chine (route de la soie) (13)

oct.
24

Preparation des nouilles a la ouighoure

  • Par fred le

oct.
19

Karakoram Highway

  • Par fred le

oct.
12

Le lac turquoise d'Hanas

  • Par fred le

oct.
6

Desert de dunes

  • Par fred le

oct.
6

Les ruines de la ville de Jiaohe

  • Par fred le

oct.
24

Chine (20/10/03 - 28/10/03)

  • Par fred le
Xinjiang/Gansu. La Route de la Soie du sud (Yarkand, Hotan), puis traversee du desert de Taklimakan jusqu'a Urumqi. Enfin, decouverte de la partie Urumqi - Xian de la Route de la Soie (Dunhuang, Jiayuguan).

20/10/03 de Kashgar a Yarkand

Apres avoir explore la Route de la Soie au nord du desert de Taklamakan, nous partons decouvrir celle passant au sud du desert. Notre premiere etape : Yarkand, a 4 heures de Kashgar.

Des notre arrivee en debut d'apres-midi, nous partons visiterla mosquee d'Altun.Fortement active, de nombreux fideleseffectuent leurs ablutions dans la cour avant de penetrer dans l'enceinte sacree. Dans le complexe autour de la mosquee se trouvent plusieurs mausolees dignes d'interet. Le plus beau est celui de Aman Isa Khan, une des concubines du sultande Yarkand au cours du 16e siecle, reputee pour ses fabuleux talents d'artiste. Etonnament, les tombes des differentssultans de Yarkand sont nettement moins impressionnantes et mises en valeur...

La vieille ville Ouighoure, cachee derriere de grandes avenues chinoises comme a Kashgar, bourdonne d'activite. Lescarioles tirees par des anes provoquent des embouteillages par le nombre, et rendent l'atmosphere authentique maispoussiereuse. Nous debouchons par endroit sur de grands cimetierres peu entretenus et donc a l'aspect lugubre... En bref, une vieille ville pleine de vie mais moins jolie que celles de Kashgar ou Kuche. A noter que les enfants ne doivent pas voir beaucoup de touristes car ils semblent particulierement excites a mon passage.

21/10/03 de Yarkand a Hotan

Apres avoir refait un tour dans le complexe de la mosquee d'Altun pour profiter des belles couleurs du soleil levant, nous prenons un bus vers Hotan. Nous mettons plus de 6 heures 30 pour atteindre notre destination. Les paysages arides sont plutot soporifiques, comme dans lamajeure partie du Xinjiang...

Nous sommes bien dans le coeur du pays ouighoure. Le chauffeur ne nous diffuse pas Matrix 2 comme ce fut le cas dans le bus Kuytun - Urumqi, mais des clips de musique traditionnelle.

22/10/03 Hotan

Le matin, nous visitons un petit village aux environs de Hotan, repute pour ses fabriques d'Atlas. Ce tissu aux motifs colores est typique du Xinjiang. Nous tombons d'abord sur une fabrique moderne employant des machines, puis sur une autre ayant conserve les techniques de fabrication a la main. Interessant, mais malheureusement en voie de disparition. Nous avons en effet croise tres peu de femmes a travers la province portant des robes utilisant ces tissus.

Nous allons ensuite au bazar, qui rivalise avec celui de Kashgar par son importance. Meme si nous ne sommes pas dimanche, il y a beaucoup d'animation. Nous mangeons pour la derniere fois de delicieuses nouilles ouighoures preparees devant nous. Le cuisinier etire d'abord la pate, puis l'embobine autour de ses bras et enfin l'etire a nouveau en frappant le tout sur une table (voir video). Un spectacle etonnant.

Nous cherchons a savoir ou se trouve la vieille ville ouighoure mais sans succes. Il n'y a apparemment pas de grande mosquee comme a Kuche, Kashgar ou Yarkand autour de laquelle s'etendent les vieux quartiers. En bref, nous sommes relativement decu par Hotan, qui ne vaut le detour que pour son marche du dimanche. Il y a bien des ruines d'anciennes cites ou des grottes aux milles bouddhas mais qui n'egalent pas celles que nous avons deja visitees. Par ailleurs, je n'ai pas reussi a trouve le petit musee. Je crois qu'il est temps pour nous de quitter le Xinjiang pour avoir un peu de nouveautes... Un seul detail que j'ai apprecie ici plus qu'ailleurs : les gigantesques allees de peupliers bordant les routes des alentours, encore plus majestueuses que dans les autres oasis (et oui, pas de palmiers dans les oasis du Xinjiang).

23/10/03 de Hotan a Urumqi

Je me fais reveiller avant le levee du soleil par les raclements de gorges en provenance de la salle de bain commune voisine. Pas tres agreable... Le raclement a lieu toute les 10 secondes pendant 5 minutes donc je finis parutiliser mes boulesQuies... On m'a donne recemment une explication interessante sur la manie des chinois a racler leur gorge et a cracher.Cette habitude serait un heritage desconsommateurs d'opium au debut du siecle, qui se serait transmis de generation en generation.

Nous prenons un bus a 13h vers Urumqi. Il est 11h pour les locaux. Les Chinois ont en effet impose l'utilisation de l'heure de Beijing, meme si nous sommes a des milliers de kilometres de la capitale. Le soleil se leve donc vers 9h, heure de Beijing... A Kashgar, et dans les villes de la Route de la Soie du sud, les locaux decalent de 2 heures leur montre pour vivre au rythme du soleil.Il fautpar consequenttoujours prendre la precaution dese renseigner sur l'heure utilisee lorsque l'on demande des horaires (bus, train, magasin...) : heure de Beijing ou heure du Xinjiang ?

Les paysages sont plutot ennuyeux au debut, comme d'habitude... Dans la ville de ,une grande partie des femmes agees portent un superbe costume en soie noireavec desbrodures turquoises. La plussurprenantepartie de leur accoutrement : un miniscule chapeau epingle sur le foulard blanc entourant la tete. Apres avoirtraverse Nyia, la derniere ville de la Route de la Soie du sud de notre itineraire, notre bus bifurque vers la route"trans-desert". Dans leur strategie de developpement et de "colonisation" de la province, les Chinois ont construit il y a seulement quelques annees une route traversant le desert de Taklimakan.Les villesouighoures au sud du desert sont ainsi desenclavees. Ce futaussi le casdeKashgar en 1999, a la suite de l'inauguration duchemin de ferUrumqi - Kashgar. Les Chinois reservent le meme sort au Tibet puisqu'ils construisent actuellement l'ambitieux chemin de fer Golmud -Lhasa.

Nous entrons donc dans le desert de Taklimakan en fin d'apres-midi. Le spectacleest fantastique. Les dunes se comptent par milliers, et les jeux d'ombre crees par les rayons du soleil couchant m'emerveille.

Je passe une bien meilleure nuit que dans le bus-poulailler de Lhassa a Golmud. Nous avons pris un bus onereux, et je dispose donc de suffisamment d'espace pour m'allonger completement. Pas de fuites d'air glace non plus, qui m'avaient enrhume pour plusieurs semaines...

24/10/03 Urumqi

Au petit matin, nous sommes sortis du desert. Le bus zigzague au fond d'une gorge avant d'atteindre un confortable autoroute. A un moment, la porte du bus s'ouvre brutalement avec la vitesse. Notre chauffeur s'arrete pour la refermer. Pourtant, il s'agit d'un bus flambant neuf, ultra-moderne et confortable. Durant la nuit, le chauffeur avait egalement du faire des pauses pour trifouiller je ne sais quoi qui disfonctionnait. Le "Made in China"...

Des notre arrivee a Urumqi vers 11h, nous achetons des billets de train pour nous echapper du Xinjiang vers le Gansu. Notre prochaine etape : Dunhuang. Il nous faut de nouveau poireauter a Urumqi en attendant le depart a 20h50. Cette fois-ci, nous errons dans la ville chinoise, et nous passons un peu de temps sur internet. Par ailleurs, je trouve enfin une librairie specialisee dans les langues etrangeres (dansla langue etrangere je devrais dire : l'anglais). Je n'ai plus de livres a lire depuis un moment. Neanmoins, je ne trouve qu'un seul roman non bilingue anglais/chinois : Anna Karenina de Tolstoy, un pavet qui devrait m'occuper un moment...

25 au 26/10/03 Dunhuang

Surprise lorsque je vais aux toilettes a mon reveil : un fidele Hui (Han musulman) a pose son tapis dans l'espace separant les 2 wagons et effectue ses prieres matinales. Une fois debarques a la gare de Liuyuan, il nous reste 2 heures debus pour rejoindre Dunhuang. Encore du desert, dans lequel nous apercevons quelques ruines de la muraille de Chine qui arrivait jusqu'ici par le passe. Pas mecontent d'arriver vers 11h30...

Nous allons visiter le "lac en forme de croissant de lune" durant l'apres-midi.Ce lac estpittoresque puisque situe a la frontiere entre l'oasis de Dunhuang etun desert de dunes gigantesques,et car un temple bouddhiste a ete edifiea ses cotes. Biensur, ila ete plus qu'amenage pour la venue des touristes chinois : un petit train ou des chameaux permettent d'effectuer les 200 metres entre le parking et le lac au milieu des dunes ; des activites ludiques sont proposees comme le parapente ou de la luge depuis le haut d'une dune, de l'ULM, du quad, du 4x4... Un site qui a beaucoup de cachet malgre tout (ce n'est peut-etre pas le cas durant la haute saison touristique...).

Le soir, nous decouvrons dans les ruelles deDunhuang des groupes de personnes ou des familles alimentant un feu sur le trottoir avec des papiers etranges, de la nourriture, des cigarettes, des simili-lingots d'or ou des pieces de monnaie en carton... Nous nous renseignons. Nous sommes le 1er octobre du calendrier lunaire, date a laquelle les chinois celebrent la fete des fantomes. Les offrandes consommees par le feu sont senseessatisfaire les fantomes pour le mois qui vient. Mais les enfants ont quand meme interet a bien se tenir car sinon...

Le lendemain matin, nous allons voir le principal pole touristique de Dunhuang : les grottes de Mogao.Nous etions plus que sceptiques car les grottes aux 1000 bouddhas visitees dans le Xinjiang (Bezeklik, Kizil) nous avaient profondement decues. La grande majorite des peintures murales avaient disparu, et nous n'avions pas vu une seule statue. Les vandales musulmans, archeologues occidentaux, et Gardes Rouges de Mao etaient passes par la... Quel bonheur lorsque nous penetrons dans la premiere grotte de Mogao ! Les murs sont encore recouverts de splendides peintures et de magnifiques statues en terre cuite et structure de bois tronent dans le fonds. Les autres grottes visitees sont a la hauteur. Deux d'entre elles abritent 2 des plus grands bouddhas du monde (3eme et 4eme tandis que le 1er et le 2eme sont dans le Sichuan). A noter qu'auparavant les bouddhasgeants d'Afghanistan, detruitsrecemment, etaientnumero 2 et 4 dans ce classement...

Les conditions climatiques exceptionnelles (il pleut 1 a 2 jours par an) expliquent l'excellente conservation desoeuvres d'art et meme des structures enbois protegant l'entree de certaines grottes.Je tiens apreciser que j'ai effectivement vu un bouddha sur lequel une moustache etait peinte. Il faut le savoir, et oui, le bouddha Gautama etait moustachu ! Simplement, la moustachepeinte a peu a peu disparu et la plupart des representations actuellesle decrivent imberbe...

Pourvisiter les grottes, nousetions avec un groupe de chinois.Il n'y a rien eu a faire, je n'ai pas pu m'empecher de penser qu'une bonne partie des personnes du groupe ayant depasse la cinquantaine, aujourd'hui en admiration, avaient certainement detruitdes oeuvresequivalentes durant la Revolution Culturelle... Cela me degoute.

Durant l'apres-midi, nous prenons un bus vers Jiayuguan.Desesperant. Les paysages alternent encore des oasis sans attrait et du desert soporifique. Quelques rares momentsexcitants : des restes de forts ou de tours de guet abandonnes, protegeant autrefois les caravanes de la route de la soie ; un coucher de soleil flamboyant.

27/10/03 Jiayuguan

Lecorridor de Hexi que nous avons remonte depuis Dunhuang etait le point de passage oblige des caravanes la route de la soie, puisque coince entre des chaines montagneuses infranchissables. Il s'agissait egalement d'un emplacement strategiquepermettant d'empecher toute invasion parles tribus nomades barbares vivant a l'Ouest et au Nord de l'Empire du milieu. Les Han (206 avant JC - 220 apres JC) furent les premiers a etendre la grande muraille de Chine jusqu'au corridor de Hexi. Puisles Ming deciderent en 1372 d'edifier au niveau du col de Jayu un systeme de defense imprenable : 50 km derempartsallant d'une chaine de montagnea l'autre, gardes par unfortmassif, furent construits sur une periode de 168 ans.Une des extremites de la Grande Muraille, Jiayuguan fut pendant des siecles le dernierbastion de l'Empire a l'Ouest, meme si les chinois controlerent souvent des territoires bien au-de la.

Sinous avions suivi les conseils du Lonely Planet, nous aurions saute cet endroit. Personnellement, j'ai beaucoup aime. En raison de l'importance historique du site, mais aussi de la beaute du fort, certes completement renove maisavec gout.J'etais aussi un des rares touristes au milieu des gigantesques constructions, et il est vrai que l'endroit doit perdre de sa magie lorsqu'il est envahi par les groupes de chinois en costard cravate et chaussures de ville (dans cet accoutrement meme dans le sentier du Grand Canyon au Xinjiang !). Par ailleurs, le musee presentant l'histoire de la Muraille de Chine est captivant. J'y apprends que durant la periode Han, tout jeune de 23 ans devait passe 1 an sur la Muraille. Durant les Ming, plus de 1 million d'hommes montaient la gardepour prevenir toute invasion ennemie.

Dans l'apres-midi, nousprenons un train en direction de Xian. Apres avoir passe pres de 3 mois dans les contrees "barbares" (Yunnan, Guizhou, Guangxi, Tibet, Route de la Soie),j'attaque a present le coeur de la Chine. Le passage a Jiayuguanavait donc aussi un certain cote symbolique !

28/10/ de Jiayuguan a Xian

Encore une journee complete dans les transports. Au petit matin, nous debarquons a Lanzhou pour changer de train. Puis c'est reparti vers 9h. Le paysages deviennent enfin interessants. Les collines arides sont entierement sculptees par les agriculteurs vivant dans de charmants villages traditionnels, me rappelant ceux autour de Jianshui dans le Sud-Est du Yunnan. Les toits des maisons presentent en particulier des formes assez uniques. Les paysans ramassent le foin, ou labourent les champs avec des anes. Malheureusement, la plupart des cultures sonta l'abandon a l'approche de l'hiver et les couleurs sont doncplutottristes. Je reviendrais bien faire un tour par ici au printemps ou en ete... D'autant plus que j'apercois de temps a autre de beaux restes deforts haut perches.

Puis le beau ciel bleu et l'horizon s'assombrissent progressivement a l'approche de Tianshui. Les paysages aussi. Je me retrouve peu a peu dans la grisaille chinoise, liee au climat maissurtout a la pollution,que je deteste tant.S'agit-il dela Chine typiquement deprimante que je vais devoir supporter pendant 1 mois ?J'en avais deja eu un apercu en arrivant dans le Guangxi autour de Nanning, dans le Guangdong autour deGuangzhou, ainsi que dans le Sichuan autour de Chengdu.J'espere avoir de bonnes surprises par la suite...

Durant tout le trajet, d'amusants messages destines a l'education des chinois defilent sur un panneau lumineux a l'entree du wagon: "Fumezdans l'espace entre les wagons" ; "Ne rien jeterpar les fenetres" ; "Utilisez les poubelles"... A intervalle regulier, nous avons aussi droit a: "Soyez polis et employez les mots suivants : S'il-vous-plait, merci, pardon, comment ca va ?". Il y a aussi quelques messages en anglais, donnant le nom des gares ainsi que la vitesse du train. Mais comme souvent, les mots utilises proviennent directement d'un dictionnaire et paraissent deplaces. Pour "Speed"par exemple, ils utilisent le mot "Velocity"!Durant les arrets dans les gares, les hauts-parleurs annoncent : "Pour les parents montes a bord, veuillez descendre s'il-vous plait. Ne vous inquietez pas, nous nous occupons de votre famille." Les messages de progagande habituels sont egalement debites, genre : " Soyez fidele au pays, au peuple..."

Nous arrivons a Xian vers 20h30. Enfin, nous allons pouvoir nous poser un peu. J'ai calcule que durant les 9 derniers jours (depuis Kashgar), nous avons passe plus de 80 heures dans des bus ou des trains...

CONCLUSION ROUTE DE LA SOIE

Le Xinjianget le Gansu,des noms qui n'evoquent probablement rien pour vous. Par contre, si je vous parle de la Route de la Soie... Les caravanes partaient de Xian et parcouraient des milliers de kilometres vers l'Ouest a travers des contrees arides et des deserts, en s'arretant dans les quelques oasis. Une fois arrivees a Kashgar, elles bifurquaient vers l'Inde ou continuaient vers l'Ouest en direction du Moyen-Orient et de l'Occident. Les Chinois n'ont reussi a affirmer qu'episodiquement leur controle surla route strategiqueXian-Kashgar.

Aujourd'hui, les provinces du Gansu et du Xinjiang, qui englobent cette route, semblent plus que jamais integrees au sein de l'Empire du Milieu.Pourtant, je me suis pose la question suivante tous les jours au cours des 4 semaines passees dans cette region : "Suis-je en Chine ?". Le Xinjiang est peuple majoritairement par les Ouighoures, descendants des Turcs (adorables a Turpan et a Kuche). Les paysages sont desertiques (pas une seule riziere bien sur). Des troupeaux de chameaux ou de moutons gambadent un peu partout. Les embouteillages sont provoques par les carioles tirees par des anes. Des mosquees sont presentes a tous les coins de rue des villages constitues de maisons en brique de terre cuite (ahhhh les vieilles villes de Kuche, Kashgar et Yarkand...). Et il ya aussi ces odeurs de brochettes de mouton grille... Une region par consequent particulierement exotique pour la Chine.

Par ailleurs, les vestiges historiques sont nombreux : ruines d'anciennes cites (celles de Jiaohe a cote de Turpan etant les plus fabuleuses) ; grottes aux milles bouddhas sculptees avant l'arrivee de l'Islam (magique Dunhuang) ; anciens remparts ou forteresses (Tashikurgan, Jiayuguan).

Un bemol toutefois : les milliers de kilometres a parcourir a travers des paysages souvent soporifiques. Heureusement, certains endroits isoles sont extraordinaires : le somptueux lac Hanas, la route Kuche-Grand Canyon, le mythiqueKarakoram Highway partant vers le Pakistan, et enfin le desert de Taklamakan (ahhh le coucher de soleil sur les milliers de dunes).

C'est fini pour la Chine des minorites. Apres 5 semaines dans le Sud-Ouest, 2 semaines au Tibet et 4 semaines sur la Route de la Soie, je vais me plonger a present dans le coeur de la Chine Han. Itineraire prevu : Xian - Beijing - Shangai.

oct.
24

Chine (20/10/03 - 28/10/03)

  • Par fred le
Xinjiang/Gansu. La route de la Soie du Sud (Yarkand, Hotan) puis d'Urumqi a Xian (Dunhuang, Jiayuguan).
oct.
22

Chine (16/10/03 - 19/10/03)

  • Par fred le
Xinjiang. La partie chinoise du Karakoram Highway puis visite de Kashgar pour voir en particulier le mythique bazar.

16 au 17/10/03 Karakoram Highway

Avec le petit groupe que nous avons forme dans le train hier (Gordon, Patrick, Hilda et un japonais rencontre a l'arrivee), nous decidons de louer un vehicule pour parcourir la partie chinoise du mythique Karakoram Highway reliant la Chine et le Pakistan ou l'Inde. Apres quelques dizaines de kilometres, les reliefs deviennent peu a peu accidentes et nous nous enfoncons dans une vallee aux couleurs incroyables. Puis les premiers pics enneiges font leur apparition. Cette route est consideree comme l'une des plus belles du monde, ce que je veux bien croire lorsque nous longeons un lac asseche dans lequel se sont formees des milliers de rivieres (voir vidéo), puis lorsque nous atteignons le lac Karakul. Plusieurs voyageurs venant du Pakistan nous ont assure que la partie pakistanaise est encore plus belle. Encore un lieu a visiter que je rajoute sur ma longue liste des destinations de reve...

Les constructions et les villages ont egalement beaucoup de charme. Nous ne sommes pas tres loin du Tajikistan et les Tajiks sont donc fortement implantes le long de cette route. Ils forment en particulier le gros des habitants de Tashikurgan, la derniere grosse ville chinoise avant la frontiere ou nous comptons passer la nuit. Les femmes Tajiks sont facilement identifiables avec leur superbe chapeau rond brode, souvent recouvert par un foulard (blanc si elles sont mariees). J'ajouterais aussi parmi les criteres d'identification leurs beaux yeux verts ou gris... et leur nez protuberant (si, c'est vrai !). Enfin, la plupart portent des robes aux couleurs plus que voyantes (rouge, rose, orange...). Dommage qu'elles soientles femmes les plus timides que j'ai rencontrees depuis le debut du voyage. Elles refusent quasiment toutes lorsque je demande si je peux les prendre en photo !

Le lendemain matin, nous allons voir le soleil se lever sur la "ville de pierre", une splendide citadelle chargee de garderla route commerciale strategique reliant le Pakistan a la Chine. Alors que nous nous appretons a retourner sur Kashgar, nous nous faisons inviter par des Tajiks adorables. Le riche interieur de leurs demeures contraste avec l'exterieur plutotbasique. De beaux tissus ou tapis recouvrent les murs, et les habitants ou leurs invites peuvent s'allonger au milieu de nombreux coussins. Apres avoir pris de belles photos de famille, notre groupe reprend avec plaisir la belle route du Karakoram. Plutot que de rentrer directement, nous faisons un detour par une vallee idyllique (pas dans le Lonely Planet, le nom est ohitak ou un truc du genre). Le glacier a son extremite n'a rien d'exceptionnel mais la vallee en elle-meme, peuplee d'ouighoures, est paradisiaque. Les formations geologiques, les couleurs des montagnes et des arbres, les villages et leurs habitants... Un regal.

18 au 19/10/03 Kashgar

Nous voila de retour a Kashgar, carrefour le plus important et le plus connu des differentes Routes de la Soie. Des routes partent vers le Nord-Est ou le Sud-Est en direction de Xian. D'autres partent au Sud vers le Pakistan et l'Inde,a l'Ouest et au Nord vers le Kyrgystan, l'Ouzbekistan, le Moyen-Orient et l'Occident. Nous sommes en plein coeur du pays Ouighoure, les descendants des Turcs venus s'implanter par ici au 8eme siecle et formant laminorite la plus importante du Xinjiang.

Nous consacrons la premiere journee a la visite de la ville. Les grandes avenues bordees de batiments quelconques pourraient faire croire que nous sommes dans n'importe quelle ville chinoise. Mais des quenous nous enfoncons dans lesruelles, nous changeons d'univers. J'ai meme parfois l'impression d'etre a Marrakech : le labyrinthe de rues et de passages, lesmurs en briques de terre cuite, les portes massives en bois et fer forge gardant l'acces de belles cours interieures, les mosquees de quartier, les rues commercantes debordant d'activite... Une difference a noter : comme a Kuche, des bataillons de pigeons virevoltent au-dessus de nos tetes lors de leurs entrainements intensifs. Par ailleurs, les rues sont pavees de facon tres intelligente pour ne pas perdre les nouveaux-venus : des paves octogonaux indiquent que la ruelle debouche sur une autre, tandis que des paves rectangulaires indiquent que la ruelle est une impasse.

Les rues sont fortement animees par les enfants car nous sommes samedi et les ecoles sont donc desertees. Un autre detail marquant par rapport aux villes ouighoures precedemment traversees : de nombreuses femmes portent ici un foulard en laine marron recouvrant completement leur tete. Elles ne doivent pas voir grand chose. Des activistes religieux semblent avoir beaucoup d'influence a Kashgar. D'autres femmes recouvrent leur visage mais laissent apparaitrent leurs yeux (quand ils ne sont pas caches derriere des lunettes de soleil). Enfin, certaines portent un foulard autour des cheveux et un masque chirurgical : un reste du passage de SARS ? Toutefois, la majorite se contentent de porter un simple foulard sur les cheveux comme dans le reste de la province.

Kashgar possede l'une des plus grandes mosquees de Chine, la mosquee Id Kah. Mais nous n'avons pu voir que l'interieur. Ses alentours sont completement en chantier afind'ameliorer son attrait touristique. Sacres chinois...

Pour clore cette belle journee, nous nous posons dans un vieux salon de thetraditionnel. Les vieillards s'y retrouvent et s'installent au balcon pour papoter ou jeter un coup d'oeil au marche ayant lieu sur la place en bas.De delicieuses odeurs de brochettes de mouton grille remontent jusqu'a nos narines et eveillent petit a petit notre appetit. Nous allons donc manger au ...fast-food local genre Mc Donald. Nous sommes un peu fatigue de la nourriture locale, pas tres variee, et j'ai envie de manger plein de viande sans danger pour mon estomac. Pour arriver au fast-food, il nous a suffi de marcher 10 minutes pour sortir des ruelles ouighoureset atterrir sur un gigantesque carrefour moderne chinois. Que de contrastes !

Le deuxieme jour, nous somme Dimanche. A donc lieu aujourd'hui le mythique bazar de Kashgar, repute a travers toute l'Asie. Ouais bof. Nous ne sommes pas emballes. Le bazar est certes impressionnant par sa taille mais n'offre pas de spectacles differents de ceux des petits marches entrevus auparavant. De plus, la circulation est chaotique. Les carioles et motos autorises dans les allees rendent la balade plutot penible au bout d'une heure. Comme dans les ruelles ouighoures explorees la veille, nous ne croisons pas un seul chinois ! Ces derniers semblent cantonner dans leurs grandes avenues. Les deux communautes semblent vraiment vivre sur 2 planetes differentes. Pour ne rien arranger, la majorite des ouighoures ne parlent pas mandarin dans la region...

La foire au bestiaux que nous visitons l'apres-midi est autrement plus excitante. Cette foire avait autrefois lieu au bazar mais a ete deplacee en peripherie de la ville pour je ne sais quelle raison. Un ouighoure parlant anglais et rencontre au bazar nous a explique comment nous y rendre. Les paysans des alentours s'y sont tous donne rendez-vous pour vendre toute sorte d'animaux : vaches, moutons, anes, chevaux mais aussi chameaux et meme yaks. Depaysant !

En arrivant a Kashgar il y a 4 jours, nous avons atteint l'extremite de la Chine. Nous sommes a plus de 5500 km de Shanghai et il va falloir penser a aller en direction de l'Est a present...

oct.
19

Chine (08/10/03 - 15/10/03)

  • Par fred le
Xinjiang. Exursion dans l'extreme-nord jusqu'au lac Hanas, puis retour sur la Route de la Soie du Nord avec une pause a Kuche.

08 au 11/10/03 Lac Hanas

Nous avons reussi a former un petit goupe pour partir explorer l'extreme nord du Xinjiang : 3 francais vivant a Shanghai, 1 chinoise de Hong Kong, 1 francaise et 1 canadien, 1 australien. Nous pouvons donc partager les frais de location d'un minibus. Le but de l'excursion : le lac Hanas, situe a quelques dizaines de kilometres des frontieres de la Mongolie, de la Russie et du Kazakhstan.

Il nous faut une journee complete pour rejoindre la ville-etape de Bu'erjin ou nous passons la nuit. Les paysages sont assez quelconques au debut : des champs de coton, puis des champs de petrole, et enfin le desert. Les formations geologiques commencent ensuite a devenir interessantes, en particulier a partir du parc national de "Ghost Town". J'ai l'impression d'etre dans le Sud-Ouest des Etats-Unis !Il serait parfaitement possible de tourner des scenes de western dans le coin. Nous commencons ensuite a apercevoir des bergers Kazakh avec leurs troupeaux de moutons, ainsi qu'un grand nombre de chameaux en liberte. Pour nous occuper durant ce long trajet, nous jouons au "troul-du-cul" entre francais. Ce n'est pas la coinche mais bon cela fait du bien de jouer un peu aux cartes. J'etais un peu en manque.

Nous reprenons la route le lendemain matin et commencons a monter en altitude. La vegetation devient plus intense, et les forets se parent de magnifiques couleurs d'automne. Les villages traverses sont habites par la minorite Kazakh.Leurs specificites : de superbes chalets en bois ou des tentes circulaires (yurt), ainsi que d'etranges cimetierres a proximite ressemblant ades cites miniatures, et enfin de nombreux chevaux.

Alors que nous approchons du lac, nous decouvrons la riviere qu'il alimente. Fantastique. La couleur turquoise irreelle proviendrait de la dissolution de minerauxayant lieu avec la fonte des neiges. Notre impatiencede decouvrir le lac atteint son paroxisme. Nous prenons quand meme le temps de dejeuner (probablement les oeufs brouilles avec tomates le plus chers de Chine) dans le village ou nous passerons la nuit. Puis nous entreprenons une balade le long du lac. Exceptionnel. Il s'agit de l'une des meilleurs periodes pour visiter cet endroit: les couleurs d'automne se melangent a merveille avec le turquoise du lac et la neige des montagnes environnantes. De plus,nous sommes quasiment seuls(le parc national fermera dans quelques jours). Plutot que de vous abreuver avec un long discours, je vous laisse aller voir les photos et la video. Le lendemain, nous grimpons en haut d'un sommet pouradmirer un beau panorama. Nous profitons du soleil pour nous rechauffer car la nuit fut fraiche. Il y avait bien un chauffage dans notre chambre en contre-plaque, mais l'electricite fut coupee a partir de 21h...

Le parc national de Hanas devrait voir sa frequentation augmenter rapidement malgre son isolement. Les Chinois sont en train de construire un gigantesque complexe hotelier a une dizaine de kilometres de l'entree du parc. Le point positif : ils vont detruire toutes les horribles hebergements qui avaient eteeriges a la va-vite a l'interieur du parc. Autre point indiquant le respect de l'environnement : tout abandon de detritus est severement reprime, et des slogans (ridicules) incitant a la protection de la nature ont ete places sur des panneaux le long de la routemenant au lac.

Nous reprenons en fin de journee la route pour dormir une fois de plus a Bu'erjin. Nousempruntons la meme route qu'a l'aller le 4eme jour pour revenir a Urumqi.En effet, Hilda (la chnoise de Hong Kong), Sophia et moi desirons descendre en cours de route pour rejoindre Kuytun. Nous voulons en effet atteindre Kuche le lendemain en empruntant une belle route traversant le massif de Tian Shan. Malheureusement,nous apprenons en arrivant a Kuytunquecertaines parties dela route sont extremement dangereuses a cette saison (glace, neige). De plus, iln'y a pas de transports locaux et les prix de location sont plus que dissuasifs.Nous prenons donc finalement un bus pour rentrer sur Urumqi, ou nous pourrons prendre un train pour aller sur Kuche.

12/10/03 Urumqi

Le premier train vers Kuche pour lequel nous avons reussi a avoir des billets (avec Hilda) part ce soir a 23h. Nous sommes donc contraints de passer une journee supplementaire a Urumqi. Comme il n'y a pas grand chose a faire, je passe un peu de temps sur internet pour remettre le site a jour.

Par ailleurs, nous allons faire un tour au musee. Y sont exposes de vastes collections d'objets decouverts dans des tombes a travers la province. D'un interet particulier sont les momies, parfois vieilles de plusieurs milliers d'annee. En soiree, nous retournons faire un tour au"Bazar international"pour voir les beaux eclairages de nuit.

13 au 14/10/03 Kuche

Nous debarquons a 14h a Kuche. En sortant de la gare, j'ai l'impression d'etre de retour en Asie du Sud-Est. Une dizaine de chauffeurs de taxi surexcites foncent sur nous et se battent entre eux pour nous offrir leurs services. Finalement, nous prenons un bus qui nous depose devant notre hotel. Mais une partie des taxis nous a suivi. Ils ont flaire le bon coup. Nous avons en effet besoin de l'un d'entre eux pour nous rendre aux grottes de Kizil, a 72 km de Kuche.

Une fois arrives aux grottes, nous sommes decus. Comme dans celles de Bezeklik a Turpan, il ne reste que quelque uns des 1000 boudhas decorant autrefoisles grottes. Toutes les statues ont disparu, et les peintures ont ete fortement endommagees quand elles n'ont pas ete subtilisees par des archeologues allemands. En revanche, le debut de la routereliant Kucheaux grottes est fantastique. J'ai l'impression d'etre sur Saturne ou Mars !

Le lendemain, nous commencons par une visite de la vieille ville Ouighoure. Un peu comme a Solo sur Java, peu de touristes prennent le temps de s'arreter ici car il n'y a pas d'attractions majeures. Pourtant,on y trouve des gens extremement amicaux menant une vie paisible tres traditionnelle. Une jeune fille nous guide dans le dedale de ruelles. Nous tombons sur plusieurs boulangers en train de preparer les plus grosses galettes de pain que nous ayons vu au Xinjiang. Un delice, en particulier grace aux petits oignons qu'ils deposent soigneusement au centre... Nous visitons la grande mosquee, et de plus petites. Par ailleurs, nous assistons au spectacle fascinant des dresseurs de pigeons. Ces derniersentrainent patiemment leurs "poulains" depuis leur toit, en les faisant tourner autour des habitations.

L'apres-midi, nous partons de nouveau a environ 70 km de Kuche pour visiter le Grand Canyon (absent du Lonely Planet). Le debut de la route est le meme que celui pour aller aux grottes de Kizil.Toujours aussi emerveillant.La suite est du meme niveau, et je dirais donc que c'est peut-etre l'une des plus belles routes du Xinjiang. Le Grand Canyon n'a quant-a-lui quele nom et les couleursen commun avec son rival des Etats-Unis. Il s'agit en fait d'une gorge extremement profonde dans laquel un sentier a ete ammenage. D'abord relativement large, il vaut mieux ne pas avoir trop de bide sur la fin pour reussir a passer entre les parois. Une bonne balade.

Au retour a Kuche, nous decouvrons en quelques minutes les ruines ridicules de Qiuci, puis explorons de nouveau quelques ruesremplies de belles scenes traditionnelles.

15/10/03 de Kuche a Kashgar

Notre train devait partir vers Kashgar a 11h... Il aura finalement 4 heures de retard ! Pourtant, les trains chinois m'avaient habitue a une certaine ponctualite.Pour patienter, nous discutons avec 2 autres touristes : Gordon, de Hong Kong, et Patrick, de Singapour.

Une fois dans le train, nous passons pas mal de temps a jouer au "Troul-du-cul", un jeu apparemment international. Puis, des Ouighoures nous apprennent le jeu local. Pas mal.

Nous sommes tous choques par la facon dont les employes chinois du train traitent les ouighours qui composent 100% des passagers de notre voiture "Siege dur". Il est stricement interdit de fumer ou de jeter des detritus par terre et ils se fontaboyer dessuss'ils ne respectent pas les regles. Des scenes d'engueulades auront ponctue tout le trajet. Ces incidentsne font finalement que renforcer mon antipathie pour les Hande Chine (a quelques exceptions bien sur), et ma sympathie pour les minorites. Sophia, Hilda, Gordon et Patrick (pourtant tous Han d'origine mais pas de Chine) sont du meme avis...

Nous arrivons a Kashgar vers 00h40... Les distances sont longues au Xinjiang !

oct.
18

Chine (16/10/03 - 19/10/03)

  • Par fred le
Xinjiang. Region de Kashgar et Karakoram Highway.
oct.
12

Chine (08/10/03 - 15/10/03)

  • Par fred le
Xinjiang. Le lac Hanas et la Route de la Soie du Nord (Kuche)
oct.
6

Chine (01/10/03 - 07/10/03)

  • Par fred le
Gansu/Xinjiang. 3 jours pour arriver a bon port en traversant le Gansu puis visite de la Route de la Soie du Nord (Turpan, Urumqi).

01 au 03/10/03 De Golmud a Turpan

Au reveil, les paysages de No man's land sont toujours les memes que la veille au Tibet. Les gigantesques paturages deviennent toutefois de plus en plus arides. Lorsque nous debarquons en milieu de journee a Golmud apres 28 heures de bus, nous sommes en plein desert. Pas grand chose a faire dans cette ville chinoise impersonnelle, en plein boom avec la construction du chemin de fer la reliant a Lhasa.

Mauvaise surprise lorsque nous souhaitons prendre le bus vers Charklik dans le Xinjiang pour rejoindre la Route de la soie du sud. Il faut traverser un point de controle interdisant le passage aux etrangers. Voila qui chamboule nos plans. Nous decidons de prendre le train pour rejoindre confortablement, et le plus rapidement possible, la Route de la soie du Nord. Nous faisons donc un detour par Lanzhou dans le Gansu, ou nous devons passer une journee en attendant d'avoir des places dans le train vers Urumqi. Encore une ville chinoise horrible avec son ciel gris deprimant. Nous y decouvrons heureusement un marche de nuit anime. J'essaye aussi d'alleger mon sac-a-dos en allant a la poste, mais il est impossible d'envoyer des tissus sans un controle par un centre sanitaire prenant 1 semaine ! La crainte du retour de SARS est bien presente... Je n'ai decidement pas de chance avec la poste puisque je n'avais egalement pas pu envoyer mes pellicules depuis Lhasa. Il fallait les developper d'abord parce que les douanes souhaitaient voir les photos... Sophia n'a pas pu non plus envoyer le CD-ROM contenant ses photos numeriques parce qu'ils souhaitaient pouvoir les visionner...

De longs trajets qui me laissent le temps de finir un livre passionnant : "Wild Swans" de Jung Chang (titre en francais ?). Retracant la vie d'une famille chinoise a travers 3 generations, ce livre est un chef d'oeuvre que je vous recommande vivement. "La Grande Marche", la "Campagne des 100 Fleurs", le "Grand Bond en Avant", la "Revolution Culturelle", autant d'evenements dont je ne connaissais que le nom et que ce livre m'a fait decouvrir plus en detail.Pour comprendre la Chine contemporaine et les Chinois, j'estime qu'il est indispensable de comprendre ce qu'il s'est passe durant les 50 dernieres annees.Fascinant etincroyable. En voici donc un resume.

1911-1927 : De la Republique au chaos
La republique creee par Sun Ya Tsen lors de la Revolution de 1911, mettant ainsi un terme a la dynastie des Qing (Manchus), ne fait pas long feu. Le pays sombre dans le chaos. Les provinces du Sud-Ouest (Yunnan, Guizhou, Guangxi) font secession alors que celles reculees du Tibet ou du Xinjiang retrouvent une semi-autonomie. Les seigneurs de guerre regnent sur une grande partie du territoire.

1927-1937 : Guerre civile, premier acte
Le Kuomintang (KMT) emerge comme une force politique majeure et controle l'Est du pays. Son leader, Chiang Kaishek, lance a plusieurs reprises des campagnes d'eradication des Communistes. Ces derniers frolent la defaite en 1934. Les armees eparpillees au Sud battent en retraite et arrivent a se regrouper a Yan'an dans le Shaanxi au terme de la fameuse "Longue Marche" de 6000 km. Profitant du semi-chaos regnant dans le pays, les Japonais s'emparent de la Mandchourie en 1931.

1937-1945 : Occupation nippone
Les Japonais envahissent l'Est de la Chine en 1937. Le KMT se refugie a Chongqing dans les montagnes du Sichuan, tandis que les Communistes infiltrent les campagnes delaissees par les Japonais, trop occupes a conserver le controle des villes.

1945-1949 : Guerre civile, deuxieme acte
A la fin de la seconde guerre mondiale, les belligerants communistes et du KMT reprennent le conflit, apres une pause de 8 ans. La guerre civile finit par tourner a l'avantage des Communistes en 1949. La fin de la guerre est une veritale debandade pour le KMT malgre l'aide massive des americains. L'attitude des troupes du KMT, completement decadentes, desoeuvrees, et pourries par la corruption y est pour beaucoup, car l'armee de Mao contraste par sa discipline, son ethique et son comportement exemplaire. Cette derniere gagne ainsi le soutien de la population, en particulier dans les campagnes. C'est exactement ce qui se produit au Vietnam une vingtaine d'annees plus tard... Le KMT fut plus vaincu par la demoralisation de ses troupes que par les armes (durant la derniere annee du conflit, les pertes durant les batailles ne representaient que 20% des pertes totales du KMT !).
Mao Zedong proclame la fondation de la Republique Populaire de Chine le 1er Octobre 1949. Chiang Kaishek et ses armees en deroute prennent la fuite vers Taiwan en decembre 1949 pour y etablir une Republique autonome.

1949-1956 : Un peu de bonheur avant le debut du cauchemar
Les Communistes unifient et redressent un pays au bord de la faillite. Cette periode est florissante d'un point de vue economique. Des 1953, l'inflation est stoppee et les niveaux de production d'avant-guerre sont retrouves. Les possessions des proprietaires terriens sont confisquees et distribuees aux paysans. Le 1er plan quinquennal sur modele sovietique est un veritable succes.
D'enormes progres sont egalement accomplis d'un point de vue social. La plupart des vices des Chinois sont elimines : jeux d'argent, prostitution, consommation d'opium et surtout corruption. Les femmes sont liberees des coutumes ancestrales les opprimant depuis des siecles.
Par ailleurs, les premieres campagnes politiques sont lancees :
- 1951 : pour nettoyer le Parti des cadres abusant de leurs pouvoir ;
- 1952 : pour punir les capitalistes frauduleux ;
- 1955 : pour eliminer les "contre-revolutionnaires caches" au sein du Parti.
Mise a part les nombreuses tragedies personnelles liees a ces campagnes (les criteres de susceptibilite etaient plus que vagues), tout va pour le meilleur des mondes dans la Chine de 1956. Mais Mao commence a foutre la merde...

1956-1957 : La "Campagne des 100 fleurs"
Au printemps 1956, Mao annonce "Laissons des centaines de fleurs s'epanouir", une politique visant a laisser plus de liberte de pensee et d'expression aux "intellectuels". Au printemps 1957, il les encourage meme a emettre des critiques contre le Parti. En Juin, il lance une 4eme campagne politique denommee "anti-droitiste", en decretant que 5% des personnes appartenant a la classe des "intellectuels" sont de droite. Il faut les identifier en fonction des critiques emises durant les derniers mois... 550 000 intellectuels "de droite" sont ainsi "detectes" et condamnes a effectuer des travaux manuels dans une usine, dans les chanps ou dans un goulag.

1958-1961 : "Le grand bond en arriere"
Mao continue malheureusement a imposer ses idees delirantes face a ses adversaires au sein du Parti. La Chine se lance dans la plus catastrophique experience economique de l'humanite : "Le grand bond en avant". Considerant que Kroutschev tourne le dos au socialisme, Mao veut montrer qu'il s'agit de la voie a suivre et la pousse aux extremes. Les cooperatives paysannes sont regroupees au sein de gigantesques "Communes du peuple". Des objectifs miraculeux de production sont fixees, avec des instructions aberrantes pour ameliorer la productivite a appliquer a la lettre. Les repas au domicile sont interdits et et tous les instruments de cuisine bannis. Tout le monde est contraint de manger dans les cantines publiques. Puisque leur vie est desormais prise en charge par le gouvernement, les paysans en profitent pour manger comme jamais a leur faim (epuisant toutes les reserves de nourriture des cantines), et vont travailler dans les champs avec nonchalance.
Mais l'agriculture est egalement negligee en raison de la priorite donnee a la production d'acier. Afin de doubler cette production, Mao ordonne au peuple de construire des fourneaux et un quotat est attribue a chaque unite de travail. Le developpement economique du pays est reduit a sa capacite a produire de l'acier... Bien sur, l'acier ainsi produit est le plus souvent inutilisable et de vastes forets disparaissent pour alimenter les fourneaux.
Cette situation parait completement absurde, mais elle fut rendu possible en raison de l'impossibilite d'emettre tout type de critique par crainte d'etre considere "contre-revolutionnaire" ou "de droite", et egalement parce que le mastodonte systeme de propagande faisait croire que le Grand bond en avant etait couronne de succes. Pour etre en securite, les cadres preferaient appliquer les ordres du Parti et de Mao, meme s'ils etaient debiles (en 1959, une nouvelle campagne reprima tout ceux ayant ose emettre des critiques). Le systeme totalitaire dans lequel ils etaient immerges leur avait ote tout sens de responsabilite.
Malgre les signes evidents de la catastrophe a venir, Mao continue obstinement a imposer sa politique economique desastreuse. Forcement, une gigantesque famine frappe la Chine au debut des annees 60. Les raisons invoquees par le gouvernement : une importante dette reclamee par la Russie suite a la Guerre de Coree, et des desastres naturels sans precedents. Au moins 30 millions de personnes decedent. Pour ne rien arranger, Mao se brouille avec les Russes en 1960, qui suppriment leur aide et rapatrient tous les experts qui faisaient tourner une grande partie des usines chinoises...

1961-1966 : Mao en retrait, le retour du bonheur
Au debut de 1961, Mao est finalement contraint d'abandonner sa politique suicidaire, tandis que le president Liu Shaoqi et le secretaire general du Parti, Deng Xiaoping, prennent le controle du pays. La production en masse d'acier est abandonnee, les cantines publiques abolies, le revenu des paysans lie a l'efficacite de leur travail. Des elements d'economie de marche sont introduits et l'economie redemarre de facon spectaculaire a partir de 1962. Une liberalisation politique est egalement mise en oeuvre et un grand nombre de personnes touchees par les campagnes de 55, 57 et 59 sont rehabilitees.
Dechu de la plupart de ses responsabilites, Mao reste cependant President du Parti, et prepare malicieusement son retour. Des 1964, il lance a grande echelle le culte de sa personnalite et remet a la mode la lutte des classes. La priorite dans les etablissements scolaires est par exemple donnee aux enfants provenant d'un "bon" milieu familial (paysan, ouvrier, soldat, cadre du Parti). L'endoctrinement politique s'amplifie dans les colleges, les lycees et les universites. En 1965, Mao decrete que les pelouses et fleurs sont "bourgeois", et les jeunes sont charges de les arracher dans l'ensemble du pays. La deification de Mao fut possible en raison des impressionnantes reussites economiques en parallele et l'absence de persecutions politiques. Mao recolta tout le credit alors qu'il n'y etait pour rien, les grands artisans etant Deng Xiaoping et Liu Shaoqi. Mais ces derniers le laisserent faire, pensant qu'il se contenterait de cette gloire abstraite et les laisserait continuer a diriger le pays.

1966 : "Revolution Culturelle", acte I : les Gardes Rouges
En 1965, Mao avait tente de lancer une nouvelle chasse aux sorcieres en creant une nouvelle classe ennemie : "les bourgeois reactionnaires". Fatigues par les campagnes precedentes, les cadres du Parti resterent passifs, voire refuserent de poursuivre cette nouvelle campagne. Completement isole, Mao decide donc en 1966 de lancer la guerre aux cadres "sur la voie du capitalisme" et lance la "Revolution Culturelle". Il met en place une chaine de commandement operant independamment du Parti, et cree le Comite de la Revolution Culturelle, compose de 4 personnes dont la demoniaque Mme Mao. Il s'appuie par ailleurs sur son principal allie, le marechal Lin Biao, ministre de la Defense depuis 1959, et qui a endoctrine l'armee populaire avec le culte de Mao. Il prend les commandes du Journal du Peuple qui, des Juin 1966, commence a exhorter le peuple a joindre la "Revolution Culturelle" et a etablir l'autorite absolue de Mao. Le journal commence egalement a publier les "citations de Mao" qui allaient former le fameux "Petit Livre Rouge".
Pour aneantir le Parti, Mao decide de repandre la terreur a travers le pays par l'intermediaire des adolescents et des etudiants. Totalement endoctrines par le culte fanatique de sa personnalite et la doctrine de la "Lutte des classes", ces derniers rejoignent les rangs des "Gardes Rouges" a travers l'ensemble du pays. Ils sont incites a abandonner leur domicile pour vivre dans les etablissements scolaires (dont l'activite est interrompue) afin de se dedier a la "Revolution Culturelle". Mao, sa femme et le Journal du Peuple commencent a lancer des appels a la violence. Les premieres victimes sont les enseignants et professeurs, qui sont martyrises, parfois tortures ou meme tues par leurs anciens eleves. Le 18 Aout 1966, lors d'un rassemblement monstre de jeunes a Pekin (13 millions de personnes), Lin Biao annonce qu'il faut detruire les anciennes idees, cultures, coutumes et habitudes. Les Gardes Rouges se dechainent alors a travers le pays sur tout ce qui est ancien : musees, palais, temples, tombes, statues, remparts... Quelques monuments majeurs, comme la Cite Imperiale, ont neanmoins survecu car le premier ministre, Xhou Enlai, envoya l'armee pour les proteger. Les Gardes Rouges trouvent d'autres activites plus ludiques : trouver de nouveaux noms"revolutionnaires" pour les rues ; fermer les salons de the consideres comme "bourgeois" ; essayer de changer les regles de circulation (un feu rouge devrait signifier "go" et non "stop", les voiture devraient rouler "a gauche" et non "a droite"). Bien sur, les livres furent une des cibles favorites de Mao. Il ne devait rester qu'une seule culture : la sienne. Les seules chansons autorisees utilisaient des citations de Mao (jusqu'en 1978 !).
Une autre activite demarrant avec la Revolution Culturelle sont les "reunions de denonciation" durant lesquelles des personnes appartenant aux classes ennemies sont persecutees, humiliees et torturees. Personne n'osait contester les faits et gestes des Gardes Rouges auxquels le dieu Mao avait donne les pleins pouvoirs.
Vers la fin de 1966, les universitaires commencent a diriger leur ressentiment envers les cadres du Parti, qui deviennent les boucs emissaires. La plupart sont accuses d'etre "sur la voie du caitalisme" pour avoir appliquer des politiques de plus en plus capitalistes (alors qu'ils ne faisaient que suivre les ordres du Parti). En outre, au sein des unites de travail, certaines personnes deviennent activistes et choisissent un camps : les "Loyalistes" soutenant l'administration communiste, et les "Rebelles" soutenant les attaques de Mao envers le Parti.

1967-1968 : "Revolution Culturelle", acte II : les Rebelles au pouvoir
Le 9 janvier 1967, Mao appele les "Rebelles" par l'intermediaire du Journal du Peuple a prendre le pouvoir a la place des personnes "sur la voie du capitalisme". Toutes les personnes souffrant de frustration, de jalousie ou ayant des reglements de compte a effectuer emergent a travers le pays et se declarent Rebelles... D'autres le font par conformisme ou devotion pour Mao. Outre les membres du Parti, l'elite professionnelle de chaque unite de travail est attaquee par les Rebelles : docteurs, artistes, ecrivains, ingenieurs...
La terreur et l'ennui atteignent leur paroxisme. Des reunions de denonciation ont lieu a tous les coins de rue. Les etablissements scolaires ne fonctionnent plus. Tout forme de relaxation est interdite : livres, peinture, instruments de musique, sport, jeux de cartes, echecs, salons de the... Les parcs sont devastes (les pelouses et fleurs sont toutes arrachees). Les films, pieces de theatre et concerts sont bannis, a l'exception des 8 "operas revolutionnaires" produits par Mme Mao. Les journaux sont tous soigneusement conserves puisque tous presentent un portrait de Mao en premiere page : s'ils s'abimaient, le proprietaire pourrait etre taxe de "contre-revolutionnaire".
La majorite des officiels de haut niveau tentent d'arreter le desastre en Fevrier 1967. En reponse, Mao destructure completement le Parti et acheve de mettre en place sa chaine de controle, comme les "Comites Revolutionnaires" au niveau des differentes provinces. Lin Biao fait de meme au sein de l'armee afin de faire taire toute critique.
Petit a petit, les leaders des differentes organisations de Rebelles se revelent etre des opportunistes sans discipline plutot que des Maoistes fanatiques et une mini-guerre civile eclate entre ces organisations a partir de l'ete 1967. Le Comite de la Revolution Culturelle ordonne alors a l'armee de les equiper. Mao declara : "Cela ne peut pas faire de mal aux jeunes de s'entrainer un peu avec des armes. Nous n'avons pas eu de guerre depuis un moment".

1968-1971 : "Revolution Culturelle", acte III : la reeducation du peuple
Ayant fini par instaurer une autorite absolue, Mao decide de mettre fin aux exactions des Gardes Rouges pour restaurer l'ordre. Durant l'automne 1968, il ordonne aux ecoliers, collegiens et lyceens de revenir dans leurs etablissements. Les "cours" reprennent mais se limitent a de la propagande sur les ecrits de Mao. Les etudiants sont quant-a-eux tous diplomes sans examens et disperses dans le pays. A partir de Janvier 1969, les jeunes des villes (pres de 15 millions) sont envoyes travailler dans les campagnes, afin d'etre reeduques. Mao declara : "Les paysans ont les mains sales et les pieds souilles par les bouses de vache, mais sont plus propres que les intellectuels". Les anciens fonctionnaires du Parti et les gens appartenant aux classes ennemies sont quant-a-eux places dans des camps de travail isoles pour etre "reformes". La plupart recoivent peu de visiteurs. La Revolution Culturelle a brutalise les relations entre les gens et detruit un grand nombre de cellules familiales.
Les comites revolutionnaires ordonnent la construction de statues de Mao a travers le pays. Toute forme d'education ou de formation disparait, Mao ayant declare : "Plus vous lisez de livres, plus vous etes stupides". Les jeunes entrant dans la vie active ont juste un manuel basique pour apprendre a pratiquer leur nouvelle profession.

1971-1976 : La fin du regne de Mao
Le 25 octobre 1971, l'avion de Lin Biao s'ecrase mysterieusement en Mongolie, alors qu'il fuyait vers l'Union sovietique apres avoir tente d'assassiner Mao. Des signes de detente apparaissent immediatement. De nombreuses personnes sont rehabilitees et liberees des camps. Comme Lin Biao etait son principal allie pour controler le pays, mao est oblige de remettre en place, a contre-coeur, l'ancienne administration communiste. Zhou Enlai, premier ministre et allie modere de Mao obtient les pleins pouvoirs pour redemarrer l'economie. Des 1972, les etablissements scolaires sont reouverts apres une pause de 6 ans. Des elemenst d'economie de marche sont a nouveau introduits avec succes. Des relations diplomatiques amicales sont mises en place avec les Etats-Unis, et Nixon visite Pekin en Fevrier 1972. Au printemps 1973, Deng Xiaoping est rehabilite et nomme vice-premier ministre.
Mao continue neanmoins d'empoisonner la vie du pays. Durant l'ete 1973, les recrutements dans les universites redemarrent, mais les seuls candidats autorises doivent etre paysans ou ouvriers. Par ailleurs, les examens d'entree sont finalement annules, la selection devant se faire uniquement sur le critere du "comportement politique". En gros, les pistons deviennent le seul moyen de rentrer dans les universites... Les "reseaux" de connaissance sont egalement determinants pour les jeunes envoyes a la campagne et souhaitant revenir en ville. Les places sont limitees car le gouvernement garantit la nourriture, le logement et l'emploi des citadins. Au debut des annees 70, de plus en plus de personnes rejoignent le Parti en raison des avantages personnels et par securite plutot que par conviction politique. La corruption fait egalement un grand retour au sein du Parti. En bref, la Revolution Culturelle avait detruit la discipline et la moralite du Parti...
Debut 1974, Mme Mao renouvelle ses efforts pour empecher le pays de fonctionner avec des slogans comme "Arreter la production, c'est faire la Revolution", "Nous voulons un peuple analphabete, pas des aristocrates eduques". Ce sont les universites qui souffrent le plus de ces dernieres tentatives de sabotage. Les livres sont remplis de propagande, et les etudiants sont invites par Mao a aller "s'instruire dans les usines, a la campagne ou a l'armee" pendant plusieurs semaines.
Fatigue par la politique pragmatique et efficace de Zhou Enlai et Deng Xiaoping, Mao donne mi-1974 un total soutien a sa femme et le "Gang of 4" pour lancer des campagnes les attaquant. Zhou Enlai decede le 8 Janvier 1976 et Deng Xiaoping et de nouveau destitue de son poste au mois d'avril 1976.
Qui sait ce qu'il serait advenu du peuple chinois et de Deng Xiaoping sans la mort de Mao, qui intervint le 6 septembre 1976. Deng Xiaoping fut rehabilite encore une fois en Juillet 1977. Le cauchemar des Chinois s'achevait et la belle vie pouvait commencer.

Hallucinant, n'est-ce pas ? Ce que je trouve incroyable dans l'histoire du monde, c'est comment une seule personne peut detruire la vie de millions d'autre. Mao ne fut pas le seul... Mais ce qui est incomprehensible, c'est que le culte de sa personnalite continue aujourd'hui encore. Pourquoi les statues de Mao ne subissent-elles pas le meme sort que celles de Hitler ou Staline ? De meme, le culte de Ho Chi Minh est egalement perpetue au Vietnam... Lorsque j'avais demande au vietnamiens pourquoi, ils m'avaient explique que le peuple considerent que ce sont les personnes sous ses ordres qui ont commis toutes les erreurs.

Les degats de la Revolution Culturelle sont encore visibles aujourd'hui (interpretation personnelle) :
- De nombreux monuments religieux n'ont pas ete reconstruits, comme au Tibet, s'ils ne presentaient pas quelque interet touristique. En effet, la foi des Chinois s'est eteinte, comme celle des Vietnamiens. Quel contraste avec l'activite religieuse des pays voisins d'Asie du Sud-Est !
- Les Chinois Han sont devenus malpolis et ont perdu le sens des bonnes manieres. En effet, il n'y a pas eu d'education pendant plus de 6 ans. Les ecoles et universites etaient fermees. Les cellules familiales etaient brisees. Quel contraste avec la civilite et la gentillesse des habitants de Taiwan !
- Le sens artistique et creatif a ete anneanti. En effet, le beau etait considere comme "bourgeois", et la seule culture devait etre celle de Mao. La Revolution Culturelle a glorifie le moche et l'uniformite. Les deux consequences les plus visibles aujourd'hui sont : l'horrible architecture moderne chinoise (les batiments en carrelage de salle de bain, et plus dernierement les batiments rose bonbon "gateau a la creme") ; les chanteurs et acteurs dans les series tele proviennent en majorite de Hong Kong et Taiwan.

04/10/03 Turpan

La Route de soie... Une route au nom magique reliant la Chine de l'Est et les differents pays d'Asie centrale et du Moyen-Orient. Ellepart de Xianen passant par Lanzhou et Dunhuang, avant d'atteindre Turpan dans la province actuelle du Xinjiang (la plus grande et la plus a l'Ouest deChine).C'est la partie de la route de la soie dans le Xinjiang que nous avons decide d'explorer dans un premier temps. Les temperatures ne vont pas tarder a plonger et certainesroutes pourraient etre bloquees par la neige. Nous ferons la partieDunhuang - Lanzhou - Xian par la suite.

La dynastie des Han fut la premiere aconquerir cette region au 1er siecle apres JC. Malgre des efforts soutenus pour pacifier la "Region de l'Ouest", les tribus nomades du Nord finirent par en reprendre le controle. Le pouvoir imperial ne fut impose a nouveau que durant la dynastie des Tang au 7e et 8e siecle, avant l'arrivee des Turcs Uyghurs. Puis beaucoup plus tard durant la dynastie des Manchusa partir de 1755, mais avec difficulte. Entre les periodes de controle par les Chinois se succederent de nombreux royaumes fragmentes (Uyghur, Qarakhanid, Karakitay...). Les premiers furent bouddhistes avant de se tourner vers l'Islam a partir du 11e et 12e siecle.

A l'instar du Tibet, le Xinjiang est une province rebellereclamant sans cesse l'independance. Des troubles agitent de temps a autre la region. Les Ouighours sont la minorite la plus importante mais de nombreuses autres minorites sont presentes, en particulier au niveau des differentes frontieres (Kasakh, Ouzbekh, Tajik...).La politique de colonisation par les Chinois fut cependant initieebeaucoup plus tot qu'au Tibet. Les Han, ultra-minoritaires, aux debut des annees 50sont desormais bien implantes. Comme au Tibet, le reve d'independance parait aujourd'hui bien utopiste.

Nous arrivons a Turpan en debut de matinee. C'est le choc. La ville est a majorite chinoise, mais il suffit d'aller se balader au Bazar pour se sentir dans un autre pays. La musique orientale emane des differentes echoppes de marchands de tissu ou de tapis. Les femmes portent le foulard et les hommes le chapeau islamique (ou la casquette-beret, tres a la mode). La diversite des visages est extraordinaire. La plupart ressemblent aux Turcs maisles differents mariages mixtes ayant eu lieu au cours des siecles de melting-pot ont produit des facies surprenants. Les regards en provenance de rares et etranges yeux bleux ou verts m'ont hypnotise (comme ceux de la fameuse gamine afghane en couverture du National Geographic). Le plus etrange, c'est de voir des "Turcs" manger avec des baguettes !Car il y a aussi les etalages de nourriture... Les epices bien sur mais aussi les innombrables barbecues proposant des brochettes de mouton delicieuses. Je n'ai par contre pas voulu essayer le ragout de tetes de mouton... Les galettes de pain fraiches et chaudes sont parmi les meilleures que j'ai mangees en Asie, meme si au bout de quelques heures elles perdent de leur delicatesse.

Les differentes attractions touristiques sont eparpillees sur des dizaines de kilometresdans le bassin de Turpan, la deuxieme depression de la planete apres la mer morte (-154 metres). Nous joignons donc une excursion en minibus pour en faire le tour. Ces attractions sont nombreuses, d'un niveau inegal et a chaque fois payantes. Nous faisons donc une selection.

Nous commencons par les grottes aux milles Bouddhas de Bezeklik. Ouais bof, nous en verrons certainement des beaucoup plus belles car les fresques et bouddhas ont ete completement saccages (par les musulmans apartir du 12e sielce et plus recemment par les archeologistes allemands souhaitant elargir leur collection d'antiquites). Heureusement, le site a beaucoup de charme. Il se trouve au milieu d'une chaine de montagnes aux formes incroyables et aux couleurs ocres. Pas etonnant si l'une d'entre elles a ete surnommee "Montagne en flamme".

Puis vient le tour des ruines de la ville de Gaochang. Il n'en reste pas grand chose, mais le reste des remparts et sa superficie (5km de perimetre) temoignent de son ancienne splendeur. Elleabrita unegarnison imperiale Han au 1er siecle apres JC, avant de devenir la capitale de differents royaumes ou d'une prefecture sous les Tang. Elle fut detruite au 14e siecle.

Apres une pause dejeuner succulente (nouilles fraiches preparees quelques minutes auparavant devant moi), nous enchainons avec le minaret de Emin, une superbe construction datant de 1777. Ca sent un peu le neuf et le Disneyland, mais j'apprecie la sobriete de l'architecture.

Nous terminons par les ruines de la ville de Jiaohe. Fabuleuses ! Voir vidéo. Les restes des batiments sont plus apparents qu'a Baochang. De plus, le site est pittoresque puisque les ruines sont eparpillees sur un promontoire surplombant de 30 metres une riviere en fer a cheval. Son histoire est similaire de celle de Gaochang : une garnison chinoise qui devint la capitale de differents royaumes avant de disparaitre au 14e siecle.

Une journee agreable malgre le nombre important de touristes chinois. Nous ne pensions pas que la Route de la soie attirait autant de touristes. Il faut dire aussi que les Chinois sont actuellement en vacances pendant 1 semaine... Dans quelques jours, nous devrions etre a nouveau tranquilles.

05/10/03 Shanshan

Nous avons vu pas mal de deserts jusqu'a present. Mais celui a cote de Shanshan est le plus pittoresque puisque constitue de dunes s'etendant a l'infini. Nous decidons donc de nous rendre dans cette ville inconnue du Lonely Planet, situee a 1h30 de route de Turpan.

Lorsque nous deambulons dans ce desert de dunes, ma memoire reactivede formidables souvenirs d'enfance. Voir vidéo. La vision du Sahara en Tunisie lorsque j'etais gosse m'avait marque a jamais. J'ai toujours un petit pot de sable que je conserve depuis, et que je trimballe de demenagement en demenagement. Je ne ramenerai pas de grains de sable cette fois-ci mais de jolies photos.

A noter que nous avons pu observer les fameux Karez le long de la route entre Turpan et Shanshan. Il s'agit de tunnels irriguant et rendant possible la vie dans l'oasis de Turpan.Les Karez recoltent au pied des montagnes l'eau resultant de la fonte des neiges, et l'acheminent a travers le desert. Meme s'ils sont sous-terrain, ils sont bien visibles puisque des puits permettent d'y acceder tous les 20 metres.Egalement presentes en nombre le long de la routeTurpan-Shanshan sont les etranges constructions en brique, fortement ventilees, qui permettent de faire secher les raisins, la specialite de la region. Ces batiments sont typiques du coinet ilest possible de les observer egalement sur les toits de la plupart des maisons.

Nous prenons en soiree un bus en direction d'Urumqi, la capitale du Xinjiang.

06/10/03 Urumqi

Apresune matinee tranquille, nous allons passer l'apres-midi dans la partie ouighoure de la capitale du Xinjiang. Malheureusement, toutes les vieilles rues ont disparu.Le vieux bazar aussi mais heureusement les chinois on eu la bonne idee de le remplacer par des batiments de tres bon gout. On y mange en plein air les meilleurs brochettes de mouton du Xinjiang.Toutefois, le "Bazar international" est desormais un gigantesque centre commercial (ouvert il y a 2 mois)...

Nous faisons laconnaissance d'Aziz,appartenant a la minorite Ouzbek, et professeur d'anglais et de chinoispour les enfants. Il nous apprend qu'il est quasi-impossible pour les Ouighoures d'obtenir un passeport et donc de voyager a l'etranger.Lereve de samere etait de retourner visiterl'Ouzbekistan, mais n'a jamais puse realiser.Aziz nous emmene decouvrir lesquelques coins encore authentiques du quartier. D'abord quelques vieilles ruelles encore presentes (pour combien de temps ?). Puis une superbe mosquee Hui (Han musulman) a l'apparence trompeuse d'un temple chinois.Enfin, apres nous avoir montrer une belle vue sur la banlieue, il nous laisse aux alentours du marche aux tissus. Les trottoirs grouillent de monde et de stands de nourriture en cette fin de journee, et les affaires vont bon train.

07/10/03 Tian Chi

Parmi les "Highlights" du Xinjiang d'apres le Lonely Planet, on trouve "Heaven Pool", le surnom donne au lac de Tian Chi. Ouais bof... Situe a 2 heures d'Urumqi en plein massif de Tian Shan, il s'agit d'un lac alpin certes photogenique mais peu depaysant pour un europeen. Par contre, les Chinois semblent raffoler car ils viennent par centaines y faire un tour. Le malaisien d'origine chinoise que nous rencontrons la-bas est du meme avis que moi. Passionne de photographie, un de ses endroits preferes en Chine est ... Yuanyang. Comme moi ! Il est tout surpris de savoir que j'y suis alle puisque le developpement touristique ne fait que commencer(ce site est absent du Lonely Planet "Chine" par exemple).

oct.
6

Chine (01/10/03 - 07/10/03)

  • Par fred le
Xinjiang. La route de la Soie du Nord (Turpan, Urumqi)
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