août
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Lettres à Lucilius (Sélection) - Sénèque

  • Par patrice le
    (mis à jour le )
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Il n'est pas besoin de présenter Sénèque né en l'an 1 avant J-C. Philosophe, stoïcien, inspirateur de nombreux écrivains et philosophes.

J'avais lu et commenté il y a quelques années une édition similaire mais l'ayant perdue, j'ai donc acheté ce présent livre. Cela m'a permis de constater que les éditons proposées ne reprennent qu'une partie de ces lettres (différentes à chaque fois) et je ne suis pas sûr que la présente édition ait vraiment fait le meilleur choix.

Son intérêt cependant réside dans le fait que l'auteur situe Sénèque dans son contexte et attire l'attention du lecteur sur de possibles contradictions entre l'homme « détaché » des biens matériels et l'homme ayant amassé une immense fortune sous le règne d'un tyran dont il était chargé d'assurer l'élévation ! (le doute peu néanmoins subsister)

Un autre intérêt de ce livre est le dossier des textes de commentateurs. J'ai ainsi appris que Montaigne et d'autres écrivains célèbres s'en était inspirés.

J'imagine que Saint Ignace devait être familier de Sénèque tant ses principes s'en rapprochent quand ils ne sont pas rigoureusement identiques. (« Ne pas préférer la richesse à la pauvreté, la santé à la maladie, etc.»)

L'auteur de ce livre évoque égalemement une autre recontre hypothétique mais possible : celle du philosophe avec Saint Paul. Il la pense peu vraissembleble pour sa part.

Autre surprise est la critique du voyage par Sénèque. Mes souvenir de classe de seconde me font revenir en mémoire un passage de Chateaubriand où celui-ci écrit à peu près ceci :

« Il ne sert à rien de voyager puisque l'on s'emmène avec soi ! »

Si l'un de mes augustes lecteurs pouvait me retrouver la source, j'en serai des plus heureux (J'hésite à évoquer le livre narrant un voyage dans le nouveau monde..)


L'autre grand thème repris à maintes reprises par Sénèque est celui de l'indifférence à la mort en particulier lorsque l'on a atteint un âge avancé, c'est-à-dire que l'essentiel de notre temps de vie est déjà presque complètement consommé... et que l'on a donc presque plus rien à perdre.

J'ai découvert à cette occasion que l'intégralité des Lettres à Lucilius sont disponibles sur Wikipedia. Pour y accéder, cliquez ici.


4e de couverture

AGORA (Pocket)

Les idées, les arts, les sociétés,

Ces lettres sont comme le journal intime et philosophique de Sénèque. Il y évoque ses doutes et ses drames de conscience, affronte les grands problèmes philosophiques et moraux que chacun se pose, en son temps comme aujourd'hui, et leur apporte des réponses empreintes d'une sagesse prudente et mesurée. Ainsi, ce texte est aussi bien le roman d'une âme exceptionnelle qu'une brillante initiation à l'un des courants majeurs de la philosophie antique, le stoïcisme.

Cette édition présente :

* une introduction ;

* un choix des lettres les plus importantes, dans une nouvelle traduction qui rend justice à la vivacité de plume de Sénèque ;

* un dossier de textes de commentateurs, qui permet de prendre la mesure de l'influence qu'eut ce maître de la philosophie ancienne : Quintilien, Montaigne, Saint-Évremond, Diderot...

Préface, traduction et commentaires de Pierre Miscevic, professeur en khâgne au lycée Condorcet.


Texte intégral

ISBN 978-2-266-03399-2

Portrait d'un couple, peinture murale pompéienne.

Museo Nazionale Archeologico, Naples.

© Nimatallah / AKG Paris.

033992

www.pocket.f



2 commentaires

Deux extraits : Lettres XXVIII et XXX que je ne peux m'empêcher de reproduire...

  • Par patrice le

LETTRE XXVIII. Inutilité des voyages pour guérir l'esprit.

Il n'est arrivé, penses-tu, qu'à toi seul, et tu t'en étonnes comme d'une chose étrange, qu'un voyage si long et des pays si variés n'aient pu dissiper la tristesse et l'abattement de ton esprit. C'est d'âme qu'il faut changer, non de climat. Vainement tu as franchi la vaste mer ; vainement, comme dit notre Virgile.

Terre et cités ont fui loin de tes yeux,

tes vices te suivront, n'importe où tu aborderas. À un homme qui faisait la même plainte Socrate répondit : « Pourquoi t'étonner que tes courses lointaines ne te servent de rien ? C'est toujours toi que tu promènes. Tu as en croupe l'ennemi qui t'a chassé. »

(voir Le voyage en Amérique? de Chateaubriand) Les oeuvres inspirées par l'Amérique (je: M.-H. Viviani) les cite dans l'ordre suivant les dates de publication : Atala, René, les Natchez parus entre 1801 et 1803 (Atala et René : morceaux extraits du Génie du Christianisme) puis le Voyage en Amérique paru en 1827, suivi des Mémoires d'outre-tombe qu'il peaufinera toute sa vie jusqu'à sa mort en 1848: il évoque son

périple dans trois tomes sur les 42 livres des Mémoires. Ce sont les souvenirs recomposés extraits de ces différents ouvrages que nous allons évoquer.


LETTRE XXX.Attendre la mort de pied ferme, à l'exemple de Bassus.


Quand l'eau s'infiltre dans un navire par une ou deux voies, on y remédie ; mais s'il s'entrouvre et cède en plusieurs endroits, si ses flancs éclatent de toutes parts, tout secours devient impossible : ainsi un corps vieillissant trouve des supports momentanés pour étayer sa décadence ; mais si le ruineux édifice se disjoint dans toute sa charpente ; si, quand on le soutient d'un côté, un autre se détache, il faut chercher par où faire retraite. Notre Bassus n'en garde pas moins tout l'enjouement de son esprit. C'est à la philosophie qu'il le doit : en présence de la mort il est gai : quel que soit son état physique, il est courageux et serein, et ne s'abandonne pas quand ses organes l'abandonnent. Un bon pilote tient encore la mer avec sa voile déchirée ; dégarni même de ses agrès, il radoube encore ces débris pour de nouvelles courses. Ainsi fait notre Bassus : il voit venir sa fin avec une sécurité d'esprit et de visage qui, s'il regardait de même celle d'autrui, passerait pour insensibilité. C'est une grande chose, Lucilius, et qui demande un long apprentissage, que de savoir, quand arrive l'heure inévitable, partir sans murmure.


De la part d'Olivia...

  • Par patrice le

J'ai trouvé cette citation de chateaubriand :

"L'homme n'a pas besoin de voyager pour s'agrandir; il porte avec lui l'immensité"

(Mémoire d'Outre Tombe?)

Olivia


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