janv.
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Quelques souvenirs inoubliables (Juillet-Décembre)

  • Par fred le
    (mis à jour le )
Des rencontres, des paysages, des moments magiques, je vous ai regroupé quelque uns des plus grands moments du voyage de Juillet à Décembre.

Les volcans de l'Est de Java
extrait de l'article Indonésie (06/07/03 - 10/07/03)



(...) Nous sommes arrives de nuit la veille, et c'est toujours dans le noir que nous commencons la journee avec un depart a 4h du matin. Ce sera donc la surprise lorsque le soleil emergera. Une jeep nous emmene au point culminant du cratere, le Gunung Penanjakan (2770 m), ou une terrasse a ete amenagee pour observer le levee du soleil d'un cote et le fantastique panorama sur les volcans de l'autre. Comme a Borobodur et Prambanan, les meutes de collegiens et de lyceens en vacances scolaires ont investi les lieux. Ils sont emmitoufles dans des manteaux loues a l'occasion afin de braver des temperatures auxquelles ils ne sont pas habitues.

Lorsque le soleil pointe le bout de son nez, le spectacle est a couper le souffle. Bienvenu sur la lune. Le cratere du Tengger mesure 11 km de diametre. Une mer de sable et 3 volcans en occupent le centre : le Batok (2440 m) aux formes parfaites, le Kursi (2581 m) et le Bromo (2392 m). Ce dernier est le plus connu en raison de son activite et de son caractere sacre (un temple hindou a ete edifie a sa base). Le spectacle du volcan Semeru a l'horizon (le plus haut de Java a 3676 m) crachant de la fumee a intervalles de temps reguliers est aussi fascinant que celui du cratere du Tengger. Voir vidéo.

Nous allons ensuite jeter un coup d'oeil aux entrailles du Bromo. Ouais bof, pas extraordinaire. Plutot que le volcan, c'est avant tout le panorama aux alentours qui est incroyable.

(...)

Rejoindre le plateau Ijen en transport local parait un peu galere. Comme nous avons rencontre 3 autres voyageurs la veille a notre hotel, nous en profitons pour louer avec eux un mini-bus afin d'effectuer cette excursion. Levee de nouveau matinal puisque nous partons vers 6 h... Lorsque nous debarquons sur le plateau, nous sommes surpris de voir que les pentes fertiles des volcans ne sont pas exploites ici par des agriculteurs. La nature est encore sauvage, et on ne trouve que quelques plantations de cafe autour des villages occupant le plateau.

Comme au Mont Bromo, plusieurs cones de volcan emergent du paysage : le Merapi (2800 m), le Raung (3332 m) et l'Ijen (2368 m), qui a donne son nom au plateau. C'est ce dernier que nous avons choisi de gravir. Notre Nicolas Hulot national l'a rendu celebre puisque les porteurs de soufre y travaillant furent le sujet de l'une de ses emissions. Nous les croisons sur le chemin, portant des dizaines de kilo repartis dans 2 paniers en equilibre sur des epaules brulees par le frottement.

Le spectacle du cratere Ijen egale voire surpasse celui du cratere Tengger. Un magnifique et gigantesque lac turquoise siege dans ses entrailles. Les sources de soufre sont impressionnantes, et crachent des salves de fumees asphixiantes. Nous essayons de descendre y jeter un coup d'oeil avec Stephan mais abandonnons alors que nous touchons au but. Horrible ! Je me demande comment les pauvres porteurs arrivent a faire ces aller-retour des dizaines de fois par jour pour un salaire de misere (330 Rp le kilo, c'est-a-dire moins de 5 centimes d'euro...). Ils sont bien content de pouvoir arrondir leurs fins de mois avec les touristes genereux souhaitant prendre des photos. Vers 11h, les sources se dechainent et enfument l'ensemble du cratere. Nous retournons donc a notre mini-bus qui nous ramene jusqu'a Bondowoso, ou nous apprecions plus que jamais la piscine de l'hotel. (...)

Exploration des iles de Komodo
Extrait de l'article Indonésie (18/07/03 - 27/07/03)



(...) Nous embarquons a 9h30 sur notre palace flottant et partons en direction de l'ile de Rinca, la deuxieme par la taille de l'archipel du parc national de Komodo. C'est toujours un regal de naviguer entre ces iles pelees. Voir vidéo. Nous apercevons parfois quelques maisons de pecheurs vivant sur des plages isolees, ou leurs ancetres ont du s'echouer par le passe.

A peine debarques sur Rinca, nous apercevons notre premier 'dragon ', un titre un peu flatteur car il s'apparente plus a un enorme lezard... Puis un guide nous promene sur l'ile pendant 2 heures. La nature y est aride et j'ai parfois l'impression d'etre en pleine savanne Kenyanne (avec quelques palmiers en plus). Nous observons de nombreux singes, des buffles sauvages, et bien sur plusieurs varans. Ces bestioles peuvent vivre jusqu'a 50 ans et atteignent 3 metres a l'age adulte. Avant de devenir geants, ces lezards vivent dans les arbres jusqu'age de 5 ans. Ensuite, leurs griffes et leurs dents sont suffisamment acerees pour leur permettre de se defendre sur la terre ferme. Ils s'attaquent a des proies de toute taille, meme les buffles. Nous en voyons d'ailleurs un qui s'est fait mordre l'arriere-train. Il n'en a plus que pour quelques jours car les bacteries feroces vivant dans la gueule du monstre et deposees lors de la morsure sont a l'oeuvre. Nous pouvons nous approcher a quelques metres des demons, en faisant confiance au guide qui a un grand baton pour seule arme. Il y a parfois quelques accidents mais ils concernent essentiellement les villageois vivant sur l'ile. Dernierement, un enfant de 12 ans a succombe a ses blessures, apres avoir ete attaque par un dragon positionne a cote d'un terrain de foot.

De retour au bateau, nous naviguons vers l'ile de Komodo qui a donne son nom aux dragons et au parc national. Nous l'atteignons vers 18h au coucher du soleil. Nous jetons l'ancre devant une foret de mangroves hebergeant une impressionnante colonie de chauve-souris. Alors que les derniers rayons de soleil disparaissent, elles se reveillent progressivement et s'envolent vers les etoiles, pour ne revenir que le lendemain matin vers 6h du matin. Le couchage est spartiate puisqu'il s'agit de quelques matelas deployes sur le pont du bateau. Nous nous endormons au son des clapotis des vagues venant se briser en douceur sur notre embarcation.

Au reveil, cap vers la plage accueillant les touristes souhaitant voir les animaux mythiques. Nous effectuons de nouveau une balade de 2 heures, au cours de laquelle nous apercevons quelques varans se prelassant au soleil. La nature est moins jolie qu'a Rinca mais nous voyons des sangliers et des cerfs au retour vers le quartier general des gardiens du parc national.

Avant de rentrer sur Labuanbajo, nous faisons une pause snorkelling (plongee avec masque et tuba) devant une belle plage de sable blanc. Les fonds sont superbes, les coraux multicolores sont intacts mais les courants sont importants et je ne m'hasarde donc pas trop loin du bateau. (...)

Sur les traces de Priscilla
Extrait de l'article Australie (16/08/03 - 21/08/03)



(...) Nous avons trouve un mega-plan pour descendre vers le Sud. L'agence de location Britz a en effet un vehicule qui est arive d'Adelaide et il faut donc le ramener dans sa ville d'origine. Nous nous portons volontaire. Nous avons 4 jours, 2000 km gratuits, l'essence gratuite, l'assurance, le tout pour une base de 1 dollar par jour, grimpant jusqu'au montant astronomique de 22 dollars par jour (12,5 euros) car nous sommes 3 conducteurs et nous prenons l'assurance complementaire. Je vais enfin faire un peu d'economie !

Il ne va pas falloir trainer. Nous avons plus de 1500 km a parcourir pour rejoindre Adelaide, plus les detours. Nous connaissons deja bien la premiere portion de route puisqu'elle mene au croisement vers Uluru-Kata-Tjuta. Pour varier les plaisirs, nous prenons une piste de 15 km pour jeter un coup d'oeil aux crateres de meteorite d'Henbury. C'est nul, mais au moins nous aurons goute aux fameuses pistes de l'Outback, qui font le bonheur de proprietaires ou de locataires de 4x4 plus fortunes que nous.

Nous continuons notre chemin sur ces routes partant vers l'infini en ligne droite, encadrees par des paysages arides et desertiques. Je repense a cet ami americain qui s'etait etonne de voir tant de photos de routes lorsque je lui avais montre mes cliches du Sud-Ouest des Etats-Unis. Forcement, pour eux comme pour les australiens, une route qui va tout droit n'est pas aussi exotique qu'elle peut l'etre pour nous... Voir vidéo.

Un fascinant et lugubre spectacle brise la monotonie du trajet a plusieurs reprises : de magnifiques aigles depecent les cadavres de kangourous suicidaires, qui avaient decide de mettre fin a leurs jours en se jetant sous les roues d'un vehicule nous ayant precede. Nous comprenons pourquoi la plupart des camions, bus, pick-up sont equipes de monstrueux pare-buffles (probablement rebaptises pare-kangourous dans la region). Nous croisons ou doublons quelques "road-trains", ces impressions camions tirant jusqu'a 3 remorques. Voir vidéo. Nous voyons egalement de "vrais" cow-boys a cheval faisant paitre leur betail au bord de la route.

Lorsque nous faisons des arrets dans les stations services (qui sont les seules "villes" le long de la route), nous decouvrons les "aussies" du coin, aux caisses pourries "a la Mad Max", avec des pare-buffles geants, et a la degaine si typique avec leur grosse barbe, leur chemise a carreaux et leur chapeau.

Le moment le plus magique de la journee : nous apercevons des centaines de perroquets blancs poses sur le bord de la route. Nous nous approchons. Ils s'envolent harmonieusement un peu plus loin. Re-belote 3 ou 4 fois. Il s'envolent a chaque fois un peu plus loin, toujours en suivant la route. Nous les faisons fuir une derniere fois et cette fois-ci nous maintenons notre allure pour leur passer l'envie de se poser a distance de notre vehicule. Nous faisons ainsi quelques kilometres a les suivre, volant et virevoltant en formation a quelques centaines de metre de notre capot. Grandiose !

Des l'entree dans l'etat de South Australia, les paysages deviennent encore plus plats et desertiques. Il n'y a plus de petites collines ou d'arbustes comme dans le Northern Territory. Nous avons vraiment l'impression d'etre au bout du monde lorsque nous voyons le panneau indiquant notre arrivee a Coober Pedy, notre premiere etape, la plus grande ville de chercheurs d'opales au monde. Nous assistons a un coucher de soleil etonnant a l'entree de la cite. C'est du cote oppose a l'astre qu'il faut regarder puisque les nombreux tas de terre deposes par les mineurs s'enflamment avec des couleurs flamboyantes.

Puis, nous nous rendons a notre hostel, qui se trouve sous-terre comme un grand nombre d'habitations de Coober Pedy. Les galeries abandonnees, dont la profondeur protege des variaions extremes de la temperature exterieure, ont en effet ete pour la plupart transformees en logement.

Apres une bonne nuit reparatrice, nous passons la matinee a faire le tour de cette ville incroyable. Les alentours sont des champs de gruyere dont on ne voit que la surface. De multiples tas de terre marquent la presence des trous. La vision de ces formations coniques au milieu du desert sur 360° est un spectacle assez delirant. De temps a autre, d'etranges camions emergent des tas, avec de droles d'engins a l'arriere servant a forer le sol.La ville en elle-meme est aussi, voire encore plus fascinante. Pas de vegetation a part quelques arbres poussiereux. Quand elles ne sont pas sous-terrainnes, la plupart des maisons et leurs clotures sont en tole. Les voitures datent des annees 70 ou 80, celles encore plus vieilles rouillent a cote des baraques. Le surnom de Coober Pedy, "Tin City" (ville boite de conserve), est parfaitement justifie ! Un vieux cinema "Drive-in" pourrit pres du centre. Les eglises sont toutes enterree, et seul une cloche et une croix trahissent leur existence. La plupart des habitants croises dans les rues ou au supermarche ont un accent etranger (il y a plein de grecs ?!?), et pourraient jouer des roles de gangster dans un western. D'ailleurs, de nombreux films ont ete tournes dans ces decors apocalyptiques, dont le troisieme Mad Max.

Nous quittons en debut d'apres-midi cette ville extra-terrestre. Les paysages sont plus desertiques que jamais. On se croirait au milieu des steppes siberiennes. Nous passons a cote de jolis lacs sales a moitie sec. De chaque cote du bitume s'etendent des zones interdites. Ces immenses terres inhospitalieres furent en effet utilisees durant la guerre froide pour tester des missiles, des fusees et meme des charges nucleaires. Woomera, la ville hebergeant les militaires et les ingenieurs, ne fut ouverte au public qu'en 1982, et fut pendant longtemps dans le Top 10 des cibles visees par les missiles nucleaires sovietiques. Nous y faisons un tour rapide. Les rues perpendiculaires, les belles maisons toutes propres et bien equipees, ainsi que la vegetation tranchent avec le bordel et la salete offertes par les villes de cow-boys et de mineurs traversees auparavant ! Mais une etrange atmosphere y regne desormais puisque les installations ne sont plus d'une grande utilite et sont a moitie desertees.

Nous rejoignons la civilisation a Port Augusta, ou se termine la Stuart Highway traversant le continent jusqu'a Darwin en passant par Alice Springs. Adelaide n'est plus tres loin. Nous decidons donc de faire un detour vers les Flinders Range. La route menant a Quorn ou se trouve notre hostel est fort sinueuse. Les Australiens ne semblent pas avoir l'habitude des virages car un panneau indiquant la vitesse a prendre est present a l'entree de chaque tournant !

Notre deuxieme ville-etape est aussi atypique que Coober Pedy. Elle nous fait voyager encore un peu plus dans le temps puisqu'il s'agissait d'une ville pionniere importante, au trafic ferroviaire conséquent par le passe. Voir vidéo. Quorn semble a present etre tombe dans l'oubli, la gare n'est plus visitee que par des touristes, ses rues sont completement desertes, et la ville semble ne devoir sa survie que par la presence des Flinders Range aux environs.

Le troisieme jour, la chance nous a abandonne. Le ciel est completement couvert. C'est bien dommage car les Flinders Range avaient l'air bien sympa, un peu comme les West Mc Donnels mais avec de la vegetation en plus. De verts paturages couvrent les collines. Des forets tapissent le fonds des vallees. Les ruines des fermes etablies par les pionniers tronent au milieu de ces paysages idylliques. Nous nous dirigeons directement vers le Wilpena Pound, la formation rocheuse la plus impressionnante du parc national. Malheureusement, apres 1h30 de marche eprouvante, nous debouchons sur un panorama dans les nuages... Notre deuxieme randonnee nous permet d'acceder quant-a-elle a un pauvre rocher avec 3 a 4 coups de pinceaux aborigenes. Nous rentrons donc bien decus a notre hostel. Maigre consolation, il n'a pas plu et nous avons vu plein de kangourous sauvages. Nous concluons la journee par un film collant bien a l'ambiance du coin : Pale Rider, un western de et avec Clint Eastwood.

Le dernier jour, le soleil est de retour. Plus motive que jamais apres la grisaille de la veille, je me leve pour le lever du soleil, que je contemple dans le desert au mileu d'arbres morts qui ont pousse a cet endroit par je ne sais quel miracle. Puis je retrouve Dab et Christa pour le petit-dejeuner, et nous reprenons une derniere fois la route en direction d'Adelaide. Le trajet est un festival de couleurs apres les nuances pales des terres arides. Les plaines et les collines sont couvertes de vert et de moutons paisibles puisqu'une cloture traversant l'Etat les protege des dingos. Certains champs se parent de fleurs jaunes. Les lacs sont rouge-violet (?!?). Le ciel est bleu azur.

Nous atteignons finalement Adelaide vers midi. (...)

Avec les pélerins du lac Nam-Tso
Extrait de l'article Tibet (19/09/03 - 24/09/03)


(...) Jusqu'a present, nous avions utilise les transports locaux pour nous deplacer. Mais de nombreux endroits recules au Tibet ne peuvent etre acceder qu'en louant un 4x4 ou en faisant du stop. Nous trouvons 2 norvegiens souhaitant partager les frais de location d'un 4x4 (avec chauffeur bien sur) pour effectuer une boucle passant par le lac sacre de Nam-Tso et le monastere isole de Reting. Le matin du depart, l'un des norvegiens s'est desiste par crainte de souffrir du mal des montagnes. Le lac Nam-Tso est le plus haut lac sale du monde a 4 718 metres d'altitude...

Nous empruntons pendant quelques heures l'autoroute "Tibet-Qinghai". Les paysages sont superbes et fort differents de ceux vus jusqu'a present. Les eleveurs de Yak ou de moutons ont en effet remplace les agriculteurs. Plus de champs mais de vert paturages dans lesquels gambadent des troupeaux. Ces eleveurs sont parfois des nomades, et nous apercevons donc les belles tentes noires de ces derniers. Le plus surprenant, c'est la quasi-absence d'arbres. Les terres sont recouvertes d'herbe, d'herbe, et d'herbe.

Autre spectacle : la construction du chemin de fer "Tibet-Qinghai". Ils sont incroyables ces chinois. Rien ne leur fait peur et surtout pas les projets pharaoniques. Quelques exemples : le barrage des 3 gorges actuellement, ou la Grande muraille il y a deja quelques siecles. Afin d'acceler le developpement economique du Tibet (et sans doute l'immigration des Han...), le gouvernement a decide de construire un chemin de fer de 1118 km entre Lhasa et Golmud dans la province du Qinghai. Le chantier devra etre termine d'ici 2010 pour un cout estime a 2,5 milliards de dollars.

Puis nous attaquons les chemins bosseles en terre a partir de Damxung pour atteindre le col de Laren-La a 5150 metres d'altitude. Nous descendons ensuite dans la plaine du magique lac de Nam-Tso. Nous rejoignons enfin le monastere situe sur la presqu'ile de Tashi Dor. A part quelques touristes, des centaines de pelerins sont venus y planter leur tente pour parcourir les Kora autour des 2 collines sacrees de Tashi Dor (le lac est en effet l'un des 4 lacs sacres du Tibet).

Nam-Tso, c'est mon coup de coeur au Tibet a l'instar d'un grand nombre de voyageurs. D'une part, les paysages sont sensationnels avec l'eau turquoise, les plaines vertes, et les pics enneiges a l'horizon. Des paysages que je pensais plutot voir en Mongolie. D'autre part, les pelerins effectuant le Kora semblent venir d'une autre planete, encore plus que ceux observes a Lhasa. Les differentes tribus sont venus avec le camion du village et aborent des costumes traditionnels plus ou moins differents. Un vrai carnaval ! Je pense avoir battu mon record de photos pris en une seule journee (encore plus qu'a Yuanyang !). En fin de journee, je me rapproche d'un attroupement autour de 2 occidentaux qui ont pris une photo de pelerins et essayent d'obtenir leur adresse pour leur envoyer. Une des femmes, intriguee, touchent ma polaire. Je touche la peau de yak situee a l'extremite de son manteau. Puis je retrousse ma manche pour lui montrer mon avant-bras, qui fut deja la source d'emois aupres de nombreux tibetains... Cri d'exclamation ! Je me retrouve alors entoure par une partie de la troupe. Certains observent avec surprise, d'autres touchent mon avant-bras incroyablement velu a leurs yeux. Amusant ! (...)

Turquoise lac Hanas
extrait de l'article Chine (08/10/03 - 15/10/03)


(...) Nous avons reussi a former un petit goupe pour partir explorer l'extreme nord du Xinjiang : 3 francais vivant a Shanghai, 1 chinoise de Hong Kong, 1 francaise et 1 canadien, 1 australien. Nous pouvons donc partager les frais de location d'un minibus. Le but de l'excursion : le lac Hanas, situe a quelques dizaines de kilometres des frontieres de la Mongolie, de la Russie et du Kazakhstan.

Il nous faut une journee complete pour rejoindre la ville-etape de Bu'erjin ou nous passons la nuit. Les paysages sont assez quelconques au debut : des champs de coton, puis des champs de petrole, et enfin le desert. Les formations geologiques commencent ensuite a devenir interessantes, en particulier a partir du parc national de "Ghost Town". J'ai l'impression d'etre dans le Sud-Ouest des Etats-Unis ! Il serait parfaitement possible de tourner des scenes de western dans le coin. Nous commencons ensuite a apercevoir des bergers Kazakh avec leurs troupeaux de moutons, ainsi qu'un grand nombre de chameaux en liberte. Pour nous occuper durant ce long trajet, nous jouons au "troul-du-cul" entre francais. Ce n'est pas la coinche mais bon cela fait du bien de jouer un peu aux cartes. J'etais un peu en manque.

Nous reprenons la route le lendemain matin et commencons a monter en altitude. La vegetation devient plus intense, et les forets se parent de magnifiques couleurs d'automne. Les villages traverses sont habites par la minorite Kazakh. Leurs specificites : de superbes chalets en bois ou des tentes circulaires (yurt), ainsi que d'etranges cimetierres a proximite ressemblant a des cites miniatures, et enfin de nombreux chevaux.

Alors que nous approchons du lac, nous decouvrons la riviere qu'il alimente. Fantastique. La couleur turquoise irreelle proviendrait de la dissolution de mineraux ayant lieu avec la fonte des neiges. Notre impatiencede decouvrir le lac atteint son paroxisme. Nous prenons quand meme le temps de dejeuner (probablement les oeufs brouilles avec tomates le plus chers de Chine) dans le village ou nous passerons la nuit. Puis nous entreprenons une balade le long du lac. Exceptionnel. Il s'agit de l'une des meilleurs periodes pour visiter cet endroit : les couleurs d'automne se melangent a merveille avec le turquoise du lac et la neige des montagnes environnantes. De plus, nous sommes quasiment seuls (le parc national fermera dans quelques jours). Voir video. Le lendemain, nous grimpons en haut d'un sommet pour admirer un beau panorama. Nous profitons du soleil pour nous rechauffer car la nuit fut fraiche. Il y avait bien un chauffage dans notre chambre en contre-plaque, mais l'electricite fut coupee a partir de 21h...

Le parc national de Hanas devrait voir sa frequentation augmenter rapidement malgre son isolement. Les Chinois sont en train de construire un gigantesque complexe hotelier a une dizaine de kilometres de l'entree du parc. Le point positif : ils vont detruire toutes les horribles hebergements qui avaient ete eriges a la va-vite a l'interieur du parc. Autre point indiquant le respect de l'environnement : tout abandon de detritus est severement reprime, et des slogans (ridicules) incitant a la protection de la nature ont ete places sur des panneaux le long de la route menant au lac. (...)

Mythique Karakoram Highway
extrait de l'article Chine (16/10/03 - 19/10/03)


(...) Avec le petit groupe que nous avons forme dans le train hier (Gordon, Patrick, Hilda et un japonais rencontre a l'arrivee), nous decidons de louer un vehicule pour parcourir la partie chinoise du mythique Karakoram Highway reliant la Chine et le Pakistan ou l'Inde. Apres quelques dizaines de kilometres, les reliefs deviennent peu a peu accidentes et nous nous enfoncons dans une vallee aux couleurs incroyables. Puis les premiers pics enneiges font leur apparition. Cette route est consideree comme l'une des plus belles du monde, ce que je veux bien croire lorsque nous longeons un lac asseche dans lequel se sont formees des milliers de rivieres (voir video), puis lorsque nous atteignons le lac Karakul. Plusieurs voyageurs venant du Pakistan nous ont assure que la partie pakistanaise est encore plus belle. Encore un lieu a visiter que je rajoute sur ma longue liste des destinations de reve...

Les constructions et les villages ont egalement beaucoup de charme. Nous ne sommes pas tres loin du Tajikistan et les Tajiks sont donc fortement implantes le long de cette route. Ils forment en particulier le gros des habitants de Tashikurgan, la derniere grosse ville chinoise avant la frontiere ou nous comptons passer la nuit. Les femmes Tajiks sont facilement identifiables avec leur superbe chapeau rond brode, souvent recouvert par un foulard (blanc si elles sont mariees). J'ajouterais aussi parmi les criteres d'identification leurs beaux yeux verts ou gris... et leur nez protuberant (si, c'est vrai !). Enfin, la plupart portent des robes aux couleurs plus que voyantes (rouge, rose, orange...). Dommage qu'elles soient les femmes les plus timides que j'ai rencontrees depuis le debut du voyage. Elles refusent quasiment toutes lorsque je demande si je peux les prendre en photo !

Le lendemain matin, nous allons voir le soleil se lever sur la "ville de pierre", une splendide citadelle chargee de garder la route commerciale strategique reliant le Pakistan a la Chine. Alors que nous nous appretons a retourner sur Kashgar, nous nous faisons inviter par des Tajiks adorables. Le riche interieur de leurs demeures contraste avec l'exterieur plutot basique. De beaux tissus ou tapis recouvrent les murs, et les habitants ou leurs invites peuvent s'allonger au milieu de nombreux coussins. Apres avoir pris de belles photos de famille, notre groupe reprend avec plaisir la belle route du Karakoram. Plutot que de rentrer directement, nous faisons un detour par une vallee idyllique (pas dans le Lonely Planet, le nom est ohitak ou un truc du genre). Le glacier a son extremite n'a rien d'exceptionnel mais la vallee en elle-meme, peuplee d'ouighoures, est paradisiaque. Les formations geologiques, les couleurs des montagnes et des arbres, les villages et leurs habitants... Un regal (...)

Les villes d'eau du Jiangnan
extrait de l'article Chine (07/11/03 - 15/11/03)


(...) Un des grands travaux menes durant le court regne de la dynastie Sui (581 - 618) fut la construction du plus grand canal au monde. Ce dernier reliait le fleuve Huang He (fleuve jaune) avec le bassin du Chang Jiang (fleuve Yangzi) et la baie de Hangzhou. Une voie de communication fut ainsi etablie entre la capitale Xian au Nord et le Sud. Redirige vers Beijing a partir de la dynastie Yuan (1206 -1368), le Grand Canal mesura jusqu'a 1800 km, et conserva une importance strategique jusqu'a la fin du 19eme siecle. L'entite geographique au sud du fleuve Yangzi, point de depart du Grand Canal et baptisee Jiangnan, est aujourd'hui eclatee dans les provinces du Jiangsu, de Shanghai et du Zhejiang. Les vestiges du passe glorieux de cette region sont des "villes et villages d'eau" autrefois prosperes, dans lesquels le visiteur peut decouvrir de charmants labyrinthes de canaux et de ruelles bordes de maisons ancestrales.

Les anciennes villes majeures du Grand Canal n'ont malheureusement pas echappe aux differentes vagues de modernisation, et de nombreux villages a celle du tourisme de masse... Nous decidons donc d'eviter les villes principales (Yangzhou, Wuxi, Suzhou) et les villages (Zhouzhuang, Wuzhen) presentes dans le Lonely Planet. Quelle deception lorsque nous arrivons a Zhujiajiao, qui n'est certes pas dans le "LP" ... mais sur la liste des nombreux tours organises depuis Shanghai. Bienvenue a Disneyland. Il faut s'acquitter d'un droit d'entree pour penetrer dans les quelques rues de la vieille ville. Quasiment tous les batiments ont ete refaits a neuf. Les ruelles et ponts sont blindes de touristes chinois (nous sommes samedi). En bref, Zhujiajiao est certes joli mais entierement artificiel. On pourrait comparer Zhujiajiao, ainsi que Zhouzhuang et Wuzhen probablement, a certains de nos villages provencaux archi-renoves et ultra-touristiques.

Nous arrivons en fin de journee a Tongli en esperant ne pas etre tombes a nouveau dans un piege a touristes. Au petit matin, nous sommes agreablement surpris. Les groupes de chinois sont certes la, mais la vieille ville est etendue et il est donc facile de les eviter et de se balader dans des rues inchangees depuis des siecles. Au bord d'un canal, un vieux egorge un poulet et un autre nettoie un poisson qui sera deguste pour le dejeuner. Quelques ruelles plus loin, les femmes font leur vaisselle, leur lessive, ou rentrent au foyer avec les commissions. En jetant un coup d'oeil dans les cours interieures ou les maison, on apercoit regulierement des groupes de joueurs de cartes ou de mahjong. Le jour suivant, nous visitons un village encore plus authentique : Xitang. Le week-end est fini et nous sommes donc les seuls touristes a nous promener le long des canaux les plus beaux des 3 villages visites. Quel plaisir ! Tongli restera cepedant pour moi celui avec les plus authentiques scenes de vie quotidiennes.

Comme dans la plupart des vieilles villes touristiques chinoises, les "villes d'eau" du Jiangnan offrent la possibilite aux voyageurs de dormir dans de superbes guesthouses a des prix canon. Il s'agit en general de maisons centenaires renovees avec beaucoup de gout. A Xitang, nous decidons pourtant de dormir dans un hotel car les lits traditionnels chinois sont peu confortables. A Pingyao et a Tongli, j'ai parfois eu l'impression de dormir sur une planche de bois... Le 10 au soir, a notre arrivee a Hangzhou, c'est dans une auberge de jeunesse que nous decidons de passer la nuit. Dans la plupart des grandes agglomerations chinoises, les auberges de jeunesse sont devenues le seul mode d'hebergement abordable pour voyageurs a petit budget. Heureusement, elles sont en general toutes neuves, ultra-modernes et assez luxueuses. (...)

Enivrant Mont Fuji
extrait de l'article Japon (01/12/03 - 09/12/03)


(...) En emergeant le matin, nous decouvrons un grand ciel bleu. Nous n'hesitons pas une seconde : direction le lac Kawaguchi au pied du Mt Fuji, situe a 2 heures en bus depuis Tokyo. Une excellente idee puisque la plus haute montagne du Japon est completement degagee a notre arrivee. Nous nous faisons plaisir pour profiter a fond des paysages : nous choisissons d'aller dans un hotel offrant une vue de carte postale depuis la chambre, le restaurant ou encore les salles de bain communes. L'hotel met a notre disposition des velos gratuitement et nous en profitons donc pour faire une balade le long du lac avec toujours le Mt Fuji en arriere-plan. Magique ! Sans aucun doute mon endroit prefere au Japon. J'ai vu un nombre important de volcans en Indonesie, mais le Mt Fuji a un attrait particulier, un petit quelque chose le rendant unique (sans doute son cone de neige).

Nous avons de la chance de voir la montagne aussi degagee, ce qui est plutot rare. Le lendemain matin, le levee du soleil est gache par la presence de nuages (pratique, il me suffit de lever la tete depuis mon lit pour verifier si la vue merite un reveil aux aurores). Mais durant la journee, alors que nous grimpons au sommet d'une colline pour avoir une belle vue sur le lac, les nuages s'eclipsent pour ne former plus qu'une couronne. Merveilleux ! Nous avons jete un coup d'oeil au livre d'or de l'office du tourisme, et de nombreux etrangers repartaient degoutes sans jamais avoir apercu le sommet de la montagne sacree... (...)


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