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Dans les forêts de Sibérie - SYLVAIN TESSON

  • Par patrice le
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Sylvain Tesson nous permet de vivre par procuration une aventure de Robin Crusoë moderne. C'est fascinant et effrayant à la fois. Ce désir de plonger au coeur d'une nature sauvage jusqu'à l'hostilité, réconforté de façon compulsionnelle par l'alcool laisse perplexe au delà de la curiosité qu'il éveille tout au long du récit. Mais qu'est-ce qui pousse Sylvain Tesson vers cette ermitage improvisé ? Qu'est-ce qui mérite au bout de cette coupure d'avec monde, quelle blessure secrète qui en fin de compte se soldera par une perte douloureuse. Nous n'en saurons rien peut-être lui-même l'ignore-t-il ?


Quatrième de couverture :

Dans les forêts de Sibérie - SYLVAIN TESSON


Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.

J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.

Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux.

Je crois y être parvenu.

Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.

Et si la liberté consistait à posséder le temps ?

Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures ?

Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

Sylvain Tesson est notamment l'auteur de Petit traité sur l'immensité du monde, de L'axe du loup et d'Une vie à coucher dehors.

Nrf

11-IX A 12925 ISBN 978-2-07-01 2925-6



1 commentaire

Ce que j'ai aimé

  • Par annick le

Page 172 : " Morand au chapitre 2 : " Il y a trois manières de commencer sa vie : le plaisir d'abord, le sérieux plus tard; ou bien, travailler dur au début, pour se revancher vers la fin ; ou enfin, mener de front le plaisir et le labeur".

Page 176 : Rien ne me manque de ma vie d'avant. Cette évidence me traverse alors que j'étale du miel sur les blinis. Rien. Ni mes biens, ni les miens. Cette idée n'est pas rassurante point. Quitte-ton, si facilement les habits ajustés à ses 38 ans de vie? On dispose de tout ce qu'il faut lorsque l'on organise sa vie autour de l'idée de ne rien posséder."

Page 192, Il parle du Christ : "J'aime cet homme qui pardonnait aux femmes adultères, marchait sur les routes, la bouche pleine de paraboles pessimistes, conspuait les bourgeois et s'en fut se suicider au sommet d'une colline où il savait que l'attendait la mort. Je me sens de la chrétienté, ces étendues où des hommes, décidant de vénérer un Dieu qui professait l'amour, autorisèrent la liberté, la raison et la justice à envahir le champ de leurs cités. Mais ce qui me retient, c'est le christianisme, ce nom que l'on donne au tripatouillage de la parole évangélique par un clergé, cette alchimie de sorciers à tiares et à clochettes qui ont transformé une parole brûlante en code pénal. Le Christ aurait du être un dieu grec.

Page 216 : " Vivre c'est continuer, et il y a une défaite à revenir sur ses pas".

Page 194: " On ne se lasse pas de la splendeur, vieux principe sédentaire. De quoi se plaindre d'ailleurs ? Les choses sont moins figées qu'elles n'y paraissent : la lumière nuance la beauté, la métamorphose. Celle-ci se cultive et jour après jour se renouvelle".

Page 195-196 : très beau texte sur la conscience des animaux niée par l'homme depuis toujours.

Page 207 : " Rainer Maria Rilke dans la lettre du 17 février 1903 adressée au jeune poète Franz Xaver Kappus : " Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas. Accusez vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses". Et John Burroughs dans " L'art de voir les choses" :" Le ton sur lequel nous parlons au monde est celui qu'il emploie avec nous. Qui donne le meilleur reçoit le meilleur". Nous sommes seuls responsables de la morosité de nos existences. Le monde est gris de nos fadeurs. La vie paraît pâle ? Changez de vie, gagnez les cabanes. Au fond des bois, si, le monde reste morne et l'entourage insupportable, c'est un verdict : vous ne vous supportez pas ! Prendre alors ses dispositions".


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