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Café Liberté 17 novembre 2008: Sacha GIRONDE - Liberté économique et délit moral

  • Par numero23 le
    (mis à jour le )

Cette séance se tiendra comme à notre habitude à 20h30 au café Le Luxembourg , 58 Bd Saint Michel, 75006 Paris.


La séance sera consacrée aux relations et oppositions entre liberté économique et délits moraux.


Nous avons l'honneur de recevoir Sacha GIRONDE qui présentera l'exposé introductif au débat à l'occasion de la publication de son ouvrage la Neuroéconomie publié chez Plon.


Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm, comportementaliste, Sacha GIRONDE est maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon et dirige une unité d'enseignement « Bases Cognitives des comportements économiques » au sein du master EHESS – ENS – Paris 5.


Manipulations délibérées, mensonges diplomatiques, silences coupables, licenciements de collaborateurs appréciés, dénonciations de vols commis par un proche, avortement, guerres préventives, délocalisations... Nombreux sont les cas de conscience, i.e. les situations où le conflit apparaît entre la logique d'un acteur social ou économique et les valeurs portées par la société ... et par lui-même.


Nous aborderons dans ce débat les questions d'éthique économique portant sur le caractère moralement conflictuel de la présence même d'un bien ou d'un service sur le marché : pornographie, esclaves, prostitution, stupéfiants, conditionnements psychiques, ventes d'organes, portages d'enfants en gestation...


Sacha GIRONDE distingue deux types de questions morales dans la relation au marché.

- D'une part il y a celles qui consistent à dire qu'un bien mis sur le marché doit y être parvenu dans de bonnes conditions éthiques. Mettre du coton sur le marché n'est pas immoral, mais on peut se demander s'il y est parvenu grâce au travail d'esclaves ou d'enfants.

- D'autre part il y a celles qui portent sur le fait que la simple présence d'un bien sur le marché paraît immorale. Mettre des enfants ou des esclaves sur le marché est aujourd'hui considéré comme immoral.


C'est le deuxième type de questions que Sacha GIRONDE souhaite traiter avec nous. L'idée que certaines intuitions morales, ayant trait à la répugnance vis-à-vis de certaines transactions, exercent une contrainte, de nature et de structure, sur les marchés peut sembler aller à l'encontre de l'idéal libéral. L'éventualité d'un marché pour les organes - défendue par exemple par Gary BECKER - est un cas où la répugnance exerce une contrainte sur le marché.


Selon Sacha GIRONDE deux types de "naturalités", ou d'intuitions, s'emboîtent ici plus problématiquement qu'il n'est coutume de le penser: la défense libérale de la liberté et de l'autonomie individuelles et la préservation intuitive de limites corporelles. Nous chercherons à mettre en lumière, par des arguments philosophiques et en recourant également à une approche "neuroéconomique", le statut des contraintes évolutionnaires, exprimées par le biais d'intuitions morales spécifiques, sur la liberté du marché.


Comment fonctionnent ces conflits du point de vue cognitif de la prise de décision ? Comment la société les-a-t-elle traité jusqu'à présent, consciemment ou inconsciemment ? Comment est-il possible et souhaitable de les traiter du point de vue de l'organisation de la personne humaine et de la société humaine ?


C'est autour de ces questions que nous débattrons lors de notre Café Liberté du 17 novembre 2008 à 20h30 au café Le Luxembourg !



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