiés aux Editions Gallimard, Caresse de rouge (prix François-Mauriac), Korsakov (prix des Libraires) et Baisers de cinéma (prix Femina).
Nrf
Extrait d'un journal :
Pour se souvenir, rendre hommage, essayer de comprendre, retrouver le fil d'une histoire humaine, simple comme la vie. Redonner la parole. C'est ce qu'a fait Éric Fottorino dans ce livre étrange, attachant, intime, après le suicide de son père, le 11 mars 2008, sur un parking de La Rochelle. Dès l'été, le directeur du Monde a eu besoin d'édifier ce qu'il appelle « le contraire d'un tombeau», ce « monument de papier en bric-à-brac»: souvenirs revenus, sensations retrouvées en fouillant les papier s du mort, les photos, lieux traversés ensemble à vélo dans les Charentes d'une enfance sportive.
Le père d'Éric Fottorino n'était pas son «vrai» père: son père adoptif, l'homme qui, à dix ans, lui avait donné son nom. Le père « naturel », lui, avait été tenu à l'écart par les parents de la jeune fille qui, à dix-sept ans, avait, « déshonoré » sa famille. Une «fille-mère»... Le père adoptif devenu vrai « papa » était ce « kiné » de campagne, sportif, vivant, volontaire, refusant tout contact avec les « administrations», ancien d'une guerre d'Algérie où il vécut des horreurs baptisées héroïsmes. Cet homme, sans doute, au seuil de la vieillesse, s'accorda une ultime liberté : mourir « en forme». Comme un sportif qui « raccroche » sans en faire tout un plat.
«Aurais-je pu l'empêcher?» Éric Fottorino, évidemment, se pose la question des survivants. «Au fond de moi, je crois que oui. Et c'est horrible de vivre avec cette pensée. » Cette culpabilité, rien ne peut l'attester ni la démentir. Témoigner contre la mort? Non, témoigner pour la vie, laisser trace à celui qui était un père plus vrai que «vrai père». En somme, de la part du fils, une adoption définitive publiquement proclamée. Une reconnaissance.
Lu le 22 septembre 2004 : Mes lectures se suivent... et ne se ressemblent pas. Cette fois une distraction animo-philosophique qui nous emmène dans le monde lointain et tout proche. Celui d'une civilisation aux technologies de communication hyper performante et intrigantes, le monde des fourmis. L'on se laise captiver dans ce roman d'aventure plein de réalisme formico-anthropomorphe.
4e de couverture *************
Le temps que vous lisiez ces lignes, sept cents millions de fourmis seront nées sur la planète. Sept cents millions d'individus dans une communauté estimée à un milliard de milliards, et qui a ses villes, sa hiérarchie, ses colonies, son langage, sa production industrielle, ses esclaves, ses mercenaires...Ses armes aussi. Terriblement destructrices.
Lorsqu'il entre dans la cave de la maison léguée par un vieil oncle entomologiste, Jonathan Wells est loin de se douter qu'il va à leur rencontre.
A sa suite, nous allons découvrir le monde fabuleusement riche, monstrueux et fascinant de ces « infira-terrestres », au fil d'un thriller unique en son genre, où le suspense et l'horreur reposent à chaque page -sur les données scientifiques les plus rigoureuses.
Voici pour la première fois un roman dont les héros sont des... fourmis!
LA SAGA DES FOURMIS:
Les Fourmis
Le jour des fourmis
La Révolution des fourmis
30/9615/3
Le livre de poche - Texte intégral
500 pages d'effroi et de suspense, d'un bout à l'autre, même si le début du Thriller est un peu laborieux. Mon fils qui m'a conseillé la lecture de La Ligne Noire me sait bon public. Il ne s'est pas trompé : ce livre donne des frissons et prouve une chose : la folie de l'homme qu'il soit héro de roman ou tout simplement l'écrivain metteur en scène de l'horreur, n'a pas de limite !
Bonne lecture !
4e de Couverture :
Il existe quelque part en Asie du Sud-Est entre le tropique du Cancer et la ligne de l'Equateur, une autre ligne.
Une ligne noire jalonnée de corps et d'effroi...
LE PRIX A PAYER
Encore une fois, je me dois de remercier ma filleule Caroline qui prend si bien soin de son parrain en lui offrant des livres de qualité. Ayant achevé cette lecture en un temps record, ce qu'elle avait prédit tant le livre est passionnant, je lui écrivais :
" Chère Caroline, Encore merci pour ce livre terrible qui expose une fois de plus les ravages de l'intégrisme musulman. En regard de cette insupportable négation de l'être humain et de sa dignité conférée par le Créateur, Mohammed-Youssef-Joseph ancré dans sa foi est une figure lumineuse qui invite à beaucoup d'humilité et donne de l'espoir malgré la menace de l'idéologie pseudo religieuse toujours présente.
Encore merci pour ce livre qu'il est difficile de quitter lorsqu'on l'a commencé. "
Chaque page témoigne de la foi ardente de Mohammed Fadelle, c'est son chemin de croix qu'il convient d'approcher au fil du récit.
4e de couverture :
« Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie » (Luc 21,16-19).
Lors de son service militaire, Mohammed, jeune musulman ira¬kien issu d'une grande famille chiite, découvre avec effroi que son voisin de chambrée est chrétien. Une relation paradoxale se noue entre les deux hommes. Mohammed en sortira métamorphosé. Revenu à la vie civile, il n'aura qu'une idée en tête : se convertir au christianisme. Une pure folie ! Pour ses parents et ses proches, c'est impensable. En Islam, le changement de religion est un crime.
Tout est mis en oeuvre par son clan pour le faire revenir sur sa décision. Rien n'y fait. Après les intimidations et les coups, viennent la prison et la torture... Mohammed, devenu Joseph par son baptême, vit un long calvaire mais ne cède pas. Une fatwa est prononcée contre lui. Ses frères lui tirent dessus, en pleine rue. Grièvement blessé, il s'effondre...
Le prix à payer est une histoire vraie.
Joseph Fadelle vit en France avec sa famille depuis 2001. Il est désormais citoyen français.
ISBN: 978-2-35631-060-6
dans un monde en rupture..
Le titre ambitieux m'avait séduit. A l'arrivée, Jean Prieur ne traite du sujet en titre qu'en fin du livre dans le dernier chapitre et de façon relativement expéditive. Il est vrai que le sujet était ambitieux et Jean Prieur n'échappe pas aux poncifs intergénérationnels (de mon temps... !) Bien sûr il a raison, nous sommes dans la révolution permanente et déstabilisé par le fait que ce qui advient n'est pas ce que nous avions anticipé. Mais avec les économistes et les prévisionnistes qui se trompent en permanence, l'on devrait être habitué.
J'ai néanmoins eu un certain plaisir à lire ce livre où j'ai retrouvé mes expériences, mes observations et constats des 50 dernières années. Sans prétendre être Jean Prieur, ce qu'il décrit et d'où il le décrit ressemble diablement à ce que j'ai vécu. C'est donc une sorte de chemin de mémoire que j'ai parcouru au long de ces presque 300 pages et nostalgie aidant ce ne fut pas désagréable. Je suis injuste, c'est un peu plus que cela : une description utile à celui qui médite et réfléchi au mouvement du monde. Merci Jean Prieur
4e de couverture :
Transmettre
Dans un monde en rupture
Face à l'accélération de l'Histoire, Jean Prieur s'interroge avec passion et sans nostalgie : qui est-il, lui qui appartient au troisième millénaire, tout en ayant vécu des époques si différentes et si contrastées ? Que reste-t-il de ses convictions, de ses engagements? Comment transmettre aux plus jeunes ce qu'il a connu dans un monde qu'il a parfois du mal à reconnaître?
Pour témoigner des bouleversements traversés par sa génération, l'auteur exprime ce qu'il a vécu, entendu et observé. If aborde des thèmes révélateurs de ce changement: Ses transformations de la nation, de la société, de l'identité française ; le rapport au temps et à l'espace, à la religion et à la mort; révolution de la famille, de l'éthique ou de l'amour, du travail ou de ta culture ; l'explosion et les conséquences de la technologie. Comment alors assurer la transmission entre générations dans un tel contexte d'ébranlements et de cassures ?
Après avoir passé le concours de l'École navale, puis suivi des études de philosophie et de sciences économiques, Jean Prieur a travaillé dans l'équipe de Jacques Delors au cabinet de Jacques Chaban Delmas. Après une carrière dans la fonction publique, au ministère du travail et des affaires sociales, il a été directeur des Ressources humaines de grands groupes. Il est actuellement conseil en stratégie et développement social.
ISBN: 978-2-7096-3431-1
19 € TTC France
10.03.45.4550.5 Atelier Didier Thimonier
Un arc-en-ciel dans la nuit
4e de couverture
La naissance tumultueuse de l'Afrique du Sud racontée à travers les destins héroïques des fondateurs de la nation arc-en-ciel.
« Un chef-d'oeuvre.» France Info
« Plus qu'un document, une fresque captivante et bouleversante. » Le Figaro Magazine
Texte intégral
ISBN 978-2-266-18994-1
1651- 1994 Comment passe-t-on de la Bible à l'Allemagne nazie ! Les trois extraits ci-dessous résument de façon presque parfaite une épopée tragique commencée en 1651 pour aboutir au séisme politique et culturel de 1994, l'élection de Nelson Mandela.
Les promoteurs de l'apartheid - membres très assidus de l'église Hollandaise réformée, le peuple choisi par Calvin - après avoir fondé leur vision missionnaire et conquérante de peuple élu et de terre promise dans les écritures saintes ( l'Ancien Testament), vont peaufiner leur tactiques dans l'Allemagne nazie :
(pp100)
Hendrik Verwoerd et ses camarades sont subjugués par le message. L'idéologie prônée par Adolf Hitler n'est donc pas un produit de sa seule imagination. Elle vient des profondeurs de l'histoire allemande. Comment ne pas être impressionné par cette découverte? Tout en appelant les masses à communier dans l'idéal du Blut und Boden, du sang et de la terre; tout en exaltant la notion de peuple » et de « race », le maître du IIIe Reich parle de renouveau historique, développe la vision d'une révolution à la fois nationaliste et anticapitaliste, condamne en même temps le communisme et le libéralisme. Autant de thèmes d'une cruciale réalité pour les représentants d'un peuple minoritaire étranglé tout à la fois par l'impérialisme industriel et commercial des Britanniques et la pression de millions de Noirs affamés de justice.
Les visiteurs s'aperçoivent rapidement que ces mots sacrés de « sang », de « terre », de « race » qui comptent tant pour eux ont dans la bouche de leurs hôtes (nazi) une signification précise. La lecture d'un banal entrefilet dans la page des informations générales d'un quotidien de Berlin apprend un jour à Verwoerd que le congrès du parti nazi vient de promulguer une loi sur la citoyenneté allemande qui retire à tous les citoyens de race juive la jouissance de leurs droits civiques. Quelques jours plus tard, un autre entrefilet annonce le vote d'une autre disposition dénommée « loi sur la protection du sang et de l'honneur allemands », laquelle interdit les mariages entre juifs et Allemands. Les unions déjà à contractées seront automatiquement dissoutes et les relations sexuelles entre les deux races désormais bannies. La nouvelle loi défend par ailleurs aux juifs d'employer à leur service des domestiques allemandes âgées de moins de quarante-cinq ans.
pp 112
... dans la patrie de Goethe, de Kant, de Nietzsche, de Rilke, au pays de Wagner e de Beethoven, un seul homme (Hitler) est parvenu à convaincre soixante-dix millions de « monsieur tout-le-monde » qu'ils constituent tous ensemble une race de seigneurs ! C'est extraordinaire, non
L'admiration de l'ancien étudiant résonne à travers le salon.
- Nous devons copier Hitler, conclut-il. Pour balayer leurs craintes, nous devons convaincre nos compatriotes blancs qu'ils appartiennent à une race supérieure.
- Je suis complètement d'accord avec Hendrik ! s'exclame aussitôt le représentant de l'Église hollandaise réformée. N'est-ce pas Dieu Lui-même qui a proclamé la supériorité raciale des Afrikaners lorsqu'il leur a donné comme une Terre promise ce morceau d'Afrique, comme il avait naguère donné aux Hébreux la terre d'Israël ? Du fait de ce cadeau, les Afrikaners se sont trouvés investis d'une mission divine : séparer les différentes races et cultures de ce pays pour que chacune puisse fleurir et s'épanouir dans un lieu particulier choisi par Dieu. Les Bantous au Transkei, les Zoulous au Natal, les Xhosas au Transvaal, les métis et les Indiens ailleurs... Mes amis, je suis certain d'être l'interprète des théologiens de notre Église quand je vous affirme qu'instaurer un apartheid dans ce pays ne sera ni un péché ni un crime. Ce sera au contraire une façon de servir la volonté divine qui veut que soient séparés les différents peuples vivant sur cette terre. Les Afrikaners trouveront en outre dans l'apartheid un rempart idéal protégeant leur race élue par Dieu pour dominer le reste de sa créa¬tion.
- Piet, as-tu réfléchi à la façon dont nous devons convaincre les Afrikaners de leur appartenance à une race supérieure ? s'inquiète alors Malan.
- Bien sûr ! Tout d'abord par un minutieux travail de terrain. Il faut mobiliser tous nos pasteurs, nos dominees, pour qu'ils organisent dans toutes les paroisses du pays des séminaires, des colloques, des séances de réflexion, des débats. Cela va prendre des mois, peut-être des années. Mais au bout du compte, nous aurons formé une armée de croisés prête à partir à la conquête du Graal !
L'allusion au vase symbolisant la marche mythique de l'homme vers sa rédemption allume un sourire sur toutes les lèvres. C'est alors que se fait entendre une voix restée muette jusqu'ici. Le naturel plutôt réservé de l'ancien maçon de Johannesburg Henning Klopper était bien connu de ses compagnons, ce qui rendait toujours ses interventions particulièrement attendues. Bien qu'il n'ait pas été un témoin oculaire des grand-messes hitlériennes, Klopper était probablement l'un des Sud-Africains qui connaissait le mieux les techniques utilisées par Hitler pour jeter l'Allemagne dans les tentacules de l'hydre nazie.
-- C'est par une vaste mise en scène à base de symboles autant que par la prédication d'une idéologie que Hitler a réussi à envoûter le peuple allemand, déclare-t-il posément. Il y a, dans le style employé par le chef du IIIe Reich, un modèle qui devrait inspirer nos responsables politiques. Or, comme le sait mieux que quiconque notre cher Daniel François Malan ici présent, une certaine apathie semble paralyser ces jours le petit peuple blanc. Pour le secouer, sans doute faudrait-il ressusciter devant lui quelques grands mythes de son histoire...
pp 228
Les descendants du peuple choisi par Calvin pour répandre la religion chrétienne sur la terre d'Afrique ont réussi la plus colossale déportation de population de l'his¬toire de l'humanité.
Le Cap, cette pointe extrême du globe où avait un jour d'avril 1652 commencé la plus grandiose et féroce des épopées coloniales. Le Cap, la ville qui avait vu partir le peuple d'une nouvelle Alliance vers une Terre promise au coeur de l'Afrique. Que sait-elle, cette éblouissante ville-jardin flottant comme une utopie dans l'odeur des pins, de la tra¬gédie qui se déroule dans le pays dont elle reste le symbole de toutes les douceurs? Que sait-elle des souffrances infligées par Vorster et ses tortionnaires de l'apartheid au peuple des kaffirs? Bien que son Parlement ait instauré le plus terrifiant arsenal de lois jamais votées contre la liberté, elle sait peu de chose en vérité. À part l'éviction des habitants de sa banlieue de District Six et des déportations répé-tées dans quelques camps de squatters des environs, la ville ne connaît pas l'ombre d'une confrontation raciale.
Ce live à auteurs multiples est un trésor de références. De ces divers auteurs, je connais Lytta Basset et Lama Puntso, tous deux rencontrés à l'occasion de seminaires dans le finistère pour l'une et en Dordogne pour l'autre.
pp 8 : "Tout se passe comme si la jeunesse, la santé et une intégration réussie étaient les conditions nécessaires pour bénéficier de la reconnaissance de tous. (BU)
"C'est affirmer que la dimension humaine d'une société se mesure à la façon humaine dont elle traite la fragilité de ses membres." (BU)
pp 24 : de la fragilité du cocon/coquille, une fragilité nécessaire et une solidité qui protège notre enfance "...un jour, il va falloir que ces oeufs puissent casser sous les coups léger des petits canards qui auront grandi" (MB)
pp 25 : "Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat" (MB)
pp 39: Fragilité d'une soignante " quand un homme particulièrement costaud et violent arrive,.. c'est moi qu'on envoie... il n'a tellement rien à craindre de moi qu'il arrête de s'agiter. Ce que la force ne peut pas, la fragilité le peut. (MB)
pp 41 : "l'homme affranchi de l'ordre du temps" (MB)
pp42 : "Nous devon en finir avec le christianisme, avec cette peste, la pire maladie qui nous ait atteint dans toute notre histoire, qui a fait de nous les plus faibles dans tous les conflits. (Heinrich Himmler - Discours secrets)
pp 43 : "deux fragilité, une bonne et une mauvaise. La bonne est toujours du côté de l'acceptation des différences et des limites, et finalement de la mort. La mauvaise fragilité peut se résumer en un mot : la peur. (MB)
pp 48 : rupture du pain : "Klao, ce n'est pas partager. C'est briser, casser. Comment le pain serait-il symbole, s'il n'était pas brisé, cassé?" (MB : La Cène)
pp 55 : "... le désir comblé,et la marche achevée signifient plutôt la mort que le sommet de la vie." (EL)
pp 70 : "La fragilité n'est pas un bien en soi, elle est la condition de l'engendrement, donc de l'émergence, du radicalement nouveau." (EL)
pp 80 : "A l'heure où prier ne se peut pas, s'employer à devenir vigilant. C'est premier : "Veillez et priez", disait Jésus." (LB)
pp 97 : "La perte est individuelle mais le deuil est collectif, souligne Boris Cyrulnik. (LB)
pp 112 : "Ce n'est pas de la méchanceté des méchants qu'il faut s'étonner, mais du silence des bons" (Martin Luther King cité par JV)
pp 127 : "une réanimation commencée ne doit pas être arrêtée...» Comment faire? Il faut attendre qu'une équipe hiérarchiquement plus outillée vienne à la rescousse, autrement il ne faut pas la commencer. Mais si l'on décide malgré tout de le faire, alors il faut avoir prévu toutes les évolutions possibles, et être prêt à y faire face quoi qu'il se passe, même si cela prend des heures. Sans cela, sans cet engagement à aller jusqu'au bout, ce n'est qu'une manière pour le réanimateur de se faire plaisir. (XE)
pp 137 : Il faut introduire du symbole tout le temps entre les êtres, c'est ce qui permet d'explorer nos propres ressources. Justement dans ces contes populaires, les fleurs, comme celle que m'a offerte ce paysan bourru, sont un symbole très puissant ! Et c'est parce qu'il y a tous ces symboles que le geste de ce paysan a pu avoir du sens, qu'il a pu nous mettre en relation tous deux, même si nous appartenions à deux mondes radicalement différents. Or le danger actuel, c'est que notre société perd ses clés de la ritualisation et du symbolique qui sont des représentations, comme disait Jung, des archétypes de l'inconscient collectif, ce tré¬sor que l'humanité a accumulé au cours des âges. (XE)
pp 147: Au Samu social, je disais toujours à mes équipes que la juste distance de la relation sociale, c'était de se tenir à cinquante centimètres l'un de l'autre : « Si vous êtes à quarante-neuf centimètres, vous êtes trop près, vous allez être dans la fusion et vous allez tomber ; si vous êtes à cinquante et un centimètres, vous êtes trop loin, vous allez "techniquer", vous allez banaliser. » La juste distance, c'est accompagner sans sombrer, mais sans être non plus un technicien qui cesse de réfléchir et de se poser des questions. (XE)
pp 156 : "On connait la blague de carabin sur la différence entre Dieu et un chirurgien: Dieu, lui, ne se prend pas pour un chirurgien..." (J-M G)
pp 159 : "Exprimer son émotion ou sa fragilité, c'est se laiser entrainer sur un terrain que tout sysyteme, depuis la formation initiale jusqu'à l'accès au postes de responsabilité élevée, interdit de fréquenter." (J-M G)
pp 171-2 : Un des aspects de l'enseignement du Bouddha (mais à mon sens un aspect essentiel dans l'approche de la fragilité) est la contemplation de l'impermanence afin de la rencontrer vraiment, de l'intégrer en profondeur.
... des méditations auxquelles nous invite le Bouddha afin de nous libérer du déni de l'impermanence, une des sources de nos fragilités. (LP)
pp 174 : Une des traductions possibles du terme « méditation » à partir du tibétain est « entraînement », ou « familiarisation ».
La méditation est un chemin qui nous permet une rencontre en profondeur avec nous même, une rencontre avec la réalité de notre être. (LP)
175 : Des qualités pour transformer la fragilité
Face à la fragilité de l'autre, le Bouddha nous invite à développer la compassion. Et s'il y a bien un point qui rassemble les différentes religions, aussi bien que les approches humanistes, c'est cette notion d'amour et de compassion. Il y aurait beaucoup à en dire, mais l'aspect qui, me semble-t-il, concerne vraiment la fragilité de l'autre, c'est la générosité. Elle consiste, d'un point de vue bouddhiste, à rassembler les circonstances qui vont permettre à l'autre de mieux vivre, de mieux faire face aux situations de vie, et d'utiliser cette fragilité dans le but de se libérer. La générosité, c'est ce qui donne à l'autre l'occasion de faire de sa fragilité un chemin.
À cela le Bouddha ajoute deux autres qualités essentielles, intimement liées à la générosité : l'éthique et la patience. (LP)
pp 176 : La traduction du mot "courage à partir du thibétain est "effort enthousiaste" (LP)
pp 196 : C'est un roi chrétien (Le Négus, roi chrétien d'Abyssinie) qui va abriter les premiers musulmans pourchassés par l'aristocratie guerrière, hautaine, de la Mecque ! (EG)
pp 198 : Une autre catégorie de faibles, d'êtres fragiles, ce sont les parents. : le Coran revient à plusieurs reprises sur cette dette onthologique qu'ont les enfants à l'égard de leurs parents (EG)
pp199 : Parmis les être faibles devant l'homme, il faut mentionner les animaux qui partagent avec l'homme l'âme vitale (le rûh) (Islam)
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4e de couverture
LA FRAGILITE
faiblesse ou richesse ?
sous la direction de Bernard Ugeux
Notre monde semble souvent vouloir n'offrir qu'un seul visage : celui de la pleine santé, de la jeunesse, de la prospérité, du succès. Mais ce qui apparaît chaque jour, à travers les épreuves qui s'offrent à la société et à nos vies, c'est la fragilité de l'humain.
Accepter sa fragilité, accepter d'en parler, c'est refuser d'emblée de céder à la tentation d'une position factice et toute-puissante. C'est permettre également de ne pas se laisser aller à une posture victimaire, à la glorification de la faiblesse.
Tout au long de cet ouvrage, psychanalystes, médecins, spécialistes des religions et de l'économie explorent les facettes de la fragilité. Celle-ci dévoile alors ses richesses insoupçonnées, en même temps que se dessine le vrai visage de la force : celle d'une humanité consciente de ses limites, mais aussi de ses ressources.
Illustration :
© Groupe Composer
9 "782226"191311"
61 3591 7 ISBN 978-2-226-19131-1
12 € TTC
Je voudrais d'abord dire que ce livre est dense et riche et que contrairement à ce que j'avais espéré, je ne pourrais pas y mettre tous les extraits que j'aurais souhaité.
(NB Voir les illustrations en fin de cette publication)
Peut-être faut-il indiquer qu'il y a plusieurs livres dans le livre. Après une introduction critiquant le récit de voyage, CLS se lance dans une première partie qui est un parfait récit de voyage avec tous les faiblesses qu'il dénonçait initialement.
Dans la partie suivante, il nous fait toucher du doigt le flux et le reflux des envahisseurs, colonisateurs, défricheurs et des phénomènes d'urbanisation qui les accompagnent. L'on réalise que le nouveau monde n'est déjà plus tel depuis des siècles avant l'arrivée de CLS. Quelques aller-retour avec l'Asie et le sous continent Indien déroutent dans un premier temps mais font également lien de cette humanité sociale et culturelle traquée par CLS.
Dans une troisième partie, CLS nous donne à vivre ce que j'imaginais être la véritable ethnologie : son parcours dans des régions perdues, en pleine déshérence plongées dans une sorte de fin du monde qui n'a rien d'apocalyptique. Une sorte de mort triste que nous fait partager CLS.
Dans une dernière partie (plus philosophique ?)
CLS apparaît à un moment comme dans la lignée de Sénèque et de Chateaubriand : A quoi sert de voyager puisque l'on s'emmène avec soi. Jean Malaurie dit cela autrement : ... on court le monde, d'abord à la recherche de soi.
Je profite de la sortie d'un long article de Télérama sur CLS à l'occasion de sa mort à un presque 100 ans pour placer les photos des pages concernées. Il est facile de les agrandir en quelques clics pour les rendre bien lisibles.
J'espère aussi pouvoir mettre en ligne une interview de Jean Malaurie son éditeur.
4e de couverture
TERRE HUMAINE / POCHE Collection dirigée par Jean Malaurie
Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? Comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? C'est à ces questions que l'auteur, philosophe et moraliste autant «ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'Asie qu'à l'Amérique.
Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. Sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du Brésil central, dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend, au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'Ancien et le Nouveau Monde; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisation et du progrès.
Claude Lévi-Strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du "voyage philosophique" illustrée par la littérature depuis le XVIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle, c'est-à-dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fait oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.
Texte intégral
Photo de l'auteur
ISBN 978-2-266-11982-5
Une/deux définition(s) (Wikipedia) :
L'ethnologie (ou anthropologie sociale et culturelle) est une science humaine qui relève de l'anthropologie, et dont l'objet est l'étude explicative et comparative de l'ensemble des caractères sociaux et culturels des groupes humains « les plus manifestes comme les moins avouées »1. À l'aide de théories et concepts qui lui sont propres, elle tente de parvenir à la formulation de la structure, du fonctionnement et de l'évolution des sociétés.
L'anthropologie est la branche des sciences qui étudie les êtres humains sous tous leurs aspects, à la fois physiques (anatomie, physiologie, pathologie, évolution) et culturels (sociaux, psychologiques, géographiques, etc.). Elle tend à définir l'humanité en faisant une synthèse des différentes sciences humaines et naturelles. Le terme, anthropologie vient de deux mots grecs, anthrôpos qui signifie être humain et logos qui signifie l'étude.
Quelques extraits malgré tout!
CLS est un non conventionnel : Il commence très fort
p53 par : « ... De ce point de vue, l'enseignement philosophique exerçait l'intelligence en même temps qu'il desséchait l'esprit »
p 54 ... après avoir passé une année à élaborer mon cours ... je découvris avec horreur l'année suivante que tout le reste de ma vie consisterait à le répéter ».
CLS aime le pittoresque :
p165 : « Les pâtissiers que l'on prendrait plutôt pour de marchands de mouches collées sur des présentoirs en gâteaux »
Plus philosophique p 169: « En ce moment , le malentendu entre l'Occident et l'Orient est d'abord sémantique : les formules que nous y colportons impliquent des signifiés absents ou différents. »
Pp 205 : L'ethnologue pointe : « les sociétés humaines comme les individus - dans leurs jeux, leurs rêves ou leurs délires - ne créent jamais de façon absolue, mais se borne à choisir certaines combinaisons dans un répertoire idéal qu'il serait possible de reconstituer. »
Pp 284 : « la représentation qu'une société se fait du rapport entre les vivants et les morts se réduit à un effort pour cacher embellir ou justifier, sur le plan de la pensée religieuse, les relations réelles qui prévalent entre vivants. »
Pp 332 : « Les mythes traditionnels : « Tout le monde était mort ! Il n'y avait plus personne ! Plus d'hommes! Plus rien! Ainsi commence la version enfantine de la légende sud américaine du déluge auquel remonte la destruction de la première humanité. »
Pp 340 : La place des femmes : « après la mort, les âmes des hommes s'incarnent dans les jaguars ; mais celles de femmes et des enfants sont emportées dans l'atmosphère où elles se dissipent à jamais. »
Pp 345 : « Une humanité si totalement démunie... » à lire
Pp 373 « Les fats nambikwara s'ajoutent à d'autres pour récuser la vieille théorie sociologique, ressuscitée par la psychanalyse, selon laquelle le chef primitif trouverait son prototype dans un père symbolique, les formes de l'état s'étant progressivement développées, dans cette hypothèse, à partir de la famille. »
Pp 455 La pièce de théâtre : « le voyage est une duperie : tout cela a paru vrais à qui n'en a vu que les ombres. » (Sénèque : voir « Lettres à un amis »,Chateaubriand)
Pp 465 Le coupable occidental enfant (puni) / adulte (sans consolation)
Pp 467 : « Rousseau, le plus ethnographe des philosophes. »
Pp471 « L'âge d'or qu'une aveugle superstition avait placé devant (derrière) nous, est en nous »
Pp 482 « Tout l'Islam semble être une méthode pour développer des conflits insurmontables »
Pp 485 « Il m'a fallu rencontrer l'Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd'hui la pensée Française. »... « même attitude livresque, même esprit utopique.. »
Pp 490 : Les trois religions, « En s'interposant entre le bouddhisme et le christianisme, l'islam nous a islamisé, quand l'occident s'est laissé entraîné par les croisades à s'opposer à lui et donc à lui ressembler... »
En 1965, Stanley Milgram procédait à la première expérience scientifique sur les mécanismes de soumission. Il en un fait un livre "soumission à l'autorité. Je vous conseille vivement la lecture de ce livre.
Le 7 mars 2010, Christophe Nick adapte pour France 2 l'expérience de Milgram dans une version télé réalité. Bien que les mesures aient manqué de rigueur scientifique, les résultats semblent bien toujours les mêmes. Les plus « compliants » ou "les mieux intégrés" dans la société sont les plus nombreux à appuyer sur « le bouton qui tue » (Télérama n°3139 du 13 au 19 mars 2010 : La télé qui donne le droit de tuer)
L'expérience de Stanley Milgram est bien connue : une personne reçoit l'ordre d'infliger des décharges électriques à une autre... Nous reprenons des extraits du livre Des hommes ordinaires où Christopher Browning [1] commente le fait que seule une minorité refuse d'obéir.
Récemment, un chercheur en psychologie a reproduit l'expérience et est parvenu aux mêmes résultats "troublants" qu'il y a quarante-cinq ans.
Comment des individus ordinaires en viennent à obéir à des ordres illégitimes
En une série d'expériences devenues célèbres, Stanley Milgram [2] a testé la capacité de l'individu à résister à l'autorité, lorsque celle-ci n'est soutenue par aucune menace coercitive extérieure. Dans le cadre d'une prétendue expérience scientifique, des volontaires « naïfs » ont été chargés par une « autorité scientifique » d'infliger une, série de chocs électriques simulés d'intensité croissante à un acteur/victime qui réagissait par une « voix de rétroaction » soigneusement programmée - une série, d'intensité croissante elle aussi, de plaintes, cris de douleur, appels à l'aide, silence fatal enfin. Dans l'expérience standard, les deux tiers des sujets furent « obéissants » au point d'infliger la douleur extrême.
Des variations introduites dans l'expérience ont produit des résultats significativement différents. Si l'acteur/victime était isolé de manière que sa réaction ne pût être vue ni entendue du sujet, l'obéissance de celui-ci était bien plus grande. Si le sujet voyait et entendait la soi-disant victime, l'acquiescement à l'extrême douleur tombait à 40 %. Si le sujet devait la toucher pour la forcer à poser sa main sur la plaque électrique censée envoyer les chocs, le taux d'obéissance tombait à 30%. Si un personnage non investi de l'autorité donnait les ordres, l'obéissance était nulle. Si le sujet accomplissait une tâche accessoire, sans qu'il eût à infliger personnellement les chocs électriques, l'obéissance était presque totale. A l'inverse, si le sujet faisait partie d'un groupe d'acteurs qui mettait en scène un plan soigneusement monté de se rebeller contre l'autorité, la vaste majorité des sujets (90 %) se joignaient à « leur » groupe et cessaient également d'obéir. Si le niveau des chocs à administrer était laissé à la totale discrétion du sujet, tous, sauf une poignée de sadiques, infligeaient le choc minimal. Lorsqu'ils ne se trouvaient pas sous la surveillance directe du scientifique, beaucoup de sujets « trichaient » en envoyant des chocs de moindre intensité prévu, même s'ils se montraient par ailleurs incapables d'affronter l'autorité et d'abandonner l'expérience.
Comment expliquer un niveau aussi étonnamment élevé d'obéissance potentiellement meurtrière à une autorité coercitive? Milgram a avancé une série de facteurs. Un préjugé évolutionniste privilégie la survie de gens capables de s'adapter à des situations hiérarchiques et à une activité sociale organisée. La socialisation par la famille, l'école et le service militaire, ainsi que tout un dispositif social de récompenses et de châtiments, fixent et renforcent la tendance à l'obéissance. L'entrée apparemment volontaire dans un système d'autorité « perçu » comme légitime produit un sentiment fort d'obligation.
[...] Les concepts de « loyauté, devoir, discipline » deviennent des impératifs moraux qui annihilent toute identification avec la victime. Des individus normaux se muent en simples « agents » de la volonté d'autrui. En un « état instrumental » de ce genre, ils ne se sentent plus personnellement responsables du contenu de leurs actions, mais uniquement de la manière dont ils les exécutent.[...]
Milgram met explicitement en parallèle les comportements révélés par son expérience et ceux qui se sont manifestés sous le régime nazi. « Les humains, conclut-il, sont menés au meurtre sans grande difficulté. » Il est toutefois conscient de tout ce que les deux situations de significativement différent. Il convient que les sujets de ses expériences étaient assurés qu'aucun dommage physique permanent ne résulterait de leurs actes. Les sujets eux-mêmes n'agissaient pas sous la menace. Enfin les acteurs/victimes ne faisaient pas l'objet d'une « dévaluation intense » à travers l'endoctrinement systématique des sujets. Les tueurs du Troisième Reich, eux, vivaient un État policier où les conséquences de la désobéissance risquaient d'être dramatiques, et ils étaient soumis à un endoctrinement intensif ; en revanche, ils savaient aussi qu'ils ne faisaient pas seulement souffrir, mais qu'ils détruisaient des vies humaines
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Lire aussi
Le tortionnaire en vous
par Ariane Krol, La Presse, le 4 janvier 2009
L'auteur :
Stanley Milgram (1933-1984) :
Né à New York en 1933 -
Docteur en psychologie sociale
de l'université de Harvard,
professeur à l'université de New York
Retour à la Source et mise en perspective.
CONFESSION D'UN CARDINAL - ou - Le Principe de Poo
4e page de couverture :
- Accepteriez-vous de m'aider à rédiger mes mémoires ?
-Vos Mémoires? demandais-je au cardinal. Vous voulez écrire vos Mémoires avec ma collaboration ?
- Oui... À vrai dire pas vraiment des Mémoires, ni des souvenirs, même si les souvenirs sont parfois utiles. Plutôt l'envie de mettre au jour ce qui s'est passé véritablement. De dresser une sorte d'état des lieux. De mon attitude, de mes attitudes. Et de celles de l'Église toutes ces années. Je m'interroge: avons-nous accompli ce qu'il fallait?
- Vous avez des doutes sur vos actions passées, Éminence ?
-Oui, j'ai des doutes. Vous n'en avez jamais, vous ?
Ainsi débute cette rencontre franche et sans langue de bois entre un cardinal qui se livre - et livre de multiples informations sur le fonctionnement d'une Église souvent énigmatique - et un écrivain désireux d'entendre ce qu'un de ses plus hauts dignitaires a à dire des défis qui se présentent à elle...
Olivier Le Gendre est un grand connaisseur des milieux chrétiens où il exerce de nombreuses responsabilités. Il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'Église.
Extraits
37 : "J'étais écrivain pas journaliste, cette catégorie de personnes qui vivent dans l'immédiateté"
38 : « Même si un homme d'Eglise prend le temps le temps de la prière, même s'il est fidèle a des moments de retraite, il emporte avec lui dans ces moments de silence le bruit de ses taches et le poids de ses hésitations.
39 : « En m'appuyant sur le dubito ergo sum de Descartes, j'invitais ces Excellences et ces Eminences a comprendre que ne pas douter… les éloignait de leur contemporains. … « Vous semblez ne pas douter, donc vous ne pouvez pas être. »
87 : « Il n'y a pas de foi sans rencontre, vous comprenez
92-93 L'Eglise perd sa crédibilité dans ce domaine… -Perte de crédibilité scientifique, politique, morale.
Vous semblez dire que l'Eglise a multiplié les rendez-vous manqués
122 : « Il est significatif que tous les documents officiels de l'Eglise prennent la peine de citer un nombre incalculable de textes plus anciens. Il est particulièrement intéressant de lire une encyclique et d'y relever tous les hommages du Pape qui l'écrit à ses prédécesseurs, qui sont tous selon le jargon, « d'illustre mémoire ».
L'objectif de ces citations, qui alourdissent terriblement les textes au point de les rendre encore plus rébarbatifs qu'ils ne le seraient s'il en étaient débarrassés, est de dire au lecteur : « Nous ne faisons rien de neuf, nous n'introduisons rien qui n'ait déjà été introduit, nous ne nous écartons pas de la tradition ».
181 Rwanda – La barbarie n'était pas dans un seul camp…
- Non, elle n'était pas d'un seul côté. C'est une des découvertes de notre XXe siècle. La barbarie n'a pas de camp. Elle n'en a pas aujourd'hui, elle n'en n'avait pas hiers.
195 Vocation : N'est-il pas dérisoire de se focaliser sur le nombre des entrées au séminaire pour juger de notre réussite quand on fait face à des drames comme ceux du Rwanda ou de la Shoah ? Plus simplement, sommes-nous sûrs que nous ne nous attachons pas au secondaire en négligeant l'essentiel ?
203 : … nos critères de réussite relèvent d'une arithmétique secondaire dérisoire. Le taux de pratique dominicale, le nombre d'entrées chaque année dans les séminaires, la quantité de personnes présentes aux derniers JMJ comparée à celles des années précédentes, le nombre de sacrement d mariage célébrés, et celui des baptêmes, la connaissance de la foi des enfants en fin de catéchèse, la quantité de membres revendiqués par tel ou tel mouvement…
205 "C'est aux fruits qu'il porte que l'arbre est jugé.
- Vous en avez pris conscience au Rwanda ?
221-2 :C'est la raison pour laquelle je vous disais, avant ce détour par la révélation, que la religion sert à donner des explications à l'inexplicable et à établir une relation avec l'invisible.
- Vous allez plus loin, me semble-t-il. Vous dites que la religion fournit une réponse à un besoin fondamental de l'homme : celui de trouver des explications à ce qu'il ne comprend pas, celui de tenter de percer la réalité de l'invisible.
- N'est-ce pas évident ? Les preuves ne manquent pas. Prenez les dieux grecs. Ils sont le résultat d'une construction de l'homme pour tenter d'expliquer ce qui le dépasse. Cela donne ce merveilleux bricolage d'histoires, de légendes et de rituels qui constituent la mythologie.
- Bricolage ? Vous y allez fort, Éminence.
- Bricolage génial qui renseigne en profondeur sur l'âme humaine, mais bricolage dans le sens de construction humaine. La religion grecque ne revendique aucune révélation, ne propose pas de cheminement spirituel. En revanche, elle est réellement une religion dans le sens où elle sert à répondre aux questions de l'homme, à fédérer une communauté, à faire vivre un autre monde. Elle y parvient sans craindre l'excès et fabrique des dieux qui ressemblent beaucoup à l'homme alors que les religions révélées insistent au contraire sur le fait que Dieu est le Tout Autre, absolument différent.
» Zeus, le chef des dieux, se complaît dans les adultères. Il avale Métis, sa première femme pour s'en débarrasser. Il épouse ensuite Thémis, vit des amours extraconjugales avec Déméter, Léto et je ne sais plus très bien qui, épouse enfin Héra qui n'est pas commode. Il s'empresse de la tromper avec Séléné, Danaé, Europe et quelques autres.
» La construction mythologique est l'expression d'un sentiment religieux dans une culture particulière. Elle est aussi une oeuvre d'art, car l'art a pour vocation d'exprimer l'invisible que l'homme porte en lui.
263-65 Les mouvements : - Tous ces mouvements qui sont nés depuis la guerre, certains juste avant, et qui ont connu une assez forte expansion depuis le concile. Je pense, mais c'est un peu réducteur de la personnalité de chacun d'eux de les nommer l'un à la suite de l'autre, je pense à Communion et Libération, aux Foccolari, à l'Opus Dei, au Chemin Néocatéchuménal. De l'autre côté...
- Excusez-moi, vous ne semblez pas y inclure les mouvements charismatiques comme l'Emmanuel ou le Chemin Neuf
- Non, ces groupes appartiennent en effet à ce que l'on nomme les nouveaux mouvements, mais ils se distinguent de ceux que j'ai nommés car leurs intentions sont exclusivement spirituelles.
- Alors que les autres poursuivent d'autres buts 9
- Certains agissent ouvertement comme des groupes de pression à l'intérieur de l'Église. D'autres, par exemple Communion et Libération, ont une forte visée sociale, voire politique.
En face de ces groupes très organisés, il y a l'autre tendance, désorganisée, moins visible, celle qui regroupe la multitude de ce que l'on peut appeler les chrétiens de base, moins disposés aux engagements exigés des membres des mouvements de la première tendance, attachés à leurs paroisses, plus ouverts aux réalités du monde.
- On a parfois dit que certains mouvements de la première tendance ont des comportements sectaires. Qu'en pensez-vous ?
- Là aussi, je vais devoir marcher sur un oeuf pour
vous répondre. 1
- Marcher sur des oeufs , Eminence, si vous acceptez toujours que je vous corrige. Un seul oeuf casserait si vous tentiez de marcher dessus, tandis que plusieurs, dit-on, supporteraient le pas d'un homme pour autant qu'il soit léger et prudent, comme celui de notre écureuil.
- J'accepte, j'accepte... Oui, je vais marcher sur des oeufs pour répondre à cette question. Quelques-uns de ces mouvements exigent beaucoup de leurs membres : obéissance, disponibilité, exclusivité, contribution financière importante, révérence à l'égard des fondateurs et des responsables. Face à ces exigences, vous pouvez porter deux jugements. Le premier est de vous émerveiller de la générosité de ces chrétiens qui veulent vivre une foi engagée et ne ménagent pas leur peine. Le second est de vous demander si ces exigences ne vont pas trop loin, si elles ne profitent pas exclusivement aux dirigeants, si elles ne sont pas présentées avec trop d'insistance, si elles ne sont pas imposées par des pressions mentales anormales.
- Et vous-même, vous portez quel jugement?
- Décidément, vous ne me lâchez pas...
- Je suis là un peu pour cela, ne croyez-vous pas ?
- Eh bien, brûlons nos vaisseaux puisque vous m'y contraignez. Mon opinion à ce propos est que chaque fois qu'un groupe érige le secret en valeur principale, il y a risque de dérive. Certains de ces mouvements cèdent à cette tentation, c'est indéniable.
- Vous pensez à l'Opus Dei ?
- Comme tout le monde. Mais pas qu'à l'Opus. Quand le secret et la méfiance à l'égard du monde extérieur sont au coeur des instructions données aux membres d'une institution, je m'inquiète. Ensuite, chaque fois que ces membres sont imposés financièrement de façon régulière et continue, il y a également risque de dérive.
- Que voulez-vous dire ?
- Simplement qu'il y a une grosse différence entre faire une quête à la messe du dimanche auprès des fidèles et leur demander de participer une fois par an à ce que l'on appelait le denier du culte, en laissant chacun libre de donner ce qu'il veut de façon anonyme. Il y a une grosse différence entre ces pratiques et celles qui consistent à demander à des membres d'organiser le versement mensuel automatique d'une partie non négligeable de leur salaire sur le compte du mouvement auquel ils appartiennent.
» Enfin, la vénération exigée à l'égard des paroles des fondateurs, voire du moindre détail de leur vie érigée en légende dorée, est aussi un signe de dérives qui me semblent dangereuses.
- Pardonnez-moi de vous pousser dans vos retranchements, car je sens vos réticences sur ce sujet. Quand vous rassemblez ces trois dérives - secret, argent, vénération - vous définissez des groupes sectaires, n'est-ce pas 9
Mon cardinal garda le silence un moment. Je savais parfaitement pourquoi, même si je ne le manifestais pas pour ne pas lui laisser la possibilité de se dérober. Le sujet de ces mouvements et de leurs éventuelles dérives sectaires était un des plus brûlants de l'Église de notre époque, et l'enjeu de débats acharnés en son sein. Peu osaient l'évoquer ouvertement. L'hésitation de mon interlocuteur prit fin. Il tourna ses yeux vers moi et reprit :
- Oui, quand vous rassemblez ces trois dérives, vous êtes près d'être un mouvement sectaire.
269 "on dit que ces groups (les Foccolari, le Chemin Néochatécumenal, l'Opus Dei, les Légionnaires du Christ) ont toujours eu a cœur d'organiser une présence massive de leurs adhérents lors des apparitions publiques du Pape.
Le fondateur du Chemin Néochatécumenal, par exemple, promit a Jean-Paul II d'envoyer 50000 de ses membres a Denvers en1993.
299 : Un prêtre, vous savez, a pour raison d'être d'Offrir Dieu au monde.
303 : La foi est avant tout une question qui retenti au Cœur de l'homme, de la femme, e l'enfant, du bien portent, du malade, une question posée par le fils de Dieu a ce pêcheur de Galilée : “Pierre m'aimes-tu?”
212 : Etre Chrétien….. c'est s'accepter comme les mains de ce Dieu dans le monde…
313 : Un saint est avant tout un humain qui a fait de sa vie l'incarnation de la tendresse de Dieu pour les personnes qu'il a côtoyées.
315 : Cette charité ne consiste pas d'abord a faire l'aumône, mais a porter le don de la tendresse de Dieu aux hommes.
354 Chaque fois qu'il y a conflit entre la charité, pour reprendre le mot de Saint Paul, et l'enseignement de la foi, c'est la charité qui passe d'abord, car elle seule permettra que la foi soit découverte et que le cœur s'y convertisse.
377 : être chrétien ne consiste pas seulement a croire mais aussi a incarner la présence de Dieu dans le monde.
393 :: « Les gens qui,dans les siècles passés, sont venus dans vos églises se divisaient en plusieurs catégories. Les uns y venaient pour rendre un culte à une divinité dont ils voulaient se concilier les faveurs. D'autres s'y rendaient pour partager et célébrer leur foi qui était vive. D'autres, parce que leurs parents y venaient et qu'il était normal de faire comme ses parents. Un certain nombre venait parce que c'était le signe d'appartenance à une certaine classe, disons, pour aller vite, la bourgeoisie. D'autres encore s'y rendaient parce qu'ils n'imaginaient même pas ne pas y aller. Tous ces gens ont rempli vos églises. Aujourd'hui ne vient plus qu'une seule de ces catégories, celle des gens qui viennent pour partager et célébrer une foi qui est vive. Tous les autres sont partis, et cela en fait beaucoup.»
396 : Le Cardinal : - Vous savez ce que c'est qu'un fidèle pour moi ?
- Ce n'est pas celui qui conserve, c'est celui qui invente dans la fidélité
411 : Vous m'avez dit que la place de l'Eglise dans le monde est d'être a genoux aux pieds du monde, et non pas sur un trône de puissance.
Commentaires de Gilles Pilette
Ref sarepta
4e de couverture :
BABEL, UNE COLLECTION DE LIVRES DE POCHE
LA MORT DU ROI TSONGOR
Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s'éteint; son plus jeune fils s'en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l'image de ce que fut le vénéré - et aussi le haïssable - roi Tsongor.
Roman des origines, récit épique et initiatique, le livre de Laurent Gaudé déploie dans une langue enivrante les étendards de la bravoure, la flamboyante beauté des héros, mais aussi l'insidieuse révélation, en eux, de la défaite. Car en chacun doit s'accomplir, de quelque manière, l'apprentissage de-la honte.
Romancier et dramaturge, Laurent Gaudé a publié chez Actes Sud plusieurs pièces de théâtre et deux autres romans : Cris (2001 et Babel n' 613) et Le Soleil des Scorta, prix Goncourt 2004. La Mort du roi Tsongor a reçu le prix Goncourt des lycéens 2002 et le Prix des libraires 2003.
Dans un tel livre où le rêve, le fantastique est tissé à partir des bribes du réel rien ne résume rien. Les impressions, odeurs, formes, couleurs, tout se ressent rien ne s'explique.
L'extrait ci-dessous est-il la pointe du récit ? Les psychogénéalogistes applaudiront des deux mains. Ce n'est pas ma vision des choses mais il y a un enseignement à tirer de cette lamentable confession d'un être au porte du royaume des morts qui par ses mots sème la mort au milieu de sa descendance après avoir de son vivant semé la mort partout sur son passage.
Pour les amateurs d'émotions exotiques, je recommande fortement ce livre
P 163
"Qu'en reste-t-il maintenant ? C'est la malédiction des Tsongor, Katabolonga. De père en fils, rien que de la poussière et du mépris. J'ai échoué. je voulais avoir un empire à léguer. Que mes enfants l'agrandissent encore. Mais mon père est revenu. Il rit. Et il a raison. Il rit sur la mort de Liboko. Il rit sur l'incendie de Massaba. il rit. Tout s'effondre et tout meurt autour de moi. J'ai été présomptueux. je sais ce que j'aurais dû faire. Pour transmettre à mes enfants ce que j'étais, j'aurais dû leur transmettre le rire de mon père. Les convoquer tous, à la veille de ma mort, et ordonner que l'on brûle Massaba sous leurs yeux. Qu'il ne reste plus rien. J'aurais dû faire cela. Et rire pendant l'incendie, comme mon père riait autrefois. A ma mort, ils n'auraient eu qu'un petit tas de cendres en héritage. Et un appétit féroce. Ils auraient tout eu à reconstruire. Pour retrouver le bonheur de la vie d'autrefois. je leur aurais transmis le désir de faire mieux que moi. Rien d'autre en héritage que cet appétit qui leur aurait serré le ventre. ils m'auraient détesté peut-être, comme j'ai détesté le rire de ce vieillard qui m'insultait sur son lit de mort. Mais par cette haine des pères, nous aurions été proches..."
Notre société, obsédée par le vieillissement, la dégradation du corps ou celle de l'esprit, succombe au « jeunisme ». Il devient impératif pour chacun d'apparaître au mieux de sa forme, de masquer les rides, de cacher sa fatigue. Qui d'entre nous échappe à cette hantise ?
Et si ce n'était qu'un leurre? Poursuivant le dialogue avec ses lecteurs, Colette Nys-Mazure livre une réflexion sensible sur le temps du vieillir. Avancer en âge, c'est peut-être approcher l'âge de vivre authentique, celui de recevoir différemment les autres, les choses, l'existence.
L'auteur de Célébration du quotidien évoque avec bonheur les moments et les mots de la vie ordinaire. Sur le ton de la conversation chaleureuse, elle allie gravité, humour et poésie.
Écrivain, Colette Nys-Mazure a notamment publié Secrète présence, Feux dans la nuit, L'enfant neuf, Tu n'es pas seul. Elle collabore au quotidien La Croix, au mensuel Panorama.
J'ai fait la connaissance de Colette Nys Mazure dans le cadre d'une session pour "écrivant". Elle doir être géniale cas elle a réussi à me faire écrire quelques oeuvres/essais courts mais je crois lisibles. J'ai toujours avec Annick le projet de lancer une journée d'écriture sous la houlette de Colette, un jour, chez nous.
Trois cas célèbres de résilience... des échos dans notre vie. Livre passionnant sur l'incidence de notre expérience de la première enfance. (Lu en avril 2001)
P 72 un chapite auquel je communie particulièrement :
"Aime moi pour me donner la force de te quitter"!
Sous titre : Quand un bébé tranquille devient explorateur, c'est que son entourage lui sert de camp de base.




















