laos (9)
21/04/03 de Vientiane a Pakse
Jusqu'a present, la chance m'a epargne les plans galeres. Aujourd'hui, ellem'a en partie abandonne car la journee de bus fut interminable. Il faut dire que je l'ai cherche : je souhaite rejoindre Pakse directement depuis Vientiane, un trajet de 660 km. Un voyageur m'aindique que cela lui avait pris 11 heures dans le sens inverse, et comme ma guesthouse m'a informe qu'un bus partait a 8h, une arrivee a Pakse vers 19h me parait raisonnable.
Le hic, c'est que l'on me refait la blague du bus de Dalivers Baoshan. A 7h30, je m'installe dans levehicule partant effectivement a 8h d'apres le chauffeur. Lorsque nous demarrons vers 8h15, c'est d'abord pour faire le plein, puis pour aller se poser vers 9hdans une autrestation de bus (celle pour rejoindre les destinations du Nord, ne cherchez pas a comprendre). J'apprends que nous partons finalement vers 10h30. Ca sent le coup foireux et je doisencore glandouille 3 heures dans le bus pour rien comme a Dali, mais cette fois-ci je patiente jusqu'au depart.
Le trajet est ininteressant au possible. Pas de reliefs. Quelques arbres, arbustes, et rizieres sechessur les cotes. Je plains les voyageurs qui visitent le Laos a velo. Ils doivent s'ennuyer a mourir car toutes les routes principales que j'ai prises etaient relativement moches. Apres les fabuleux paysages du Vietnam et de la Chine du Sud-Ouest, je reste sur ma faim.
Le bus s'arrete regulierement pour charger et decharger des passagers et leurs bagages (on a meme eu droit a une moto entre les rangees de sieges). A chaque fois, les vendeuses de boissons, de riz gluant etde brochettes de pouletse ruent sur tous les moyens de locomotion a portee de vue. Dans les villes principales, la pause est de plus d'une heure. J'hesite a descendre a Thae Kaek car c'est le seul endroit ou j'ai pu apercevoir a l'horizon des reliefs karstiques comme a Vang Vieng.
Un evenement notable : un oeuf s'ecrase sur ma tete. Si, je vous jure ! Il s'est echappe du sac de provisions que mon voisin a place dans le porte-bagages au-dessus de moi. Le proprietaire se confond en excuses, mais comme il m'a offert la moitie de son epis de mais un quart d'heure auparavant, cet incident est vecu dans la bonne humeur.
A 18h30, nous atteignons Savannaketh, a 230 km de Pakse. Je ne suis pas pret d'arriver...Le chauffeur m'indique que nous repartirons vers 19h. J'en profite pour aller manger une soupe. J'aurais pu en manger plusieures puisque le bus ne redemarre qu'a 20h30... Pendant cette attente, j'hesite a passer la nuit a Savannaketh, mais je trouve la motivation pour rester a bord carje n'ai pas envie de perdre une journee supplementaire pour rejoindre Pakse.
Nos chauffeurs nous font une derniere farce : ils font une pause d'une demi-heure vers 22h30 pour manger un morceau. Ils se foutent vraiment de la gueule des passagers. Je me demande ce qu'ils ont fait pendant 2 heures a Savannaketh. Le probleme,c'est que les bus ont l'air de fonctionner comme des mini-entreprises prive sans concurrence. Le service vendu est d'allerd'un point A a un point B et c'est tout. La notion d'horaire n'existe pas vraiment et ils en profitent pour s'arreterautant que possibleafin deprendrele plusde passagers. Ils gagnent ainsiun maximum d'argentau detriment des voyageurs.Ceci dit, ce n'est pas tant la longueur du trajet qui m'aura enerve aujourd'hui mais plutot le je-m'en-foutisme des chauffeurs, qui m'auront en plus raconte des salades pendant toute la journee. Dernier exemple, ils m'annonce qu'il faut 2 heures pour rejoindre Pakse depuis Savannaketh, information que je prendsbien sur avec des pincettes. Vous pouvez imagine mon bonheur lorsque vers 1 heure du matin, j'apercois le panneau signalant l'entree de ma destination du jour. Afinde rejoindre une guesthouse, je m'accroche debout a l'arriere d'un pick-up pour rejoindrele centre-ville depuis la station de bus.
La prochaine fois que j'entends quelqu'un me sortir la banalite "La meilleure facon de decouvrir un pays, c'est de prendre les bus locaux", il va m'entendre. A mon avis, c'est plutot la meilleure facon de decouvrir les mauvais cotes d'un pays. Certains diront que c'est un excellent moyen de rencontrer les locaux, ce qui est certainement vrai quand on peut communiquer avec eux(en Amerique du Sud par exemple). Maiscen'est pas le cas en Asie. Sipossible, je recommanderais detoujours prendre le bateau, le train ou les bus pour touristes dans cette region (meme si c'est un peu plus cher). Bon, quelques trajets dans les bus locaux, cela peut etre fun (en Chine, ce fut nickel). Mais il faut savoir que les pires souvenirs de voyage sont en general lies a ce moyen de transport.J'en ai entendu deshistoires :des pannes ou crevaisons en cascade, des voisins qui vous vomissent dessus, un long trajet en etant malade (genre diarhee ou forte fievre), unbus de nuit avec de la variete de merde a fond pendant tout l'itineraire... Au final, je n'ai quand meme pas trop a me plaindre car je n'ai pas eu a vivre ce genre de peripeties (a part le vomis du voisin, phenomene frequent en Chine...).
22/04/03 de Pakse a Si Phan Don (4000 iles)
La nuit a ete courte mais reposante. Le matin, je fais un tour rapide de Pakse puis je prends un tuk-tuk qui m'amene a la station de bus vers 11h. Ma guesthouse m'a indique qu'un bus partait a 11h30 en direction de Si Phan Don, le but de mon excursion dans le Sud du Laos. Cet endroit est aussi appele 4000 iles car la largeur du Mekong yatteint jusqu'a 14 kmet de nombreuses iles ont donc pu s'yformer.
Lechauffeur du Sawngthaew (camion amenage avec des bancs)se dirigeant vers la bonne destination m'explique qu'il partira "peut-etre a 12h". Contrairement au bus d'hier, je trouve cette approximation dans les horaires parfaitement comprehensible : pour des destinations a courte distance, le pick-up ou camion doit etre rempli avec un minimum de passagers avant de partir.Je patiente tranquillement, d'autant plus que le spectacle des vendeuses d'aliments en tout genrese ruant sur les vehicules esttoujours assez marrant.
Nous quittons la station de bus vers 13h. Inutile de vous decrire les paysages lors des 3 heures de trajets. Ils sont identiques a ceux auxquels je me suis habitue au Laos, c'est-a-dire plutot soporifiques...
Agreable surprise lorsque j'arrive a Nakasan, l'embarcadere pour rejoindre les iles, les paysans sont en train de moissonner les rares rizieres cultivees a cette periode de l'annee. C'est cool, j'aurais vu toutes les etapes de la culture du riz, des rizieres en eau en Chine, au piquage du riz au Vietnam pour terminer par la recolte ici. Je passe une bonne heure a les observer, puis je me pose dans un temple ou des moines novices sont ravis de pouvoir converser avec moi.
Alors que le soleil disparait a l'horizon, un bateau me depose a Don Det, "The island", dont m'ont parle tant de routards. Il va falloir que le Lonely Planet revienne faire un tour par ici car les guesthouses, composees de bungalow rudimentaires en bambou sans electricite ni eau courante (1 dollar la nuit), ont pousse comme des champignons. Plus d'unevingtaine d'etablissements sont en concurrence, contre seulement 2 dans la derniere edition de la bible sacre des voyageurs. Il n'y a pas encore de pizzerias, ni de bars diffusant de DVD et des matchs de foot, mais cela ne saurait tarder. Deja les bars a la mode s'appelent Rasta Cafe ou Reggae Cafe...
L'ouverture officielle il y a quelques mois de la frontiere avec le Cambodge (situee a quelques dizaines de kilometres),va probablementdrainer de plus en plus de voyageurs par ici, ce qui devrait parachever la transformation de ce petit paradis en village de vacances.Il faut dire que les paysages sont idylliques : bungalow et hamacau bord des bras du Mekong, multiples cocotiers, petites plages de sable fin... Tout ceci me donne un avant-gout appetissant de Thailande.
23 au 24/04/03 Si Phan Don (4000 iles)
J'ai mis 2 jours pour arriver a cet endroit, et je suis impatient de voir ce qu'il a dans le ventre. Je loue un velo pour parcourir les moindres recoins de Don Det, l'ile ou je reside, et l'ile voisine de Don Khone, reliee par un pont construit par les Francais.Ce dernier permettait a un petit train d'acheminer les marchandisesentre 2 quais situes de part et d'autre de chaque ile. Les rapides rendent en effet impossible le passage des bateaux, orles Francais souhaitaient exploiter le Mekong comme voie de communication entre Phnom Penh et Vientiane. La vieille locomotive rouilledesormais dans un coin, et les rails sont a present utilises pour fabriquer des ponts de fortune.
L'interieur des terres, constitue de rizieres seches, n'offre pas unspectacle passionnant durant cette saison. Par contre, je me regale a suivre les chemins longeant les berges. Le village de Ban Khone, sur l'ile de Don Khone, est notamment superbe. Il a conserve son authenticite et quelques vieux batiments coloniaux. J'aurais du sejournepar ici plutot que sur Don Det. Les ombres des cocotiers sur les chemins de terre, les villageois decortiquant les noix de coco, les pecheurs lancant leur filet ou encore les enfants jouant dans l'eau font partie des images que je garderai en memoire.
L'autre grosse attraction du coin sont les chutes d'eau de Somphamit. Et meme si nous sommes en periode seche, elles m'ont impressionnne par leur etendue et leur debit. Voir vidéo. J'y croise des moines de Savannakethvenus faire du tourisme (et oui, ils ne se deplacent pas que pour des pelerinages !).
D'autres chutes d'eau (Khon Phapheng)sont plus difficiles d'acces, mais il est possible de les visiterpar l'intermediaire des cafes pour touristes. Meme si le depart est tot (7h30), je m'inscris acette excursion, qui me permettra egalement d'apercevoirles rares dauphins d'Irrawady si je suis chanceux.
Je passe une mauvaise nuit. D'une part, il fait tres chaud. D'autre part, des bourrins d'anglo-saxons, sans doute torches,beuglent comme des veaux jusqu'a pas d'heure dans les rues du village. Je pense aux pauvres locaux qui vivent au rythme du soleil et se levent a 6h du matin. Je vous l'avais dit,Don Det est en train de mal tourner et je ne suis pas d'accord avec tous les voyageurs qui trouvent cet endroit paradisiaque. C'etait sans doute le cas il y a encore quelques annees, mais c'est de moins en moins vrai (je vous le repete, il faut aller sur Don Khone).
Vers 4-5h, un enorme orage prend le relais. A 7h30, c'est toujours le deluge, et je decide sagement de rester dans mon lit plutot que de partir en excursion. Je glandouille jusqu'a 11h, quand la pluie commence a s'apaiser, et je me joins a2 Anglaisqui souhaitentatteindrela route principale pour aller a Champasak.Jeles abandonne au bord decette route, et j'utilise les services de notreSawngthaew pour aller par moi-meme jusqu'aux fameuses chutes d'eau. La pluie est fine lors de mon arriveeet je peux doncen faire le tour tanquillement. Elles sont sympathiques mais j'ai prefere cellesd'hier.
Lorsque leSawngthaew me ramene sur la route principale, je retrouve les 2 Anglais, toujours en train d'attendre un bus pour Champasak. En faisant du stop, nous reussissons a monter a l'arriere d'un pick-up de touristes Thai (dont 3 travestis !).Jeme fais deposer unevingtainede kilometres plus loinpour rejoindre l'ile principale de Si Phan Don : Done Khong. L'atmosphere y est completement differente. Les paysages sont moins jolis. Il n'y a pas de petits bras du Mekong bordes de sable et de cocotiers. Les guesthouses ne proposentpas d'hebergement enbungalow. Le tout est donc moins idyllique, et les touristes sont bien moins nombreux. Mais c'est sans doute le meilleur coin pour effectuer des balades paisibles a velo et pour decouvrir la vie des villages traditionels. Ce que je fais durant l'apres-midi avec plaisir, le ciel ayant fini par se debarrasser de ses encombrants nuages.
25 au 26/04/03 Champasak
Cela suffira pour les iles de Si Phan Don. J'aurais pu rester encore un peu car ilfaut reconnaitre que cet endroit est fort sympathique et relaxant, mais je vais attendre d'etre en Thailande pour me reposer. J'ai plus de reussite avec les bus locaux que ces derniers jours puisque j'attrape rapidement un bus vers Pakse, puis un Sawngthaew a la jonction vers Champasak. Les deux etant bondes, jem'asseois dans l'allee sur des sacs de noix de coco dans le premier, puis je m'accrochedebout a la plate-forme arriere dans le second. Amusant.
Le village de Champasak a pas mal de charme, avec ses batisses coloniales croulantes et differents temples. Mais la raison de ma venue ici est la presence a 8 km de l'unique site du Laos offrant des vestiges de plus d'un siecle. Le Wat Phu est un temple datant 6-8eme siecle, et ayant ete embelli du 9 au 13eme siecle au temps de la splendeur d'Angkor.
Apres avoir vu Angkor, je ne m'attendais pas a une extase. Et bien je me trompais car je suis tombe amoureux du Wat Phu. Je ne sais pas explique pourquoi mais j'ai ete comme ensorcelle. J'ai adore les incroyables sculptures, le cadre du site et son atmosphere tranquille (il n'y avait quasimentpersonne). Contrairement aux temples d'Angkor,le Wat Phuest adosse a une montagne sacree, et est constitue de differents niveaux relies par des escaliers pentus. Le sanctuaire principal,le batiment le plus eleve, est situe au pied d'une falaise. Le coucher du soleil recouvre de couleurs chatoyantes les vieilles pierres des construcions encore debout. Un pur bonheur pour les photos...
Cette belle journee sera conclue en beaute. En effet, l'un des temples du village de Champasak organise en soiree sa kermesse annuelle. Quand j'arrive vers 20h30, l'atmosphere est bien calme et le groupe de pop joue devant un espace vide. Les stands de tir de flechettes et ceux pourparier de l'argent sont les plus animes. Petit a petit, les laotienss'installent autour des tables avec des caisses de biere et se lancent sur la piste de danse.A partir de 22h, l'ambiance est a son comble. Des jeunes m'ontcordialement fait signe de les joindrea leur table, et je trinque avec eux a defaut de pouvoir communiquer. Je me fais aussi invite a danser a plusieurs reprises. Et oui, la tradition veut que ce soit les filles qui invitent, en se presentant devant leur partenaire, et en lesaluant par une courbette les mains jointes. Les plus timides vont se placersur la piste au debut d'une chanson et attendentun cavalier avec impatience. Les couples dansent ensuite a 1-2 metres de distance (sans se toucher) et se suivent les unsles autres pour former une ronde autour du centre de la piste. Les pas sont plutot simples mais je crois que j'ai pas mal de progres a faire pour la gestuelle des mains...
A noter egalement queles femmes incitent carrement les hommes a la debauche: elles font le tour de la table, offrent un verre de biere a chaque personne, et boivent ensuite a leur tour. J'ai un peu de peine pour les moines,assis au bord de la piste et ne pouvant participer aux festivites. Je passe donc une soiree amusante (j'etaisle seul touriste), mais vers 23h, je commence a bailler et je rentre me coucher.
Le lendemain matin, je decide de refaire un tour au Wat Phu. Je ne m'en lasse pas. Je vais aussi voir le plus vieux temple en activite des alentours : le Wat Muang Kang. Les batiments sont splendides. Le temple en lui-meme est imposant mais ce sont surtout les residences des moines, d'inspiration coloniale et fortement colorees, qui m'ont le plus charme.
De retour au village, je prends le ferry et je trouve tout de suite un pick-up en faisant du stop qui va sur Pakse. L'apres-midi, j'erre dans les rues quasi-desert de la ville, et je m'arrete devant lesvieux batiments construits au debut du siecle en essayant d'imaginer la vie a l'epoque coloniale.
27/04/03 de Pakse a Chong Mek
J'ai envie de rester sur une bonne impression, et je decidepar consequentde retourner sur Bangkok apres ces dernieres belles journees. Un Sawngthaew me depose a la frontiere avec la Thailande en fin de matinee. J'y vois quelques vieilles Chevrolet, vestiges de la presence des "imperialistes americains", et transformees depuis en taxi.Autre spectacle etonnant,certainstemples ont envoye quelques moines qui, avec un haut parleur, tentent derecolter des donationsaupres des personnes quittant ou arrivant dans le pays.
Pour obtenir mon tampon de sortie, je dois m'acquitter de 1 dollar, car nous sommes dimanche et les douaniers sont en "heures supplementaires"...
CONCLUSION LAOS
Vous vous en etes peut-etre apercu en lisant mes recits : j'ai ete plutot decu par le Laos. Je crois que j'ai ete trop gate par le Vietnam et la Chine du Sud-Ouest, et que trop de voyageurs croises avait encense ce pays. J'ai trouve les paysages insipides. Au niveau historique, il n'y a que le Wat Phu (fabuleux) a se mettre sous la dent. Certains diront que les habitants font la richesse du Laos. Je suis desole, dans les coins touristiques, ils peuvent etre aussi penibles et accrocs aux dollars que dans les pays voisins. Bien sur, ils sont adorables dans les villages mais pas plus qu'au Vietnam ou au Cambodge (le pays ou j'aurais finalement trouve les gens les plus sympathiques).
Ceci dit, tout est relatif... J'ai quand meme passe d'excellents moments durant ces 3 semaines. A mon avis, les principales richesses du Laos sont ses forets tropicales et ses rivieres. Je n'ai fait qu'un seul trek (le mois d'Avril est le plus chaud de l'annee et rend donc cette activite penible), mais j'ai bien profite des ressources aquatiques. La descente de la riviere Nam Tha restera en particulier la croisiere la plus agreable de cette premiere partie du voyage. Le nouvel an Lao a Luang Prabang fera aussi partie de mes excellents souvenirs. Au niveau rencontre et imprevu, c'est evidemment la kermesse du temple a Champasak qui m'a le plus marque. Vous voyez, j'ai malgre tout passe du bon temps !
13 au 16/04/03 Luang Prabang
Il est temps de se poser un peu en attendant les plages de Thailande et de Malaisie. Ca tombe bien, je suis a Luang Prabang, ville reputee pour son atmosphere paisible. En plus, je vais pouvoir me reposer sans m'ennuyer puisque le Nouvel An Lao va etre celebre durant les 3 prochains jours. Ce sera mon 3eme jour de l'an en 2003 apres celui a Paris, etla fete du Tet a Ho-Chi Minh !
Le matin du premier jour, c'est le marche. Les Laotiens font leurs courses du nouvel an, et achetent en particulier des drapeauxa placer a l'entree des maisons, des oiseaux dans de minuscules cages et des plantes. Bien sur, on y vend aussi toutes sortes de pistolets et autres bazookas a eau. Le Nouvel An, c'est la fete de l'eau, et il faut s'armer pour se defendre lors des innombrables batailles qui auront lieu dans la ville.
On ouvre le ball'apres-midi de l'autre cote du Mekong. Nous sommes en pleine periode seche, et un gigantesque banc de sable y a fait surface. Des tentes ont ete plantees pour pouvoir restaurer la foule, et pour abriter quelques commerces. La tradition veut que l'on construise sur ce cote du Mekong des stupas de sable recouverts de farine et de drapeaux achetes le matin. Un vrai concours de chateaux de sable ! Puis on se rend dans le temple situe sur la colline ou dans les grottes avoisinantespour prier et effectuer des donations.
Une fois ces civilites effectuees, on passe a des activites plus ludiques. Des fusees sont lancees depuis une rampe en bambou. Certaines foirent, d'autres s'elancent vers les cieux avec succes et provoquent d'intenses cris de satisfaction parmi l'audience. On profite aussi de la proximite du fleuve pour arroser tout ce qui bouge.Ce sont toutefois les batailles de farine qui sont les plus acharnees. Tous lesjeunes deambulant le long du Mekong tententde barbouiller le visage despersonnes croises (surtout si elles sont du sexe opposee). L'ambiance est bon enfant et la plupart des touristes se prennent au jeu et terminent la gueule autant enfarinee que celle des locaux.
De retour dans la ville, les batailles d'eau font rage dans la plupart des rues. Les jeunes sont regroupes par bande.Certains sont bases devant une habitation pouvant leur fournir le precieux liquide. D'autresnomades se baladent a l'arriere d'un pick-up ou d'un tuk-tuk en narguant les bandes sedentarises. Je retrouve en quelque sorte l'ambiance de Mandalay (Myanmar), ou j'avais assiste aune fete equivalente il y a 2 ans, mais en plus champetre et moins organise.
Lors du deuxieme et du troisieme jour, un defile entre les 2temples importants est organise dans la rue principale. Des minorites en costume, des moines, quelques chars et des femmes en costume de fete Lao participent au cortege. Sympatique mais un peu court a mon gout. Voir vidéo. Pendant ce temps, les batailles d'eau redoublent d'intensite a tous les coins de rue. Je me suis achete un gros pistolet a utiliser en cas de legitime defense. Mais je regrette de ne pas avoirinvesti dans une arme plus efficace car ma puissance de feu est ridicule a cote des Rambos endevenir, parfois hauts comme 3 pommes.Jeconstate toutefois que la bonne vieille bassine ou le tuyau d'arrosage sont toujours les meilleurs moyens pour tremper jusqu'aux os les adversaires.
Outre les festivites, je passe du temps a parcourir la ville.Luang Prabang est la ville sainte du Laos : la majorite des moines viennent y poursuivre des etudes avant de repartir a la campagne. Il y a par consequent des temples, des monasteres, et des moines en robe orange partout. Tres photogenique tout ca, et je fais une fois de plus un peu trop de photos... Par ailleurs, il reste de nombreux batiments coloniaux (quasiment tous transformes en Guesthouse). Comme au Vietnam, les panneauxsignalant l'entree de la poste ou encore d'autres institutions sont traduits en francais. Etonnants restes de la presence francaise ! A noter, que j'aurais mange durant ces 3 jours les meilleurs baguettes depuis mon depart de France.
17/04/03 Vang Vieng
Je prends le matin le bus vers Vang Vieng empruntant la nationale 13 , tristement celebre puisque2 touristes y ont ete tues par des bandits il y a quelques mois. La route est sure a present d'apres les autorites. Je m'ennuie un peu pendant les 6-7 heures de trajet car les paysages, composes de collines sur lesquelles il ne reste plus beaucoup de vegetation, ne sont pas tres beaux. C'est seulement a l'approche de Vang Vieng qu'ils deviennent interessant : il s'agit du coin du Laos avec les plus belles formations karstiques. On y trouve de multiples grottes et de gigantesques falaises (mais pas depains de sucre commedans la Baie d'Along ou a Guilin).Par ailleurs, c'est un peu la mecque des routards au Laos puisqu'il y a une rue bordee de pizzerias et de bars diffusant les derniers DVD ou les matchs de foot du championnat anglais. On aime ou on n'aime pas. Personnellement, je n'accroche pas trop. Ceci dit, je pense que j'aurais vraiment apprecie en arrivant d'une semaine dans lesvillages completement perdus du Nord-Est du Laos...
Je profite de l'apres-midi pour me balader dans la ville et les alentours proches.Il n'y a pas a dire, c'est vraiment beau par ici. Je visite aussi quelques grottes. Ce qui est sympa, ce que l'on est tout seul a sepromener avec une torche. Rien a voir avec les mega-grottes et eclairages multicolores au Vietnam ou en Chine. Dans l'une des cavernes, des chauves-souris volent au-dessus de ma tete. Pour atteindre une piscine naturelle (plutot une baignoire vu la taille), je marche pendant un moment, je monte ou descends des echelles, etje passe a travers des conduits extremement etroits. J'ai parfois l'impression d'etre de retour dans les tunnels de Cu Chi ! Dans d'autres grottes, je vois de belles formations calcaires.
18 au 19/04/03 de Vang Vieng a Vientiane
L'activite la plus prisee a Vang Vieng : la descente en bouee de la riviere Nam Song en buvant de la biere. Je prefere m'inscrire a une descente de 2 jours en kayak, qui en plus me permettra derejoindre Vientiane. J'aurais pu rester un jour de plus pour explorer les grottes et les villages des environs, mais je crois que j'ai eu ma dose depuis le debut du voyage...
Au petit-dejeuner, je retrouve les 4 anglais quim'accompagneront le premier jour. Pourune fois, je n'accroche pastrop. Ce sont des anglaisgenre bourrin, pas specialement interessants.
Nousprenons un pick-up pendant une heure qui nous depose au bordde la riviere Nam Song.Cette derniere est chouette (sans egaler la Nam Tha toutefois). De gros rochers jalonnent les bords, et la vegetation est assez preservee. Par contre, au niveau rapides, il faudra revenir pendant la saison des pluies.Nous en franchissons un seul d'interessant, et quasiment tout le monde passe a l'eau (moi aussi).Le moment le plus excitant de la journee : un saut de 12 metres depuis une falaise. Ca fait drole quand on arrive en bas !
La descente en kayak terminee,les anglais partentdirectement sur Vientiane tandis que je continue l'excursion en pick-up vers le lacAng Nam Ngum. Je vais passer la nuit sur une des iles. Ce lac artificiel a ete cree suite a la construction d'un barrageen 1975. La vallee de la Nam Ngum en amont (ses villages, sa flaune et sa flore) a alors disparu a jamais sous les flots. Seuls les sommets descollines emergenta present et forment des iles parsemant le lac. Des troncs d'arbres morts font egalement surface durant la saison seche. Le tout est fort pittoresque, et jefais le tour de l'ile avec plaisir.
La Guesthouse ou je vais passer la nuit est un peu delabree mais agreable. Il faittres chaud mais un orage en fin de journee rafraichitl'atmosphere. Les seuls autres hotes sont un chilien et une anglaise. Quelle atmosphere paisible apres Vang Vieng !
Le matin, je me balade encore sur l'ilepuis nous retournons a l'endroit ou nous avions laisser les kayaks la veille, juste apres le barrage. Apres avoir traverse quelques rapides, le guide m'accompagnant m'explique qu'il s'agissait des seuls de la journee. De plus, la riviere Nam Ngum est beaucoup moins belle que la Nam Song, puisque relativement large et encadree de plaines. Je ne suis donc pas enchante par les 3 heures a pagayer qui m'attendent. Lorsque nous nous arretons 10 minutes plus tard, j'apprends que nous allons a present charger les sac-a-dos sur les kayaks, en les protegeant dans des sacs en plastique de fortune. Il ne sera donc plus possible de plonger de temps a autre depuis le kayak pour se rafraichir sans prendre le risque de tout mettre a l'eau. Bof bof. Je lui explique que je prefere abandonner mon embarcation et continuer en bus jusqu'a Vientiane. Je gache un peu d'argent dans l'histoire mais cela ne me dit vraiment rien de continuer. Je suis un peu degoute car j'aurais pu passer plus de temps sur le lac.
Je debarque a Vientiane en debut d'apres-midi. J'ai donc le temps d'avoir un apercu de la capitale du Laos. Caa l'air sympa. J'aurais tout mon temps demain pour en parcourir l'ensemble.
20/04/03 Vientiane
A l'image du pays(5 millions d'habitants), la capitale est loin d'etre surpeuplee. L'atmosphere est par consequent aussi relax que dans le reste du Laos. Il n'ya quasiment pas de circulation, et s'y balader en velo est un plaisir. C'est ce que jevais faire pour la journee.
Je deambulele long desboulevards deserts, je m'engage dans quelques ruelles. Je fais un tour dans le marche. Je visite les principaux temples, et je discute avecles moines.Mes deux endroits favoris : lePha That Luang, la pagode la plus sacree du pays, et le Wat Si Saket, l'un des plus beaux temples que j'ai vu.
Je fais aussi un tour au musee national d'histoire. On part de la prehistoire, puis plusieurs salles sont consacrees aux premiers royaumes Laotiens,a partir du 13 et 14eme siecle. A partir du 18eme siecle et jusqu'a la fin du 19eme, le Laos a constamment ete en guerre et plus ou moins fragmente. C'est alors que commence la partie la plus interessante du musee : l'arrivee des francais.Nous sommes depeints comme des brutes epaisses, qui ont exploite le peuple et les richesses du Laos. A la fin de la seconde guerre mondiale, gagnee par les russes contre les fascistes (pas un mot sur les americains...), les sauvages francais ont voulu reprendre le controle du pays. Mais ils ont ete contraints d'accorder l'independance en 1953 en raison de problemes rencontres au Vietnam (la defaite de Dien Bien Phu interviendra en 1954). Neanmoins, le gouvernement est toujours compose par une elite influencee par l'Europe et les Etats-Unis.Par consequent le parti communiste (Pathet Lao), officiellement cree en 1955, organise le soulevement des paysans dans les campagnes et des minorites dans les montagnes, avec le soutien du Vietminh. Pendant ce temps, les americains augmentent progressivement leur aide financiere etmilitaire pour contrer la poussee du communisme. En 1957 et en 1962, des tentatives pour mettre en place des gouvernements de coalition echouent. De 1964 a 1973, une guerre secrete enflamme le pays, officiellement neutre dans le cadre de la guerre du Vietnam. Malgre l'apport financier de la CIA et l'envoi de nombreux conseillers et formateurs, les communistes arrivent a controler la majeure partie du Laos. Lorsque les americains se retirent definitivement entre 1973 et 1974, le Pathet Lao n'a pas de mal a s'emparer entierement du pays,etils s'emparent de Vientiane en 1975. Les "imperialistes et leurs fantoches", comme decrit dans la legende des photos, ont ete defaits.
Je vous passe la suite du musee de 1975 a nos jours, constitue essentiellement de propagande et de jolis graphiques et camemberts montrant combien la politique du parti a ete benefique...
Je tiens toutefois a preciser que le parti communiste au Laos a ete beaucoup moins radical qu'au Vietnam, qu'en Chine ou qu'au Cambodge. Les reformes drastiques mis en place de 1975 a 1976 n'ayant pas porte leurs fruits, le parti a rapidement assoupli sa politique de collectivisation, et laisse de plus en plus de liberte auxinitiatives individuelles. De meme, la religion a rapidement repris sa place et son importance au sein de la societe, la population n'ayant pas apprecie les regles restrictives mis en placeen 1975 (les moines ne pouvaient plus faire l'aumone et devaient travailler dans les champs).
Demain, je pars vers le Sud du Laos, derniere etape avant de me diriger definitivement vers les plages et les poissons multicolores des iles de Thailande. Pouretre franc,j'y pense de plus en plus...un peu de repos ne devrait pas me faire de mal !
09 au 10/04/03 Trek dans le parc national Nam Tha
Comme prevu, la transition entre les 2 pays est beaucoup moins brutale que les precedentes (Thailande - Cambodge, Cambodge - Vietnam et Vietnam - Chine). En fait, c'est comme si j'avais deja franchi une frontiere virtuelle en arrivant au Xishuangbanna, une region tellement differente du reste de la Chine. Quelques differences sont toutefois a signaler :
- Fini les routes bitumees du Yunnan, je rebouffe a nouveau de la poussiere.
- Je retrouve les maisons en bambou et feuilles de plamier sommaires de l'Asie du Sud-Est (rien a voir avec les belles maisons Dai).
- Fini les transports publics bien organises de la Chine, desormais, il va falloir monter a l'arriere de pick-ups aux horaires de depart plus qu'aleatoires...
- Les forets sont aussi belles que dans le Xishuangbanna mais la culture sur brulis est ici plus intensive. Un spectacle parfois triste a voir.
- Il n'y a plus les "colons" chinois... Fini les gens qui font la gueule et qui polluent les paysages avecdes villes horribles.
- Les touristes sont 100 fois plus nombreux par ici.
Juste a mon arrivee la veille, je me suis inscrit a un trek de 2 jours dans le parc national de Nam Tha (j'ai eu de la chance, c'etait la derniere place). Nous sommes 8 a nous retrouver le matin : 3 americains, 2 allemands, 1 canadienne, 1 suisse et moi. Tous super sympa, a l'instar de nos 2 guides. Un pick-up nousabandonne a la lisiere de la foret, et c'est parti pour 4 heures de marche. Enfin une balade dans une vraie foret tropicale. La vegetation est extremement dense. Les arbres parfois gigantesques.
Lors de la pause dejeuner, je decouvre le repas typique cambodgien. Nos guides deposent sur des feuilles de bananier les differents plats composant le repas: poissons cuits a la vapeur, boeuf, oeufs, differents legumes, et l'indispensable riz gluant caracteristique du Laos. Nous mangeons sans couverts evidemment.
Puis nous continuons notre chemin jusqu'au village Khamu ou nous passerons la nuit. Premier reflexe une fois les affaires posees dans notre dortoir en bambou : plonger dans la riviere. Tous les enfants se sont regroupes sur le bord pour assister au spectacle. Ces derniers commencent a s'habituer aux touristes, qui viennent jusqu'ici a peu pres 2 fois par semaine depuis 2 ans. Le trek a ete cree par une association "ecotouriste". Il est en particulier formellement interdit de donner quoi que ce soit aux enfants pour ne pas les transformer en "mendiants" comme c'est le cas dans de nombreux endroits touristiques. Il est possible de donner des stylos mais seulement au chef du village. Le sentier par lequel nous sommespasses est le plus court pour se rendre au marche de Luang Nam Tha. Compte tenu de la distance, il est difficile pour les villageois d'aller y vendre regulierement leurs produits. Par consequent, les voyageurs venant passer la nuit ici sont une veritable benediction. C'est un moyen de gagner un peu d'argent sans avoir a se deplacer puisqu'il faut les nourrir et les loger.
Le tour du village s'effectue en 5 minutes. Les maisons sont on ne peut plus rudimentaires. Il n'y a pas d'electricite,pas d'eau courante. Cela ne derange pas les gamins qui paraissent heureux de vivreau milieu de la nature. Ils sont aussi ravis de jouer avec les droles d'energumenes que sont les touristes. Par exemple, nous passons une demi-heure sympathique avec eux a chanter a tour de role. Ils se prennent a fonds au jeu, et semblent bien plus excites lorsque c'est leur tour d'entonner une chanson.
Le repas du soir est aussi modeste que celui du midi : riz gluant accompagne de champignons, d'omelette et de petits poissons grilles plein d'aretes. Je me remets a rever de pizzas et de lasagnes... A noter que j'apprecie les pousses de bambous : on les pele comme une banane et on croque dans le coeur tendre (le gout est similaire a celui des coeurs de palmier). Comme nous n'avons plus d'eau fraiche, il nous faut boire l'eau bouillie au gout terreux de la riviere. Lorsque je me couche le soir, je suis bien content d'avoir une moustiquaire, non pas pour me proteger des moustiques mais des grosses araignees accrochees au plafond...
Je passe une mauvaise nuit. A partir de minuit eclate un orage impressionnant. J'ai rarement entendu une pluie aussi violente et des coups de tonnerre aussi tonitruants. Jusqu'a 4 heures, c'est le deluge avec quelques rares accalmies. A 5 heures (le soleil n'etait meme pas leve), ce sont les coqs qui prennent le relais... Lorsque j'essaye de me lever vers 7h30, je reve d'une bonne douche pour me reveiller.
Devinez le menu du petit-dejeuner? Riz gluant et omelette. Il faut prendre des forces car lamarche sera beaucoup plus longue que la veille. Nous longeons dans un premier temps la riviere Nam Tha. L'orage a rafraichi l'atmosphere mais a aussi humidifie le sol, qui pullule de sangsus... De vraies saloperies je vous jure ! Je ne profite pas trop du paysage car je passe mon temps a verifier qu'elles ne sont pas en train de s'agripper a mes chaussures. Lorsqu'elles detectent nos pas, elles se mettent au garde-a-vous le long du chemin et tentent de s'accrocher a tout ce qui passse. Plusieurs d'entre elles reussiront a s'infiltrer dans les chaussures de personnes du groupe.
Noustraversons un 2eme village Khamu, puis un village Lanten ou nous dejeunons. Alors que les Khamu s'habillent de la meme facon que les Laos, les Lanten portent un joli costume traditionnel noir, avec de beaux bijoux et des fils de laines roses attachesa plusieurs endroits. Les femmes se rasent les sourcils comme les Dzao rouges autour de Sapa. Ce village est encore plus pauvre que les precedents car il n'y a meme pas d'ecole.Dans les 2 premiers villages visites, les enfants disposent d'une ecole primaire, et peuvent poursuivre leur education en allant "a la ville". Est-ce la peine de vous lister le menu du dejeuner? Riz gluant avec de l'omelette...
La derniere partie du trek est la plus belle mais aussi la plus difficile. Sous une chaleur etouffante, nous remontons le cours d'un ruisseau charmant. Nous croisons de temps a autre des villageois partis en expedition pour faire des courses a Luang Nam Tha. Globalement, la foret est bien preservee, mais sur la fin nous traversons des paysages apocalyptiques de champs d'arbres calcines par la culture sur brulis.
De retour a Luang Nam Tha, j'apprends avec bonheur que 3 autres personnes souhaitent descendre la riviere Nam Tha avec moi. Les couts seront ainsi partages. Je serai bien reste quelques jours de plus pour visiter les alentours, mais il me faut rejoindre Luang Prabang avant le debut des festivites du Nouvel An Lao.
11 au 13/04/03 De Luang Nam Tha a Luang Prabang
Rendez-vous a l'embarcadere vers 7h30 avec les 3 autres voyageurs, un couple d'allemand et une taiwanaise. Le bateau est une sorte de longue pirogue a moteur. A l'arriere, le pilote s'occupe de diriger l'embarcation et de mettre les gaz tandis qu'a l'avant, uncopiloteeffectue le guet pour reperer les rochers.
La "croisiere" est un vrai delice. La nature bordant la riviere est splendide. A notre passage, les enfants des nombreux villages nous saluent avec excitation. Ils adorent se baigner apparement car ils sonttous dans la flotte.Voir vidéo. Nous croisonspeu de bateaux, a part quelques embarcations de pecheurs. Nous fanchissons regulierement des rapides, ce qui ajoute un peu de piquant a la descente ! Malgre l'experience de nos 2 "capitaines",nous eraflonsdes rochers a plusieurs reprises. A un moment, nous sommes meme contraints de descendre du bateau pourremettre notre embarcation a flot lorsqu'elle se retrouve accrochee a un rocher.
Le village ou nous passons la nuit est authentique a souhait. Pas d'electricite, pas d'eau courante. L'embarcadere sertaussi de salle de bain (baignade, lessive...)et de cuisine(nettoyage des legumes, vaisselle,depecage desanimaux). Au rez-de-chaussee des maisons sur pilotis, les femmes pilent les grains de riz pour oter leur ecorce, filent la laine, ou s'activent sur les ateliers de tissage. Comme d'habitude, les enfants sont tres attachants, et nous jouons un bon moment avec eux. Le repas du soirest le meme que celui du midi : riz gluant avec omelette... On nous a bien montre une piece de boeuf pour savoir si nous desirions manger de la viande, mais nous avons prefere refuser compte tenu des conditions d'hygiene environnantes...
Le matin, nous partons de bonne heure. En effet, les bateliers souhaitent etre de retour dans la journee afin de ne pas rater la fete ayant lieu en soiree dans leur village. La descente est toujours aussi sympathique que la veille. Nous rejoignons le Mekong a Pak Tha vers 13h. Nous avons de la chance car le bateau en provenance de Huay Xai et allant sur Luang Prabang est a quai pour prendre de nouveaux passagers. Nous sautons dans notre nouveau moyen de locomotion.
Ouais bof, apres la riviere Nam Tha, je suis un peu decu par le Mekong. Trop large pour voir la vegetation, les villages et les enfants se baignant sur les bords. Trop monotone car il n'y a pasbeaucoup de rapides. Et puis moins authentique puisque nous sommes a present sur le circuit touristique classique, et le bateau-bus estrempli aux 3/4 par des touristes arrivant de Thailande.Depuis le Vietnam, je n'avais plus vu une telle quantite de voyageurs.
Apres avoir passe la nuit a Pakbeng, nous repartons vers notre destination finale. Seul evenement notable de la croisiere : un arret de 30 minutes pour visiter les grottes de Pak Ou, assez ridicules a cote de celles de Pindaya au Myanmar ou celles de la Baie d'Along. En arrivant sur Luang Prabang, c'est un peu la guerre pour trouver une Guesthouse avec de la place. Fatigue de chercher, je prends une chambre a 15 dollars. Apres tout, un peu de confortneme fera pas de mal.





