Chère Céline, oui, nous sommes avec toi dans ta lutte, tous les matins, nous prions pour toi afin que ton courage ne faiblisse pas. Oui, tu as toutes les raisons du monde de désespérer mais, accroche-toi, tu es une battante et nous sommes faites pour la vie, oui, ces fleurs que tu essaies de cultiver, elles sont le reflet de ce que tu essaies de semer par ton combat qui n'est pas inutile. Toi aussi, tu missionnes avec nous, par ton courage et ta lutte tu donnes du courage à ceux et celles qui te lisent, merci de ne pas lâcher. Je te comprends car cette fichue maladie comme tu dis si bien veut tout arracher mais Emilie est là, elle te soutient et nous aussi, nous t'aimons, ne lâche pas.
Chère Émilie
Tu vois je me disais, j'arrête d'écrire sur ma condition puisque rien ne va plus. Et je suis tellement lasse, que je vais au jardin près de la terre travailler mes fleurs. Mais la difficulté réside dans le fait que ma vision n'est plus claire, je vois double alors au lieu d'ôter la mauvaise herbe il m'arrive plutôt d'arracher la fleur! Et croit le ou non j'en pleure. Je me dit que mon ennemi tapi m'épie et veut revenir mais tranquillement sournoisement.
Je voulais me taire car il n'y a pas plus ennuyant que de parler de sa maladie. La guerre comme toute guerre est de force inégale. Je ne sais plus si je dois m'incliner, lever le drapeau blanc, me rendre?
Mes yeux et mes muscles de partout lâchent prise. C'est tellement peu jolie, heureux et enivrant d'écrire sur ses tourments. Alors je ris et me tait. La maladie, les détours dans les hôpitaux, toutes ces choses me briment.
Mais, je me laisse prendre à ce fil qu'est l'espoir. Et ce jardin que je cultive de peine et de joie je veux tellement le voir dans toute sa splendeur. J'ai déjà un léger aperçu de ce que je voulais de toute ces fleurs de tout ce coloris.
Tu me laisses savoir que je dois me reposer mais de ne pas abandonner. Tu me dis par tes filles de continuer et tu sais je me suis laissée embarquer, j'ai toujours été une batailleuse, je vais continuer, usée avec qu'un oeil ouvert, le dos droit ça aide, et puis, qui sait, j'aurai peut-être plus de force demain. Oh je sais il y a pire, je pourrais ne plus respirer ne pas parler normalement tout ce que cette fichue maladie peut m'apporter, je connais ses moyens pour affaiblir ce corps.
Elle attaque mes muscles peut importe lesquels, elle frappe et le coup porte crois moi.
Tu sais j'avais juste envie de me laisser couler, enliser dans cette vase capricieuse et insidieuse.
Mais voilà tu m'as fait signe je crois. Je serai donc encore là moi aussi a me débattre. Tu as eu encore une fois raison de ma lassitude. L'orgueil l'envie et la haine que je dois étouffer, non personne ne peut saisir l'effort que je dois déployer pour y arriver sans blesser les autres, sans me blesser.
Mais dans l'écriture réside le mieux être, le partage en est peut-être une solution qui sait.
Céline






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