avenir (9)
Afin de ... encore mieux répondre à vos attentes, nous vous remercions de "voter"
en cliquant sur ce lien http://www.doodle.com/kknmqnkcfzgxaavh
et choisissez parmi les sujets proposés,
vous pouvez aussi nous faire part de thèmes qui vous intéresseraient et qui ne seraient pas dans cette liste en nous les envoyant par mail henri@lapeyre.cc
AMICALEMENT L'Equipe d'Animation
En ce début d'année où tout un chacun s'envoie des vœux d'une niaiserie à nulle autre pareille : « Bonne année, Bonne Santé » - tout en s'en foutant royalement ! - nous voudrions vous offrir quelque espace de Liberté, des mètres cubes de vide pour y entreposer le fatras d'ennuis qui vous encombrent, une nuit de sommeil pour savoir quel effet cela produit, mille péchés de gourmandise pour gagner le paradis, un bain aux huiles essentielles pour vous détendre, une porte assez large pour vous virer les imbéciles qui vous dérangent, l'adresse où vous pourrez trouver les macarons d'Adam, les Mouchous de Paries et les chocolats d'Andrieu, beaucoup de neige qui tienne sur les routes du Pays Basque pour immobiliser votre voiture et rester bien calfeutrés dans votre maison, votre sourire dans un miroir au tain passé, la concordance des temps, un rien d'inadvertance, un air de musique conjugué à quelques secondes de bonheur, l'odeur d'un plat de votre enfance dans la maison de l'un des Chefs qui nous reçoivent, des cintres pour suspendre vos ennuis, une série de verbes défectifs, un champ de fleurs, un parapluie ensoleillé, une ombrelle trempée, le piquant du piment d'Espelette, la douceur de celui du Pays Basque, des chaussures aussi jolies que confortables, le cristal de la fleur de sel de Salies-de-Béarn, un rouleau à pâtisserie pour les mauvais jours, une échelle des valeurs, un jambon de Bayonne, des gens bons de partout, une carte du Tendre, les lingots d'or de nos grands pères, un long câlin de nos grands mères, un manteau pour l'hiver, une veste pour un politique, des apories insolubles, des diamants sur canapé, un fauteuil confortable, des déclinaisons latines, des calendes grecques, un abonnement au bonheur perpétuel, un mode d'emploi de la connerie, un code postal sans adresse, la pluie et le beau temps, tout cela, et une douzaine de soirées Slow Food, sinon rien !
Maurice Isabal,
Henri-Bernard Lapeyre,
Bernard Carrère.
Sur certains calendriers, à la date du 1er janvier, on lit : « circoncision ».
L'année commence bien !
Qu'est-ce qui va nous rester à la fin de l'année ?
Le 8 décembre, on lit : « Immaculée conception ».
La boucle est, si j'ose dire, bouclée !
C'est donc le 8 décembre, jour de fête de l'« Immaculée conception », seule mère de famille à n'avoir jamais été accusé de quoi que ce soit par des millions d'enfants... que nous réfléchirons au temps très proche où « Nos enfants nous accuseront ... »
Notre rencontre se déroulera en deux temps.
A 19 heures précises , nous nous retrouverons autour d'une garbure composée à partir des remarquables produits du groupement des fermiers d'« Idoki », au restaurant « Olatua », 30, Boulevard Thiers à Saint-Jean-de-Luz, - où le nombre de couverts est limité à 70 - Que les gourmands-gourmets se rassurent : il y aura également du fromage « Idoki » !
A 20 heures 30 précises , nous nous rendrons - pedibus cum jambis - au cinéma « Le Rex », rue Gambetta, à Saint-Jean-de-Luz, pour assister à la projection du film : « Nos enfants nous accuseront ! ». (Entrée : 5,50 eus - Nombre de places : 300.)
Les « militants » - décidément, je déteste ce mot - de « Bizi Ona, le Slow Food du Pays Basque » savent que le nom « Idoki », est synonyme des meilleurs et des plus authentiques produits du terroir basque.
Les quelques pique-assiettes - j'adore ce terme - qui se joignent à nous en fonction des adresses qui nous reçoivent, ignorent que la démarche de cette « Association des Producteurs Fermiers du Pays Basque » signataires de la charte « Idoki » - éleveurs de porc basque, bovins, moutons, canards, poulets, pigeonneau, producteurs de vins, fruits et légumes, miel, fromages et autres produits laitiers - est un exemple que beaucoup devraient suivre et que nous nous devons de monter en épingle !
Amoureux du pays où ils exercent le noble métier de paysan, les producteurs d'« Idoki » ont choisi de travailler dans l'esprit « Agriculture Paysanne » en proposant des produits fermiers de premier choix !
Les variétés cultivées, tout comme les races qu'ils élèvent, sont de souche rustique à croissance lente. Les cultures sont de plein champ et les élevages de petites tailles et de plein air. Nourries à la pâtures et avec des fourrages et céréales produits sur l'exploitation, leurs bêtes sont d'une qualité exceptionnelle. Cela nous vaut de parfaits canards, poulets et autres volailles à consommer sans modération, des porcs basques fondants à plaisir, du bœuf et des moutons goûteux, de savoureux légumes qui suivent les saisons, des miels succulents, des fromages qui respirent réellement leur terroir et, pour couronner le tout, des vins remarquables.
C'est avec quelques uns de ces produits d'excellence que Olivier Lataste, Chef du restaurant « Olatua » où nous nous sommes déjà retrouvés, le 16 juin dernier, pour aller à la rencontre des pêcheurs en mer et de leur difficile métier, composera la Garbure de ce soir. Spontanée lorsqu'elle s'inspire des produits du marché, généreuse lorsqu'elle se veut régionale, la cuisine d'Olivier, conjuguée avec le don de l'accueil de Ramuntxo Berria, son complice en salle, devrait nous offrir un bonheur de gourmandises autour des produits d' « Idoki ».
« Olatua », 30, Boulevard Thiers - Saint-Jean-de-Luz - tél. 05.59.51.05.22. - Ramuntxo Berria et Olivier Lataste.
Après cette heure trente de gourmandises au pluriel, nous nous rendrons au cinéma « Rex » pour assister à la projection du film « Nos enfants nous accuseront ! »
Dénonçant les dangers liés aux pesticides dans l'alimentation, le film de Jean-Paul Jaud, raconte la courageuse initiative d'une municipalité qui décide d'introduire le bio dans la cantine scolaire de son village. Le réalisateur brosse un portrait sans concession sur la tragédie environnementale qui guette la jeune génération, décrit l'empoisonnement de nos campagnes par la chimie agricole, constate les ravages du déversement de plusieurs milliers de tonnes de pesticides sur notre pays et tente de nous donner les moyens de réagir et d'agir pour que, demain, nos enfants ne nous accusent pas.
Après la projection, - « En suivant », comme on dit au Pays Basque - Jean-Paul Jaud, nous fera part de sa démarche partie de son profond respect pour l'agriculture biologique, « agriculture, précise t'il , que l'on devrait d'ailleurs appeler agriculture naturelle. Je l'ai découverte dès mon enfance, pendant les vacances dans la ferme de mon grand-père. Cette agriculture était bien sûr respectueuse de la biodiversité. Puis il y a quelques années, trouvant la cause du cancer dont j'ai été victime, j'ai été amené naturellement à manger des produits issus de l'agriculture biologique. »
Dans son livre « Pesticides, Révélations sur un scandale français », - éditions Hachette Littérature - François Veillerette affirme qu'une telle exposition n'est pas sans risque pour notre santé : « Le lien direct est difficile à établir, mais des études montrent qu'on observe deux à trois fois plus de fausses couches chez les femmes exposées aux pesticides agricoles. En outre, les cancers ont augmenté de 35 à 45 % au cours des vingt dernières années. Dans huit cas de cancer sur neuf, l'Inserm cite les pesticides comme cause possible. »
Premiers utilisateurs européens de pesticide, troisième au monde derrière les États Unis et le Japon, les français en consomment, sous forme de résidus, tous les jours. Une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, nous apprend que 40 % des fruits et légumes présentent des traces de pesticides à des taux supérieurs aux limites autorisées dans 6 % des cas.
A une époque où se nourrir n'est plus synonyme de diversité des goûts et de bonne santé mais d'uniformisation et de risques sanitaires larvés, ce film est un hymne à la vie, à la redécouverte de la saveur et de la qualité grâce à l'agriculture biologique, une agriculture respectueuse des hommes et de la richesse des terroirs.
Le Grenelle de l'environnement a fixé comme objectif 20 % de terres bio à l'horizon 2020, et la réduction de moitié de notre consommation dans dix ans.
C'est louable, mais c'est lointain. »
Saint-Jean-de-Luz, n'est pas lointain... et fixer comme objectif une cinquantaine de participants à cette soirée, tant au restaurant « Olatua » qui peut en accueillir 70, qu'au cinéma « Rex » qui nous espère 300, me semble extrêmement louable !
« A la Sainte Florence, nous partons pour Florence ! »
C'est raté !
Le 1er décembre - jour de la Sainte Florence - nous nous retrouverons à Hasparren pour parler de Turin où vient de se dérouler le Salon « Terra Madre ».
Les dix ambassadeurs de « Bizi Ona, le Slow Food du Pays Basque » nous rendront compte de leur participation à ce salon, à 19 heures à l'Hôtel des Tilleuls, 1 place de Verdun - face à l'église - à Hasparren.
Je vois déjà Jean Roland, parodiant Francis Jammes, le poète d'Hasparren :
« En rentrant de Turin,
Ce soir, à Hasparren,
Non loin de la maison où vivait le poète,
toute simple, et aux gros murs honnêtes,
dans le jardin de laquelle poussent du chasselas
mais aussi des noisettes et un joli lilas,
nous allons vous conter comment en Italie
nous avons bu jusqu'à la lie
du Chianti estampillé « Terra Madre »
que quelques vignerons madrés
nous ont offert
en trinquant : « A Lapeyre ! »
A la suite de cette réunion, Maialen Labat, l'adorable maîtresse de maison des « Tilleuls », nous recevra dans son restaurant pour un dîner dont je sais d'ores et déjà qu'il sera aussi agréable que celui qu'elle nous servit lors de notre dernière Assemblée Générale.
pour vous inscrire henri@lapeyre.cc
Berny et Elisa vous invitent à une soirée attrape-cœur réussie dans le seul restaurant à Paris et peut-être dans le monde qui vous propose une cuisine entièrement aphrodisiaque dans un cadre original et peu conventionnel !!!
International Welcome
A warm welcome to all our English-speaking friends looking for something a little off the beaten path... our dishes will tempt and tantalize you!
Herzlische Willkommen in unserem Sonderartigen Restaurant in Paris,als Elsaësser spreche Ich gern deutch (alles klar Hern kommissar) oder ... schwitzerdeutsch ( e grüezi wohl frau Stirnimaaa ) obwohl Ich wieder Heimweh hab naher ! Tchusss.
Bemvindo aos nossos amigos Portugueses, venham saboriar un toque de sabores diferentes, extravagantes e exóticos.
Bienvenidos amigos hispano-hablantes! Si buscan un restaurante unico en el mundo donde gastronomia rima con placer, aqui lo tiene! No se lo pierda cuando en Paris !
Les damos la bienvenida a todos nuestros amigos hispano-hablantes. En nuestro ambiente exótico podrán saborear los más esquisitos y originales platos ... totalmente afrodisiacos... ¡buen provecho y feliz noche! y... para empezar... quítense los.... zapatos...
Kosh amad beh tamaneh doustaneh irani !!!
Ba eftetahe restauranemoon moshtagheh didareh shoma azizan hastim !
marhaban bikom fi mataamina,wa antom tazouroun paris aw taaborounaha,satajidouna hossna al istikbal wa tirhab,walakin wa nadaran liladad almahdoud lilmakayd, almarjou alhajz mosbakan bil hatif, wa chokran.
Yll bé ladjélé ni yéré bey, n'ayé ka woro dimîn koura gnini ..........ayé na anka doumounill byll tantalizer !
BERNY : Après avoir parcouru le monde en long en large et en travers en tant que Reporter Photographe Freelance pendant 17 ans, ... Amoureux des Himalayas, des Déserts et des Iles, ainsi que des Philosophies Bouddhistes, je suis devenu au bout d'une vingtaine d'année de pratique ... un "Mystique tantrique" (pour ceux qui ne connaissent pas, consulter Google ... il y a 94 sites).
J'ai exploité pendant 10 ans un restaurant-traiteur franco-iranien dans le 16ème à Paris.
Et voilà à présent que je peux vous faire découvrir les mystères de certaines cuisines dans notre Restaurant que nous avons choisi d'appeler :
"A P H R O D I S I A"
ELISA : " Grande Voyageuse devant l'Eternel ", amoureuse inconditionnelle de l'Asie et plus particulièrement de la Chine, pratiquante et enseignante de Tai Qi Quan, cet art martial qui procure sérénité, équilibre et force vitale. Et puis la découverte du chant, l'expression divine du souffle ......... le retour à la source.
Ah oui, nous allions oublier ... petite digression :
Il y a plus de 2500 ans à Babylone, là où les Mèdes et les Perses vivaient dans ... des Jardins Suspendus ...... et où nous, en Europe, vivions encore dans des huttes.........
Ils mangeaient assis ou allongé sur des tapis, la plus belle et la plus agréable manière de se relaxer !
... et c'est ce que nous avons absolument désiré vous faire partager !
Sans doute aussi le seul endroit à Paris ... où il vous faudra enlever ... non non n'ayez pas peur ! ... juste vos chaussures.
Nous avons tout de même souhaité garder un espace "traditionnel" avec tables et chaises pour 8 personnes ainsi qu'un espace fumeur en terrasse.
Nous avons désiré créer ce concept dans un endroit, un restaurant très intime, et donc les places sont en nombre extrêmement limité afin de pouvoir vous faire partager au mieux notre amour pour ces plats pour le moins ... atypiques.
Pardon si vous devez faire preuve d'un peu de patience pour pouvoir y venir.
APHRODISIA Restaurant
19 rue Sextius Michel 75015 Paris
tel : 06 35 36 08 64
Visitez notre Site vous ne le regretterez pas !!!
Bonjour
Nous venons d'ouvrir un petit restaurant à Paris ....Et espéront qu'un jour vous viendrez nous rendre visite pour que à notre tour nous vous fassions goûter un exellent champagne pour fêter cela !
Bien à vous
berny
APHRODISIA RESTAURANT
19, rue Sextius Michel
75015 PARIS
Du pourquoi et du comment.
Nous n'étions que 32, ce lundi à Aincille,
Parce que, d'après certains, c'est trop loin de nos villes
De la Côte : Bayonne ou Biarritz ou Saint-Jean,
Où chaque réunion apporte un contingent
De gourmands, de gourmets et de non adhérents
Qui viennent, en pique assiette, parfois, grossir nos rangs...
Je trouve l'argument du « trop loin » fort stupide !
N'étions nous pas 110, un soir, chez Arrambide,
112, chez Isabal, notre cher Président,
104 chez Oteiza, au fin fond des Aldudes ?
Chez Arcé ou Chilo, c'est une multitude
D'adhérents que l'on vit, presque en excédent !
Alors je m'interroge : serait-ce le repas
Fixé à 30 Euros qui dirige les pas
D'une majorité vers les plus grandes tables ?
Cela serait la preuve qu'il est plus supportable
De faire cent kilomètres pour dîner chez « un grand »
Que vingt cinq ou cinquante, et cela est navrant,
Pour aller découvrir un « petit » restaurant
Où quelques plats très simples valent bien ceux des grands !
Je m'interroge aussi sur notre devenir
Et les tables à choisir pour les soirs à venir ...
Devons nous oublier notre « esprit militant »
De premier défenseur des produits de nos tables
Pour aller simplement nous asseoir à la table
Des chefs qui nous accueillent de l'été au printemps ?
Devons nous oublier le monde paysan
Où nous sommes reçus par des agriculteurs
Passionnés, passionnants où chaque producteur
Nous conte son métier en des mots séduisants ?
Devons nous, pourquoi pas, découvrir un Fast Food
Et nous interroger, nous membres de « Slow Food »,
Sur le plaisir que prennent, mal assis, à leurs tables,
Les « accros » de ces lieux, pour moi, fort détestables,
Qui commandent, toujours, un double cheeseburger,
Des frites grosses et grasses et un cola ... « léger » ?
Devons nous, pour un soir, toujours à 30 Euros,
Nous retrouver, ensemble, autour d'un brasero
Qu'une « Grande Surface » pourrait organiser
Avec comme sujet : « hot-dog et vin rosé ».
On apprendrait, peut-être, la raison essentielle
Qui veut que les saucisses au goût artificiel
« Spécialité Hot Dog » se vendent par dizaine
Lorsque les « Pains Hot Dog » se vendent par huitaine !
Nous pourrons, sans vergogne, aussi leur demander
Si leur rosé infect vient de chez "décap four"
En criant : "au secours" devant leurs petits fours
Ou leur drôle de brioche baptisée "de Vendée",
Et puis, pour nous détendre d'avoir si mal "bouffé",
Si leurs vendeurs de thé ont la « pause café » !
Et puis, tant que l'on y est, nous leur demanderons
La raison pour laquelle leur liquide vaisselle
Est aromatisé avec de vrais citrons
Lorsque leur citronnade se veut artificielle...
Tout cela pour vous dire que ce pauvre Carrère
A eu, ce lundi soir, une grosse colère :
Demander tous les mois à un chef, adorable,
De préparer pour vous, un lundi, à sa table
Un repas pour un nombre d'individus allant,
De 50 à 60 ... pour un maigre bilan
De 30 à l'arrivée, cela est lamentable,
Je dirai même plus : cela est détestable.
Ce lundi, Chez Pécoitz, le dîner fut parfait :
Pipérade aux piments doux et jambon poêlé,
Porc basque décliné en multiples façons,
Boudin, côtes et ventrèche, somptueux pieds de cochon.
« Koka » pour le dessert, merveilleux flan maison,
Et vin d'Irouléguy que l'on but à foison !
Le tout pour clôturer notre soirée « piment »
Commencée vers 7 heures au Gaec Loribar,
Où nous fûmes reçu par un homme de l'art :
L'ami Koldo Biscay, Grand Maître du Piment,
Écouté par nous tous, très religieusement !
Notre prochaine manifestation se déroulera sur le port de Saint-Jean-de-Luz durant toute la journée du samedi 20 septembre.
Dans le cadre de son « Marché d'Exception », « Bizi Ona, le Slow Food du Pays Basque », y présentera une quarantaine de producteurs.
Venez nombreux : non seulement vous pourrez goûter - gratuitement - les produits exposés, mais vous pourrez profiter, en prime, des animations de la Fête de la Rue de la République, des avantages liés aux Journées du Patrimoine (portes ouvertes des Monuments Historiques ) et de la démonstration, hautement écologique en cette période de flambée des prix du baril de pétrole, de la Patrouille de France !!!
Bernard Carrère, en colère.
Nom : MANIFESTE AVENIR ALIMENTATION.pdf
Taille : 293 Ko
Table des matières
Présentation
Première Partie
Introduction. Echec du modèle d’agriculture industrielle
Deuxième Partie
Les principes pour un système d’agriculture et d’alimentation écologiquement et socialement durable
Troisième Partie
Alternatives vivantes à l’agriculture industrielle
Quatrième Partie
Les règles du commerce pour réaliser les objectifs de la Commission Internationale sur l’Avenir de l’Alimentation
Conclusion
Sommaire des Changements de Réglementation commerciale en vue de Réaliser un Monde plus Durable et Equitable
Appendice
Participants aux réunions de la Commission
Première Partie
INTRODUCTION: Echec Du Modèle D’agriculture Industrielle
Le mouvement qui tend à l’industrialisation et à la globalisation de l’agriculture et de l’approvisionnement alimentaire au niveau mondial met en péril le futur de l’humanité et de la nature. L’agriculture communautaire a nourri avec succès le monde pendant des millénaires tout en conservant l’intégrité écologique et, elle le fait encore dans la plus grande partie de la planète. Mais elle est rapidement remplacée par des sociétés qui en prennent le contrôle et qui en font une agriculture basée sur la technologie, sur la monoculture et orientée à l’exportation. Ces systèmes qui privent de souveraineté ont un impact négatif sur la santé publique, sur la qualité des aliments et de l’alimentation, sur les moyens d’existence traditionnels (agriculture et artisanat) ainsi que sur les cultures autochtones locales, tout en accélérant l’endettement de millions d’agriculteurs, leur séparation des terres qui ont traditionnellement nourri leurs communautés et leurs familles. Cette transition est en train d’accentuer la faim, la perte des terres et des maisons, le désespoir et le suicide parmi les paysans. Dans le même temps, cela implique une dégradation de l’écosystème de la planète, et cela accroît, tout au long de la planète, l’aliénation des peuples qui se voient privés de leurs liens culturels, naturels et historiques avec la source de leur alimentation et de leur survie. Finalement cela contribue à la destruction des fondements économiques et culturels des sociétés en minant la sécurité et la paix et en créant les conditions pour la désintégration sociale et la violence.
• • •
Les interventions technologiques qui sont vendues par les sociétés multinationales comme la panacée pour résoudre les problèmes mondiaux de «l’inefficacité des productions à petite échelle», et qui sont censées résoudre la faim dans le monde, ont exactement l’effet inverse. Depuis la révolution verte, en passant par la révolution biotechnologique jusqu’à l’actuelle poussée des aliments irradiés, les intrusions technologiques dans le contexte historique et naturel de la production locale ont accru la vulnérabilité des écosystèmes.
Elles ont conduit à la pollution de l’air, de l’eau et des sols et, ont créé une nouvelle pollution génétique venant des organismes génétiquement modifiés qui peuvent se répandre. Ces systèmes fondés sur la monoculture et axés sur la technologie ont sérieusement accentué la crise du réchauffement de la planète du fait de la forte dépendance en énergies fossiles et du rejet de gazes et d’autres éléments. Ce dernier fait à lui seul – le changement climatique – menace de mettre en cause toutes les bases naturelles d’une agriculture et d’une préparation des aliments écologiques et saines, et aura, selon toute probabilité, des conséquences catastrophiques dans un futur proche. L’agriculture de s’emparer d’une grande part des approvisionnements mondiaux en semences, en aliments et en terres agricoles. La globalisation du régime de brevets favorisant les sociétés ont porté atteinte directement aux droits traditionnels et locaux des paysans, par exemple, de sauvegarder et protéger les variétés de semences locales qu’ils ont développées depuis des millénaires. D’autres accords de l’OMC favorisent le dumping à l’exportation de produits agricoles subventionnés, bon marché, pour De plus, l’agriculture industrielle n’a certainement pas augmenté l’efficacité de la production, si nous tenons en compte les coûts écologiques et sociaux de cette forme de production ainsi que l’importance des subventions publiques dont elle bénéficie. Elle n’a pas davantage réduit le problème de la faim, bien au contraire. Ce système agricole a, par contre, stimulé l’apparition et la concentration d’un petit nombre de géants internationaux de l’agriculture qui contrôlent à présent, la production globale de la planète, au détriment des agriculteurs locaux, de l’approvisionnement en aliments et de leur qualité, ainsi que de la capacité des communautés et des peuples à maintenir la confiance en leurs aliments de base.
A présent, les orientations négatives de ces dernières cinquante années ont été accentuées par l’adoption des dernières règles internationales sur le commerce et les finances de la part de l’Organisation Mondiale du Commerce, de la Banque Mondiale, du Fond Monétaire International et, du Codex sur les Aliments, entre autres. Ces institutions ont codifié des politiques qui servent les intérêts du commerce agricole international par dessus tout, tandis qu’elles portent explicitement atteinte.aux droits des paysans et des consommateurs, ainsi qu’au pouvoir d’action des Etats pour réguler le commerce à leurs propres frontières ou pour appliquer des normes adaptées à leurs communautés. Les règlements inclus dans les accords concernant les droits commerciaux de propriété intellectuelle (de l’OMC), ont permis aux sociétés internationales des pays industrialisés, ce qui aggrave l’immense difficulté des petits fermiers des pays pauvres à demeurer viable. Et, en favorisant systématiquement, l’exportation d’une production orientée à la monoculture, l’explosion du commerce à longue distance a eu une incidence sur l’augmentation de la consommation des énergies fossiles pour le transport, ce qui à son tour influence le climat ainsi que l’expansion de la dévastation écologique des infrastructures de développement locales et ce avec de graves conséquences environnementales.
• • •
La complète conversion de la production alimentaire des communautés locales qui les a amenées de la production à petite échelle à une production à grande échelle de monoculture orientée à l’exportation a aussi entraîné un lamentable déclin des traditions, des cultures et des plaisirs collectifs et de la convivialité liés depuis des siècles aux communautés paysannes qui produisent et vendent leurs produits. Cela a amoindri l’expérience des cultures d’aliments ainsi que les joies de partager des aliments cultivés localement pour la consommation locale.
Malgré tout, il y a beaucoup de développements optimistes. Des milliers de nouvelles initiatives alternatives fleurissent maintenant à travers le monde pour promouvoir l’agriculture écologique et la défense des moyens de vie des petits agriculteurs, la production d’aliments diversifiés, sains et sûrs ainsi qu’une distribution, commerce et marketing locaux. Une autre agriculture n’est pas seulement possible, elle est déjà là.
Pour toutes ces raisons et d’autres, nous déclarons notre forte opposition à une production alimentaire industrialisée et mondialisée, et, notre soutien à ce changement positif vers des productions alternatives à petite échelle qui respectent les principes que nous poursuivons.
Deuxième Partie
Les principes pour un système d’agriculture et d’alimentation écologiquement et socialement durable
.1 L’objectif final
La dernière alternative aux problèmes sociaux, économiques et écologiques, traités ci-dessus serait une transition vers des exploitations agricoles à petite échelle plus décentralisée, démocratiques et coopératives, qui ne soient pas soumises aux lois des grandes sociétés. Ce type d’agriculture est aussi pratiquée par les communautés agricoles traditionnelles, l’agriculture écologique et les peuples indigènes depuis des millénaires. Ces communautés ont pratiqué une agriculture durable fondée sur les principes de diversité, synergie et recyclage. Toutes les règles et politiques, à chaque niveau de l’administration, doivent être destiné à encourager ces solutions ainsi que les changements dans les autres secteurs de la société pour appuyer un développement durable.
.2 L’alimentation: un des droits de la personne
Chacun a le droit fondamental d’accéder à et/ou de produire assez de nourriture pour sa vie et celle de sa communauté. Les règles et les plans doivent être dirigés à accepter ce droit élémentaire. Chaque gouvernement – local, régional, national, international – doit garantir ce droit. Ce droit ne doit pas être compromis par les intérêts du commerce international, ni par aucune autre raison. Quand une communauté se voit dans l’impossibilité de remplir ses obligations – à cause de calamités naturelles ou d’autres circonstances – les autres pays doivent pourvoir aux approvisionnements nécessaires.
.3 L’agriculture décentralisée est efficace et productive
Nous rejetons la notion que la mondialisation de l’agriculture industrielle et technologique, et l’homogénéisation des fermes apportent plus d’efficacité que l’agriculture traditionnelle fondée sur la diversité et profondément ancrée dans les cultures locales.
De plus, l’agriculture industrielle ne peut pas diminuer la faim dans le monde. Des expériences et innombrables études prouvent le contraire, comme non seulement le système industriel de monoculture pousse les fermiers à quitter leurs fermes, conduit à des dépenses inacceptables pour l’environnement et les communautés agricoles.
Mais en plus l’agriculture industrielle est très susceptible aux pestes et à créer tout types de fléaux.
Par ailleurs, compte tenu des résultats, les fermes écologiques à petite échelle ont prouvé être au moins aussi productives que les fermes industrielles.
Toutes les politiques à chaque niveau de la société, doivent favoriser les petites fermes et les principes de l’agro-écologie pour augmenter la sécurité alimentaire et assurer la vitalité et la robustesse des économies rurales.
.4 Placer les hommes sur les terres et non les sociétés multinationales
L’absorption des petites fermes par les grands propriétaires terriens et des sociétés multinationales est une des premières causes du phénomène des paysans sans terre et de la pauvreté; nous appuyons toutes les mesures pour aider les paysans à rester ou rentrer dans leurs propres fermes.
Là où les paysans et les communautés ont été dépossédées de leurs fermes, de leurs habilités à produire leurs propres aliments et de la possibilité de vivre d’une manière autosuffisante, nous appuyons fortement les réformes de redistribution des terres ainsi que la remise du pouvoir aux mains des communautés locales pour contrôler leurs vies
.5 La souveraineté alimentaire
Nous soutenons le principe fondamental de la souveraineté alimentaire nationale, régionale et de la communauté.
Toutes les entités et les communautés locales, nationales et régionales ont le droit et l’obligation de protéger et soutenir les conditions nécessaires à encourager la production d’assez d’aliments nourrissants, d’une manière qui respecte et soutienne la survie des producteurs, et qui soit accessible à tout le monde. Aucune société ou organisation internationale n’a le droit de modifier cette priorité, ni elle a le droit de demander à un pays d’importer contre sa volonté.
.6 L’emploi du principe de précaution
Tous les êtres humains ont le droit de manger des aliments qui soient nourrissants et ne posent pas de dangers. Aucune intervention technologique ne doit être permise jusqu’à ce qu’elle ne soit pas conforme aux normes locales de sécurité de l’alimentation, de la santé et de la viabilité. «Le principe de précaution» s’applique dans tous les cas.
.7 Certaines technologies compromettent la sécurité alimentaire
Quelques technologies, comme l’engineering génétique, les pesticides et les engrais synthétiques, l’irradiation des aliments ne sont pas compatibles avec la sécurité alimentaire ou la sécurité environnementale. Chacune représente des menaces inacceptables pour la santé publique, provoque des retombées irrévocables pour l’environnement, et porte une atteinte aux droits des fermiers de protéger leurs fermes des produits polluants. Déjà, leur utilisation est incompatible avec la viabilité de l’agriculture durable.
Aucune société internationale n’a le droit d’imposer des règles qui régissent les importations d’un pays, de manière à l’obliger à se procurer une alimentation qu’il considère néfaste à la santé, l’environnement, l’agriculture locale, les traditions culturelles ou toute autre.
.8 Il faut protéger la biodiversité et la santé de l’écosystème
Tous les systèmes agricoles et alimentaires sains dépendent du monde naturel, avec toute sa diversité biologique. Il faut que sa défense soit une priorité pour tous les gouvernements et les communautés. Toutes les règles doivent être dirigées dans cette direction même si cela entraîne des changements dans la structure de la propriété terrienne et la superficie des fermes.
Aucune considération commerciale ou autre ne doit passer outre à cela.
L’accent doit être mis sur la production et la consommation locales, et les interventions de technologie des grandes puissances doivent baisser; tout doit se diriger vers la santé environnementale.
.9 Le droit d’avoir une identité culturelle et indigène
Les systèmes agricoles traditionnels sont un aspect intégral de l’identité culturelle. En fait la diversité agricole dépend surtout de la diversité culturelle. Toutes les communautés ont le droit de préserver, développer et enrichir les connaissances transmises depuis des générations. Aucune société multinationale n’a le droit de les modifier ou d’essayer de le faire.
.10 Des traitements humains aux animaux
Les ‘fermes usines’ industrialisées pour la production de bœuf, de porc, de poulet etc. sont infâmes tant par les conditions inhumaines que par les conséquences tragiques sur l’écologie et la santé publique. La production à grande échelle pour l’exportation, augmente la sévérité des problèmes et utilise les technologies d’irradiation et antibiotiques pour essayer de refouler ces problèmes.
Tous ces modes de production doivent être interdits
.11 Le droit de contrôler et d’employer les connaissances locales héritées du passé
Toutes les communautés ont leurs propres droits à préserver leur diversité biologique, leur science de la production alimentaire, et de recueillir et employer les profits sans intervention extérieure. Cette connaissance est très nécessaire pour préserver une agriculture durable. Tous les peuples ont le droit d’établir leurs propres objectifs pour ce qui est de la recherche et le développement, à l’aide de leurs normes locales.
Aucune règle des droits de propriété intellectuelle ou du commerce globale, ne doit permettre de forcer les communautés locales à se conformer aux normes qui ne sont pas leurs. De plus aucune société ne doit détruire les droits des fermiers à avoir l’accès à leurs semences indigènes, aux connaissances et aux innovations de leur propre communauté ni promouvoir «la bio piraterie» - le vol de la science et la diversité génétique locales pour des desseins commerciaux.
Les droits des fermiers de protéger, de s’approvisionner, de vendre et d’échanger leurs semences sont inaliénables.
.12 La relation de base entre les fermiers et l’environnement
Nous reconnaissons, appuyons et célébrons le rôle des petits fermiers indigènes comme étant les premières sources de connaissance et de sagesse concernant la relation entre la terre, l’homme, et la subsistance à long terme. Leur expérience directe et nuancée de l’interaction entre les plantes, la terre, le climat et autres conditions ainsi que leur rapport crucial avec les communautés doivent être protégés et appuyés et rétablis si nécessaire; il ne doit plus être menacé ni interrompu par les grands systèmes commerciaux et leurs propriétaires souvent absents et qui ne prennent aucun soin des conditions locales.
.13 Le droit de savoir et de choisir
Tous les consommateurs ont le droit d’être bien informés sur leurs aliments; les sources et les mécanismes de leur production, les risques pour leur santé et pour leur environnement, spécialement dans le cas des aliments pour lesquels des pesticides ou d’autres produits chimiques, des radiations ont été employés; aucun gouvernement ou société internationale n’a le droit d’occulter les informations ni de se soustraire à l’obligation d’étiqueter et d’annoncer tous les risques, en incluant la malnutrition. La dénégation de ce droit doit être considéré comme un crime.
.14 Le commerce: volontaire, juste, et durable
Nous appuyons les nouvelles initiatives commerciales dans des communautés justes, durables, sans agression, mutuellement avantageux pour les producteurs et les consommateurs. Nous voudrions que le commerce local soit fait suivant des normes propres aux communautés concernées et établisse librement ses accords. Aucune organisation quel que soit son niveau, n’a le droit de forcer une nation ou une communauté à adopter des accords de commerce qui compromettent ses priorités locales. Chaque occasion de faire du commerce doit être évaluée uniquement sur ses propres mérites par les partis concernés.
.15 Aucun brevet ou monopole sur la vie
Nous nous opposons aux brevets et à la monopolisation de toute forme de vie. Les règles qui permettent ces pratiques, sont des violations de la dignité intrinsèque et du caractère sacré de toutes les formes de vie, des principes de la biodiversité et des droits naturels de tous les fermiers indigènes à travers le monde. Cela s’applique à toute forme de vie végétale, animale et humaine.
.16 Le clair penchant de l’Omc et codex, etc., vers les sociétés multinationales
Le clair penchant d’importantes organisations globales comme l’Omc et le codex alimentaire vers les productions de mono agriculture à grandes échelles pour exporter, est une des premières causes de la dislocation, de la dévastation de l’environnement et de la concentration non démocratique des pouvoirs économiques au détriment de toutes les communautés. Toutes les règles crées par les sociétés mentionnées ci-dessus qui aboutissent à des résultats négatifs, doivent être annulées pour favoriser les productions et les distributions locales durables. De plus, les autres organisations mondiales (comme l’ONU) doivent être encouragées à créer de nouveaux systèmes qui aident à réduire la domination des sociétés et leurs effets nocifs.
.17 Favoriser les subventions: inclinations vers le local
Les tarifs, les quotes-parts de l’importation et les autres mesures avec lesquelles les pays peuvent promouvoir leur autosuffisance alimentaire doivent être restitués pour rétablir la production locale, et la sécurité alimentaire locale en utilisant les ressources propres; le commerce ne devrait concerner que des marchandises essentielles; le commerce à longue distance peut être une option, mais il ne peut être la raison d’être du système. Un des buts premiers consiste à diminuer la distance entre les producteurs et les consommateurs, ainsi, qu’à diminuer les dommages sociaux et écologiques.
.18 Espace et non seuil de normes pour la sécurité
Toutes les lois et les règles dans les accords bilatéraux/multilatéraux qui concernent l’alimentation doivent configurer une protection pour la sécurité alimentaire. Aucun organe international ne devrait établir des règles imposant aux pays ou communautés de baisser leurs normes à des fins de commerce ou d’autres raisons. De telles normes pourraient inclure des contrôles à l’exportation et à l’importation, l’étiquetage, la certification et autres points.
Tout pays ou communauté ayant des normes plus élevées que celles acceptées par les organes internationales devrait recevoir un traitement de discrimination positive en termes commerciaux.
Les pays pauvres pour lesquels ces normes sont trop onéreuses actuellement devraient recevoir une aide financière leur permettant d’améliorer leurs normes.
.19 La garantie contre le dumping
Les droits de réguler l’importation afin d’empêcher le dumping et de protéger le gagne-pains des fermiers indigènes, et de garantir un payement juste aux fermiers ainsi que la sécurité alimentaire sont les premières normes du commerce juste; ces droits contredisent les règles des accords de l’Omc qui favorisent le dumping des nations économiquement riches.
.20 Les changements compatibles
Nous reconnaissons que dans le monde aujourd’hui ces réformes peuvent être réalisées plus rapidement dans le cadre plus large d’une série de changements concernant les visions du monde actuelles et les pratiques systémiques, pour que les systèmes socialement durables gagnent plus d’importance que les intérêts commerciaux.
Des réformes compatibles peuvent être aussi requises dans d’autres secteurs de la société, pour passer du niveau mondial au niveau régional, et des considérations commerciales aux considérations communautaires. On devrait par exemple réexaminer les systèmes énergétiques, le transport, les systèmes de production en vue de les réformer. En même temps, l’agriculture devrait reprendre sa forme durable, à petite échelle. Tous ces pas doivent faciliter la redistribution des droits politiques aux citoyens de ces sociétés.
.21 Adoption de ces principes
Nous demandons à toutes les communautés, les municipalités, les comptés, les provinces, les états, les nations et les organisations internationales d’adopter et d’appliquer les principes mentionnés ci-dessus. Nous leur demandons de travailler ensemble pour atteindre ces buts.
Dans les paragraphes suivants nous verrons des exemples d’activités qui marchent déjà et qui appliquent certains des ces principes, ainsi que des propositions spécifiques pour l’établissement de nouvelles règles du régime commercial compatible avec ces buts.
1
Troisième partie
ALTERNATIVES VIVANTES à L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE
Dans tous les continents, les communautés se rendent de plus en plus compte des effets ravageurs des systèmes de production agricole et alimentaire imposés par les sociétés multinationales; ces systèmes ont réduit d’une part l’agriculture à une industrie d’extraction et d’autre part, conduit l’alimentation à constituer un important risque pour la santé. Partout, des mouvements qui retissent la trame des rapports qui ont de tout temps existé entre l’alimentation, l’agriculture et les valeurs des communautés, certains avec des liens par de là les frontières internationales – sont en train de surgir. Ces mouvements sont en train de rétablir l’alimentation et la production alimentaire dans leurs contextes culturels et naturels – après une aliénation dévastatrice qui ne peut être que perçue comme une aberration de l’expérience humaine.
Nous ne pouvons, ici, que donner des indications au sujet des percées que ces mouvements ont réalisées dans les dernières décennies. Le fait qu’on ait pu prédire que peu de ces changements devrait freiner tous ceux qui soutiennent que l’agriculture industrielle est le moyen inévitable d’aller de l’avant. Le changement – et ce très rapidement – est possible. A vrai dire il est déjà en cours. Voici certains domaines où les circonstances sont en train de changer très rapidement.
La démocratisation de l’accès à la terre
Alors que depuis longtemps il avait été reconnu que l’accès à la terre des pauvres des régions rurales du monde constituait un élément clé pour éliminer la faim et la pauvreté, nombreux sont ceux qui croyaient la réforme impossible à réaliser au niveau politique. Ceci était vrai pour le Brésil, où moins de deux pour cent des propriétaires terriens ruraux détenaient la moitié de la terre agricole (dont la plupart était inutilisée) et où non seulement les petits rassemblements étaient proscrits mais aussi tout effort visant à un changement était contrecarrée par la violence. Pourtant, aujourd’hui ce pays montre la voie vers une démocratisation de l’accès à la terre. Depuis les deux dernières décennies, le Mouvement des travailleurs sans terre, connu sous son acronyme portugais MST, a installé 250.000 familles, auparavant démunies de terre, sur 15 millions d’acres de terre dans presque tous les états du Brésil.
S’appuyant sur une clause de la nouvelle constitution rendant obligatoire que le gouvernement redistribue la terre non utilisée, le MST a eu recours à la désobéissance civile pour en assurer l’application. Les quelques 3.000 nouvelles communautés du MST sont en train de créer des milliers de nouvelles entreprises et écoles.
Les bénéfices de la réforme de la terre s’apprécient dans le revenue annuel des nouveaux colons du MST, il représente quatre fois le salaire minimum, alors que les travailleurs qui sont toujours sans terre ne reçoivent en moyenne que 70 pour cent du minimum. La mortalité infantile chez les familles bénéficiant de la réforme de la terre a été réduite à la moitié de la moyenne nationale. D’après les calculs approximatifs, cela coûte deux à vingt fois plus de créer un travail dans le secteur commercial du Brésil par rapport au coût de l’établissement d’une famille de chômeurs sur une terre grâce à la réforme de la terre. La démocratisation de l’accès à la terre marche.
Démocratisation de l’accès au crédit
Longtemps les banquiers ont soutenu que la solvabilité des pauvres était douteuse. Mais cette barrière s’écroule. Il y a deux décennies, au Bangladesh, la Grameen Bank a créé un système de crédit rural fondé non sur la garantie de biens fonciers mais sur la responsabilité mutuelle de petits groupes.
Le programme de prêt de micro crédits de Grameen, offert à 2,5 million de paysans pauvres dont la plupart sont des femmes, a été adopté dans 58 pays.
Avec un taux de remboursement nettement supérieur à ceux des banques traditionnelles, la démocratisation de l’accès au crédit s’avère viable.
Relier la ville au pays, le consommateur au producteur
Dans tous les continents, des mesures pratiques sont prises afin de rendre viable la production locale pour la consommation locale. Les campagnes «Acheter la production locale» attirent les consommateurs d’Europe, des Etats-Unis et d’autres continents. Une manifestation novatrice dans ce sens: le mouvement pour l’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC); ce mouvement permet aux fermiers et aux consommateurs de se réunir et de partager les risques (de la production agricole).
/Au début de la saison, les consommateurs achètent «une part» qui leur donne droit aux fruits du travail des fermiers. Les ASCs ont surgi dans la deuxième moitié des années soixante en Allemagne, en Suisse et au Japon. Il y a dix-sept ans de cela, il n’existait pas de ASCs aux Etats-Unis; aujourd’hui on peut en compter plus de 3,000, desservant des dizaines de milliers de familles. L’exemple des Etats-Unis a inspiré au Royaume Uni, un mouvement d’ASC qui a gagné le soutien du gouvernement local. Des mouvements analogues ont simultanément surgi au Japon et ailleurs.
Parmi d’autres initiatives en expansion, on peut compter les marchés fermiers tant au niveau urbain que rural; ces marchés ont connu une croissance de 79% dans les huit dernières années aux Etats-Unis seulement. Cela a permis aux fermiers locaux de vendre directement leurs produits à leur clientèle, sans intermédiaires onéreux. Les jardins individuels et scolaires – qu’il s’agisse de jardins potagers au Kenya ou d’écoliers produisant leur propre nourriture en Californie – sont aussi en expansion.
La nourriture saine devient un droit du citoyen
Alors que 22 pays ont inclus le droit à la nourriture dans leurs constitutions, Belo Horizonte, la quatrième plus grande ville du Brésil, s’est surpassée dans ce domaine. En 1993, le gouvernement de la ville a déclaré que la nourriture ne serait plus uniquement un produit de base mais deviendrait un droit de citoyenneté.
Ce changement ne se traduisit pas en méga-distribution de nourriture mais au contraire inspira des douzaines de mesures novatrices pour mettre un terme à la faim: des zones de terre urbaine sont dorénavant disponibles, à un coût modique, aux fermiers locaux sous la condition de maintenir des prix abordables pour les pauvres; la ville réachemine, les 13 sous destinés par le gouvernement fédéral au déjeuner de chaque écolier, vers l’achat d’une nourriture biologique locale, qui garantie une alimentation plus saine, au lieu d’acheter une nourriture transformée de production industrielle. Afin de permettre au marché de fonctionner de façon plus juste, la ville collabore avec des chercheurs universitaires qui, chaque semaine, affichent les prix les plus bas aux arrêts d’autobus et les annoncent à la radio. Il ne s’agit là que de quelques initiatives, qui dans leur ensemble coûtent seulement un pour cent du budget municipal. Les fonctionnaires d’autres villes brésiliens sont venus s’initier à Belo.
L’agriculture écologique est en expansion
Le fermage et le pâturage biologiques se répandent à un rythme accéléré et recouvrent actuellement 23 million d’hectares certifiés à travers le monde, avec l’Australie, l’Argentine et l’Italie en tête de liste. Les avocats de l’agriculture industrielle, chimique, en déclin, soutiennent que l’agriculture biologique ne peut réussir; pourtant des millions de fermiers pratiquant l’agriculture durable sont en train de prouver le contraire. Des recherches menées récemment ont examiné plus de 200 projets d’agriculture durable dans 52 pays, couvrant environ 70 millions d’acres et 9 millions de fermiers ruraux. Selon le constat de cette enquête parrainée par l’université, les pratiques agricoles durables peuvent «mener à des croissances importantes» dans la production.
Certains cultivateurs de racines comestibles ont réalisé des gains allant jusqu’à 150 pour cent grâce à des méthodes plus durables. De surcroît, dans la mesure où les coûts d’input dans l’agriculture biologique sont considérablement inférieurs, les fermiers d’agriculture biologique réalisent souvent des profits plus élevés, même dans les rares cas où le «rendement» est quelque peu inférieur. En général, les rendements de l’agriculture biologique se sont avérés supérieurs dans la plupart des cas lorsque les calculs ont été faits «par acre». Les systèmes industriels affichent trompeusement les rendements «par travailleur»; mais dans les systèmes industriels, la plupart des travailleurs sont sacrifiés au profit d’une production à forte intensité de machines et de produits chimiques, donnant ainsi la fausse impression d’une efficacité en trompe l’œil. Les aberrations des calculs de la production industrielle sont aussi amplifiées dans la mesure où ils ne prennent pas en considération les coûts «externes» (subventionnés) en terme de dégâts environnementaux à la terre, au sol et à la santé publique.
De plus en plus, les gouvernements apportent leur soutien direct aux agriculteurs biologiques et à ceux qui sont en cours de conversion, afin de satisfaire une demande croissante de la part des consommateurs ainsi que pour des considérations environnementales et autres. En 1987, le Danemark fut le premier pays à introduire un tel soutien au niveau national; peu de temps après, l’Allemagne se mit à soutenir la conversion à l’agriculture biologique. Dès 1996, tous les états membres de l’UE, à l’exception de Luxembourg, avaient introduit des politiques soutenant l’agriculture biologique. La région Toscane en Italie s’est fermement opposée aux semences transgénétiques et a pris les devants en terme de politique encourageant les petites fermes, l’agriculture écologique et la consommation locale. L’Autriche et la Suisse ont chacune 10% de leur production agricole provenant de l’agriculture biologique alors que la Suède en a 15%. Dans un canton suisse 50% de la production agricole est biologique et le ministre de l’Agriculture allemand s’est donné pour objectif une production agricole biologique de 20% d’ici l’an 2010.
La protection de la diversité biologique
La protection de la diversité biologique au niveau international, la Convention sur la Diversité biologique compte désormais 187 parties et 168 signataires.
Le protocole de Carthagène sur la Biosphère compte 48 parties et a été ratifié par 103 Etats. Alors que les sociétés multinationales ont répandu les monocultures d’une petite quantité de semences commerciales et maintenant transgénétiques, au niveau mondial, un mouvement de citoyens, travaillant avec des gouvernements qui réagissent bien, est en train de trouver des moyens de protection de la diversité des semences.
Des campagnes de sensibilisation des citoyens, par exemple, menées par Greenpeace et d’autres ont réussi à restreindre les OGM à quatre pays, situés surtout dans le Nord de l’Amérique. Le mouvement Slow Food qui compte maintenant 80,000 membres dans 45 pays, est en train de raviver avec succès des variétés de semences en danger tout en inspirant un regain d’intérêt pour les spécialités alimentaires locales et régionales. Le blé spelt pour ne donner qu’un exemple, le céréale le plus ancien que l’on connaît, cultivé en Italie depuis l’Age de Bronze mais déplacé par des graines plus commerciales, est en train de connaître une renaissance auprès des consommateurs. En même temps, les mouvements des peuples indigènes augmentent dans les pays du Sud pour protéger la diversité biologique, résister contre les semences transgénétiques, et s’opposer au brevetage des espèces vivantes. Au Bangladesh, Nayakrishi, un mouvement de 50,000 fermiers, est en train de raviver les cultures traditionnelles –sauvegardant, emmagasinant et partageant des semences qu’ils multiplient soigneusement comme la base de la sécurité alimentaire ménagère. En Inde, Navdanya, un projet de la Research Foundation for Science, Technology and Ecology, a aidé 100,000 fermiers a réadapter des méthodes d’agriculture biologiques dans des villages désormais appelés «zones de liberté». La Foundation et son réseau ont lutté avec succès contre les semences / transgénétiques et le brevetage de la connaissance indigène. Pour une grande part, grâce à ses efforts, les fonctionnaires du gouvernement indien ont refusé la permission de vendre le coton BT au Pundjab et dans d’autres Etats du nord, suite aux revers qu’ont connus les fermiers du sud de l’Inde à cause de l’adoption de ce coton.
Assurer des prix justes aux producteurs
Au niveau mondial, le mouvement «fair trade» en croissance illustre bien que le système dominant n’est pas un «commerce libre» et qu’un système équitable est possible. Le mouvement pour un commerce équitable a commencé en Europe dans les années 1980 et a pris racine dans 47 pays. Le système couvre 12 produits – dont le plus important est le café; 20 millions de familles à travers le monde en dépendent
L’étiquette «Fair Trade Certified» indique que le café satisfait des critères spécifiques comme par exemple que c’est produit par des petits fermiers organisés démocratiquement et en pleine connaissance des prix du marché.
En un laps de quatre ans la demande des Etats Unis pour le café produit ainsi a quadruplé et est passée à 10 millions de livres. L’importance du «commerce équitable» ne saurait être exagérée dans une économie mondiale où, dans l’espace d’une seule décennie, la part de la valeur totale du café demeurant au sein des pays producteurs est passé d’un tiers à un treizième.
De leur côté également, les fermiers sont en train d’utiliser avec succès les coopératives productrices pour obtenir des bénéfices plus équitables. En Italie, les coopératives laitières offrent une grande gamme de produits laitiers.
Aujourd’hui en Inde 75,000 sociétés de coopératives laitières sillonnent le pays, avec une adhésion s’élavant à 10 millions. Des cinq plus grandes «sociétés» de l’entreprise laitière, les trois premières sont des coopératives dont le Kaira District Cooperative Milk Producers’ Union, créé en 1946, pour contrer le monopole de la distribution et des bénéfices injustes pour les producteurs. De même, aux Etats-Unis, Organic Valley, lancée il y a seulement 15 ans de cela, par un petit groupe de fermiers, compte aujourd’hui 519 fermiers membres, avec une recette de vente s’élevant à plus de 125 millions de dollars. En automne de l’année dernière, les membres d’Organic Valley ont reçu presque le double du prix standard du marché pour leur lait.
Rendre les sociétés multinationales à la démocratie
Partout à travers le monde, les citoyens reconnaissent que des sociétés mondiales gigantesques, détenant des ressources plus élevées que la plupart des gouvernements, fonctionnent essentiellement en tant qu’organes publics non élus. Celles-ci doivent être soumises au contrôle démocratique et il y a des mouvements importants en ce sens. Par exemple, la majorité des gouvernements mondiaux ont rejeté la commercialisation des semences génétiquement modifiées. Même au sein des Etats-Unis, dominés par ces sociétés, neuf états et deux townships de Pennsylvanie, interdisent maintenant aux sociétés n’appartenant pas à des familles de posséder des fermes ou de pratiquer le fermage. De surcroît, un mouvement se met en place aux Etats Unis pour défier la notion de personne morale, notion qui accorde à ces sociétés, des droits constitutionnels, passant outre les droits des peuples et des communautés. Déclenché par les effets ruineux des grandes opérations de d’élevage de porcs, deux municipalités de Pennsylvanie aux Etats Unis, ont maintenant promulgués des lois niant aux sociétés les protections constitutionnelles des personnes. Certains districts écoliers aux Etats Unis refusent dorénavant l’intrusion d’aliments transformés industriellement, vue l’épidémie d’obésité infantile et de diabète infantile qui sévit dans ce pays. Dans le même ordre d’idées, des localités dans diverses parties du monde rejettent l’idée de réduire l’eau à l’état de marchandise.
La nouvelle agriculture – au delà du fondamentalisme du marché
Des développements si variés mais qu’un fil conducteur relie comme ceux évoqués ci-dessus, montrent la voie, au delà du «fondamentalisme du marché, vers la notion que tous les aspects de la vie ne doivent plus être subordonnés aux considérations du marché global et au bien-être des sociétés s’étendant à travers le monde. Au lieu de cela, ces développements suggèrent une voie démocratique plus ouverte. Ils montrent la voie non vers un nouveau dogme mais vers ce que d’aucuns appellent «la démocratie vivante» - suggérant que le bien être de tout être vivant doit être pris en considération. La démocratie vivante, qui est au diapason des particularités de lieux et cultures spécifiques, tient compte de l’engagement essentiel des citoyens qui cherchent des solutions ensemble et évoluant au fil des leçons tirées.
/
Quatrième Partie
LES REGLES DU COMMERCE POUR REALISER LES OBJECTIFS DE LA COMMISSION INTERNATIONALE SUR L’AVENIR DE L’ALIMENTATION
Cette partie propose des principes et suggestions spécifiques pour opérer des modifications aux règlements de l’Organisation Mondiale du Commerce (l’OMC) de façon à les rendre compatibles aux objectifs de la Commission.
Les règlements commerciaux actuels de l’OMC ont imposé une baisse continue des tarifs et autres barrières qui protégeaient auparavant les économies domestiques des Etats membres.
Ces frontières plus ouvertes ont conduit à des conditions sociales et économiques qui nuisent à la majorité mais qui sont profitables aux grandes sociétés. En vue de réaliser les objectifs de la Commission, nous préconisons de remplacer ces règlements de l’OMC par de nouveaux règlements commerciaux afin de réaliser les objectifs suivants:


