nov.
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Désordres urbains: donnez votre avis

  • Par patricedunoyer le
    (mis à jour le )

Cette discussion inaugure la fonction Forum dans notre site AFFINITIZ.


Je me lance donc sur ce sujet "brûlant" sans filet. Vos réactions seront bienvenues.


J'ai oeuvré dans ce type de politique depuis son origine: d'abord comme prestataire au sein du CREPAH, puis à la DIV dés sa création, puis au "programme 50 quartiers", enfin à l'USH.


Les problèmes qui ont démarré fin octobre ne sont pas nouveaux. Chaque étape de la Politique de la Ville a été marquée par des incidents plus ou moins violents dont le point commun est l'incendie (des voitures, des équipements publics, des commerces...) et les attaques délibérées de tout ce qui représente l'institution: police, pompiers, ambulances parfois etc.


Ce qui est nouveau, c'est la durée du phénomène (qui généralement s'arrêtait très vite), son amplitude géographique (plus ou moins 300 quartiers), sa violence (200 million d'euros de dégats), la quasi absence de revendication audible, enfin son écho mondial (de Washington à Moscou).


Je ne reviendrai pas sur les causes réelles ou supposées de ces violences: des tombereaux d'explication ont été déversés, vraies ou fausses.


D'abord, je voudrais dire que ce problème n'est pas un problème des banlieues, signifiant la faillite de la politique de la Ville comme on le lit partout. Je m'explique.


C'est le problème d'une partie de jeunes, parfois très jeunes. C'est, non pas la faillite de la politique de la Ville, mais une incapacité à traiter au fond d'un problème de la société française à former et mettre à l'emploi les jeunes et particulièrement ceux qui sont issus de l'immigration.


La France a depuis des années le record du chômage des jeunes (un jeune de moins de 25 ans sur cinq est au chômage). Dans les quartiers, ce taux est de 40 à 50%. Dés lors qu'un jeune sur deux est inoccupé et livré à lui-même, traînant au pied des immeubles, sans contact avec des adultes, il suffit de quelques mois pour qu'il ne sache plus où il est. Il est donc disponible pour n'importe quelle aventure et perd très vite toute capacité à supporter les contraintes du travail (se lever, se présenter à un adulte, remplir une tâche avec rigueur etc.). Ce qui surprend, c'est que seule une minorité de ces jeunes passe à l'acte en recherchant l'affrontement.


Or cette situation dure depuis des années (au moins 20 ans). La politique de la Ville n'est pas restée inactive vis à vis du problème. On a fait beaucoup d'occupationnel via les centres sociaux, les Zones Franches, les emplois aidés... Mais ces efforts sont restés limités et ils ont même marqué fortement le pas depuis quelques années puisque le gouvernement actuel a rejeté le "traitement social du chômage" prétextant qu'il ne fournissait pas de vrais emplois, mais il ne les a remplacés par rien avant de redécouvrir tardivement qu'il fallait y revenir. L'orientation choisie par Jean Louis Borloo de privilégier la "rénovation urbaine" a abouti à focaliser l'attention sur le bâti en délaissant les autres aspects de la politique de la Ville. Ajoutez l'abandon du servive militaire, seule occasion pour ces jeunes de se trouver dans un cadre régulier, de côtoyer des adultes, d'appliquer des règles... et vous avez tous les ingrédients d'une flambée particulièrement dure.


Mais il faut être honnête, si on avait fait des efforts pour occuper les jeunes, je crois qu'on ne s'est guère attaqué au noyau dur et délinquant, qui représente une minorité mais qui souvent donne le ton et qui est la plus perturbatrice. Cette population n'est prise en compte par aucun système. Ils refusent les centres sociaux et les équipes de prévention auxquelles ils font souvent peur. Ils ne sont généralement pas retenus dans les opérations "Ville Vie Vacances" où ils sémeraient le souk... Dans une certaine mesure, on a toujours contourné ce problème parcequ'il est extrêmement difficile à traiter. Alors, on fait autre chose: des travaux, de l'encadrement scolaire; de la culture, etc. Toutes chose très utiles, mais qui ne concernent pas cette catégorie de clients. En fait, leursseuls interlocuteurs sont les policiers et le dialogue est plutôt rugueux. Pour conclure (provisoirement), je pense que la réactivation du service civil est une bonne initiative, mais qu'il y a un risque de voir ces jeunes volontaires renforcer les structures (école, centres sociaux etc.) qui échouent déja à traiter cette question. Il faut d'autres méthodes et sans doute d'autres professionnels.


Voilà: j'ai lancé (je l'espère) le débat. A vous !


7 commentaires

PARENTS - ENFANTS

  • Par jplebas le
Merci à Patrice d'avoir lancé cette discussion qui nous est nécessaire dans notre vie de citoyen comme dans notre vie de professionnels de l'urbain. Je suis globalement en phase avec le message de Patrice, et en particulier sur son analyse des effets négatifs du plan Borloo: je partage son analyse sur la vie des jeunes en banlieue et j'apprécie qu'il mentionne à deux reprises l'absence de contacts entre jeunes et adultes. Je voudrais donc insister particulièrement sur cet aspect. Des longs moments que j'ai passés à La Duchère pour la mise au point de la stratégie du GPV, j'ai tiré l'impression, au travers de nombreux dialogues avec les enseignants, éducateurs et animateurs d'associations que beaucoup des difficultés rencontrées par les jeunes provenaient de la rupture brutale qui se produit lors du passage de l'école élémentaire au collège: ce passage se traduit à la fois par une baisse du niveau d'encadrement éducatif des enfants et à la fois par une baisse de "l'encadrement affectif " des parents. La conscience de ce phénomène a entrainé, à La Duchère, des actions importantes de nombreuses associations pour essayer d'y remédier et de maintenir aussi longtemps que possible le lien parents-enfants: l'une des plus spectaculaires est effectuée (depuis maintenant 15 ans) par la Compagnie de danse Hallet-Eghayan: cette action a pour effet de rassembler parents et enfants du quartier dans une activité commune, soit active (pratique de la danse), soit passive (spectacles), elle incite puissament au respect mutuel et souvent à la fierté des uns et des autres et dès l'instant où elle peut être bien coordonnée avec le milieu éducatif scolaire(cela est pratiqué depuis longtemps dans les écoles, mais malheureusement pas encore au collège), elle génère une vraie cohésion sociale dans le quartier. La Duchère a eu, comme beaucoup d'autres, son lot de voitures brûlées (en 1997, mais pas en 2005), mais le noyau dur de délinquants, dont parle Patrice, semble avoir été marginalisé par la richesse et l'efficacité de la vie associative dans le quartier.

point de vue des professionnels de la politique de la ville

  • Par delataulade le
voici le texte collectif qu'a envoyé sur ses réseaux mails l'Inter Réseaux des professionnels de la politique de la ville le 8 novembre 2005 aux équipes politiques de la ville à nos partenaires - DECLARATION- « REAGIR FACE AUX VIOLENCES URBAINES » 600 professionnels chargés de la politique de la ville, regroupés au sein de l'inter réseaux DSU, travaillent tous les jours avec les acteurs de terrain à l'apaisement dans les quartiers  et lancent un appel pour que le retour au calme se fasse dans le respect de la loi, le respect des personnes et dans la dignité. Trois messages d'espoir permettraient pour nous de sortir par le haut de la crise: REDONNER DE L'ESPOIR AUX HABITANTS:On n'avancera pas durablement si on ne travaille pas davantage avec les habitants, afin qu'ils renforcent  leurs capacités individuelles et collectives et maîtrisent leur devenir. Développer la démocratie participative est fondamental pour restaurer une citoyenneté responsable et une solidarité active. Sur les actions associatives, le désengagement de l'état depuis 2 ans dans le soutien aux initiatives locales est perçu comme un abandon sans que les collectivités  n'aient été préparées à  prendre le relais. Nous demandons que la décision du Premier Ministre de rétablir les crédits aux associations s'inscrive dans la reconnaissance d'un partenariat sur le long terme. LUTTER CONTRE LES DISCRIMINATIONS La mise à l'écart qui touche des millions de nos concitoyens dans la recherche d'un logement ou d'un emploi nécessite une mobilisation de toute la société. Cette action positive doit être au c?ur de l'ensemble des politiques publiques de l'état et des collectivités territoriales pour que son exemplarité mobilise les entreprises et les citoyens. RENFORCER ET ADAPTER LES SERVICES PUBLICS SUR LES TERRITOIRES Il est plus que jamais nécessaire que le droit commun des services publics prenne le relais des expérimentations pour répondre aux enjeux sur l'éducation, l'emploi et la formation, le logement et la sécurité. La LOLF devrait permettre d'aller dans ce sens. Pour nous, la tendance actuelle des institutions qui confortent chacune leur pré carré nuit à la réussite collective de l'action publique. DONNER DU SENS A DES PROJETS SOLIDAIRES DE TERRITOIRE C'est à partir du territoire, d'un dialogue réaffirmé avec les habitants, d'un travail partagé entre l'état, les collectivités territoriales, les associations et les professionnels des services que se construiront des projets concrets, inscrits dans un contrat, engageant réellement chacun dans la durée. C'est à ce prix que le « Vivre ensemble pour  faire société » restera possible. CA de l'inter réseaux DSU- Le 8 novembre 2005. Contacts: Alain ARNAUD, président   alain.arnaud@sivo-ondaine.fr <04 77 10 19 80> Etienne VARAUT, vice-président   contrat.ville@ville-bobigny.fr <01 48 96 21 46>

Contribution générale

  • Par rspizzichino le
En gros, je suis d'accord avec la contribution des professionnels; je vous passe le texte de la contribution que j'avais envoyée aux assises de la Ville; elle pose aussi en d'autres termes le problème de l'efficacité opérationnelle qu'il ne faut pas négliger au regard de la gestion des temps MENER LE BON COMBAT pour refonder la politique de la ville Contribution à l'occasion des Assises de la Ville Robert Spizzichino ( Partenaires Développement) On se trouve à l'évidence devant un problème majeur de société qui touche, sous des formes différentes, toutes les sociétés développées : L'accentuation continue de la ségrégation territoriale à caractère social, dont des chercheurs comme Eric Maurin, ont bien montré qu'elle ne concernait pas seulement les quartiers dits sensibles, mais qu'elle s'étendait à d'autres types de séparatisme pour aller vers une « société de l'entre-soi ». Certes, les difficultés sont plus marquées et surtout plus visibles dans les quartiers d'habitat social où sont concentrées des populations en difficulté. Mais ce qui est révélé derrière les constats actuels, c'est l'échec des politiques d'intégration par l'école, par le logement et par la ville ; cet échec touche également bien d'autres catégories socioculturelles, et notamment une large partie des classes moyennes en cours de précarisation (voir à ce propos « l'atlas des nouvelles fractures sociales » de C.Guilluy et C.Noyé). Les causes en sont multiples : elles tiennent tout à la fois à des courants profonds qui traversent la société, à une indéniable crise du politique pour ce qui est de « donner du sens », à des conséquences des évolutions économiques liées à la mondialisation financière, mais aussi à des erreurs de diagnostics et donc de remèdes préconisés par les politiques publiques. Si donc par la suite, on évoquera plus spécialement le cas des « quartiers sensibles », c'est pour rester dans le cadre des questions posées, et aussi parce que c'est là que se trouvent les situations manifestement les plus critiques à court terme. Mais disons tout de suite que toute politique qui serait centrée seulement sur ces quartiers paraît devoir être vouée à l'échec. Bien des maires avouent leur sentiment d'impuissance vis-à-vis de la dégradation des situations et de leur incapacité à rendre ces quartiers « normaux » et à y promouvoir « une mixité urbaine et sociale. Et pourtant disent ils : « On a tout essayé », en faisant allusion à la litanie des plans et des procédures qui se sont succédé depuis 30 ans. Ce qui ne les empêche d'ailleurs pas de préparer avec espoir leur dossier ANRU. Tous les indicateurs sérieux dont nous disposons sur des quartiers, sur lesquels un vrai système d'évaluation et de suivi depuis quelques années a été mis en place, montre, dans la très grande majorité des cas que la situation s'est aggravée malgré les efforts faits. Mais, pour autant, il ne faut pas parler d'échec ; Et ceci par respect pour tous les élus, les fonctionnaires, les bureaux d'étude, les travailleurs sociaux, les architectes, les bailleurs sociaux, …, et surtout pour les habitants et leurs associations, qui se sont battus avec opiniâtreté et avec un grand sens civique pour tenter d'améliorer les choses ; et qui ont, çà et là, obtenu des résultats, même partiels. Pour autant un aggiornamento est nécessaire. Il est temps de livrer le bon combat. L'expérience accumulée par tous les acteurs devrait permettre de dresser un cadre concernant les axes d'une politique territorialisée d'intégration sociale. Cette courte note n'a pour ambition que d'en fixer quelques orientations, sans évidemment les développer. Une telle politique se réfère à un contexte politique plus vaste et essentiel concernant notamment le développement économique, l'emploi, la réduction des inégalités, la promotion sociale,….Comme il n'est pas question d'aborder ici les éléments de ce contexte, on se centrera surtout sur le thème de l'intégration sociale et de sa territorialisation. L'expérience a montré lors du début du gouvernement Jospin- et les données statistiques de l'INSEE l'ont cruellement confirmé par la suite- qu'il ne suffisait pas de s'attaquer au chômage, à la réduction des inégalités, et à la lutte contre le mal logement pour que les questions de ghettoïsation soient résolues. Le fait territorial et urbain reste important. 1- S'attaquer à des mécanismes ségrégatifs lourds de ce type nécessite de travailler sur la durée. On ne peut penser obtenir des résultats significatifs sans un plan à dix ans, donc hors des échéances politiques classiques. 2-Il faut agir simultanément sur l'ensemble des leviers dont on dispose, l'habitat, les structures urbaines, mais aussi l'action sociale et culturelle et le développement économique territorial. Agir pour corriger, pour réparer, pour sécuriser, mais aussi et simultanément pour développer, pour promouvoir, pour créer. 3- Il existe au moins trois échelles d'intervention pertinentes à prendre simultanément en considération : le quartier, son environnement urbain, la ville ou l'agglomération. Une grille d'intervention doit permettre de préciser quelles opérations peuvent être menées à l'une ou l'autre ou à plusieurs de ces échelles. Dans cette optique, ce sont toutes les formes de séparatisme et de ségrégation qu'il faut traiter. A titre d'illustration, une action de développement économique pourra concerner l'agglomération, mais trouver des déclinaisons particulières sur le quartier et son environnement, compte tenu de sa situation urbaine ; de même, une action en profondeur sur l'habitat n'a de sens qu'aux trois échelles et cela mérite d'être explicité. 4- Au niveau de l'urbanisme, on doit poursuivre dans les opérations lourdes de rénovation et de restructuration urbaines telles qu'elles ont été engagées ces dernières années ; c'est-à-dire faire du projet urbain dans des sites qui, de toute évidence l'exigent ; rien ne serait plus nuisible que de changer de cap. Mais ce n'est qu'un instrument au service de la politique d'intégration, chacun sachant que le fait de démolir n'a de sens que s'il permet, non seulement de faire un autre urbanisme et un autre habitat, mais aussi d'enclencher des dynamiques économiques et sociales précises et, tout simplement d'améliorer la qualité de la vie quotidienne. 5- Les deux leviers clés et de plus en plus liés de l'intégration sociale territorialisée sont l'habitat et l'éducation. Beaucoup de propositions intéressantes ont été faites sur la nécessité d'une production renforcée et élargie de logements, en particulier dans le champ des logements très sociaux, d'une meilleure répartition dans l'agglomération et sur les évolutions de la politique d'attribution. Mais l'efficacité sur le terrain est faible, et il est bon de mieux en cerner les causes : Résistances profondes à la mixité se traduisant immédiatement par des prises de position politique, insuffisances des intervention dans l'habitat ancien, loyers trop élevés dans l'habitat social avec un impact insuffisant des aides à la personne, difficultés concrètes des déménagements, etc. C'est à ces causes qu'il convient à présent de s'attaquer avec obstination et en s'appuyant sur des réussites de certaines politiques d'agglomération. Concernant l'éducation, il faut tout d'abord mettre en évidence le fait qu'elle ne concerne pas seulement les jeunes (enfants et jeunes adultes) ; bon nombre de travailleurs peu qualifiés ont besoin d'une politique de formation continue plus soutenue, surtout lorsqu'ils ont été coupés depuis longtemps du milieu des entreprises ; une telle politique est à conduire au niveau des bassins d'emploi. Quant à l'école qui fait l'objet actuellement d'un débat de fond, dont les conclusions seront déterminantes pour la politique d'intégration, au moins deux questions au moins sont à débattre, vis-à-vis de la territorialisation : Jusqu'où doit elle être considérée comme un équipement de proximité ? La question se pose par exemple pour les collèges et les lycées. Est il possible de mettre en place localement, comme cela a été fait avec un certain succès dans d'autres pays, des dispositifs de soutien relativement individualisés pour les 4-5 ans basés sur des programmes d'éveil et de préparation à la scolarité menés en liaison avec les familles ? Cette action coûte cher, exige des éducateurs très bien formés, mais elle est, semble-t-il, efficace. 6- La citoyenneté doit passer du stade du slogan un peu vide pour les populations concernées au stade des réalités vécues. D'abord, cela concerne le thème de la sécurité. Qui dit citoyenneté dit civisme, dit égalité des droits et des devoirs, dit sans aucun doute répression accrue s'il le faut pour rétablir la paix publique, mais, avec le concours de tous, et dans le respect de chacun. La formation des policiers à cet égard mérite d'être renforcée, car c'est un positionnement difficile. La citoyenneté, c'est le droit de vote et la lutte contre le racisme et toutes les formes de discriminations. La citoyenneté, c'est le droit à la parole réfléchie et pas seulement spontanée et temporaire, parole à la fois collective et individuelle. Chacun sait aujourd'hui faire la différence entre la concertation alibi de justification de projets pré établis et la mobilisation citoyenne, certes difficile à susciter, parce qu'au départ, les conditions n'en sont pas favorables. Il est dommage, à cet égard, que les travaux de terrain conduits par des gens comme C. Rojzman et M.Anselme ne puissent connaître une application plus large. Enfin, il est clair que tout se joue dans les têtes, que les notions de respect et de dignité ont du sens au niveau du vécu quotidien, que les mots ont du poids et que l'explication de la politique menée doit être comprise. Il est d'ailleurs temps de cesser avec cette dénomination tautologique de « politique de la ville », dont on a le sentiment- à vérifier- qu'elle est plutôt mal perçue par la majorité des personnes concernée. 7- Enfin, la question de l'efficacité opérationnelle des actions menées en application de cette politique d'intégration doit être traitée. Il était nécessaire, comme cela a été fait en partie avec la constitution de l'ANRU, de chercher à améliorer la cohérence des financements. De même, l'organisation de la maîtrise d'ouvrage qui relève essentiellement du niveau local a fait l'objet de réflexions et d'expériences visant à conforter la cohérence de la conduite politique du projet urbain ; il reste cependant à ce que cette conduite politique concerne le projet territorial dans toutes ses dimensions ; mais cela ne devrait pas constituer un obstacle déterminant. Ce qui paraît à présent important touche la maîtrise d'œuvre. Le fait que soient concernés des intervenants aussi divers, non seulement dans leur champ professionnel, mais surtout dans leur appartenance institutionnelle,conduit à une coordination surdimensionnée et à des luttes de pouvoirs dérisoires au regard des enjeux. Il est temps de travailler sur la constitution d'un opérateur intégré de projet d'intégration ; cet opérateur de développement territorial inclurait en son sein pour un temps déterminé les disciplines requises de manière à rassembler des savoirs faire et à permettre une réelle transdisciplinarité. Cela n'empêche pas le travail en réseau avec les organismes et les institutions concernés et, le cas échéant, l'établissement d'un protocole de coopération avec l'ensemble. Cet opérateur n'a de sens que s'il est doté des compétences humaines et juridiques ainsi que des moyens financiers lui permettant d'intervenir sur l'ensemble des axes du projet. * **

Une entrée « à froid » dans le débat

  • Par lacape le
En 30 ans, on a réussi à diviser par 3,5 le nombre de morts annuels sur les routes (de 17 000 à 5 000). Pourtant, un certain fatalisme aurait pu décourager les plus motivés : les voitures de plus en plus puissantes, les lobbies de l'automobile et du pétrole, la voiture comme objet symbolique, la nature humaine (masculine...) qui recherche toujours plus la vitesse et la puissance, la rançon du progrès, etc... etc... Pourquoi ce qui a été possible dans ce domaine ne le serait-il pas dans celui de la « politique » de la « ville » (les guillemets ironiques sont inspirés du regretté André Barthélémy) : une priorité nationale, un « état d'urgence » politique et social, déterminant une politique volontariste, ferme, soutenue dans la durée, avec des objectifs mesurables. Je ne partage pas les visions pessimistes et fatalistes telles que les diffusent des gens comme Eric Maurin et autres chercheurs et analystes qui trouvent toujours un micro pour leur faire prédire un avenir sombre de simple extrapolation de leurs analyses du passé ; je préfère l'incertitude et l'ouverture telles que les prône un autre Morin, Edgar, qui laissent toute sa place à l'action (mais dans ce pays et dans cette époque, il semble que la pensée soit plus cotée que l'action, et que les observateurs et commentateurs sont plus en cour que les acteurs !) Je souscris globalement aux analyses et propositions précédentes. Quelques idées complémentaires, assises sur plus de 20 ans de pratique des « quartiers » (décidemment, à quelques exceptions prés, il n'y a que des vieux routiers dans ce débat !) : Une continuité dans les politiques nationales : aujourd'hui la mode (et l'argent…) est à la démolition, hier elle était à l'économique (zones franches), avant-hier au social, avant avant-hier aux réhabilitations PALULOS, demain à la participation des habitants ? au développement durable ? à la sécurité ? à la formation ? aujourd'hui, on est centré sur le quartier, hier sur l'agglomération, avant-hier sur la ville, avant avant-hier sur le quartier, demain Dés le rapport Dubedout en 1983, on affirmait que l'intervention public devait être globale, il faudrait s'y tenir et arrêter les effets de balanciers au gré des changement de majorité En poussant l'idée exprimée par Robert d' « opérateur intégré », un seul maître d'ouvrage, autorité unique, o recevant délégation de compétences et de financements de la part de tous les autres maîtres d'ouvrage et autorités publiques sur le territoire considéré o pour réaliser un projet et un programme précisément identifié (« business plan ») approuvé préalablement par l'ensemble des maîtres d'ouvrage et autorités concernés, et par les habitants. o bénéficiant d'un droit à expérimentation et à dérogation à l'instar de ce qui a été fait avec les zones franches : marchés publics, fiscalité, carte scolaire, effectifs scolaires, affectation des personnels enseignants, traitements et primes des fonctionnaires nationaux comme territoriaux, droit à l'anticipation des subventions pour les associations, législation sur les mineurs, etc…etc… o pour une période limitée (3 ans, 5 ans ?) o rendant des comptes au moins 1 fois par an sur le bon usage de ces délégations et dérogations et sur l'avancement du programme o choisi (candidat ?), en fonction de chaque contexte local selon son intérêt à agir, sa détermination, sa reconnaissance par les autres acteurs : ici (La Grande Borne ? Clichy-sous-Bois ?) l'Etat, là (Vaulx-en-Velin ? Roubaix ?) la Commune, ailleurs (Aulnay ? Stains ?) le bailleur, ailleurs (Lyon ?) la Communauté d'agglo, ailleurs (Hauts de Garonne à Bordeaux ?) une intercommunalité adhoc, et pourquoi pas, ici ou là, une association d'habitants Cette idée, évidemment totalement irréaliste, provient du constat que l'autorité qui apparaît « naturelle » depuis la décentralisation, le Maire et la Commune, est loin d'être toujours motivée pour intervenir dans ces quartiers en profondeur et en toute clarté (c'est-à-dire sans masquer derrière un pseudo projet urbain une simple volonté de déplacement de populations), et quand c'est le cas est loin de disposer de tous les leviers nécessaires (foncier, attributions de logements, éducation, etc…etc…) ? A défaut, le droit de vote à tous les habitants (donc aux étrangers non européens) aux élections locales renforcerait certainement l'intérêt de nos élus pour ces quartiers. ? Un vrai métier de directeur de projet o Formation de haut niveau o Rémunérations adhoc o Profil de poste calibré en fonction des enjeux o Positionné directement auprès du Maire o Bénéficiant d'un environnement structuré de réseau, d'appui, et de formation permanente, à l'image du rôle que la SCET a pu jouer des années 60 aux années 80

Une analyse complète

  • Par patricedunoyer le
    (mis à jour le )
Je lis la contribution de Robert Spizzichino que je trouve pertinente et complète. Je retiens son rappel au fait qu'il ne faut en aucun cas renoncer à travailler sur les différents aspects de ces problèmes: l'école, la formation, l'insertion par l'emploi etc. Dans une certaine mesure, cette dimension globale (Hollistic diront les Anglo-Saxons) est vitale. La tendance "naturelle" de l'Etat est de la remettre en cause dans la mesure où elle contrarie l'organisation verticale qui reste prédominante dans l'organisation administrative française. Les efforts réalisés pour mieux articuler la police à la politique de la Ville ont été balayés par Sarkozy au nom de l'efficacité, l'éducation Nanionale est toujours restée retranchée dans sa forteresse malgré l'effort méritoire des ZEP etc. Les critiques récurrentes sur le thème "la poliique de la Ville est inefficace", la dérision avec laquelle la DIV est parfois traitée sont des manifestations de cette impatience des politiques nationaux et de la haute administration à l'égard de politiques transversales. Seuls les maires ont, s'ils le veulent, une appréhension globale des problèmes. Mais celà ne signifie pas que l'on puisse les laisser seuls face au problème. La police, la Justice, l'Education Nationale, l'Emploi... restent entre les mains de l'Etat. En deux mots, je crois que cette politique ne peut être que globale, qu'elle doit être pilotée par les maires et les autorités d'agglomération (mais il faudra du temps pour que ces dernières montent en puissance) et que l'Etat doit y conserver un rôle important. A suivre...

nos &quot;politiques&quot;

  • Par dominiquedurand le
Au hasard d'un site, je viens de découvrir la liste des 15 communes respectant le moins les 20% de logements sociauximposés par la loi SRU. Parmi ces 15 villes, plus de la moitié sont dirigées par des ministres (anciens ou en exercices) ou par des personnalités politiques d'envergure nationale, et à ma connaissance presques toutes le sont au moins par des maires députés ou sénateurs. Tout est dit. Voici, dans l'ordre, le Top 15 des villes «cancres» : 1- Allauch (Bouches-du-Rhône) : cette municipalité socialiste de 18.900 habitants affiche un taux de logement social de 2,5%. Et aucun des 191 logements qui doivent être réalisés en vertu du rattrapage ne l'a été ; 2- Villeneuve-lès-Avignon (Gard, 11.791 habitants, UMP), avec 6% de logements sociaux et aucun des 108 logements à construire réalisés ; 3- Rixheim (UMP), dans le Haut-Rhin, avec 10% de logements sociaux et aucun des 76 nécessaires réalisés ; 4- Sceaux (UDF, Hauts-de-Seine), avec 12,5% de logements sociaux et aucun des 95 logements à construire réalisés ; 5- Savigny-sur-Orge (Essonne, UMP) ; 6- Marignane (Bouches-du-Rhône, divers droite) ; 7- Chamalières (Puy-du-Dôme, UMP) ; 8- Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne, divers droite) ; 9- La Baule (Loire-Atlantique, UMP) ; 10- Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine, UMP ; 11- La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique, PS) ; 12- Le Raincy (Seine-Saint-Denis, UMP) ; 13– Antibes (Alpes-Maritimes, UMP) ; 14- Arcachon (Gironde, UMP) ; 15- Toulon (Var, UMP) Dominique DURAND

le HLM fait pencher à gauche

  • Par patricedunoyer le
C'est sûrement un hasard, mais toutes ces communes sont UMP à deux exceptions près :(Allauch et La Chapelle sur Erdre).

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