cameroun (9)
UN bon indice : tout devenait plus sec au fur et à mesure qu'on remontait vers le Nord...
Très gentiment nos hôtes nous ont conduit jusqu'au bout et ramenés.
La latérite me faisait rêver dans mes cours de géographie. Cette fois ci je l'ai vue de près et longtemps...
Tu peux voir sur une des photos la couche de poussière rouge sur la voiture... c'est elle, la latérite...
Les couleurs varient car j'étais une fort mauvaise photographe, et mon appareil aussi d'ailleurs! Hélas.
Tu peux voir sur une des photos (la 2017) la différence entre les puits artisanaux, et l'arrosage moderne.
Sur la 3-29, et la 3-30, c'est du coton.
Y a t il toujours de l'eau dans le Nord du Cameroun? Je ne sais pas. Probablement moins.
En matière d'animaux, mon plus beau souvenir ce sont les girafes se déplaçant sur soleil couchant au parc de Waza.
Plus jeune, les films de Frédéric Rossif m'enchantaient, avant que les fictions américaines ne viennent les remplacer dans mon imaginaire!
Et dans ce parc de Waza, je me trouvais soudain comme derrière la caméra de Frédéric Rossif : je voyais en vrai tout ce que j'avais vu en film, et je réalisais que les territoires de "chasse" de Rossif, que je croyais infinis, n'étaient que des hectares de parc délimités et réglementés; tout de même... la réalité était tellement plus belle... malgré la chaleur, la poussière, la fatigue, la misère, l'énervement...
(Il y a peu de photos, on probablement vu plus d'animaux que ça, surtout dans le parc; mais c'est vrai que nous faisions des heures de voiture sur la route et les pistes pour arriver à temps dans la pointe Nord et avoir le temps de rentrer... Cela ne laisse guère de temps pour l'observation.)
Dans ce parc, j'étais au paradis: dommage que le paradis ferme si tôt ou que nous soyons arrivés si tard. Je m'étais juré de retourner dans une réserve en Afrique, au Kenya ou ailleurs. La vie a décidé pour moi!
C'est là qu'était l'Afrique de mon imaginaire : elle n'était pas dans les regards fatigués des enfants, essaims de mendiants nous attendant à l'entrée de chaque village; elle n'était pas dans mon mal à l'aise devant la pauvreté des villageois et la marche au bord des routes des femmes chargées, ni dans ces hôtels de luxe pour touristes ou ces résidences pour colons.
PS Complétez en allant voir la superbe photothèque du parc de Waza (http://www.parcdewaza.com/photos/index.php)
Les blancs ce sont mes amis de fac., les coopérants de l'époque qui nous invitaient (devenus des années après mon beau-frère et ma belle-soeur), avec lesquels on voyageait.
Sur le toit de la voiture, nos amis, J. et son épouse C. aux jumelles, cherchent le guide parti chercher les éléphants promis avant la fermeture du parc de Waza (près de Maroua), le but de notre voyage en voiture.
Nous avons finalement trouvé un troupeau avec des petits... et le guide nous a aidé à les approcher (un peu) : impressionnant ces tonnes de viande, et ces mamans éléphantes sur le qui-vive. J'ai eu le temps d'avoir peur... Et bien sûr pas de photo ; le déclencheur aurait risqué de les alerter.
J'ai peu de photos de Camerounais car nous étions convenus avec nos hôtes que nous prendrions le moins de photos possibles des habitants sur cette route très touristique, pour ne pas incommoder les indigènes plus qu'ils ne sont : eux en avaient déjà pris, disaient-ils, on vous fera des copies... et le temps et la vie ont passé.. . et maintenant, ils n'ont plus le temps...
Il est vrai qu'au marché bio de mon quartier, je commence à rire jaune quand des américains (ou des touristes) nous prennent en photos en train de faire des courses. Drôle d'impression!! Il ya d'ailleurs des parisiens (mauvais coucheurs il faut le reconnaître) qui leur lancent à la tête leurs plus récentes connaissances sur le droit à la vie privée !!! les sots.
Bref, pour avoir des superbes photos du marché de Maroua, là où j'ai acheté mon grenier à mil, il faudra attendre encore 5 à 10 ans....
Ces photos sont toutes prises dans la même région (probablement, car comme une idiote, je n'ai rien noté : il faisait tellement chaud... ) : celle dite des Kapsikis.
Nous faisions toujours route vers le Nord, à partir de Yaoundé.
Les rocs que tu vois, ce sont des intrusions volcaniques : la "lave" qui était montée du sous-sol (s'était "intrudée" dans le sol à l'époque de l'agitation volcanique) est restée pendant que le sol plus tendre alentour s'est effrité (érodé).
Le voyage devait se passer vers le 20 décembre, jusque début janvier. Je suis rentrée pour l'élection de Mittterand!
Bises
PS "La région des Kapsikis a été décrite par André Gide comme celle présentant les plus beaux paysages du monde." (http://membres.multimania.fr/adavid/cameroun/nord/kapsikis.htm)
PS 2 la photo 3.26 est peut-être en deça de la région, au tout débiut peut-être
pour te montrer le type de brousse que nous avons rencontré sur la route vers le Nord. Est ce de la brousse comme ça dont tu parles?
Par parenthèse, tu vois que les routes (pistes), en particulier sur la photo précédente, n'ont rien à voir avec ce que tu décris, mais nous venions de la capitale... plus tard dans le voyage nous avons eu de la latérite
bel exploit pour quelqu'un qui aurait voulu partir comme toi, volontaire, autrefois...
L'Afrique a, depuis toujours me semble-t-il, exercé une fascination sur moi, d'abord, parce que, déjà toute petite, j'entendais souvent parler , en famille, et avec admiration, de la cousine de mon père, Cécile, soeur blanche au Sahara;
ensuite ça acontinué avec le voyage de mon père au Togo à l'occasion du référendum en 1956, alors que, ma soeur et moi, du haut de nos 3- 4 ans, nous pensions que notre papa allait revenir "tout ninar";
ensuite mes lectures de Psichari, Renan et Raïssa Maritain n'ont rien arrangé, pas plus que celles plus aventureuses et ludiques de Frison-Roche ;
je complétais en découvrant, dans la bibliothèque de mon père, des récits d'aventure, que je feuilletais à 15 ans, allongée sur le tapis. Ah , la traversée Citroen du Sahara par une 2cv, quel souvenir!!!
Je ne détaille même pas ma fascination du Petit Prince, et de son dialogue avec le serpent dans le désert, conté par Gérard Philippe!!!!
N'oublions pas que mon école (l'Institution Ste Clotilde) avait deux "maisons" au Cameroun, à Yaoundé et à Bamako, où je voyais partir certaines novices : je rêvais de partir moi aussi; j'imaginais, pendant les cours, que j'irai là bas comme bonne soeur ou comme enseignante...en tous les cas, me porter au secours du continent africain, pas moins :-)
Et pour parfaire le tableau , je ne ferais qu'évoquer les journaux illlustrés, bien datés, mis à notre libre disposition en classe de 6ème, qui aujourd'hui choqueraient, racontant des histoire de petits matyrs chrétiens (entendez bien sûr catholiques) d'afrique noire mangés par des pythons ou des lions.... en portant la sainte communion...si si... Je crois bien que j'étais la seule à les dévorer comme ça. Impossible de retrouver ces publications...
Mon aventure à moi ne s'est pas faite, tant pis; pas plus que celle de mon père qui voulait aussi traverser le sahara, et qui a toute sa vie regretté.. d'avoir été rappelé d'urgence pas son administration pour des raisons de politique internationale survoltée. Je n'ai pas eu assez confiance peut-être, et puis 68 a changé la donne... et Haroun Tazieff et ses volcans ont remplacé l'AFRIQUE....Dans une autre vie peut-être...
Voici la 1ère photo pour te montrer ce que je t'écrivais sur nos "rencontres" de Camerounai(e)s voyageant à pied avec leurs charges sur la tête



