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La douleur chronique, officiellement déclarée "maladie" par l'Organisation Mondiale de la Santé depuis les années 80, touche plus d'un million de personnes au Canada (entre 20 et 24% de la population) et parmi elle, plusieurs centaines de milliers sont incapable de travailler puisqu'elles ne peuvent sortir de chez elle très longtemps.


Les dégâts que fait la douleur dans la vie de la victime sont aussi dévastateurs que pour la personne atteinte du cancer, du SIDA ou de toute autre maladie de ce genre et se manifestent à tous les niveaux : psychologique, social, économique, familiale, etc. Exagération, direz-vous ? "Comment comparer un cancéreux à celui qui a "juste mal", direz-vous ? Eh bien je répondrais qu'au moins, celui qui a un cancer sera soulagé d'une façon ou d'une autre... Le problème avec la douleur chronique c'est justement qu'elle n'est pas mortelle. Et pourtant, lorsqu'on en est atteint, on ne vit plus non plus : on existe dans une prison qu'est devenu notre propre corps.


Et pour ceux qui comme moi ne peuvent plus travailler (malgré 10 ans d'études universitaire coûteurses!), le regard parfois méprisant de la société lorsqu'on doit présenter notre petite carte d'aide social à la pharmacie ou chez le dentiste continue d'assassiner la personne que nous étions "avant" : -"Encore une excuse pour ne pas aller travailler!" les entend-t-on penser.

Les gens sont de mauvaise foi ?

Non!

Ils ne connaissent tout simplement pas la réalité qu'est la douleur chronique pour celui qui en est atteint. Pour eux, c'est une excuse.

Pour le système de santé c'est une maladie.

Et pourtant, qui en entend parler ?

Les associations de douleur chronique, tant anglophone que francophone (eh oui : elles existent, j'vous jure!) font encore trop peu pour se faire connaître. Sommes-nous moins important que la Fondation pour le Cancer, pour le SIDA, pour la fibrose kystique; pour les maladies du coeur ??


Dans cet espace sur la douleur chronique, peut être suis-je utopique, mais j'aimerais que tous ensemble nous trouivions le moyen d'atteindre 5 objectifs:


1- Que nous trouvions un moyen de nous faire connaître davantage. De démystifier la douleur chronique. De la faire reconnaître devant le grand public comme étant une MALADIE et ainsi que nous devenions aussi omniprésents que toutes les autres associations. Que le public soit convaincu que nous ne sommes pas tous une bande de paresseux en mal d'attention!


2-Je voudrais aussi que nous nous unissions pour faire en sorte que le gouvernement mette sur pied un programme encourageant les entreprises à nous employer à partir de la maison pour ceux et celles qui ne peuvent sortir de chez eux mais qui ont des qualifications et de la volonté (après tout, l'internet permet de tout faire à distance de nos jours, alors pourquoi pas nous permettre de travailler?), plutôt que de nous faire parvenir un chèque d'aide social chaque mois. Le gouvernement y gagnerait : en ayant un salaire plus haut que 850$ par mois nous pourrions participer davantage à l'économie, et donc, donner à l'État plus de taxes et d'impôts. Mais surtout, un tel programme nous rendrait notre dignité que nous avons perdue puisque devenus inutile à la société. Et quant aux entreprises qui choisiraienrt d'adhérer à un tel programme, elles auraient moins de gestion d'infrastructure à faire, et donc nous serions pour elles des employés très rentables! Tout le monde y serait donc gagnants.


3- Qu'il y ait davantage d'éducateurs, de psychoéducateurs, de thérapeutes et de psychologues qui se spécialisent sur cette maladie en manque d'intervenants. J'aimerais que ceux-ci acceptent d'animer bénévolement des thérapies de groupe dont il manque cruellement au Québec : à l'heure actuelle, seule la Clinique de Douleurs de l'Université McGill (Hôpital Général de Montréal) offre une telle thérapie 2 fois par année. Toutefois, pour les gens qui vivent en banlieue (couronne nord ou sud ou dans les autres régions telles que l'Outaouais, Lanaudière, Laurentides, etc.) et qui ne peuvent se déplacer sur Montréal, un tel service est inexistant. Pourtant, la détresse psychologique n'en est pas moins présente que les autres maladies!


4- Je voudrais également la mise sur pied des Réseaux d'entreaide pour les personnes qui souffrent de douleur chronique, et ultimement, mon but serait qu'Une personne atteinte de cette maladie soit jumelée avec au moins trois autres personnes dans le même cas dont elle aurait les coordonnées. Ainsi, si quelqu'un déprime, cette personne pourra au moins téléphoner à l'une d'entre elle. Car certes, l'entourage et les amis sont très sympa, mais personne ne peut savoir ce que nous vivons dans notre quotidien que si elle vit la même chose. Nous sommes des êtres humains : notre force sur les autres espèce est la communication : servons nous-en, que diable!! Épaulons-nous!


5- J'aimerais qu'une Fondation soit créée pour aider à la recherche pour vaincre la douleur chronique un jour! Parce qu'elle n'est pas mortelle, personne n'a encore pris l'initiative de créer une telle fondation. Cependant, je le répète : Oui, nous sommes en vie, mais ce que nous sommes est mort. Nous ne faisons qu'exister, nous ne vivons pas! Et pour cela, je ne vois pas pourquoi ce serait plus important d'amasser des fonds pour le cancer, la fibrose k., le SIDA etc que pour la douleur chronique! Réveillons-nous et agissons! Amassons des fonds! Travaillons en étroite collaboration pour aider à financer nos chercheurs! Imitons Pierre Bruneau pour le travail qu'il fait pour la Leucémie infantile!


TOUTE SEULE JE NE PEUX RIEN FAIRE! J'ai besoin de vous. J'ai besoin de gens d'initiative qui sont prêts à changer les choses et à persévérer. J'ai besoin de personnes qui sont victime de la douleur chronique et qui en ont mare d'être passifs; de gens qui ont décidé que la maladie ne les aura pas!


Pour l'instant, je n'ai que les idées, les rêves, les idéaux. Je n'ai pas le "mode d'emploi". Je ne sais pas comment arriver à mes objectifs. J'ai bien quelques pistes, mais j'ai besoin de la "force commune" pour faire avancer cette gigantesque machine. Jean Piaget, sociologue et épistémologue de la pédagogie moderne disait "Prenez un Homme seul qui est ignorant et laissez-le seul : il restera ignorant. Prenez deux Hommes ignorants et mettez-les ensemble : ils atteindront la connaissance!"...


Voulez-vous rester victimes ou faire avancer les choses ??? Voulez-vous demeurer passif face à la maladie ou devenir actif ? Préférez-vous subir ou agir ?

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