"Ton Evangile est lettre morte tant qu'il ne s'écrit pas sur des coeurs de chair", c'est ce que nous avons chanté en clôture de cette célébration qui nous a réunis ce samedi autour d'Ildephonse. Une célébration sur le thème de la loi. La loi des pharisiens qui impose de se laver les mains avant le repas.
Au moment du Kyrie, Marie-Dominique nous a lu un texte d'Eric Julien :
Pas de doute,
ces pharisiens étaient stupides.
Pas de doute, la bêtise est un moyen très sûr
pour éviter de rencontrer Dieu.
Pas de doute,
la bêtise continue d'aveugler
les fauteurs de guerres et de misères.
Pas de doute,
la bêtise est encore le meilleur rempart de ceux qui veulent évacuer Dieu.
Euh... à ce propos, Seigneur,
je crois que je ne suis pas encore totalement guéri.
Dura lex, sed lex. Des lois parfois déroutantes.
Et si nous, nous devions promulguer une loi, que mettrions-nous en avant ? Voilà la réflexion que nous a proposée Didier.
Non pas la loi de la jungle ni la loi du plus fort... Défense de ceux qui sont lésés, les plus petits, les plus faibles. Respect de l'autre, de ses opinions. Ouverture à l'autre. Loi accessible et compréhensible par tous, universelle, c'est-à-dire au-delà des limites d'un pays.
La loi, c'est l'expression de droits, mais aussi de devoirs. Et certains devoirs perçus ici comme des contraintes "barbantes", l'obligation scolaire par exemple, sont d'extraordinaires cadeaux ailleurs. Mais à force de créer tant de lois, ne manque-t-on pas l'essentiel ?
Ne faut-il pas plutôt se poser la question de pourquoi la loi ?, nous rappelle Ildephonse.
Les juifs ont édicté des lois pour gérer le culte, pour gérer leur relation à Dieu.
Mais pourquoi faire passer les lois avant la plus grande loi qui puisse exister : l'amour.
Jésus n'a-t-il pas enfreint à plusieurs reprises la loi du sabbat en procédant à des guérisons ? Jésus réduit ces lois à la plus essentielle, celle qui doit dicter toutes nos attitudes : la loi de l'amour. Parce qu'aimer est une exigence, aimer ne va pas de soi. Et cela, c'est une loi qui vient non pas de l'extérieur mais de l'intérieur.
"Moi je vous dis :
soyez comme le Père,
il fait lever son soleil
sur les bons et les méchants
qui habitent la terre.
L'essentiel est dans ton coeur, mais ton coeur est invisible.
Laisse-toi prendre à l'amour et tout sera possible."
A quoi sert-il d'avoir les mains propres si on a le coeur plein de haine, de méchanceté, de jalousie ?
En conclusion de la célébration, Marie-Dominique a lu le texte ci-dessous, écrit par Gérard Bessière :
Il y a ceux qui "s'en lavent les mains", Pilate par exemple et beaucoup d'autres... Il y a ceux qui ne veulent pas se salir les mains, ils sont nombreux aussi. Mains dans les poches, mains dans le dos, mains toujours propres, en réalité, ils n'ont pas de mains ! Ils regardent sans prendre de risque. Ils se mettent à distance. Enfermés dans leur propreté. Et pendant ce temps, leur coeur se dessèche, inutile.
Cette aseptie peut tuer l'âme des personnes, elle peut tuer l'âme des peuples et même des religions. On se préserve, on s'enferme entre soi, on boucle les frontières, on répète les rites passés en oubliant le jaillissement des origines. on oublie que vivre, c'est être disponible, aller vers les autres et vers l'avenir, inventer une réponse à l'événement.
Car ce n'est pas à l'extérieur qu'est le danger. Le plus grand péril est dans le coeur des hommes. Jésus le disant sans détour : "ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. Il allait au plus profond, bien au-delà des apparences, du look, de la considération sociale.
Il savait qu'au fond de notre coeur, Dieu veut nous faire ouvrir nos mains.
Bon dimanche et belle semaine à tous !
Belle rentrée aux jeunes et aux moins jeunes !

2 commentaires
Bien utile réflexion
Merci pour ce commentaire, qui est pour moi aussi l'occasion de prendre la "température" de nos paroissiens... mais aussi d'une forme de débriefing de nos célébrations.
A pouruivre...
Bien cordialement,
Didier
bonne idée cet écho de la messe
merci à Nadine cette fois-ci et à Monick la fois dernière..
merci à tous ceux qui prendront la plume pour faire le lien.
Brigitte